Ce n'était pas si catastrophique que ça finalement... C'est pour cette simple maladresse que vous avez communément décidé de passer à la trappe cette histoire?
Cuddy fait mine d'être plus intéressée par ses ongles.
Il y a autre chose?
Elle fronce les sourcils. Décidément, cet ongle a quelque chose de très particulier.
Docteur Cuddy!
Elle lève yeux vers lui avec un air de petite fille prise en faute.
Je vous écoute.
House lève les yeux au plafond, soudainement intéressé par son architecture.
Le psychologue bougonne quelque chose d'incompréhensible.
_ Elle ne vous a rien dit?
Une vraie gamine.
House sourit niaisement.
C'est pas vrai...
_ Eh bien, cessez d'insister! Il ne veut pas en parler... Moi non plus...
Après le coup du premier baiser et de l'encre, vous avez réussi à faire pire?
Cuddy se tortille les mains.
_ Disons que... Par ma faute...
Lancez-vous!
_ J'ai déjà eu du mal à déculpabiliser! Si en plus...
Attendez! Donc, ce qui va suivre... Vous concerne surtout... Et il n'a rien voulu dire... Il... Vous préserve?!
Cuddy écarquille les yeux.
_ Maintenant que vous le dites!
Mais que s'est-il passé Dieu du ciel!
_ Il n'a rien lâché? Il aurait pu... Je ne sais pas... En profiter pour me descendre...
Donc il culpabilise quelque part...
Le visage de la doyenne se fend d'un large sourire.
On est pas là pour parler de lui mais de la suite de cette soirée. précise le psy.
Cuddy inspire profondément.
Prenez votre temps surtout... Ce n'est pas moi qui paye à la fin de la séance.
De gestes frénétiques, elle s'agrippa à lui, se laissant porter par la valse que lui imposait sa langue. Être sur la pointe des pieds n'était pas vraiment confortable et elle sentit rapidement ses forces faiblirent. Mais elle refusait de le lâcher, de décoller ses lèvres des siennes. Elle ne pouvait définitivement pas s'y résoudre...
Il la sentit se crisper et livrer bataille contre son corps, irrésistiblement attiré vers le sol. Il accentua alors sa prise, refusant de la laisser se dérober à lui. Il la serra un peu plus contre lui, redoublant de passion.
_ House... gémit-elle contre ses lèvres.
Ça n'avait rien d'un gémissement de plaisir...
Il se figea un instant puis rouvrit les yeux.
_ Votre canne... Dans mes côtes... souffla-t-elle sur sa joue.
_ Oh. fit-il, confus.
Psychologue : Ah...
Il lâcha la canne... Mais le charme était d'ores et déjà rompu.
Y'a de quoi mettre n'importe quel infirme mal à l'aise.
_ Vous croyez que j'aurais dû le laisser me broyer les côtes avec sa canne?
Le psychologue hausse les épaules.
En tout cas, si je me réfère au réveil du lendemain... Il n'a pas fuit.
_ Il avait lâché sa canne.
Rien n'empêche l'autre.
_ Vous ne saisissez pas le geste apparemment.
Restez à votre place, je reste à la mienne!
Certes, la tenir lui permettait de ne pas céder à la décharge et de fuir dès qu'il le pourrait. Mais même sans sa canne, il peut piquer un cent mètres s'il prend vraiment peur.
_ Ce n'est pas faux... avoue la doyenne. Mais il aurait été forcé de revenir la chercher!
Ce n'est qu'une canne!
_ JE me serais sentie obligée de la lui rendre.
Vraiment?
_ Non.
Bien.
Ses talons rejoignirent finalement le sol. A son plus grand désespoir.
Il restèrent néanmoins collés l'un à l'autre, reprenant leurs respirations devenues haletantes.
Psychologue : Allez à l'essentiel.
Cuddy : C'est mon souvenir, j'en fais ce que je veux!
Psychologue : L'autre sait rester poète sans s'étaler autant.
Cuddy : Vous permettez?
Que faire? Ils ne pouvaient pas rester statufiés toute la nuit. Elle serra un peu plus sa prise sur ses épaules, de peur qu'il ne s'échappe.
Lui proposer de partir à ce restaurant?
Elle n'en avait fichtrement plus envie! Et House, lui, n'en avait sûrement jamais eu l'envie.
Elle ferma les yeux puis se pinça les lèvres. En plus d'être réticent à venir jusqu'ici, son employé n'était pas non plus très patient... Et la porte était tout près.
Elle glissa ses lèvres le long de son cou. Il tressaillit.
_ Mettez vous à l'aise. susurra-t-elle.
Psychologue : Ouh! J'en frissonne.
Cuddy : Mais fermez là deux minutes!
House frémit à la demande.
Psychologue : Ah ben vous voyez!
D'un geste tendre, il releva son menton du bout des doigts.
Quand leurs regards se croisèrent, la doyenne sentit un sentiment grisant lui empoigner le cœur. Elle glissa une main dans ses cheveux et le força à baisser un peu plus la tête afin qu'il l'embrasse à nouveau. Il s'exécuta avec un fin sourire.
Il joua dans ses cheveux, défaisant son chignon.
Elle glissa une main sous son haut... Enfin!
De gestes quelques peu maladroits, il retira ses chaussures tout en faisant tomber une bretelle.
Cuddy : Il n'a qu'une jambe, c'est un exercice très délicat.
Psychologue : Mais je n'ai rien dit!
Elle recula en prenant bien soin de ne pas le brusquer, alerte à son boitement. Sa deuxième main abandonna rapidement sa nuque pour rejoindre l'autre sous son haut.
_ Bon, vous me l'enlevez ou pas?! grogna-t-il entre deux baisers.
Elle rit doucement puis s'exécuta. Il froissa un peu plus sa robe.
Complètement abandonnés à l'autre, ils accélérèrent leur progression vers le salon.
Complètement abandonnés à l'autre, ils oublièrent un détail très important.
Lui ne se fit pas prier pour rappeler sa présence.
House se figea, ses lèvres se crispant dans un horrible rictus.
La doyenne l'interrogea d'un regard effaré.
Il se mordit alors la lèvre inférieure jusqu'au sang
Elle se dégagea vivement de lui et baissa les yeux.
Psychologue : Oh non... Ne me dites pas que...
Cuddy se pince les lèvres et hoche la tête lourdement.
Le psychologue grimace.
Vous plaisantez?!
Elle secoue la tête.
_ Nous étions en plein dans les débris de la bouteille de bourbon.
Ouïlle!
TBC...
