Merci à Nass pour sa review au précédent chapitre.
Mais également à tous ceux qui lisent sans oser (ou vouloir) se manifester !
Voici donc le tout dernier chapitre de Catch Me, en espérant que ça vous a plu !
Epilogue
Peu de temps était passé depuis son départ, mais Roye avait l'impression que cela faisait bien plus longtemps. Il pouvait rentrer maintenant, retrouver ceux qu'il aimait, avec le sentiment du devoir accompli.
Quatre s'était enfui, c'était vrai, mais Roye l'avait blessé, et la police l'avait achevé.
Le jeune blond avait eu l'idée saugrenue de fuir en voiture, mais les policiers que Wufei avait contacté l'avaient prit en chasse, il leur avait échappé, mais sa voiture avait fini par percuter un arbre.
Quand on l'avait retrouvé, il ne restait déjà plus que des cendres et une carcasse calcinée.
Cette menace maintenant éloignée, Roye allait pouvoir aller bien mieux.
Il entra doucement dans la chambre de l'hôpital, s'attendant à voir Ilham endormit et Axel à ses côtés. Mais la chambre était vide, et le lit fait.
Roye pensa immédiatement à Quatre, à ce qu'il avait pu dire avant de partir. Est-ce qu'il avait encore prévu quelque chose ?
Est-ce que le jeu continuait même après sa disparition ?
Non, ça ne pouvait pas être ça ! Certainement pas !
Roye fit demi-tour pour retourner dans le couloir et sauta sur la première infirmière qu'il croisa. Elle sembla particulièrement effrayée, mais il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit.
-Le patient de la chambre 709, où est-il ?
La jeune interne répondit rapidement, sans même chercher à savoir ce qui pouvait motiver une telle inquiétude chez ce jeune homme.
-Il est en promenade dans le parc monsieur.
Roye ne s'excusa pas, ne se calma pas et ne dit rien d'autre à la jeune femme. Il la relâcha et se précipita presque vers le parc, bien décidé à vérifier ce qui venait d'être dit. Si Ilham était réveillé, il voulait voir dans quel état il était.
En arrivant dehors, il se mit tout simplement à courir en regardant dans toutes les directions possibles, cherchant le jeune homme blond, ou Axel. Ou même les deux d'ailleurs.
Il finit par apercevoir Ilham assit dans l'herbe un peu plus loin. Doucement, il s'en approcha, mais l'autre ne se retourna pas. Il ne devait, tout simplement, pas l'avoir entendu.
Ilham semblait perdu dans la contemplation d'une coccinelle qui se tenait sur l'une des fleurs qu'il avait pu cueillir. Roye s'installa à ses côtés, n'osant même pas encore le toucher.
Le jeune homme finit par lever des yeux surpris sur lui.
-Tu vas bien ?
Demanda calmement Roye alors que le petit blond le regardait toujours. Ce dernier finit par lui sourire avant de répondre :
-Oui, et toi ?
-Maintenant oui.
Roye regarda à son tour la petite bête, profitant du soleil, de la légère brise qu'il y avait et du calme des environs. Être avec Ilham, comme ça, après avoir faillit le perdre, c'était bon.
-Où est Axel ?
Finit par demander Roye.
-Oh, Axel est partit chercher de quoi boire. Il avait soif tu sais.
Roye tiqua sur la manière dont Ilham venait de s'exprimer, mais il n'en dit rien de plus, après tout, après tout ce qu'il venait de se passer, il n'allait pas commencer à s'inquiéter à cause d'une expression un peu trop enfantine à son goût.
-Mais dis-moi...
Commença Ilham.
-Qu'est-ce qui faisait que tu ne te sentais pas bien avant ?
Les yeux de Roye quittèrent la fleur pour aller directement dans les yeux d'Ilham. Et quelque chose dans ses yeux gêna encore Roye. Ils étaient trop grands, trop ouverts trop...
Il ne savait même pas comment en fait.
-Eh bien, j'étais inquiet pour toi, mais je vois que tu vas bien.
Ilham sembla un instant surpris, et tout de suite après, étrangement peiné. Il baissa la tête pour ne plus regarder Roye.
-Oh... alors tu t'inquiétais pour moi...
Roye, se souvenant de leur dernière entrevue qui s'était achevée sur une dispute, prit le visage d'Ilham entre ses mains pour le rapprocher de lui.
-Oui, j'étais inquiet. J'étais inquiet, parce que je t'aimes, parce que je veux passer ma vie avec toi, vieillir avec toi, et mourir avec toi. N'en doute plus jamais Ilham, je t'en pris.
Ilham, au lieu de sourire, de le traiter d'idiot ou de se jeter sur lui, se mit à pleurer. Pas juste quelques larmes, mais de véritables sanglots. Il semblait, tel un enfant, totalement perdu, effrayé et terriblement triste.
Le jeune blond prit les bras de Roye et s'y agrippa comme si sa vie en dépendait.
Il répétait au milieu des sanglots ce qui ressemblait à :
-Je ne me souviens pas... Je me souviens pas... Je... J'aimerais mais... Pourquoi ! Pourquoi je me souviens pas !
Roye ne chercha pas à comprendre et prit Ilham tout contre lui. Le jeune homme se colla contre lui et ne bougea plus, profitant d'un contact dont il ne se souvenait plus.
Ilham ne bougeait plus, et Roye ne comprenait pas. Il vit, presque avec soulagement, Axel arriver, un café dans la main. Ce dernier, en le voyant, sembla légèrement peiné.
Il s'installa sans un mot, et n'eut trop rien à dire pour que Roye comprenne totalement la situation.
-Les médecins disent que c'est parce qu'il a été privé d'oxygène pendant trop longtemps.
Ilham semblait s'être calmé, mais Roye était décidé à le garder contre lui. Il avait peur d'entendre la vérité. Peur, de savoir ce qui arrivait vraiment.
-Et... Qu'est-ce qu'il va se passer au juste ?
Finit-il par demander, sachant qu'il se devait de savoir.
-Il ne se souvient de rien. Ni de son passé, ni de nous. Il y a même certaines choses de la vie pratique qu'il ne connait plus réellement. Il est comme... un enfant.
Et Roye comprit. Il comprit ce qui le gênait depuis le début avec Ilham. Il n'était plus lui-même. Il était... plus jeune. Mais ce qui faisait mal, c'était de savoir qu'il avait oublié. Il avait oublié leur lien, leur passé, leur amour.
Il avait oublié les épreuves qu'ils avaient pu passer ensemble.
-Je dois avouer...
Commença Axel.
-Que je suis quand même rassuré de le voir comme ça. J'avais peur qu'il ne se réveille jamais, ou qu'il ne soit plus capable de marcher, de parler ou quoi que ce soit. Il n'a plus de souvenirs, mais il a toute sa tête, ça veut dire qu'on peu vraiment construire quelque chose, même si son passé ne lui revient pas.
Roye regarda Axel un moment. Ce dernier semblait parfaitement calme, sûr de lui et de ce qu'il disait. Il semblait prêt à se lancer dans cette nouvelle aventure, et il voulait juste vérifier que Roye était tout aussi motivé que lui. Le blond attrapa le jeune homme et l'attira contre lui, prenant les deux jeunes hommes qu'il aimait dans ses bras.
Il embrasa Axel un moment, puis lui répondit doucement.
-Oui, je crois qu'on va réussir à s'en sortir. On va se créer une belle vie maintenant, la plus belle de toute.
Il regarda Ilham un instant, et lui demanda :
-Bien sûr, il faut que tu sois d'accord pour venir vivre avec nous.
Ce dernier lui fit un grand sourire.
-Bien sûr ! En plus, Axel m'a dit que je vous aimez tous les deux très fort !
Roye regarda Axel d'un air légèrement accusateur. Il n'était pas vraiment persuadé qu'Ilham ait aimé Axel très fort. Mais il se dit rapidement que cela n'avait probablement pas d'importance. Ilham pouvait parfaitement l'aimer, pour leur nouvelle vie.
Oui, maintenant, ils feraient tout pour être heureux.
Duo attendait devant la porte depuis des heures maintenant, il était inquiet, en colère, et il commençait sérieusement à avoir froid. Mais Heero semblait ne pas vouloir y faire attention, et encore moins sortir de chez lui.
Une semaine que Peter était parti, et une semaine qu'Heero ne sortait plus, et ce n'était vraiment pas possible. D'autant que ce n'était même pas un adieu, loin de là !
Non, vraiment, Heero n'avait aucune raison de bouder, ou en tout cas, il n'avait plus l'âge pour ce genre de bêtises !
Une nouvelle fois, il tambourina comme un malade contre la porte d'entrée du jeune homme, s'attirant les regards indignés des deux vieilles voisines qui parlaient un peu plus loin. Une rumeur circulait en ce moment comme quoi le voisin d'en face serait homosexuel, Heero n'était pas encore découvert par les commères, visiblement.
-Bon, ça suffit maintenant ! Il est partit, tu es triste, je crois que tout le monde a bien compris ton désaccord, lui le premier ! Mais je pense que tu peux arrêter ta grève de la faim, le gouvernement doit totalement se foutre de tes problèmes de cœur !
Et comme Duo criait, et que les voisines n'étaient pas loin, la porte s'ouvrit comme par magie. Ou tout du moins, elle fut ouverte par un Heero pas habillé, par rasé, pas coiffé, et pas lavé.
-Quoi, tu fais aussi une grève de la douche ?
Heero se contenta de grogner.
-Tu me fais entrer ou on parle de tes petits problèmes d'amoureux sur le palier ?
L'Heero des cavernes se contenta de rentrer dans sa grotte, laissant la porte ouverte pour son invité. Ce dernier entra tranquillement et ferma la porte derrière lui.
-Ok, t'es en colère, mais franchement, il m'appelle tous les jours parce qu'il panique. Parait que tu lui répond plus, il a cru que t'étais mort lui !
-Hn.
Traduction : « Et qu'est-ce que ça peu lui faire ? »
-Eh bien, aussi étrange que cela puisse paraître, il t'aime, il s'inquiète pour toi, il ne t'a pas totalement quitté, et il veut prendre de tes nouvelles.
-Hn.
Traduction : « T'as qu'à lui mentir, il a l'habitude des mensonges, non ? »
-Justement, il a l'habitude, résultat, il a parfaitement su que je lui mentais ! Et c'est pas à moi de lui parler ! C'est ton copain, pas le mien !
-Hn.
Traduction : « T'appelle ça un copain toi ? »
-Non, pour moi c'est un sale enfoiré, mais ça c'est parce qu'il m'a trompé, avec toi en plus. Mais en tout cas, il va falloir que t'arrêtes de lui faire la tête comme ça, il s'est déjà excusé ! Donc tu l'appelles maintenant, sinon je l'appelle, je lui dis que tu ne l'aimes plus et qu'il peut aller se faire foutre chez les grecs !
-Hn.
Traduction : « Pas la peine de t'énerver. »
-Si je m'énerve, et t'as vraiment pas envi que je me mette encore plus en colère !
Heero soupira et attrapa son téléphone. Il composa le numéro de portable de Peter, le connaissant, de toute façon, par cœur.
-Et tu ne lui parles pas en « Hn » !
Il posa le combiné contre son oreille, et attendit. Au bout d'à peine quelques secondes, quelqu'un décrocha.
[Agent Callberg.]
Et en entendant cette voix, Heero se rappela de la dernière fois qu'il l'avait vu.
Peter se tenant devant lui, légèrement honteux, ses collègues n'étaient pas loin et semblaient le surveiller avec attention, comme s'il allait disparaître dans un nuage de fumée.
-Tu es quoi au juste ?
Avait fini par demander Heero, se doutant parfaitement de la réponse. FBI ? CIA ? Quelque chose du genre, probablement. Et que Peter ne lui réponde pas que c'était un secret défense.
-Je suis… un agent d'une organisation gouvernementale un peu spéciale.
-Et tu ne peux pas dire laquelle, pas vrai ?
-Pas vraiment.
-Et qu'est-ce que tu faisais avec nous au juste ? Tu enquêtais ?
Peter sembla surpris un instant. Heero parlait terriblement froidement, il se sentait plus trahis qu'il n'aurait dû. Il se trouvait stupide de réagir aussi mal maintenant que le secret de Peter était levé, ça aurait pu être bien pire ! Mais… il avait l'impression que si Peter ne lui avait rien dit, c'était parce qu'il n'avait pas confiance en lui, et c'était ça qui lui faisait mal.
Mais Peter tentait de se défendre.
-Non ! Pas du tout ! Je… Je ne travail que lorsqu'il y a des enquêtes, alors, j'étais dans une sorte de congé quand je vous ai rencontré et que j'ai décidé de vous accompagner.
-Peter.
La femme qui semblait commander l'équipe s'était rapprocher d'eux. Elle regardait Heero exactement comme si il était un ennemi. Peter prit un air tout aussi froid qu'elle pour lui répondre.
-Quoi ?
-Nous n'allons pas tarder à partir. Tes congés sont finis maintenant, et on a déjà une nouvelle mission. On a besoin de toi pour enquêter, tu retrouveras ton petit-copain quand les missions seront finies. Mais là, on doit y aller, et tout de suite.
Elle avait plus parlé pour Heero que pour Peter, et ils le savaient tous les deux. Elle s'éloigna rapidement à nouveau, pour les laisser se dire au revoir.
-Ecoute, Heero, je… Je reviendrais et on parlera si tu en as besoin, mais je sais que je t'aime vraiment… Alors j'aimerais que ça ne change rien.
Peter s'était approché de lui, avait posé un rapide baisé sur ses lèvres, et était parti sans qu'Heero ne lui réponde rien. Ce dernier était resté sans bouger jusqu'à ce que les voitures noires aient disparu et que Duo le frappe pour le faire réagir à nouveau.
Il n'avait plus eu de nouvelles de Peter depuis.
Et maintenant, il l'avait au téléphone.
-C'est moi.
[Je sais.]
Il ne savait pas quoi lui dire, et il ne voulait surtout pas de nouvelle dispute, non, parce que…
-Tu me manques.
Il n'y eut pas de soupir de soulagement, mais Heero sentait que Peter souriait à l'autre bout du fil. Et la réponse ne se fit pas attendre.
[Toi aussi. Je devrais avoir finit ici d'ici deux jours et… je reviendrais en Amérique. D'habitude je reste à l'hôtel quand je ne suis pas en mission, mais ça commence à me fatiguer de vivre dans une chambre qui n'est pas à moi donc…]
-Donc ?
[Est-ce que je peux venir chez toi ?]
-Pour combien de temps ?
[Eh bien… Les missions arrivent de manière assez aléatoires alors je ne peux pas vraiment te dire mais…]
-Alors on a qu'à dire que tu restes toujours vivre avec moi, et que parfois tu pars travailler.
Il n'y eut pas de réponse à l'autre bout du fil. Puis, Heero entendit une voix féminine venant probablement de derrière Peter.
[Eh bah, je sais pas ce qu'il t'as dit, mais t'es rouge pivoine !]
Et rien qu'à l'idée d'un Peter complètement rouge, Heero se mit à rire.
-Est-ce que tu dis oui ?
Peter se mit à chuchoter.
[Je t'en pris, tu connais ma réponse !]
-Tes collègues sont autours de toi, pas vrai ?
[Heu… Oui ?]
-Je t'aime.
A nouveau, il n'y eu aucune réponse, mais plusieurs rires purent être entendus. Et pourtant, à la grande surprise d'Heero, Peter sembla se ressaisir.
[Moi aussi mon cœur ! Je te rappelle quand j'ai le temps, là je suis légèrement occupé en fait…]
Et il raccrocha en laissant Heero muet de l'autre côté du fil. Duo revint tranquillement de la cuisine, une canette de coca dans la main.
-Je sais pas ce qu'il t'as dit, mais t'es dans le même état que la première fois que je t'ai dis que je t'aimais.
-Sans rire.
Marmonna Heero en raccrochant.
-Et donc, après cette discussion dégoulinante de romantisme, vous avez décidé de vivre ensemble, c'est ça ?
-Plus ou moins.
-En tout cas, il y a une chose pour laquelle tu as de la chance Heero.
Levant un sourcil, Heero demanda :
-Ah oui ? Et en quoi ?
-Il ne t'as pas vu dans cet état de décrépitude.
-Oui, c'est vrai…
Mais à ce moment là, Duo sortit un appareil photo et prit rapidement un merveilleux cliché.
-A quoi tu joue au juste ?
-Attend, je ne vais pas cacher la vérité à ce pauvre garçon ! Rudolf doit savoir que son copain est une épave !
-Duo… Ne l'appelle pas comme ça !
-Pourquoi, ce surnom est réservé ?
-Et rend moi cet appareil !
-Alors là, même pas en rêve Rahan !
Et alors qu'Heero se jetait en avant pour rattraper le précieux cliché, le natté était déjà parti en courant, bien décidé à garder ce qui lui appartenait.
Trowa ne se remettait pas de la disparition de Quatre, et il ne s'en remettrait probablement jamais.
Et Duo avait beau lui rendre visite tous les après-midis et rester avec lui jusqu'au soir, ça ne changeait rien.
Le jeune homme ne mangeait plus, il ne faisait que dormir et se traîner de sa chambre à la salle de bain, de la salle de bain au cimetière et du cimetière à sa chambre en passant par la case salle de bain.
Personne ne savait dire s'il en voulait à quelqu'un pour ce qui était arrivé, il ne le savait pas lui-même. Il savait que, sur le moment, Quatre n'était pas lui-même, et que les coups de feu avaient été des erreurs.
Mais depuis que la voiture de Quatre avait été retrouvée aux prises avec les flammes, il semblait que Trowa avait tout simplement cessé de vivre.
Pourtant, personne n'avait voulu cet accident. Pas même Roye, même s'il avait, un jour, réellement souhaité la mort de son frère.
D'après Peter, les raisons de cet accident étaient simples, Quatre était blessé, il avait sans doute perdu pas mal de sang et à un moment il avait perdu connaissance, la suite était plutôt évidente.
La voiture avait fini par quitter la route pour terminer dans un arbre. Le moteur était touché et avait fini par prendre feu. Le temps que les secours arrivent, il ne restait déjà presque plus rien.
Pas même le corps du jeune blond.
Trowa avait demandé à ce qu'un enterrement soit tout de même organisé à New York, leur ville natale. Et c'était sur sa tombe qu'il allait chaque jour.
Il y allait, parce que Quatre lui manquait, lui et lui seul. Il savait que la folie de Quatre avait tout détruit, et c'était la seule chose qu'il détestait. Mais cette chose, il voyait encore les traces qu'elle avait laissées sur lui.
Le jeune homme s'approcha doucement et se pencha en avant, approchant son visage au maximum de celui de le Trowa, le regardant avec des yeux emplis d'un amour dévorant et dévastateur.
-Non, tu ne vas pas me quitter, Trowa Barton, parce que tu es à moi, juste à moi.
Déjà, Trowa voyait la lame briller dans la main de son amant.
-Et je garde toujours tout ce qui est à moi.
Utilisant le couteau qu'il avait en main, Quatre s'entailla profondément l'avant bras, faisant couler le sang au sol. Et sans que Trowa ne puisse l'en empêcher, il récupéra le liquide rouge au bout de ses doigts, et se mit à peindre, directement sur le corps de Trowa.
C'était humide et chaud, désagréablement étrange, et Trowa était presque terrorisé. Il voyait Quatre perdre encore et toujours un peu plus de sang, et ne même pas s'en préoccuper. Il le voyait perdu dans sa contemplation morbide, dans sa création destructrice, et il n'avait aucun moyen de l'arrêter.
-Tu vois ces traces, pas vrai ? Dans ces traces, il y a mon sang, mes souffrances, et mon amour pour toi. Elles ne disparaitront jamais totalement, même si tu frottes le plus possible ; Aujourd'hui, j'impose ma marque sur toi, et même si les yeux des mortels ne pourront les voir, apprend que les yeux des autres puissances seront rivés dessus, et que tu seras toujours à moi. Toujours.
Quatre avait finit par l'embrasser, lui dire qu'il l'aimait plus que tout, et partir.
C'était la dernière fois que Trowa l'avait vu en vie.
Et il repensait toujours à cette scène, à cette peur de l'abandon avec laquelle Quatre tentait de vivre. Et à ce qu'il aurait pu faire, lui, pour aider le blond, pour l'empêcher de sombrer totalement.
C'était ce à quoi Trowa réfléchissait depuis un moment, en fixant le plafond blanc de sa chambre. Il n'avait même pas cherché à savoir l'heure. Il savait, par habitude, qu'il ne devait pas être loin de quatre heures du matin.
Oui, ce nombre, tout comme ce nom, était devenu d'une importance capitale dans sa vie. Tout semblait le destiner à ça maintenant.
En grognant, il se leva doucement et attrapa sa canne.
Il passa rapidement par la case salle de bain avant de sortir de la maison.
Le cimetière était à une demi-heure de marche normale, Trowa mettait une bonne heure. Mais il le faisait avec plaisir. Il terminait de se réveiller, et profitait aussi de la sensation de ses pieds sur le sol. Il avait cru la perdre à jamais.
Comme toujours, il était seul dans le cimetière. Les premières visites arrivaient généralement vers dix heures. Il s'approcha de la tombe de son amant, et s'arrêta devant quelques minutes. Il avait juste besoin de venir ici.
Et, comme il le faisait à chaque fois, il resta longuement, debout sans bouger, devant le marbre. Il avait encore l'impression de sentir la chaleur du corps de Quatre sous ses doigts.
De sentir son odeur.
D'entendre son rire et sa voix.
D'écouter son cœur battre doucement alors qu'il s'était endormi.
Oui, il suffisait à Trowa de fermer les yeux pour tout revoir de Quatre. Emotions, sensations… Tout lui revenait doucement. Et il ne parvenait jamais à se débarrasser de cette mélancolie qui l'envahissait.
Quand il n'était pas devant cette tombe, il pensait à Quatre aussi.
Quand il dormait, il rêvait de Quatre.
Quand il marchait, il souhaitait que Quatre puisse se trouver à ses côtés et l'accompagner sur tous les chemins qu'il prendrait.
Parfois il tendait la main dans l'espoir d'en sentir une plus fine la prendre en retour.
Alors il venait ici. Puisque de toute manière ses journées et ses nuits étaient hantées par le fantôme de celui qu'il aimait, ça ne changeait pas grand-chose de se trouver ici ou ailleurs.
Doucement, il leva les yeux au ciel.
Il parlait rarement quand il était ici. Encore plus rarement quand il était chez les autres. Mais ce jour là, il parla.
-C'est de plus en plus dur Quatre. Tu me manques. Tu me manques tellement que je voudrais crever ici et maintenant. Vivre sans toi, ça n'a aucune saveur.
Oui, Trowa avait déjà pensé au suicide, mais il n'en avait pas eu le courage. Et puis, il y avait ce doute qui ne cessait de l'assaillir.
Il avait vécu avec Quatre pendant deux ans, et le connaissait pratiquement par cœur. Ses beaux côtés aussi bien que ses mauvais. Et c'était trop simple.
Pour lui, Quatre n'avait pas pu perdre la vie dans un bête accident de voiture. C'était tellement… Pas lui !
Alors il continuait à parler à un fantôme.
A attendre une résurrection.
Et à se laisser mourir à petit feu dans le cas où elle ne viendrait pas.
Un bruit de pas se fit alors entendre derrière lui. Les chaussures faisaient crisser les graviers à l'approche de l'inconnu.
Trowa ne bougea pas, et écouta.
Quatre lui avait apprit pas mal de choses.
Il n'était même pas sept heures. Ces chaussures, cette façon de marcher, ne pouvaient appartenir qu'à un homme. Plutôt jeune d'après la démarche énergique. Mais pas pressé tout de même.
Et surtout, cet homme venait vers lui.
Trowa baissa à nouveau la tête, et un sourire apparu sur ce visage qui n'en avait plus porté depuis un moment.
Sans se retourner, il dit doucement.
-Je commençais à perdre patience.
Il n'y eut pas un seul mot en retour, mais Trowa savait…
Que Quatre souriait.
THE END
Merci à tous ceux qui m'ont soutenue, ce fut long, et parfois compliqué, mais cette fic est maintenant bel et bien terminée.
Autant vous le dire de suite, un nouvel opus est prévu et arrivera très prochainement, aussi, en voici le résumé :
Un an après que Quatre ait organisé son jeu, Heero se retrouve face à un adversaire de taille. Un être meurtrier recherché depuis quelques temps par l'organisation dont Peter fait parti. Et, après un événement bien particulier, le métis semble ne pouvoir compter que sur Quatre pour attraper ce monstre qui se fait appeler homme. Mais Quatre est-il vraiment fiable ? Ou ses anciens démons referont-ils surface ?
Encore merci d'avoir suivi Catch Me, et à bientôt pour cette nouvelle fic qui s'appellera « Save Me » !
