Bonjour à toutes !

Voici enfin le nouveau chapitre ! Je sais qu'il est attendu et j'en suis désolée. J'ai finalement eu recours à une solution radicale : un nouvel ordinateur ! Plus simple, plus efficace et même plus économique que les réparations …

J'espère sincèrement que vous allez l'apprécier. Il marque un tournant.

Un tout grand merci pour vos nombreuses reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir.

Et mention spéciale à ma formidable bêta, Marjorie qui me soutient beaucoup !

Bonne lecture !


Je m'étais retournée dans mon lit toute la nuit sans trouver le sommeil. Lorsque le réveil sonna à 6h, ce fut presque une libération. Mais à peine debout, je réalisai que c'était loin d'être une libération : Alice allait vraiment mal, même si elle se remettrait très certainement physiquement, quelles seraient les conséquences psychologiques d'une telle épreuve, à la fois pour Alice et pour Jasper pris séparément, mais aussi pour leur couple ?

Outre Alice, se posait également le problème Edward. Comment allais-je gérer cela ? Est-ce que je parviendrais à lui cacher l'existence de Maëlle. Question plus importante encore : fallait-il lui cacher son existence ?

Sur cette question, il allait falloir que je me penche plus que longuement. En effet, il fallait penser autant à Edward qu'à Maëlle.

Du côté d'Edward, deux réactions me semblaient possibles s'il en venait à apprendre sa paternité : soit il ne souhaiterait pas s'engager dans la vie de sa fille, soit il voudrait faire valoir ses droits paternels, et je n'ose pas imaginer vers quel genre de situation nous irions.

Mais il fallait aussi penser à Maëlle. C'est son équilibre à elle qui me semble être le plus important. Elle m'avait déjà demandé pourquoi elle n'avait pas de papa comme les autres enfants. Je lui avais expliqué qu'elle avait un papa mais que notre histoire (s'il y avait jamais eu une histoire entre Edward et moi, ce que je me gardais bien de lui dire : je ne souhaitais pas qu'elle pense qu'elle était le fruit d'une coucherie d'un soir) était compliquée. Elle était encore trop jeune pour pousser ses questions mais je savais qu'un jour elle les poserait et je m'étais promise de ne pas lui mentir, peut-être juste d'arrondir les angles pour qu'elle souffre moins de l'absence d'un père.

-Maman ?

La voix de Maëlle venant de la chambre à côté me fit sursauter. Je réalisais que j'étais debout au milieu de ma chambre, totalement immobile depuis environ un quart d'heure.

-Maman ? Répéta Maëlle, plus fort cette fois.

-J'arrive, mon cœur, lui fis-je pour la rassurer.

J'enfilai un pull et me dirigeai vers la chambre de ma fille. J'ouvris la porte et découvris Maëlle assise sagement dans son lit à barreau. Elle me regardait, attentive à chacun de mes gestes. Je m'approchai d'elle, et elle tendit les bras vers moi.

-Tu es déjà réveillée mon cœur ? Tu es sûre que tu n'as pas encore sommeil ? Lui dis-je tout en la prenant dans mes bras.

-Nan, me dit-elle tout en lovant sa tête contre ma poitrine.

Je lui caressai les cheveux.

-D'accord. On va te préparer ton chocolat au lait.

Je me dirigeai vers la cuisine puis installai Maelle dans son siège de bébé.

Tout en papotant avec Maëlle, je préparai le petit déjeuner. Je lui expliquai un peu mieux ce qui se passait avec Alice et elle me demanda si elle pourrait la voir, ce à quoi je répondis par la négative : les enfants n'étaient pas autorisés à rendre visite aux patients.

Ensuite, nous nous préparâmes pour partir à l'hôpital où je déposerais Maëlle à la crèche avant de prendre ma garde.

A 7h30, alors que j'aidais ma fille à nouer ses lacets, la porte d'entrée sonna.

-Y a quelqu'un ! s'écria immédiatement Maëlle, en tapant des mains.

Je fronçais les sourcils.

-Oui, mais c'est bien tôt pour recevoir de la visite. Continue à mettre tes chaussures, je vais aller ouvrir, fis-je.

Je me dirigeais vers la porte et l'ouvris.

Quelle ne fut ma surprise en découvrant Edward sur le pas de ma porte.

Je l'avais à peine regardé la veille, pressée de fuir. Maintenant qu'il se tenait devant moi, je me rendais compte à quel point il était beau. Il avait toujours été beau, très beau mais il y avait quelque chose dans ses yeux qui le rendaient plus mystérieux, plus … sexy que quelques années auparavant.

-Salut, fit-il me sortant de ma rêverie ou plutôt de ma contemplation.

Ses yeux verts me fixaient, impassibles.

Il me fit un léger sourire en coin avant d'ajouter :

-Je vois que tu ne peux toujours pas t'en empêcher. Toujours à admirer la beauté que je suis.

Je le regardais un instant sans bouger, choquée et consternée. Edward Cullen, le retour !

-Ne prend pas tes désirs pour la réalité, répondis-je agressivement, à la fois surprise qu'il ait vu aussi juste, et déçue qu'il soit toujours aussi arrogant.

-Pas la peine de le prendre mal, je plaisantais, histoire de détendre la situation. On ne s'est pas quitté dans les meilleurs termes la dernière fois.

Ses paroles me firent l'effet d'un électrochoc. Il fallait qu'il s'en aille au plus vite. Maëlle ne devait pas le voir, ni lui la voir. Je ne m'étais pas encore préparée à cette éventualité. Je réagis finalement tentant d'ignorer la panique qui montait en moi :

-Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Lui demandais-je de la façon la plus neutre possible.

-Je suis désolé d'arriver à l'improviste et si tôt. Jasper m'a dit que tu partais vers 7h30-40 pour aller à ton travail.

J'hochai la tête, incapable de prononcer un mot.

Il me regarda puis fronça les sourcils, voyant mon manque de réaction.

-Je voudrais récupérer quelques affaires pour Alice.

J'haussais les sourcils, décontenancée.

-D'accord, pas de problème. Mais je comptais passer voir Alice avant de prendre ma garde. Je crois que je vous l'ai dit à Jasper et à toi hier.

J'étais certaine d'avoir dit à Jasper que j'irais voir Alice ce matin, et il me semblait bien qu'Edward était présent. Il n'avait peut-être pas entendu.

-Oui, je sais mais je n'étais pas sur que tu penses à lui amener des affaires, répondit-il en haussant les épaules.

-Si, j'y avais pensé, fis-je en désignant un sac posé à côté de la porte.

-Oh, souffla-t-il.

Il semblait gêné à présent.

Je fronçais à nouveau les sourcils, me demandant ce qu'il voulait réellement. Il n'allait quand même pas me faire croire qu'il était venu ici parce qu'il pensait que je n'allais pas prendre les affaires d'Alice.

-Dans ce cas, je vais y aller. On se voit à l'hôpital, j'imagine.

-D'accord, me contentais-je de répondre, son changement brusque d'attitude me troublant.

J'aurai voulu le retenir pour lui demander davantage d'explication, mais je ne pouvais pas prendre de risque alors que Maëlle se trouvait à seulement quelques mètres.

Il se retourna et partit vers sa voiture.

Je fermai la porte, et m'appuyais contre celle-ci en soupirant fortement. Mon Dieu, je l'avais échappé belle cette fois-ci. Mais qu'en serait-il de la prochaine fois. Je n'allais pas pouvoir cacher l'existence de Maëlle éternellement. Il était certain que Jasper ou Alice, quand elle se réveillerait, mon cœur se serra à cette pensée, me demanderaient des nouvelles de Maëlle. Néanmoins, je n'étais pas obligée de lui dire que c'était sa fille.

Je repris mes esprits et retournai dans le salon où ma fille se débattait pour mettre ses chaussures.

-Etait qui ? Interrogea-t-elle dans son langage enfantin.

Je la regardai un instant puis lui répondis tout en m'agenouillant devant elle pour l'aider à mettre ses chaussures :

-Le frère de ta marraine. Il voulait lui apporter quelques vêtements.

Je me relevai.

-Allez, on est partie ma chérie sinon je vais être très en retard au travail.

J'aidai ma fille à enfiler son manteau et l'installai sur son rehausseur pour bébé dans la voiture.

Un quart d'heure plus tard, je me garai dans le parking de l'hôpital, à un emplacement réservé au personnel. Je me dépêchais d'aller déposer ma fille à la crèche. Je l'embrassai fort en lui souhaitant une bonne journée puis je me dirigeai presque en courant vers le vestiaire pour me changer et revêtir mon uniforme de médecin. Toujours au pas de course, je montais vers la chambre d'Alice pour aller voir comment elle allait avant de prendre mon service.

Devant sa porte, je toquais brièvement et une voix me dit d'entrer.

Je poussais la porte. Jasper était assis au chevet de sa femme. Il y avait également deux autres personnes que je ne connaissais pas.

Jasper tourna la tête vers moi et me fit un triste sourire. Il se leva, allant à ma rencontre. Il me serra rapidement dans ses bras. Puis il se tourna vers les deux autres personnes et entama les présentations.

-Carliste, Esmée, je vous présente Bella, une très bonne amie. Bella, voici les parents d'Alice.

Mon Dieu, les parents d'Alice ! Ce qui voulait dire aussi les parents d'Edward et donc les grands-parents de Maëlle. Immédiatement, je me sentis mal à l'aise, me ramenant à mon indécision. Avais-je le droit de priver Edward de sa fille, et Carliste et Esmée de leur petite-fille ? En même temps, ça faisait deux ans que je les en privais. Tout comme je privais Maëlle de sa famille paternelle. Quelle mère étais-je donc ?

Je secouais la tête, tentant de me reprendre.

Jasper posa une main inquiète sur mon bras.

-Ca va Bella ? Me demanda-t-il.

Je lui souris pour le rassurer.

-Oui, excusez-moi, je n'ai pas passé une très bonne nuit, comme vous probablement. Je suis enchantée de vous rencontrer. Alice m'a beaucoup parlé de vous.

Ils me sourirent en retour, bien que leurs sourires ne semblaient pas atteindre leurs yeux.

-Nous aussi, nous avons beaucoup entendu parler de toi. Alice et Jasper t'aiment beaucoup. Me dit Esmée d'une voix très douce.

Elle avait une beauté calme. Ses traits respiraient la douceur et l'amour maternel. Celui que je n'avais jamais connu. Je me demandais un instant comment elle avait pu faire un être comme Edward, qui me semblait être son exact opposé.

Ce qu'elle venait de dire me toucha.

Je me tournais vers Jasper.

-Comment va-t-elle aujourd'hui ? Demandais-je, tout en saisissant le dossier médical accroché au pied du lit.

-Ca n'a pas évolué depuis cette nuit. Tu penses que c'est normal ?

Je parcourus rapidement le dossier des yeux. Effectivement, son état était stable, ni amélioration, ni chute.

-Eh bien, oui je pense que c'est normal. Son corps a subi un traumatisme important et il doit y faire face. Si elle ne s'était pas mise naturellement dans le coma, nous l'aurions mise dans un coma artificiel pour qu'elle souffre moins et qu'elle reprenne des forces.

Mon discours eut l'air de les rassurer tous les trois.

Je tentai une approche vers le père d'Alice pour mieux le cerner.

-Qu'en pensez-vous Docteur Cullen ? Interrogeais-je

S'il fut surpris par le fait que je connaissais son métier, il n'en montra rien.

Quand il prit la parole, ce fut d'une voix d'une douceur extrême :

-Je suis d'accord avec ce que tu viens de dire. J'avais fait la même analyse et je suis rassuré que l'on arrive aux mêmes conclusions.

Je lui souris, sourire qu'il me rendit avec bonté. Comme j'aurais aimé avoir des parents tels que Esmée et Carliste, aimants et attentifs à leurs enfants. Bien entendu, je ne pouvais rien reprocher aux miens, ils n'avaient pas vraiment eu le temps d'être parents.

Je jetai un rapide coup d'œil à mon montre et grimaçai légèrement.

-Je suis désolée, je dois filer, je suis attendue. Je repasserai tout à l'heure, d'accord ?

-Bien sûr, sauve-toi Bella, fit Jasper. Et merci pour tout.

Je leur adressai un signe de main, puis sortis rapidement de la chambre.

Quelques jours passèrent ainsi, sans que je ne revis Edward ni qu'il y ait une amélioration d'Alice. Je passais aussi régulièrement que possible. Esmée, Carliste et Jasper restaient presque constamment au chevet d'Alice.

Entre temps, l'autre frère d'Alice, Emmet, et Rose, sa femme, étaient arrivés. Il s'étaient bien sûr marié depuis la dernière fois que je les avais vus, trois ans auparavant et mon cœur s'était serré quand j'avais appris qu'ils avaient un petit garçon du nom de Robin, 2 ans. Ainsi, Maëlle avait un cousin de son âge.

J'avais de plus en plus de mal à faire face à la situation, l'arrivée au grand complet de la famille Cullen me jetait en pleine face de ce dont je privai ma fille : non seulement d'un père, mais aussi d'une famille.

En effet, je ne pouvais pas prétendre être sa « famille ». J'étais sa mère, seulement sa mère. Sans famille, sans frère et sœur, sans parents, sans cousins. Sans rien.

Mon désespoir s'était traduit physiquement ce que Jasper n'avait pas manqué de remarquer. Je savais que j'avais de cernes bien bleus sous les yeux et que j'étais extrêmement pâle. Il me regardait souvent d'un air inquiet.

Ne souhaitant pas être un poids supplémentaire pour lui, j'avais décidé de prendre une après-midi avec ma fille pour me ressourcer.

C'était un jeudi, cela faisait quatre jours qu'Alice était hospitalisée. J'étais passée la voir avant d'aller récupérer ma fille aux environs de 15h.

Nous étions toutes les deux dans un parc, bien couvertes dans nos gros manteaux d'hiver, chacune avec écharpes, bonnets et gants.

Malgré le froid polaire, Maëlle jouait dans un bac à sable et j'étais moi-même assise sur un banc, un café dans une main, un livre dans l'autre, la surveillant du coin de l'œil.

De temps à autre, elle tournait la tête vers moi et me faisait des signes de main avec un grand sourire. Gestes auxquels je répondais évidemment avec entrain.

Même s'il faisait très froid, j'adorais ce moment où je me sentais mère sans encombre.

-Bonjour Isabella, fit soudain une voix à ma gauche.

Je sursautai et me battais légèrement avec moi-même pour éviter de renverser du café brûlant sur moi.

-J'adore les réactions que je créé chez toi. Il y a bien des choses qui ne changent pas.

Je me tournai brusquement, et découvrais sans surprise Edward. Il me regardait, railleur.

Je sentis, pour la énième fois depuis qu'il était « revenu » dans ma vie, la panique se répandre comme un poison dans mes veines.

Cette fois, j'étais perdue, Maëlle était à seulement quelques mètres.

-Ca, c'est quelque chose qui change, continua-t-il, sarcastique, je t'ai connu criant, pleurant, gémissante même sous mes caresses, mais jamais muette.

Abasourdie. Voilà ce que j'étais. J'étais simplement incapable de trouver une répartie convenable. Je ne savais même pas si j'avais l'envie ou la force de me battre contre lui.

-Ca fait trois ans que je n'ai plus rien à te dire, Edward. Je ne crois pas que ça va changer aujourd'hui.

J'évitai son regard par tous les moyens. Et je jetai un rapide regard vers Maëlle pour la voir nous regarder attentivement. Mon cœur manqua un battement. C'était sûr, elle allait se lever d'un moment à l'autre et venir voir qui IL était, curieuse comme elle était.

Je devais trouver un moyen de partir, et vite.

-Ah ! S'exclama-t-il. Tu vois quand tu veux ! Isabella, ou le retour de la tigresse !

Je me levais, l'ignorant, prête à me précipiter vers ma fille et l'emmener loin d'ici, loin de lui.

Une main sur mon poignet me retint, m'empêchant de faire le moindre pas.

-Allons Isabella, tu ne vas pas t'enfuir ainsi. Tu as pris quelques formes mais ce n'est pas bien grave, je pense que tu serais acceptable dans mon lit.

A ces mots humiliants, j'eu un haut-le-cœur. Je me retournais, telle une furie, prête à l'agresser physiquement quand j'entendis une tout petite voix m'interpeller :

-Maman ?

Je vis les yeux d'Edward s'ouvrir grand et, probablement sous le choc, il me lâcha le poignet.

Je me retournai vers Maëlle. J'étais dos à Edward, ce qui signifiait qu'il ne pouvait pas voir ma fille. Un espoir s'insinua en moi, peut-être allais-je finalement échapper à la vérité.

En effet, je savais parfaitement qu'il était extrêmement difficile pour Alice et/ou Jasper d'imaginer que Maëlle puisse être la fille d'Edward, malgré le fait qu'elle lui ressemblait énormément : ils ne savaient absolument pas que j'avais eu une aventure avec Edward.

Par contre, Edward, lui, s'il évaluait à peu près l'âge de Maëlle et qu'il apercevait ses yeux verts si semblables au sien, il ferait le lien sans aucune difficulté. Je le savais parfaitement.

Je répondis enfin à ma fille, tentant de maîtriser les tremblements de ma voix :

-Viens mon cœur, on y va, il commence à faire froid, fis-je en tentant de lui prendre la main.

Mais c'était sans compter l'agilité, la rapidité et la curiosité de Maëlle, qui me contourna légèrement tout en demandant :

-'Tend Maman ! C'est qui le monsieur ?

J'entendis très clairement Edward hoqueter de surprise.

Je me retournais comme au ralenti.

Edward dévisageait Maëlle avec une lueur dans les yeux que je n'arrivais pas à définir.

Lorsqu'il leva enfin les yeux vers moi, ce que j'y vis me fit terriblement peur. Ses yeux étaient noirs de colère, de haine et de … dégout. Ce fut cela qui me fit le plus mal.

-Tu n'as rien à me dire, hein ? Fit-il d'une voix glaciale. RIEN ? Hurla-t-il soudainement, nous faisant sursauter de terreur Maëlle et moi.

-Je … je…, bredouillai-je, complètement déboussolée et dépassée par la situation.

-COMMENT AS-TU PU ME FAIRE CA ? Hurla-t-il, ignorant mes balbutiements.

Sans préavis, il s'approcha de moi, menaçant.

-Tu me le paieras, dit-il d'une voix haineuse.

Puis il se retourna et partit, sans un regard en arrière.

J'étais là, plantée dans ce parc enneigé aux allures si féeriques, tenant ma toute petite fille par la main.


Qu'en avez-vous pensé ? J'attends vos critiques avec impatience !

A très vite,

Auxane