Je vous écoute.
_ Que ce soit bien clair...
Comme de l'eau de roche.
Cuddy secoue la tête.
_ Je ne cautionne pas le chantage!
Votre vie avec Grégory House est une succession de chantages et vous êtes mal placé pour me faire la morale, vous en faites à longueur de journée.
_ Mais je suis bien obligée, je ne peux même pas cuisiner tant il est entreprenant.
Cet un homme qui ne vit que de sexe et d'eau fraiche?
_ Je ne vous permets pas. réplique-t-elle d'un ton sec.
Comment définiriez vous votre relation avec House?
_ Je... Euh...
Racontez moi, comment après tant d'années, vous vous êtes "retrouvés"? Que s'est-il passé pour que vous soyez aujourd'hui ensemble? Racontez moi ce qui s'est passé le jour où tout à basculé.
Un fin sourire étire les lèvres de la doyenne.
La doyenne parcourut le couloir d'un pas ferme et déterminé. Son irrésistible employé avait encore fait des siennes et tout lui retombait dans la gueule.
Psychologue : Quel langage...
Cuddy : Fermez là!
Elle fronça les sourcils. Il n'était ni dans son bureau, ni dans la salle de scanner. Un large sourire fendit ses lèvres à l'idée qu'il puisse être en consultation... Enfin!
Psychologue : A ce point?
Cuddy : Pour House, les consultations c'est comme les choux de Bruxelles.
Psychologue : Et vous cautionnez ce comportement si peu professionnel?
Cuddy : Le votre l'est peut être?
Psychologue : J'arrive à mes fins.
Cuddy : House partage votre façon de penser. C'est un excellent médecin. Doutez encore de ses compétences et je vous mets mon poing dans la gueule. Oh! Je suis si confuse! Désolé pour le langage.
Psychologue : Je sais maintenant qui porte la culotte dans votre couple.
Cuddy : Mon récit est sur pause là, je perd l'envie de le finir.
Le psychologue soupire.
Ne soyez pas si désobligeante.
_ Non mais je rêve! Vous m'avez énervé avec vos histoires de chantages!
Vous êtes très protectrice, pas étonnant que vous n'ayez jamais pensé à le renvoyer. Vous avez toujours eu un faible pour lui n'est-ce pas? Même quand il était en ménage.
_ Vous ressemblez plus à une commère qu'à un psy.
Vous m'avez menacer de me frapper juste parce que...
_ Vous m'énervez! Je sauterai sur tout prétexte afin de pouvoir vous laisser la marque de mes cinq doigts sur la face!
Merci de conforter mon idée.
_ De quoi...
House est bel et bien masochiste.
_ Nom de Dieu!
Il aime les femmes fortes et dominantes, avec vous il est bien tombé. Mais dites-moi... Non non, ne brûlons pas les étapes, nous parlerons de vos pratiques sexuelles plus tard.
_ Mon Dieu... souffle-t-elle.
Mais reprenons voulez-vous? Donc vous cherchiez House pour x raison je crois.
Cuddy se laisse retomber sur son siège.
Elle sortit de l'ascenseur et l'aperçut près de son bureau. Elle s'empressa de le rejoindre. Quand il la vit, il hésita entre prendre sa jambe valide à son cou ou attendre simplement son courroux. Il resta là, trépignant de peur. Cet empressement ne disait rien de bon. Elle ralentit sa course et son rythme cardiaque alors que deux mètres les séparaient. Il haussa négligemment les sourcils mais ne dit mot. Quand elle arriva enfin à son niveau, elle lui lança un regard noir. Être ferme, agressive et oublier ses mains, tel était l'objectif. Elle évita donc de glisser son regard jusqu'à l'objet de ses fantasmes puis défia le diagnosticien du regard. Elle le tenait!
Psychologue : Vous prenez tant de temps avant de parler? Ça ne m'étonne pas que ça bouche soit toujours collée à vos lèvres. Et je parle bien de toutes vos lèvres...
Cuddy ouvre grand les yeux et manque de tomber de son siège.
_ Mais ça ne va pas!! s'écrie-t-elle.
Depuis quand chez vous le sexe est tabou?
_ Vous êtes un grand malade... Pervers, dépravé...
C-o-n-t-i-n-u-e-z!
_ C'est à quel sujet?
_ Vous m'épuisez.
Cuddy : Pas vraiment... En tout cas sur le moment j'étais plus... Comment dire...
Psychologue : Sous son emprise, en tout cas en plein fantasme avec ses mains...
Cuddy : Je...
Psychologue : Ne savez-vous pas que refuser à penser à une chose pousse à y penser?
Cuddy : Rho... Vous me saoulez...
_ Ça m'en a tout l'air.
_ Je viens de recevoir deux nouvelles plaintes...
_ A cause de vos talons trop hauts et qui rapetissent les hommes? Je les comprends tout à fait.
_ Non... A cause...
_ De vos décolletés trop profonds? Il y jeta un coup d'œil intéressé. Là par contre je ne comprends pas.
Psychologue : Oh... Donc il l'a vraiment dit? A-t-il l'habitude...
Cuddy : de me faire ce genre de remarques sexistes? Oui, en public, d'une voix bien distincte. Aujourd'hui, un peu moins.
Psychologue : Et pourquoi?
Cuddy se passe une main derrière la nuque.
_ A vrai dire... Je ne sais pas... Je dois avouer que j'aimais bien ces remarques... Certes déplacées mais flatteuses.
J'ai une théorie.
_ Je vous écoute.
Elle fronce les sourcils, attentive à ce qui va suivre.
Gregory House est un beau parleur. Il aime la provocation qui n'a lieu d'être. Si aujourd'hui, ses remarques se font plus rares, c'est tout simplement parce qu'il est comblé. Il est incontestablement amoureux et n'a plus besoin de vous piquer à ce niveau. A quoi bon de toute façon, il vous voit tous les jours totalement nue. Donc ses remarques ne peuvent plus vraiment avoir d'impact.
Cuddy sent ses joues s'empourprer et une douce chaleur l'envahit.
Continuez.
Elle le prit par le bras et l'entraina jusqu'à son bureau.
_ Vous voyez la pile là?! dit-elle en lui montrant une montagne de dossiers.
_ Un nouveau fantasme. Génial. Vous voulez que je vous prenne sur des plaintes. C'est assez excitant. Avouons le.
_ House, vous revenez très cher à l'hôpital.
_ Pourtant je paie mes call girl avec mon propre argent.
_ Ça suffit!
_ Quoi, jalouse?
_ Je sais que c'est votre façon de vous rendre intéressant...
Elle le fusilla du regard puis alla s'asseoir sur le divan. House hésita un long moment puis la rejoignit et se laissa tomber à ses côtés.
_ Sur ce point, vous avez raison...
_ J'ai toujours raison à votre propos. répliqua-t-elle avec un sourire narquois.
_ Vraiment? Alors à quoi je pense là, tout de suite?
_ A mes seins.
_ Et vos fesses. ajouta-t-il en détournant le regard de sa poitrine.
_ Cessez de jouer au pervers, je sais que vous en voulez plus.
Le diagnosticien se crispa. Il fit mine de détailler la table puis dit d'un ton se voulant dégager :
_ Je ne vois pas de quoi...
Elle posa une main sur sa cuisse et le sentit se crisper un peu plus. Elle accentua sa prise, l'obligeant à se détendre.
_ Arrêtez de jouer au gamin et avouez ce que vous ressentez, au moins, demandez moi de sortir avec vous, ou même d'aller boire un verre.
Il lui lança un furtif regard puis reporta son attention sur la table basse.
_ Et si je le fais, votre réponse sera...
_ House...
Il enfonça la tête dans ses épaules.
_ Demandez moi. lui murmura-t-elle.
_ Humpf...
_ Très bien, alors on fera comme si vous me l'aviez demandé. Et j'accepte votre invitation parce que...
_ Vous me plaisez.
_ Oui...
Il se tourna vers elle et lui sourit.
_ Pour officialiser tout ça on devrait peut être...
Elle se pencha vers lui et lui captura les lèvres.
Il se tourna complètement vers elle et l'enlaça tendrement.
Psychologue : Cessons là le rêve bleu! Je vous en prie!
_ Humpf...
Le psychologue soupire.
Qui est Wilson?
_ Euh... mon chef de département d'oncologie, c'est House qui vous a parlé de lui?
En dehors de sa profession, qui est-il vraiment?
_ Le criquet de House.
Nouveau soupir.
Moi je vais vous dire. James Wilson est celui qui détenait la vraie version de l'histoire!
_ Oh...
TBC...
