Merci beaucoup à Nass et Greynono pour leurs reviews.
Et comme je n'ai pas ton adresse Greynono, je te répond ici : Je suis vraiment très contente que tu aimes Heero et Peter ensemble ^_^ Et bien sûr, je te comprends pour les happy ends, je les aime aussi… Mais là, je ne sais pas trop si j'y arriverais ou pas. Je tenterais probablement de faire au mieux ! En tout cas, merci de continuer à me soutenir !
Et sans plus attendre…
Chapitre 21
Gare de Marseille
France
Le train entrerait bientôt en gare, les gens commençaient à réunir leurs bagages, leurs enfants, leurs affaires. Mais leur groupe n'avait rien à récupérer.
Quand avaient-ils au juste perdu leurs affaires ?
Probablement à Venise, ils n'avaient pas vraiment pris le temps de rentrer à l'hôtel pour récupérer leurs valises. Mais, même sans leurs valises pour prouver leur long voyage, on pouvait sentir en eux la fatigue de celui qui a quitté sa maison depuis trop longtemps.
De celui qui a trop perdu.
De celui qui voudrait juste fermer les yeux, oublier les ennuis et retourner dans les jours meilleurs.
Mais ce que l'on pouvait sentir, aussi, c'était leur volonté. Malgré cette tentation d'abandonner, il y avait aussi une envie de continuer à avancer.
Par devoir, vengeance, haine…
Il y avait bel et bien quelque chose. Et ce, pour chacun d'entre eux.
C'était, tout du moins, ce que se disait Wufei en regardant les quatre jeunes gens qui se tenaient non loin de lui. Le jeu de Quatre avait apposé sa marque sur eux, sur leurs épaules et dans leurs yeux.
De bonnes marques, de mauvaises marques, peu importait en réalité. Cette trace ne s'effacerait pas, et c'était tout ce qui comptait.
Mais ce qui resterait de ce voyage, c'était cette maturité qu'ils avaient probablement tous gagné. Pas celle qui peu réellement se voir, non, elle se sentait plutôt. Ils avaient vu de nombreuses choses, rencontré, parfois, les bonnes personnes.
Et surtout, ils avaient fini par réussir à se comprendre, à s'entendre, et à se voir réellement. Oui, ironiquement, Quatre avait voulu les détruire par ce voyage, il les avait rendus plus forts.
Le train commença à entrer en gare, et Peter se pencha doucement vers Heero qui s'était endormi. Il le réveilla avec douceur, ne se préoccupant guère des quelques regards plus ou moins outrés que le groupe du troisième âge qui partageait leur compartiment pouvait bien lui lancer.
Heero ouvrit difficilement les yeux, ne sachant plus vraiment où il se trouvait. Il était épuisé par sa blessure, son opération et sa perte de sang. Peut-être n'était-il pas tout à fait prêt à venir en fait…
Mais il ne voulait pas passer à côté de ses retrouvailles avec Quatre, plutôt mourir !
Peter le regarda un instant, un air accusateur sur le visage.
-Tu as l'air fatigué.
-C'est parce que je viens de me réveiller.
-Si je vois que ça ne va pas, tu restes en arrière.
-C'est bon…
-Ça c'est ce que tu dis, et je t'ai cru, mais c'était avant de te voir t'effondrer comme une masse dans ce train !
Duo passa à côté d'eux en les laissant se disputer, un sourire au visage.
Mais il ne savait pas dire si c'était le fait qu'ils étaient en conflit, ou le fait que Peter s'inquiète pour Heero qui lui donnait cette expression. Et de toute manière, il n'avait pas très envi de chercher la réponse.
Wufei les attendait un peu plus loin, et en voyant qu'ils arrivaient, il se remit en route jusqu'à une voiture noire qui semblait sur le parking depuis un moment.
-La maison n'est pas loin, nous y serons d'ici une dizaine de minutes.
Il s'installa au volant et leur laissa le temps de monter dans le véhicule avant de mettre le contact et de quitter le parking. Et Peter finit par demander :
-Au fait, de quelle manière comptez-vous entrer dans cette maison ? Je ne pense pas que Quatre ait très envie de nous voir.
-Par la porte d'entrée, comme n'importe qui.
Roye semblait sûr de lui, mais Peter pensait très sérieusement que c'était une erreur.
Quatre était un déséquilibré, et pouvait être tout aussi charmant que dangereux. S'il était inquiété, effrayé ou mis en mauvaise position, il n'hésiterait certainement pas à tuer.
Mais Wufei ne semblait pas particulièrement nerveux à cette idée, et il était probablement celui qui connaissait le mieux Quatre. Il décida de croire en la confiance du chinois, et d'espérer que tout se passerait bien.
Le reste du voyage se fit dans un silence quasi religieux, chacun se rendant soudainement compte du fait que le dénouement était proche, mais, et surtout, qu'il ne serait probablement pas tout à fait heureux.
Trowa était en danger, mais avait-il vraiment envi d'être sauvé ?
Quatre préparait probablement quelque chose, mais quoi ?
Ils ne pouvaient qu'espérer que toute cette histoire finisse du mieux possible.
Wufei arrêta la voiture devant une petite maison de banlieue à l'allure tout à fait banale. Les rideaux n'étaient pas tirés, et aucune aura négative ne semblait s'en échapper. C'était un pavillon des plus normaux.
Les cinq hommes sortirent rapidement de la voiture, décidés à en finir au plus vite, et Wufei leur ouvrit la porte tranquillement. Mais il resta en arrière, peu décidé à se mêler réellement de leurs retrouvailles.
Aussi étrange que cela puisse paraître, il était persuadé d'avoir déjà joué son rôle et de ne plus avoir rien à faire. Alors, au lieu de les aider, il sortit à l'extérieur, et appela la police, il savait qu'ils auraient rapidement besoin d'aide, mais il ne savait pas qui il faudrait sauver.
Aucun des autres ne sembla se formaliser de son départ. Ils ne savaient pas ce qu'il allait faire, mais ne voulaient même pas s'en préoccuper. Leur objectif était bien trop proche pour qu'ils pensent à reculer maintenant.
Un seul bruit retentissait dans le couloir. Un bruit distordant, disharmonieux qui semblait donner à l'endroit une impression de décadence, de folie muette qui pouvait, pourtant, s'entendre. Telle une obsession malsaine et malodorante, les notes se répandaient en eux comme l'eau pourrie dans les champs. Comme le sang dans les songes des enfants.
Ne restait sur eux, qu'une impression de désarrois, de peine et de douleur. Cette dernière les étouffait, les étranglait et semblait vouloir les tuer à petit feu. Ils se retrouvaient seuls face à elle, prêt à se faire dévorer tout entier par ces nombreuses bouches souriantes de toutes leurs dents pointues et jaunes.
Peter fut le premier à se reprendre réellement. Il secoua la tête plusieurs fois, se débarrassant de la chape de plomb qui avait envahie son esprit, et il se tourna vers ses compagnons de voyage les rappelant à la réalité d'un seul regard.
Ces derniers revinrent rapidement à eux, pressés qu'ils étaient de sortir de l'univers chaotique dans lequel les notes de cette mélodie, qui n'avait de mélodieux que le nom. De ces notes qui semblaient prendre possession de leurs pensées et les menaient dans des lieux qu'ils n'étaient pas prêts à explorer.
Ils se mirent alors à avancer doucement, sans faire le moindre bruit, en direction du lieu d'où sortait cette infamie.
Arrivés devant la porte de bois, ils s'immobilisèrent, sachant parfaitement ce qu'il y avait de l'autre côté, se retrouvant paralysé quand même, sans même savoir réellement pourquoi.
De l'autre côté de cette porte, il y avait Quatre, juste Quatre. Un jeune homme torturé dont l'esprit n'était déjà plus qu'un amas chaotique sans organisation quelconque à part aux yeux de son porteur.
Un jeune homme qui avait joué avec eux, avec leurs vies, et leur patience.
Un jeune homme qu'ils avaient cherché à atteindre pendant des semaines, des années… et qu'enfin ils tenaient.
Mais il était aussi autre chose. Il était un être qui semblait étrangement puissant et fragile à la fois.
Un être qui pouvait probablement hanter leurs pires cauchemars pendant des siècles.
Oui, il y avait quelque chose en lui qui leur faisait peur, et c'était uniquement ce qu'ils imaginaient. Quatre pouvait prendre bien des visages pour eux, il avait prit un certain pouvoir sur leurs esprits, au fur et à mesure, et c'était ce qui les pétrifiait là, maintenant.
Il avait prit le pas sur leur réflexion, les transformant en marionnettes devant lui.
Mais Duo ne comptait pas abandonner maintenant. A cause de ce voyage, il avait perdu ses deux amours, mais avait, en même temps, réussi à s'en détacher pour tenter de continuer sa propre vie comme il l'entendait. Maintenant, il se devait de récupérer ce qu'il avait cherché pendant des années.
Et si Trowa refusait de rentrer avec eux, s'il demandait à rester avec Quatre, ce n'était pas grave, parce que Duo saurait. Il saurait que Trowa était heureux ici, qu'il voulait vivre ici. C'était toute la différence avec la situation actuelle.
Comme il voulait en avoir le cœur net le plus vite possible, il ouvrit la porte sans regarder un seul de ses compagnons. Ces derniers n'en menaient pas large non plus, mais ne comptaient pas faire demi-tour.
Pas maintenant.
Quatre leur tournait le dos, enchaînant les notes avec rapidité, mais ne semblant pas vraiment se rendre compte de leur discordance. Il ne les avait même pas entendu entrer, alors que, pourtant, il les attendait depuis des jours.
En voyant son frère, Roye s'avança rapidement, mettant l'une de ses mains dans la poche intérieure de sa veste. Il en sortit le pistolet qui avait appartenu à James, et le pointa directement vers la tête de Quatre qui cessa juste de jouer sans bouger.
Mais au lieu de les soulager, ce changement sembla les pétrifier un peu plus. Le silence était tel qu'il semblait leur être tombé dessus, telle un chape de plomb, faisant bourdonner leurs oreilles.
Ils entendaient le silence.
Roye continuait de regarder son frère, mais aucun des trois autres ne fit un geste, de toute façon, s'ils avançaient, Roye tirerait probablement. Il désirait trop tuer son frère pour les laisser l'en empêcher.
-Je savais bien que tu aurais ce genre de réaction.
Roye raffermit sa prise sur son revolver, serrant les dents de rage. Il aurait voulu que son frère soit paniqué, le supplie de lui laisser la vie. Pas qu'il soit détendu comme ça.
-Tu n'as pas aimé ton voyage, Roye ?
Quatre avait appuyé sur le nom de son frère, le narguant sans en avoir l'air.
-Pourquoi, j'aurais dû ?
-Pas vraiment.
-A quoi est-ce que tu joues, Quatre ?
Duo n'en pouvait plus d'attendre et de regarder les deux frères se parler aussi peu. De regarder Quatre ne rien leur expliquer alors qu'ils avaient tout fait pour arriver jusqu'à lui.
-A quoi est-ce que je joue ?
Le ton était froid, calme et monocorde. Comme si Quatre était surpris de ce genre de phrase, mais surtout, comme si elle le mettait en colère.
-A quoi est-ce que je joue.
Il prit appuie sur le piano, tirant de l'instrument un nouveau gémissement torturé, et il se releva doucement, leur tournant le dos.
-Parce que tu crois que je joue ?
Il se retourna, fixant le natté droit dans les yeux, l'aspirant presque dans la spirale de folie qui était maintenant son univers.
-N'est-ce pas, Duo Maxwell, tu penses que je m'amuse, ici, et maintenant !
Il criait, ne tentait même pas de désarmer son frère qui avait baissé sa garde, et semblait ne pas se rendre compte qu'il y avait d'autres personnes dans la pièce.
Il avait perdu l'esprit, et c'était maintenant une certitude pour eux tous.
-Mais je ne joue pas ! J'ai arrêter de jouer, et de m'amuser il y a des années ! Et je ne le ferais plus jamais ! Jamais ! Parce qu'il n'y a rien de drôle sur cette terre, rien qui apporte un réel bonheur. La vie n'est qu'une salope qui vous donne un petit quelque chose pour vous faire avancer, qui vous l'enlève à chaque fois que vous l'avez obtenu, et qui se rit de vous, qui rit de vous voir vous traîner sur cette terre dans l'espoir d'obtenir ce qu'elle promet mais ne donne jamais !
Roye recula, il n'était même plus sûr de vouloir tuer cet être qui hurlait encore et toujours des paroles qui semblaient n'avoir aucun lien entre elles, qui semblaient n'avoir pas leur place dans cette situation.
-Je vous l'ai montré de par ce voyage, n'est-ce pas ? Tout ce que vous aviez au début, vous l'avez perdu, comme ça. Et ce que vous avez pu gagner, vous finirez par vous le faire enlever, parce qu'on ne peu jamais rien garder éternellement, tout se perd, part en poussière et devient uniquement un souvenir qui se perdra également dans le fil de votre vie.
Il montra son frère du doigt :
-Je sais que l'un est revenu, mais tu as perdu l'autre à jamais, et tu finiras par perdre tout ce qu'il reste.
Il regarda Duo.
-Tu n'as plus rien pas vrai ? Ils t'ont tous abandonné, et même Trowa ne te seras pas rendu. Tu es probablement aussi seul sur cette terre que moi !
Puis, il se tourna vers Heero.
-Et tu penses avoir enfin entre tes mains l'amour ? Tu le perdras plus tôt que tu ne le penses, c'est toujours comme ça.
Enfin, ses yeux se posèrent sur Peter.
-Ils sont sur ta trace, et tu le sais. Bientôt, ta petite vie tranquille va s'achever, et on le sait tous les deux, mais tu ne crois pas que ton tendre amour risque de ne pas apprécier tes cachoteries ?
Mais sa tentative pour les déstabiliser ne fonctionna pas. Roye ne voulait pas perdre espoir, Duo savait qu'Heero resterait à ses côtés, même si leur amour n'était plus le même, Heero comptait tout faire pour garder Peter, et Peter savait que son secret n'était pas si terrible que ça.
-C'est toi qui a tout perdu Quatre.
Heero avait parlé calmement, ne tenant pas vraiment laisser le temps à Quatre de s'égosiller comme il le faisait.
-Peut-être, mais j'aurais toujours la satisfaction de vous voir vous battre pour rien. Vous avez perdu d'avance, la vie, est toujours plus forte que l'homme. Elle, la mort, la destruction et le destin, toutes ces forces se battent pour jouer avec nous, pour s'amuser à nos dépends et nous regarder crever lentement. Elles rient de nous voir amasser des fortunes, car elles savent qu'il leur suffira d'un geste pour tout reprendre. Elles rient de nous voir courir après l'amour, parce que tout disparaît et ne laisse qu'une cicatrice brulante qui fera mal à jamais. Et je compte bien rire avec elles, maintenant que je n'ai plus rien. Elles ne peuvent plus rien m'enlever, et je vous regarderais, tel un dieu, vous débattre avec vos sentiments, vos envies et vos besoins. Même la mort ne pourra rien contre moi, je suis déjà mort.
Doucement, il se déplaça sur le côté, s'approchant d'une baie vitrée ouverte.
-Attend, où est Trowa !
Duo avait hurlé, il savait que Quatre tenterait de fuir, que Roye tirerait, et qu'il risquait de perdre toute possibilité de retrouver son ami.
-Trowa ?
Quatre sembla surpris d'entendre ce nom, comme s'il ne l'avait pas entendu depuis des années.
-Oui, celui que tu as enlevé, où est-il ?
-Il est en dessous. Toujours en dessous.
Et sans un mot de plus, Quatre se retourna pour partir. Mais Roye ne pouvait tout simplement pas le tolérer. Il pointa son arme en avant, Peter tenta de se jeter sur lui, mais il y eu tout de même deux coups de feu.
Le temps que tout le monde comprenne ce qu'il s'était passé, Quatre avait déjà disparu. Roye tenait sa main en sang contre lui, et Wufei le regardait de la porte, un air ennuyé peint sur le visage. Sans réfléchir, Heero attrapa la chinois par le col.
-Mais tu es dans quel camp toi à le fin ?
-Dans aucun. Je fais uniquement ce qui me paraît juste, et tuer Quatre n'est pas la bonne solution.
-Mais le laisser s'enfuir c'est bon ?
-La police doit déjà être sur sa trace, tout ira bien.
-Tu sais ce qu'il a voulu dire pour Trowa par, en dessous ? Ne me dis pas qu'il est mort Wufei !
-Pour ça je ne sais pas, mais la dernière fois que je l'ai vu, il était dans la cave.
Il n'en fallut pas plus pour Duo qui se précipita dans le couloir pour trouver un escalier qui descendrait jusqu'à la cave. Sans hésitation, Heero le suivit doucement, après avoir échangé un simple regard avec Peter.
Ce dernier lui parlerait de son secret, mais ça pouvait encore attendre, au moins un peu.
Duo trouva rapidement l'escalier qui menait jusqu'à la cave, et il le descendit presque en courant. Il avait besoin de savoir si Trowa était encore là ou pas. Ou si Quatre avait encore prit une longueur d'avance.
En arrivant en bas, il repéra rapidement le jeune homme, ligoté au sol, presque nu, du sang partout sur sa peau, semblant dessiner des symboles au sens inconnus de Duo.
Et une peur le prit immédiatement.
Si ce sang était celui de Trowa ? Et si le jeune homme était mort ? Ici, dans ce lieu sordide.
Tremblant, Duo s'avança, pour toucher son ami. Mais Trowa respirait, faiblement, mais il respirait.
Et surtout, il ne semblait pas blessé.
Heero ne voyait pas vraiment ce qui avait pu se passer, mais Trowa était vivant, Duo l'avait retrouvé. Quatre s'était peut-être enfui, mais le jeu était fini. Il n'y avait plus rien à faire ici, ils pouvaient rentrer chez eux.
Il remonta les escaliers pour retrouver Peter, pour lui demander de rentrer avec lui, de rester avec lui, et même, pourquoi pas, de vivre avec lui.
Et même si Quatre les regardait, ce n'était pas grave, il verrait peut-être des moments de douleur, mais beaucoup de bonheur, et de ça, Heero était persuadé.
Mais en remontant les escaliers, Heero eut la mauvaise surprise de voir l'homme qu'il aimait encerclé par ces personnes qu'il avait pu croiser à l'hôpital. Et si Peter ne baissait pas la tête, il ne semblait pas particulièrement heureux de les voir.
Heero comprit alors que le bonheur risquait d'être difficile à atteindre.
Bien, après ce chapitre, dont je suis quand même fière ^_^, il ne restera plus que l'épilogue !
Merci d'avoir lu.
