Les deux médecins soupirent.
Oh! Donc pendant que je réfléchissais à mon menu du soir, vous n'avez pas pensé à parler de l'épineux problème. Moi qui pensais que vous aviez parlé de sujets concrets et problématiques pendant mon manque d'attention. Finalement, je n'ai rien loupé!
_ Nous avons... commence Cuddy.
Comme si parler d'un enfant désiré par les deux partis était un sujet épineux! Et ne parlons pas de sentiments tout à fait partagés ou de l'autre borné qui, juste pour me donner tort et me gâcher mon plaisir, refuse de vous appeler par votre prénom!
_ Lisa et Stacy ne sont pas comparables! s'exclame soudainement House.
Je vous serais reconnaissant de ne pas balancer ce genre de chose comme ça Docteur. Je n'entends plus votre compagne respirer.
House lance un regard inquiet à la doyenne qui se rappelle alors du mécanisme de la respiration.
Inspiration, expiration... C'est bien ça. A un rythme soutenu, ne l'oubliez surtout pas!
_ Imbécile. grince-t-elle en évitant soigneusement le regard inquisiteur de House.
Toute mon attention est à nouveau portée sur vous docteur marbre.
_ Je n'ai rien à ajouter...
Ah si! Et rassurez vous... Je doute que le docteur Cuddy oublie si rapidement comment respirer.
_ Cessez de vouloir comparer mes relations! lâche enfin House.
A la base, c'est « Lidy » qui a commencé.
Cuddy fusille l'interphone du regard.
Le diagnosticien soupire de rage.
_ Je ne veux plus me retrouver prisonnier d'un cercle vicieux à m'observer combler celle pour qui je compte d'un terme usé par l'hypocrisie des gens. Cette expression est aujourd'hui devenue quelconque!
Un silence pesant tombe sur la pièce. Entrecoupé de temps à autre par le souffle saccadé de la doyenne ou le frottement du pouce du diagnosticien sur sa barbe.
Avec tout ça, j'ai oublié de passer ma commande.
Les deux médecins lèvent les yeux au ciel tandis qu'un bip leur signale la coupure de la communication.
_ Greg... souffle Cuddy.
Nouveau bip.
Exhalant un soupir, les patients reportent leur attention sur l'interphone.
Le docteur Cuddy a raison. Vous savez trouver les bons arguments... Même quand vous avez tort. J'ai failli me faire avoir.
Retenant son souffle, la doyenne lance un furtif regard au diagnosticien, aussi raide qu'un bout de bois.
Le schéma est simple. Vous êtes effrayé à l'idée de la perdre mais vous êtes aussi effrayé par le changement et ce qu'il implique : le fait de ne pas pouvoir revenir en arrière.
Vous avez peur de trop vous investir. A travers l'usage de son prénom... De mots doux ou même de déclarations. Ce n'est pas l'enfermement dans le cercle humain qui vous effraie. Vous n'avez pas peur d'être humain. Vous l'êtes. Mais à votre façon.
House déglutit sous le regard brillant de la doyenne.
Vous l'aimez! Ça crève les yeux!
Elle tressaute.
Mais à des moments... Un simple regard ne suffit pas.
_ Arrêtez ça... susurre le diagnosticien en évitant le regard de Cuddy.
Quand vous échouez, vous avez cette tendance à rayer tous les points qui se rattachent à l'objet de l'échec. Dans votre relation avec Stacy, il y avait les « je t'aime ». Pour vous, ils n'ont plus de valeur parce qu'elle a échoué. A quoi bon exprimer un sentiment envers Lisa si, en l'exprimant envers Stacy, vous êtes allés droit dans le mur?
D'un geste las, House se passe la main sur le visage.
_ Vous avez parlé à Wilson?
Entre autre.
_ Faites moi penser à le remercier surtout...
Vous êtes un idiot!
_ Oui! Apparemment ça se précise!
_ Ça suffit. intervint Cuddy.
On n'peut même plus faire son boulot tranquillement... bougonne le psy.
_ Je suis désolée Grégory...
Ou l'art de réduire à néant tout mon travail!
Ignorant les propos du psychologue, House se penche vers Cuddy.
_ J'ai du mal à saisir où tu veux en venir...
Vous êtes vraiment fatigué alors!
Après avoir gratifié l'interphone d'un regard meurtrier, Cuddy se tourne totalement vers son compagnon qui la dévisage.
Je vous en supplie! Il y a encore un moyen de sauver les meubles!
La doyenne sourit.
_ Je suis un être de raison...
Sujette à la folie!
Elle lance un regard moqueur à l'interphone.
_ Vous croyez?
Une nouvelle thérapie s'impose dans l'urgence... panique le psy.
_ Aimez quelqu'un, c'est l'accepter tel qu'il est. déclare enfin Cuddy.
Elle échange un regard éloquent avec House.
_ Après tout, ce ne sont que de simples mots... Et s'ils éveillent de mauvais souvenirs... Je veux bien y faire abstraction.
Vous êtes une idiote!
La doyenne sourit.
_ Il me rend idiote.
Le diagnosticien glisse vers elle et plonge son regard dans le sien.
C'est bien ça! Vous vivez dans un rêve! Vivement jeudi que vous vous réveilliez!
Il la saisit à la taille et s'allonge sur elle.
Ça m'avance à quoi de lui faire la morale si à côté, l'autre... Pendue à ses lèvres! Boit toutes ses aspirations et cède à tous ses caprices!
House se crispe puis tend le cou vers l'interphone.
_ Ne fais pas attention à lui. murmure Cuddy en lui caressant la joue d'un air distrait.
Et pourquoi pas?!
Le diagnosticien arque un sourcil.
_ Parce que vous êtes jaloux. répond-t-elle simplement.
Et en quel honneur?!
House appuie les propos du psychologue en interrogeant la doyenne du regard.
_ Parce que nous sommes heureux et amoureux.
Me reste plus qu'à me pendre... Moi qui espérais de vous qu'on ne tomberait pas dans la mièvrerie.
_ C'est qui qui rêvait de m'entendre lui crier mon amour en me prosternant à ses pieds?! rétorque le diagnosticien.
Tiens! Rodrigue retrouve la parole!
House lève les yeux au ciel.
Ma commande est arrivée!
_ Allez! Je ne vous hais point! déclare la doyenne à l'intention du psychologue.
Ha ha! Quelle spiritualité! s'exclame-t-il avec ironie avant de couper la communication.
Le diagnosticien se tourne vers elle, la bouche sur le côté.
_ Heureux... Et amoureux...
_ Ça ne te convient pas? s'étonne-t-elle.
_ Non... C'est parfait.
Un imperceptible soupir de soulagement franchit les lèvres de la doyenne.
_ Parfait... répète-t-il, les yeux dans le vague.
_ Eh... l'appelle-t-elle en lui claquant gentiment la joue.
_ Hum?
_ Tu partais déjà où?
Il la considère un long moment avant de déclarer :
_ Je refermais définitivement certaines portes.
Le doyenne ouvre la bouche mais aucun son ne réussit à franchir ses lèvres.
_ J'ai envie de t'embrasser. ajoute naturellement House.
Il se penche vers elle.
_ Pas de contact. susurre Cuddy en refoulant son désir.
Le diagnosticien bougonne puis la libère de sa prise.
Ils se redressent avec un soupir de frustration.
House jette alors un regard circulaire sur la pièce puis se lève brusquement. Il se dirige vers le bureau, et dans sa précipitation, renverse un vase dans lequel reposait une fleur.
_ Ce mec... est homo!
_ Ou sa femme est fleuriste...
_ Peu importe!
Il se retourne vers elle et brandit la fleur avec un tendre sourire.
_ Qu'est-ce que tu... commence Cuddy.
_ Chut!
Il se rapproche vivement et se replace à ses côtés.
_ Laisse toi faire lui glisse-t-il à l'oreille avant de souffler dans son cou.
Cuddy frissonne.
_ Cette fleur sera mes mains... continue-t-il en lui présentant la plante.
_ Greg...
_ Chut.
Il lui souffle à nouveau dans la cou. Elle ferme les yeux et se pince les lèvres.
De gestes assurés, il fait glisser la fleur le long de son cou. Effleurant sa peau des pétales.
_ Retire ton chemisier...
La doyenne s'exécute avec sensualité.
Une déglutition lui signale alors l'enfer que vit son compagnon.
Mais il reprend rapidement contenance et fait glisser la fleur jusqu'à sa poitrine.
Cuddy sourit. La sensation est agréable et les pétales ont l'effet de soie.
House s'éloigne de sa poitrine et descend jusqu'au ventre. Elle frémit.
Il sourit à son tour, ravi de l'effet produit.
_ Couche toi... lui susurre-t-il aux oreilles.
Gardant les paupières closes, elle s'allonge sur le divan. House se couche alors sur le côté et fait descendre la fleur un peu plus bas.
Instinctivement, la doyenne porte ses mains à sa jupe, prête à la retirer...
Je n'entends plus rien. Vous dormez?
Elle rouvre immédiatement les yeux tandis que House étouffe une imprécation en lâchant la fleur.
_ C'est pas vrai! s'écrie-t-il en fixant l'interphone.
Qu'est-ce que vous faites?
_ Je lui fais l'amour avec une fleur! Ça ne se v...
Il s'interrompt puis se traite de crétin sous le regard amusé de la doyenne. Elle saisit la fleur entre ses doigts et frappe légèrement son compagnon avec. Attirant ainsi son attention.
_ D'où tu sors ça?
Attendez... Vous faisiez quoi?!
_ Louez 40 jours et 40 nuits! Branlez-vous un bon coup sur des orchidées et on en reparlera!
_ Greg...
Il reporte son attention sur Cuddy qui l'observe d'un œil narquois.
_ Hum...
_ Tu essaies d'être romantique?
_ Et j'y arrive pas?
Le sourire de la doyenne s'élargit face à son air de gosse.
Elle glisse une main dans ses cheveux et rapproche son visage du sien.
_ J'adore.
Elle l'embrasse tendrement et l'invite à poser sa main droite sur sa hanche.
_ On finira l'expérience à la maison.
_ Je ne pense pas avoir assez de patience pour...
Elle le fait taire en l'embrassant à nouveau puis l'invite à s'allonger sur elle.
_ Pas de contact... réussit-il à prononcer entre deux baisers.
_ Au diable le protocole. réplique-t-elle en faisant sauter la boucle de sa ceinture.
Je suis toujours là!
House se redresse, saisit sa canne par le bas et la fracasse sur l'interphone.
_ Enfin seuls!
Il se reconcentre sur la jupe de sa compagne.
_ La caméra est en route. signale-t-elle.
Le diagnosticien tourne la tête vers l'appareil. Il hausse les sourcils puis les épaules.
_ Ça nous fera un film porno en plus à ramener à la maison.
_ Très bien. concède Cuddy.
Elle l'agrippe au col et l'allonge sur elle.
_ Tâchons d'être à la hauteur. déclare-t-elle alors avant de l'embrasser à pleine bouche.
Après une longue étreinte ponctuée de gémissements, House relève la tête afin d'admirer la doyenne.
Celle-ci remue légèrement puis lève les paupières, le questionnant du regard.
_ Je t'aime.
Yeux écarquillés, elle ouvre puis referme la bouche alors qu'il lui arrange une mèche de cheveux.
Par la suite, il lui caresse distraitement la joue, attendant patiemment une quelconque réaction... qui ne vient pas.
Cuddy étant trop occupée à le dévorer du regard en essayant de calmer son rythme cardiaque.
House inspire longuement puis glisse un genou entre ses jambes.
_ Ce n'est pas tout...
Il lui écarte les jambes d'un geste assuré.
_ Mais j'ai un enfant à te faire!
Sur ces mots, il l'enlace avec passion... Une étreinte de courte durée car la porte du cabinet s'ouvre brusquement.
Avec une fleur?!
TBC...
*
Je m'excuse pour l'attente. Je n'avais ni ordinateur, ni connexion internet.
