Rédemption

Résumé : Edward, vampire malgrè lui, survi dans notre monde aux dépends des criminels qui croisent sa route. Désabusé, il erre sans but dans Seattle lorsqu'une rencontre fortuite l'aménera à chercher les réponses qui donneront sens à son existence.

Disclaimer : Tous les personnages sont la propriété de Stephenie Meyer, je les emprunte et les modifie au grès de mes envies pour leur faire vivre de nouvelles aventures.

Note de l'auteur : Dans ce troisième chapitre, EPOV revient, j'espère qu'il vous plaira et au risque de me répéter, n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

Je tiens à remercier KaoriSolaris pour son soutien et son aide précieuse pour la relecture de ces chapitres.

Bonne lecture!


_____Chapitre 3 : Home, sweet home !_____

Mais qu'est-ce qui m'a pris ? J'ai été un tel crétin ce soir, mon beau-frère Emmett n'aurait pas fait mieux ! Tout en m'éloignant de cette satanée ruelle, je me fustige mentalement en repensant à toutes les idioties que j'ai accumulées dans l'heure qui vient de s'écouler. D'abord j'ai fui comme un lâche en voulant ignorer ce qui se passait, ensuite j'y suis retourné, rongé par les remords pour découvrir que le mal était fait ! Une fois sur place, la colère m'a submergé ! J'étais en colère contre ces hommes, mais par-dessus tout, j'étais en colère contre moi, si je n'avais pas été si égoïste, rien ne serait arrivé ! J'aurais pu, j'aurais du l'empêcher ! Et lorsque je l'ai vue, si terrifiée, si belle et sans défense face à ces brutes, ma colère s'est transformée en rage et toute cette rage que j'ai ressentie alors, je l'ai évacuée en la dirigeant contre ces hommes.

Là encore, j'ai continué à commettre des erreurs, aveuglé par mon envie de vengeance et de justice, j'ai éliminé ces hommes sans prendre aucune précaution. Or s'il y a bien une chose que j'ai apprise pendant mes nombreuses chasses, c'est d'agir avec intelligence, en toute discrétion et en veillant à ne laisser aucune trace de mon passage. Cela nécessite une certaine maîtrise de soi et ce soir, je dois dire que j'ai vraiment manqué de self-contrôle ! Un des gars m'a échappé et j'ai même bu le sang de cet homme sans me soucier d'éventuels témoins ! Et bien sûr, elle a tout vu !

Elle ! Je ne connais même pas son nom et je ne parviens pas à l'oublier. Son visage m'obsède, le souvenir de son odeur me brûle la gorge et je sens encore le goût sucré de ses lèvres sur ma langue. Je crois que cette fois, je deviens fou ! C'est au prix d'un effort monumental que j'ai réussi à la laisser dans cette ruelle, je n'avais qu'une envie, la prendre dans mes bras et l'emmener avec moi ! Et ensuite ? Qu'aurais-je fait ? Comment aurait-elle réagi ? Elle a tout vu, qu'a-t-elle pu penser ?

Á l'heure qu'il est, elle est certainement en train d'expliquer tout ce qui s'est passé à la police et c'est bien là le problème sur lequel je dois me focaliser pour l'instant. Je ne vois qu'une personne à qui parler de ces évènements, Carlisle. Il faut que j'aille le voir !

J'en suis arrivé à cette conclusion, lorsque j'aperçois ma voiture garée le long du trottoir, de l'autre côté de l'avenue. Mes pas m'ont conduit ici machinalement, alors que je me perdais dans le dédale de mes pensées. Je traverse les deux voies à grandes enjambées, heureusement, à cette heure tardive, l'avenue est déserte et cette fois, je ne risque pas de me faire repérer. J'appuie sur la télécommande dans ma poche et les portes de ma BMW série 1 Hatch noire se déverrouillent. Je m'installe rapidement derrière le volant et je démarre en trombe, libérant les 258 chevaux de mon six cylindres.

Il ne me faut que quelques heures pour rallier la petite ville de Forks où vivent Carlisle et ma famille. Aux commandes de mon petit bolide, je peux me laisser aller à ma nature et pousser le moteur jusqu'à son maximum afin qu'il délivre toute sa puissance et me propulse à des vitesses vertigineuses. La route monotone défile sous mes yeux en accéléré, j'essaye de me concentrer sur ma conduite pour retrouver une certaine sérénité avant d'arriver à destination. Bien vite, je laisse derrière moi les faubourgs de Forks et j'emprunte la nationale qui se fraye un chemin à travers la forêt de conifères aux tailles impressionnantes et aux troncs couverts de mousse. Puis j'aperçois le chemin qui mène à la Villa. En l'empruntant, je suis submergé par les souvenirs.

La dernière fois que je suis venu ici, j'ai fait une énième tentative pour rester auprès de ma famille et me conformer à leur façon de vivre. Malheureusement, cette tentative s'est à nouveau soldée par un échec et c'est rempli de remords mais au bord de la folie que je suis parti pour assouvir ma soif. J'entends encore les pensées désespérées de ma mère Esmée, qui a tout fait pour m'aider à tenir, mais en vain. Je l'ai tellement déçue alors, elle n'a pas su me le cacher puisque je lisais dans sa tête comme dans un livre ouvert. Que va-t-elle penser de mes dernières actions ?

Lorsque je gare mon véhicule devant la double porte du garage, la beauté de la villa m'éblouit dans la clarté naissante du matin. Ses baies vitrées immenses laissent entrer la lumière jusqu'au fond des pièces et les arbres que l'on aperçoit en arrière plan semblent étendre leurs branches jusqu'à l'intérieur. Je grimpe les quelques marches en granit qui me séparent de la porte d'entrée, la franchis et me sens immédiatement enveloppé par une atmosphère chaleureuse. Une composition florale artistiquement structurée posée sur le meuble bas décorant le hall diffuse un parfum subtil de freesia mélangé au jasmin et aux fleurs d'orangers. Je reconnais la touche personnelle d'Esmée, elle est passionnée par l'art floral et a d'ailleurs ouvert une boutique de fleuriste en ville, pour assouvir sa passion et la partager avec les gens. Lorsque je vivais encore dans la famille, au début de ma transformation, je l'aidais souvent dans ses recherches pour dénicher les variétés de fleurs les plus exceptionnelles. J'aimais cette complicité qui nous unissait tous les deux. J'avais alors l'impression d'avoir moi aussi une place, ce qui n'était pas aussi évident entre un gars comme Emmett au caractère puéril et fantasque qui monopolisait l'attention avec ses nombreuses frasques et une sœur comme Rosalie qui avait besoin d'être rassurée sans cesse tant elle était aigrie par la vie que Carlisle lui avait offerte.

Je prends une profonde inspiration et je laisse les parfums délicats pénétrer en moi, comme un fluide apaisant, avant de les affronter. Emmett déboule en premier un grand sourire aux lèvres, il fond sur moi en une seconde et me fait une accolade un peu rude.

- Salut frangin, tu t'es perdu ?

- Salut Emmett, non je ne suis pas perdu…Enfin, si ! Je suis venu vous demander conseil à propos…Je n'ai même pas le temps de finir ma phrase, qu'il me coupe déjà et enchaîne,

- Oh t'es revenu, c'est trop cool, on s'ennuie à « mourir » ici ! Ah ! Ah ! Ah ! Je parie que tu vas encore t'essayer au régime végétarien et moi je vais pouvoir jouer les chaperons pour éviter que tu ne croques tout ce qui passe ! Super !

- Non Emmett, pas si vite, laisse-moi en placer une, tu veux !

Alertés par le bruit du rire tonitruant de mon imbécile de beau-frère, Carlisle, Esmée et Rosalie arrivent à leur tour dans le hall. Esmée vient m'enlacer tendrement, tandis que mon père et ma sœur me souhaitent la bienvenue. Me retrouver au milieu d'eux me redonne déjà un peu d'entrain, cela fait du bien de se sentir appartenir à une famille. Cette chaleur que je ressens en cet instant me rappelle à quel point la vie de solitaire que je mène à cause de mes choix, me pèse. Cette fois Carlisle prend la parole.

- Bonjour mon fils, ça nous fait vraiment plaisir de t'accueillir parmi nous.

- Oui, ça fait trop longtemps qu'on ne t'as vu, tu nous as manqué, dis Esmée un sourire peiné sur les lèvres. Tu vas rester un peu j'espère ?

- Qu'est-ce qui a bien pu te rappeler qu'on existe ? Ajouta Rosalie, aussi sarcastique qu'à son habitude !

- J'ai besoin de vos conseils, si vous êtes d'accords ? Mais, ne peut-on pas s'installer ailleurs qu'ici pour en discuter ? Il me tarde de revoir la maison !

- Oui, bien sûr, venez tous dans le salon et toi, Edward, tu vas enfin nous expliquer ! Carlisle nous invite à le suivre en désignant d'un geste les quelques marches qui séparent le hall des autres pièces de vie.

Nous nous installons confortablement dans les canapés de tissu blanc crème autour de la table basse rectangulaire du salon et je leur raconte toute l'histoire. Enfin, presque toute car je passe sous silence le baiser échangé et j'attends ! Même si j'ai décrypté leurs pensées au fur et à mesure de mon récit, c'est important pour moi qu'ils puissent tous exprimer ce qu'ils ont envie de dire. Comme à son habitude, Emmett prend la parole en premier.

- J'en reviens pas que t'en aies laissé filé un et que tu n'aies pas bouffé la fille !

Rosalie lui donne un gros coup de coude dans les côtes et enchaîne.

- Tu aurais du prendre tes précautions, maintenant, si ça se trouve, il y a plein de flics qui sont à tes trousses ! J'espère au moins que tu as été discret pour venir jusqu'ici, je n'ai pas envie d'aller encore vivre ailleurs, moi !

- Rosalie, ça suffit ! Edward, tu es le bienvenu ici, tu seras toujours chez toi et nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour t'aider, n'est ce pas Carlisle ? Dit Esmée en se tournant vers son mari.

- Oui, c'est évident ! Dans un premier temps, nous allons essayer de savoir ce que la police sait, il n'est pas dit qu'ils aient l'once d'un indice sur toi. Ensuite, nous allons mener des recherches afin de retrouver cette fille et tenter de savoir ce qu'elle raconte, on avisera de la suite à ce moment là.

Rosalie, Emmett ? Je peux vous envoyer à Seattle pour cette mission ?

- Oui, c'est évident…ça nous fera un petit week-end en amoureux !

Emmett est complètement emballé par l'idée, pour lui c'est un jeu ! Je sens Rosalie plus réticente, mais elle ne le laissera pas y aller tout seul, elle continue à le protéger, comme un enfant, comme au tout début de leur relation. Je ne peux quand même pas les laisser prendre des risques par ma faute !

- Attendez, c'est peut-être prématuré d'aller là-bas, dis-je, regardons d'abord ce que la presse raconte et ensuite on pourra prendre une décision ! De toutes façons, je suis venu pour demander votre avis, pas pour que vous répariez mes erreurs à ma place !

- Ok, mon fils, on verra ce qu'il en retourne officiellement avant de faire quoi que ce soit. Emmett, peux-tu te brancher sur les nouvelles de Seattle et voir s'ils en parlent ?

Quant à toi Edward, tu as certainement plein d'autres choses à nous raconter, ça fait plus de 6 mois qu'on ne t'a plus vu ! Où étais-tu et qu'as-tu fait ?

Carlisle était toujours désireux d'en savoir le plus possible sur mon parcours, il guettait le moment où enfin je serais prêt à faire la paix avec moi-même. Cette pensée revenait dans sa tête chaque fois que nous parlions plus intimement. C'est vrai qu'il se sent particulièrement préoccupé par la façon dont je me débats contre ma condition et par le fait que je n'accepte toujours pas ma nature. Il se sent responsable puisque c'est lui qui m'a créé et même si je ne lui en tiens pas rigueur, il continue à se culpabiliser et il le fera tant que je ne serais pas plus serein. Nous nous sommes finalement retrouvés seuls tous les deux, et il a recommencé à me questionner sur cette fille.

- Tu dis que tu n'as pas pu lire ses pensées, tu en es sûr ? Peut-être qu'elle était tellement effrayée qu'elle ne pensait à rien !

- Non, j'en suis certain, j'ai déchiffré toute une série d'émotions sur son visage et rien dans sa tête, je n'ai rien lu du tout ! Qu'en penses-tu ? C'est la première fois que ça m'arrive et je ne sais vraiment pas ce qui se passe !

- Je ne sais pas Edward, tu sais que nous n'avons pas tous des pouvoirs aussi impressionnant que le tien, mais il y a parmi nos semblables plusieurs vampires qui ont des dons fabuleux et plus différents les uns que les autres !

- Oui, tu penses aux Volturri et à leur armée dans laquelle ils collectionnent les habiletés les plus diverses ? Je sais, Aro a déjà essayé de me recruter, par le passé, mais j'ai bien vu que ses aspirations sur cette Terre étaient bien éloignées des miennes et j'ai décliné son offre.

- Et j'en suis heureux, car ayant vécu à leur côté pendant un long moment, je suis bien placé pour savoir qu'effectivement tu n'as rien en commun avec eux et avec leurs desseins.

Si je parle d'eux, c'est pour en revenir à leurs dons. Vois-tu, je suis persuadé que le don est présent bien avant la transformation. Tu n'as pas gardé de souvenirs de ta vie d'humain, mais je suis prêt à parier que tu avais déjà cette capacité à lire les pensées, ta transformation n'a fait que l'amplifier.

- Tu penses que cette fille pourrait avoir un don ?

- C'est une hypothèse, mais il se pourrait effectivement qu'elle soit capable de bloquer ton pouvoir.

- Hypothèse intéressante, mais déroutante ! Je n'ai pas pu m'empêcher de penser tout haut et le ton préoccupé de ma voix n'a pas échappé à Carlisle !

- Edward, m'as-tu tout raconté à propos de cette fille ?

Voilà, je m'en doutais, Carlisle a le tour pour me faire parler des sujets que j'ai l'intention de garder pour moi. Mais finalement, pourquoi pas, peut-être qu'il pourra m'éclairer sur ce qui s'est passé.

- Il y a deux choses que je ne t'ai pas dites à propos de cette fille : la première, c'est que l'odeur de son sang a eu sur moi un effet totalement imprévu, je n'ai jamais eu de toute mon existence, autant envie de sang humain ! La soif que j'ai ressentie pour elle était vraiment intolérable et j'ai bien cru que j'allais lui ôter la vie !

- Comment as-tu fait pour résister alors ?

Carlisle est vraiment interpellé maintenant !

- C'est la deuxième chose que je ne vous ai pas révélée, lorsque je l'ai regardée dans les yeux et que j'ai vu sa détresse, sa terreur dans les profondeurs de ses prunelles, ma soif s'est apaisée et comment dire transformée, je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je l'ai embrassée !

Cette fois, c'est avec le silence que Carlisle me répond, mais ses pensées sont vraiment confuses et embrouillées. Je tâche de comprendre quelque chose dans ses réflexions, lorsque le silence est rompu par un Emmett toujours aussi discret, qui s'approche en beuglant.

- Ca y est, j'ai trouvé l'article, on parle de toi, Frangin !


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