Merci beaucoup à Nass pour sa review.
Chapitre 20
Hôpital général
Italie
Aucun bruit ne se faisait entendre dans la pièce en dehors des bips réguliers de la machine qui se trouvait dans la pièce. Ce son était obnubilant, obsédant et oppressant.
Mais pourtant, il était ce qui permettait à Roye de se raccrocher à quelque chose. Tant que ce bruit était audible, tout n'était pas perdu. Mais rien ne semblait gagné pour autant.
Il restait debout à côté du lit, sans bouger et ce, depuis des heures. Il ne savait pas comment allait Heero qui avait été touché au niveau du ventre par une balle perdue, mais il ne comptait pas s'en préoccuper.
Le métis avait bien peu d'importance à ses yeux, ils étaient compagnons de voyage, pas amis. La seule chose qui les unissait, c'était cet ennemi commun qui les narguait depuis, maintenant, trop longtemps.
Doucement, Roye passa l'une de ses mains dans les cheveux d'Ilham, mais ce dernier n'eut aucune réaction, et ses yeux restèrent obstinément clos. Ilham avait été privé d'air pendant trop longtemps, et c'était déjà une chance qu'il soit encore en vie.
Il risquait cependant de ne jamais se réveiller, et, surtout, il ne récupérerait pas toutes ses facultés physiques et mentales. Le cerveau était quelque chose de bien fragile, de même que le corps humain, et c'était aujourd'hui que Roye en prenait réellement conscience.
La porte s'ouvrit doucement derrière lui, et Axel rentra dans la pièce.
-Est-ce que ça va ?
-Tu crois que ça peu aller ?
Bien sûr que ça ne pouvait pas aller, et Axel en était bien conscient. Lui-même se sentait atrocement mal.
Il avait peur.
Peur qu'Ilham ne revienne pas, peur, que même éveillé il ne soit plus lui.
Les médecins le lui avaient bien dit, le jeune homme risquait fort de ne plus jamais être comme avant. Et Axel avait peur que, pour eux tous, il devienne impossible de se relever.
-Qu'est-ce que tu comptes faire, Roye ?
-D'abord, je vais tuer mon frère. Puis, je viendrais le chercher pour m'occuper de lui.
Axel baissa la tête. Bien sûr, il s'attendait à ce genre de réaction, et la mort de Quatre était bien loin de le gêner. Ce qui lui faisait mal, c'était la décision de Roye qui était de rester pour toujours aux côtés d'Ilham, probablement parce qu'il s'en voulait, quelque part, du sort du jeune homme.
Mais, est-ce qu'il y avait encore de la place pour lui dans ce genre d'avenir ?
-Axel…
La voix de Roye était hésitante, et Axel ne sut dire s'il devait considérer cela comme un bon signe ou un mauvais.
-Je ne veux pas te forcer à rester. Je ne laisserais pas Ilham, et je n'ai pas envie de te laisser, alors… Si cette situation ne te convient pas, quitte-moi, parce que je n'aurais pas le courage de le faire à ta place.
-Te quitter ?
-Tu sais que je t'aime, et que je n'ai pas envie de te perdre, mais je n'arriverais jamais à laisser l'un d'entre vous, même si je sais que ça vous fait mal à tous les deux. Aussi, n'hésite pas à partir si tu as trop mal avec moi.
-Mais Roye… D'où tu tiens que ça puisse me faire réellement mal ? Ilham est chiant, mais bon… Je m'y suis habitué.
Hésitant, Roye se retourna vers le jeune homme. Axel se rendit compte d'à quel point il semblait fatigué. Doucement, il se rapprocha pour poser sa main sur sa joue.
-Je ne l'aime pas comme tu l'aimes, mais je reste proche de lui, et je t'aime, toi. Alors crois-moi, je ferais tout pour que ça fonctionne. On est peut-être pas vraiment un exemple moral parfait, ni même le symbole idéal de l'amour. On se prend la tête, on est jaloux, et on se dispute, mais on s'aime tous quand même, à notre façon. Et franchement, je préfère cette situation avec vous, qu'un amour dit idéal avec n'importe qui d'autre.
Cette déclaration sembla toucher Roye droit au cœur. Il se pencha en avant et embrassa le jeune homme, profitant d'un moment de calme et de répit, mais les bruits de la machine les empêchèrent de savourer réellement. Ils se reculèrent bien vite d'ailleurs, comme si cette pièce n'était pas faite pour recevoir l'amour.
-Va trouver ton frère, je resterais avec Ilham.
Roye remercia le jeune homme du regard. Il s'apprêtait à quitter la pièce pour aller rejoindre les autres, quand la voix d'Axel l'interpela :
-Et tu as intérêt à revenir ! Parce que je refuse de passer ma vie seul avec lui !
Dans le couloir
Le café de l'hôpital ne devait pas être réputé pour son bon goût, ou en tout cas, s'il l'était, c'était un mensonge éhonté. C'était, tout du moins, l'avis de Duo qui sirotait comme il le pouvait un mélange qui se voulait caféiné.
Mais il n'avait rien d'autre à faire qu'attendre. Heero dormait pour tenter de récupérer comme il le pouvait de sa blessure, Roye était de sale humeur, ce qui était plutôt normal, Axel était occupé et Peter était introuvable.
Et comme le natté ne se sentait pas vraiment la force de se retrouver seul dans la chambre du métis blessé, il préférait rester seul dans le couloir. Même si c'était une erreur.
Les infirmiers passaient dans une sorte de procession éternelle, certains pressés, d'autres fatigués… Et aucun d'entre eux ne pourrait prendre le temps de venir lui parler, de savoir ce qu'il pouvait bien faire ici, et ce qu'il pouvait attendre assis comme ça.
Mais Duo n'attendait pas, il passait le temps.
Alors qu'il prenait une nouvelle gorgée, il vit Peter arriver doucement.
-Il est réveillé ?
Demanda le jeune homme en restant debout devant lui. Duo soupira longuement.
Après tout, c'était Peter qui sortait avec Heero maintenant, et c'était donc à Peter de se tenir au courant de ce genre de nouvelles, certainement pas à lui !
-Je n'en sais rien, je n'y suis pas encore allé. Mais les médecins ont dit que ça devrait aller.
-Parfait, on va devoir parti bientôt de toute façon.
-Comment ça ?
-La police risque de nous poser des questions, et on ne peut pas vraiment se permettre de répondre.
-Alors tu proposes de laisser Heero ici ?
-Je pense que c'est la meilleure solution. Si tu arrives à te rappeler, le but de ce jeu, c'est de retrouver ton ami, et de ce que Wufei nous a dit, il est maintenant en danger, il n'y a donc pas de temps à perdre avec la police. Je vais partir devant pour retrouver ce foutu chinois, s'il est vraiment décidé à nous aider, il ne devrait pas être loin. Tu n'as qu'à prévenir Heero et aller chercher Roye et Axel.
-Attend Peter… Les membres du personnel nous ont clairement dit que la police nous laissait le temps de nous remettre avant de nous poser des questions ! Nous ne devons pas nous enfuir comme ça !
-Mais si on reste, ton ami est condamné et tout ce qu'on aura fait n'aura servi à rien.
-Pourquoi tu tiens tant que ça à éviter une confrontation avec la police ?
-On perdrait du temps. Et on n'en a plus vraiment devant nous.
Sur ces mots, et peu décidé à devoir développé ses arguments, Peter se retourna pour s'avancer dans le couloir, passant le plus discrètement possible entre les internes. Il avait une autre raison d'éviter à ce point les représentants de la loi, mais il n'allait pas le dire si facilement.
Duo risquerait de ne pas comprendre.
Le natté soupira et se releva pour rejoindre la chambre du métis. Mais à peine avait-il ouvert la porte qu'il retrouvait Heero debout en train de s'habiller.
-Mais… a quoi tu joues toi ?
-Je m'habille, ça ne se voit pas ?
-Bien sûr que si, mais pourquoi ?
Heero se tourna vers lui et le regarda calmement :
-Il n'est pas question que je reste ici pendant que vous allez retrouver ce salopard !
-Tu es blessé, il n'est donc pas question que tu viennes avec nous !
-Je viens, et tu n'as rien à dire à ma place.
-Ce que tu peux être buté ma parole… Quand on est blessé, on reste allongé !
-Ecoute, la dernière fois, il nous a échappé, je n'ai pas envie de le laisser à nouveau s'enfuir. Même si je suis blessé, je suis du voyage, en plus, ce n'est pas si grave que ça.
Et sans attendre la suite, Heero se dirigea hors de la chambre. Duo, heureux finalement de ne plus être avec cette tête de mule, finit par le suivre à regret.
En ouvrant la porte, Heero se retrouva face à Roye qui le regardait froidement. Il ne lui en voulait pas particulièrement, mais en ce moment, il regardait tout le monde froidement.
-Vous êtes prêt ?
Il ne semblait pas surpris de voir Heero déjà debout, ou en tout cas, il ne fit aucun commentaire.
-Oui. Où est Axel ?
-Il veut rester avec Ilham.
Il n'y eut pas d'autres mots entre eux, et ils se mirent en route tous les trois en direction de l'entrée de l'hôpital, bien décidés à retrouver Wufei et à rattraper Quatre avant qu'il ne soit trop tard.
En partant, Heero porta un instant son attention sur un groupe hétérogène qui semblait particulièrement pressé, et peu à sa place dans ce genre de lieu. Ce qui retint particulièrement son attention fut la simple phrase d'une femme blonde qui semblait diriger le mouvement.
-Non mais je vous jure que Peter va me le payer…
Mais Heero ne pensa pas au fait que son Peter à lui pouvait être son Peter à elle. Après tout, ce n'était pas un nom des plus rares, et dans un hôpital, il y avait bien des raisons de faire payer quelque chose à quelqu'un. Aussi, il se désintéressa très vite de cet événement, et l'oublia.
Dommage…
Devant l'hôpital
Retrouver Wufei avait été facile, le chinois attendait tout simplement en face de l'hôpital. Peter s'en doutait un peu, mais il n'avait pas eu très envie d'attendre les autres en haut, il savait que ses éternels poursuivants n'étaient jamais loin.
Il s'installa à côté de Wufei sans que ce dernier ne daigne lever les yeux de son journal. Pourtant, c'est le chinois qui commença à parler.
-Que donnent les blessures ?
-Plus ou moins graves…
Le manque de détails ne sembla pas gêner Wufei. Il demandait, de toute façon, plus par politesse que par réel intérêt. Et tant que personne n'était mort alors, tout allait bien. Peter reprit :
-Tu vas nous mener à Quatre maintenant ?
-Probablement, si vous vous sentez encore de le chercher.
-Personnellement, je m'en fiche un peu. Mais si quelqu'un est en danger dans cette histoire, il vaut mieux y aller.
-C'est vrai que tu ne connais pas Trowa.
-Oui, mais je suis un peu curieux de rencontrer ce Quatre. En fait, je me demande ce qui peu motiver une telle envie de contrôle sur ce qui l'entoure. Une telle obsessionalité pour les moindres détails de ce jeu…
-Tu te poses bien des questions… En même temps, je suppose que c'est ce qui doit te motiver dans cette histoire.
-Ah oui ?
-Bien sûr. Tu ne connais pas Trowa, ni Quatre. Ce jeu vous a beaucoup enlevé, donné un peu, et vous a fait du mal. Pourtant, tu es toujours là, et j'aimerais bien savoir pourquoi.
-Je fais ça, parce que c'est important, et que c'est le mieux qu'il y ait à faire.
-Oh, tu es l'un de ces défenseurs de la justice ?
-Oui, ça te poses un problème ?
-C'est juste que pour un mec qui trompe son partenaire, je te trouve gonflé.
-Je ne sais pas… Quand il n'y a plus d'amour, est-ce qu'il y a vraiment un sens au couple ?
-Ça… Je n'en ai aucune idée…
Leur discussion aurait probablement pu durer un moment. Peter lui aurait demandé ce qui le poussait aujourd'hui à les aider, Wufei, ce qui le poussait à fuir cet endroit aussi vite.
Ils se seraient peut-être découvert une possible amitié ou quelque chose y ressemblant.
Mais ils n'en eurent pas le temps, et ne l'auraient jamais.
Déjà, Roye, Heero et Duo arrivaient. Peter se releva pour se tourner vers le métis.
-Tu te sens de venir ?
-Ça devrait aller.
-Bien.
Duo ne savait pas comment prendre le comportement de Peter vis-à-vis d'Heero.
Est-ce que c'était un désintérêt total pour l'autre, ou une trop grande confiance ?
Mais cela ne sembla pas gêner Heero qui se contenta de se tourner vers Wufei.
-Bien, comme tu nous aides maintenant, je suppose que tu vas nous mener à Quatre.
-J'ai déjà vos billets de train.
-De train ?
-Oui, Quatre vit à présent à Marseille.
Et sans un seul mot de plus, les jeunes hommes emboîtèrent le pas à leur ancien ennemi.
Marseille
France
-Ils ne devraient pas tarder à arriver maintenant.
Trowa ne répondit pas, ce n'était pas qu'il n'en avait pas la force, mais il n'en avait plus la possibilité. Il tentait de convaincre Quatre du regard, mais ce dernier ne fixait que le mur.
-Je pense qu'ils te retrouveront rapidement. Tu ne seras pas seul longtemps.
Les yeux de Quatre se tournèrent vers lui, et Trowa plongea en eux comme dans un océan des plus clairs et des plus doux.
Car, oui, même si Quatre semblait avoir perdu l'esprit, ses yeux n'étaient que douceur pour lui, et Trowa comptait sur cette tendresse pour tenter de convaincre son amant d'arrêter ses actes avant qu'il ne soit trop tard.
Il aurait voulu le convaincre par la parole, par des gestes, mais un bâillon et des liens semblaient prendre un plaisir vicieux à l'en empêcher.
-Tu sais, je n'aurais jamais cru que ça finirait comme ça, je pensais même que nous pourrions vivre ensemble, tranquillement, et pour toujours. Si seulement tu avais pu tout oublier ! M'oublier moi, eux, tout ! Alors, tu serais resté ici sans te poser des questions ! Tu serais resté sans chercher à les revoir ! Mais non, tu ne voulais pas être à moi, tu ne l'as jamais voulu, et tu as juste cherché le meilleur moyen pour me quitter ! Parce que tu es comme les autres, tu as toujours été comme les autres !
Quatre criait, hurlait même. Il ne semblait même plus se rendre compte de ce qu'il pouvait bien dire, de ce qui pouvait être vrai et être faut.
Et attaché comme il l'était, Trowa ne voyait pas comment lui dire qu'il se trompait.
Et même sans ses liens, il ne pourrait jamais le lui prouver.
Quatre continuait, encore et toujours…
-Mais… Tu ne vas pas me quitter. Je ne te laisserais pas me quitter ! Pas pour eux, pas pour qui que ce soit !
Le jeune homme s'approcha doucement et se pencha en avant, approchant son visage au maximum de celui de le Trowa, le regardant avec des yeux emplis d'un amour dévorant et dévastateur.
-Non, tu ne vas pas me quitter, Trowa Barton, parce que tu es à moi, juste à moi.
Déjà, Trowa voyait la lame briller dans la main de son amant.
-Et je garde toujours tout ce qui est à moi.
A suivre...
Bien, plus que deux petits chapitres et Catch Me sera terminé ^_^
Si vous avez des commentaires, des critiques, des suggestions pour améliorer le récit, n'hésitez pas à vous faire connaître !
Les compliments aussi sont, évidemment, les bienvenus ^-^
