Bonjour !!

Voici le chapitre suivant. C'est un chapitre de transition donc je pense que c'est normal si vous êtes un peu perdues. Mais j'espère qu'il va tout de même vous plaire.

Merci mille fois pour vos reviews. Je vais essayer d'y répondre mais ce ne sera que vendredi ...

Merci également à Marjorie !!

Bonne lecture !


Trois ans plus tard

-Maman !

-Coucou mon cœur ! Comment s'est passée ta journée ? Dis-je en prenant ma fille de 2 ans dans mes bras et en posant un baiser sur sa joue.

-Me suis amusée ! S'exclama-t-elle joyeusement, me retournant un baiser baveux.

-C'est formidable ! On rentre à la maison, d'accord ?

Alors que ma fille hochait la tête, je fis un signe de main à Sarah, qui gardait les enfants dans la crèche de l'hôpital où je travaille.

Les choses avaient bien changé en trois ans. Lorsque je m'étais rétablie suite à mon opération, j'avais tout organisé pour disparaître du devant de la scène. Alice avait été une aide extrêmement précieuse. J'étais rentrée à Harvard, avait passé mes examens de fin d'année. J'avais également été voir le directeur et lui avait fait part de ma situation. Bien que mécontent, il avait accepté de m'aider pour que je puisse poursuivre mes études comme je le souhaitais.

Lorsque Maëlle était née, ma vie s'était transformée. Je me sentais plus sereine et plus normale. Il faut dire aussi que les habitants de la petite ville Hollow City où j'habitais désormais m'avaient accueilli à bras ouverts, sans jamais me juger. J'étais interne en chirurgie à l'hôpital de Hollow City.

Alice était devenue ma plus proche amie. Elle était la marraine de Maëlle, qu'elle adorait littéralement. Elle habitait à New York désormais avec Jasper mais s'arrangeait pour venir nous voir au moins une fois par mois. Le fait qu'Hollow City soit entre New York et Boston aidait fortement à la fréquence de ces visites.

Comme promis, je n'avais rien dit à Edward et Alice n'avait pas non plus soufflé mot sauf à Jasper avec mon accord. Je m'étonnais à chaque fois qu'ils venaient nous voir qu'ils ne reconnaissent pas Edward en Maëlle. Elle avait les même yeux verts et les même mimiques mais j'imaginais que la pensée qu'Edward puisse être le père ne leur avait pas traversé l'esprit.

Nous venions d'arriver à la maison lorsque le téléphone sonna.

Je posais Maëlle sur le sol et lui dit d'aller s'amuser dans le salon. Je pris le téléphone et me dirigeais également dans le salon pour garder un œil sur Maëlle.

-Allo ?

-Bella, c'est moi Alice.

-Salut Alice, comment vas-tu ?

-En fait, je voulais te prévenir que je ne pourrais arriver que dimanche, j'ai un rendez-vous important samedi.

-D'accord mais est-ce que ça va ? Tu as une drôle de voix, demandais-je en fronçant les sourcils.

-Je t'en parlerai dimanche, d'accord ? Et Jasper ne viendra pas avec moi.

Je restais un moment silencieuse, inquiète. Alice avait vraiment une voix étrange. Elle semblait sur le point d'éclater en sanglots. Et le fait que Jasper ne vienne pas m'alarmait. Il venait toujours nous rendre visite avec Alice.

-Est-ce que tu veux que je vienne te voir à New York ? Finis-je par dire, désireuse de me montrer présente à mon amie.

-Non ! S'exclama-t-elle un peu trop rapidement. Je veux dire, c'est gentil mais j'ai besoin d'un peu de temps et je viens dimanche de toute façon, ne t'inquiète pas.

-Honnêtement Alice, fis-je, je m'inquiète et je veux que tu saches que tu peux compter sur moi.

-Merci, murmura-t-elle, merci d'être là. On se voit dimanche.

-D'accord, à dimanche, je t'embrasse.

-Moi aussi, dit Alice avant de raccrocher.

Je restais un instant debout à fixer le téléphone, me demandant ce qu'il se passait. La voix de ma fille me tira de mes pensées.

-Maman ? M'appela-t-elle.

-Oui mon cœur ?

-Ai faim ! S'exclama-t-elle.

Je lui souris tendrement.

-Essaie de prononcer chaque mot : J'ai faim, lui dis-je en appuyant sur le « j ». C'est vrai qu'il est déjà 19h15. Tu sais quoi ? On va manger une pizza et après je vais te lire une histoire.

-OUI !! Cria Maëlle, en tapant des mains.

J'avoue que j'étais plus que nul en cuisine mais Maëlle ne semblait pas vraiment en souffrir.

La soirée se déroula tranquillement tout comme les jours qui suivirent. C'était l'exacte représentation de ce qu'était ma vie. Et j'adorais ça.

Le dimanche arriva rapidement et je l'avais attendu avec hâte, anxieuse de l'état dans lequel Alice arriverait.

J'avais bien fait de m'inquiéter.

Lorsqu'elle sortit de sa voiture, je vis immédiatement les cernes immenses sous ses yeux et ses épaules voutées. Pourtant, elle fit bonne figure quand Maëlle courut vers elle en riant et en criant « Marraine ». Elle l'attrapa dans ses bras et la serra fort.

Lorsqu'elle la relâcha, elle se tourna vers moi et me serra avec force. Je lui retournais l'étreinte, essayant de la soutenir comme je pouvais.

-Si nous allions nous installer dans le jardin ? Fis-je.

Nous traversâmes la maison pour nous rendre dans le jardin. Rapidement, Maëlle se mit à jouer avec ses jouets restés dehors. J'avais pensé à aller acheter un goûter et des boissons fraîches.

Nous nous assîmes autour de la table de jardin.

-Je n'ai pas pris le risque de faire un gâteau moi-même, lui dis-je, tentant de la détendre.

-Tu as bien fait ! S'exclama-t-elle, avec un sourire.

Mais je sentai bien que le cœur n'y était pas.

Je la regardais alors attentivement.

-Qu'est-ce qui ne va pas, Alice ? Demandais-je.

Elle me regarda un instant, puis fondit en larmes.

-Alice, murmurais-je tristement.

C'était tellement rare de voir Alice triste et désemparée. Cela me brisait le cœur. Je m'approchai d'elle et la serrai dans mes bras.

Elle s'agrippa à moi comme à une bouée de secours, et ses pleurs se transformèrent en sanglots déchirants. Je luttais moi-même contre les larmes.

Je sentis une petite main m'agripper et je me détachai un peu d'Alice pour voir Maëlle nous regarder, ses yeux grand ouverts et attentifs.

-Qu'est-ce qu'elle à marraine ?

Alice se leva. Je savais qu'elle tentait de se reprendre.

-Je ne sais pas mon cœur mais je pense que tu devrais retourner t'amuser là-bas, lui répondis-je en lui désignant le petit bac à sable.

Pourtant, Maëlle resta plantée devant moi.

-Elle a bobo là ? Interrogea-t-elle en désignant son cœur.

Je le regardais un instant, me demandant que répondre puis optai pour la vérité.

-Oui, elle a mal au cœur.

Maëlle me regarda tristement puis se tourna vers Alice et tendit ses bras vers elle.

Mon amie la prit dans ses bras et la serra avec force. Je la vis étouffer un nouveau sanglot.

Elles restèrent comme ça quelques secondes puis Alice la reposa au sol.

-Merci ma chérie. Vas jouer maintenant, d'accord ?

Maëlle hocha la tête puis partit jouer.

-Ta fille est formidable, me dit-elle en revenant s'assoir.

-Tu y es pour beaucoup, fis-je.

Et j'étais sincère. Alice participait énormément à l'éducation et à l'épanouissement de Maëlle. Sans elle, Maëlle ne serait pas ainsi aujourd'hui.

Alice me sourit, reconnaissante, mais, une fois de plus, son sourire n'atteignit pas ses yeux.

J'attendis patiemment qu'elle prenne la parole, ne souhaitant pas la forcer à parler, ou la brusquer.

Nous restâmes quelques minutes silencieuses, puis Alice commença à parler.

-Je ne t'en ai jamais parlé mais, depuis deux ans, Jasper et moi essayons de faire un bébé. Nous n'avions jamais réussi jusqu'il y a un mois. Je suis tombée enceinte et je le suis toujours.

Je fronçais les sourcils, sachant pertinemment que je ne devais pas m'en réjouir.

-Nous étions fous de joie mais, étant donné nos précédents, on voulait attendre que je sois enceinte de trois mois pour l'annoncer. Il y a une semaine, quand j'ai été faire ma première écographie, le médecin a tout de suite vu que l'enfant était anormal.

Sa voix se brisa. Je l'entourais de mes bras, cherchant à lui transmettre un peu de réconfort.

-On ne veut pas le garder, poursuivit difficilement Alice. C'est trop dur.

Je la serrai fort contre moi.

-Mais c'est encore plus dur de se dire que je vais devoir avorter. On l'a tellement voulu ce bébé.

Elle explosa en sanglots. Je la berçais, tentant vainement de la calmer. C'était tellement injuste.

-Vous êtes certain de ne pas vouloir le garder ? Demandais-je.

-Oui, nous ne serons pas capables de nous occuper d'un enfant anormal. Avec nos métiers respectifs, il n'aura pas toute l'attention et tout l'amour nécessaire. En plus, son anormalité est telle que je peux faire une fausse couche à tout moment.

J'haussais les sourcils, surprise.

-Ca arrive dans certains cas. Le bébé est mal formé et la mère ne peut l'accueillir. Si c'est le cas, il s'évacuera naturellement par les règles.

En tant que médecin, je savais tout ça. J'étais juste surprise qu'Alice connaisse cette situation. Elle concernait en général les femmes dont les grossesses étaient tardives.

Je me contentais d'hocher la tête.

-Je voulais aussi te dire que j'ai demandé à pouvoir avorter ici, à Hollow City Hospital. C'est une période très difficile pour Jasper et moi et nous avons décidé de prendre un peu nos distances.

Sa voix se brisa une nouvelle fois et je sentis que cette décision la rendait profondément malheureuse, tout comme elle rendait probablement malheureux Jasper.

Je resserrais mon étreinte.

-J'ai pris un mois, et je me disais que tu voudrais peut-être bien m'accueillir.

-Evidemment Alice, m'exclamais-je. Comment peux-tu en douter ?

Elle me fit un maigre sourire.

Les jours qui suivirent furent difficiles et douloureux pour Alice. J'essayais comme je pouvais de la soutenir, mais je savais que je ne pouvais pas faire grand-chose.

Alice avait pris rendez-vous pour l'avortement la troisième semaine et je sentais que la situation l'insupportait de plus en plus. Elle ne parlait que peu à Jasper au téléphone. Leurs conversations étaient toujours courtes et Alice finissait toujours en pleurs.

La journée, lorsque je travaillais et que Maëlle était à la crèche, Alice travaillais depuis chez moi ou aller se promener en ville. Mais je sentais que cette situation ne pouvait plus durer. Alice s'enlisait.

J'avais donc décidé de prendre quelques jours pour rester avec Alice, et la soutenir au mieux dans cette période douloureuse.

Je rentrais donc le jeudi soir avec Maëlle, impatiente d'annoncer la « bonne » nouvelle à Alice.

Une fois que j'eu garé la voiture, j'aidais Maëlle à s'extirper de son siège bébé et on se dirigea ensemble vers notre maison.

Lorsque l'on entra dans la maison, je sus immédiatement que quelque chose n'allait pas.

Je me penchais vers Maëlle et lui dis :

-Maëlle, je veux que tu restes ici quelques instants jusqu'à ce que je t'appelle, d'accord ?

Devant mon air grave, Maëlle hocha la tête.

Je me dirigeais vers le salon où Alice s'installait en général pour travailler.

-Mon Dieu, soufflais-je.

Allongée à même le sol, Alice gisait dans son sang, son téléphone à la main.


Voilà, j'espère que vous avez aimé.

Bises

Auxane