Disclaimer : les persos ne sont pas à moi.

Chapitre 12 : Fiasco

C'est peu sûr de moi, que je refermai la porte d'entrée derrière moi. Cet état d'esprit, m'était peu familier, j'étais différent avec les autre filles, seulement Casey n'était pas n'importe qu'elle fille. Je m'imaginais lui dire que j'acceptais sa proposition, elle me souriait et je mettrais fin à ces mois de privation, ces années de frustrations, ce désir qui me taraudait.

Je la trouvais lisant dans notre lit, couverte de la tête aux pieds, de cet horrible pyjama en polaire. Je m'assis près d'elle.

— Je suis d'accord. Risquai-je.

Je la vis se figer, aucun sourire n'éclairait son visage, elle était complètement paniquée et tentait de me le dissimuler. Elle referma son livre.

— Quand ? Me questionna ma femme d'une voix chevrotante. J'eus un élan vers elle, je voulais tant la serrer dans mes bras et lui chuchoter de ne pas avoir peur, mais moi qui n'avais jamais été timide, je fus gauche, elle m'impressionnait.

— Pourquoi pas maintenant. Réussis-je à articuler bêtement.

Elle ne me répondit pas elle, elle prit un air résigné, et éteignit la lumière. Je me retrouvais dans le noir, je n'osais plus parler, de crainte de l'effrayer encore plus. Je perçus un mouvement, je compris qu'elle se déshabillait, j'avalais difficilement ma salive. Je me glissais à mon tour sous les draps, je tendis la main vers elle et rencontrais son bras, je constatais qu'elle avait gardé la haut en polaire. Une voix rauque qui devait appartenir à Casey, me demanda de me dévêtir à mon tour, ce que je fis fébrilement. Elle m'attira sur elle, je commençais à me demander si j'allais y arriver. Il me fallait un minimum de préliminaire, de sensualité. Je ne voulais pas le faire de cette façon mécanique, qu'elle m'imposait. Je la sentais très tendu sous moi, crispée même. Je cherchais sa bouche pour me donner du courage. Elle détourna vivement la tête, ce mouvement me décontenança, je le mis sur le compte du stress. Je laissais mes mains courir sur son corps. Elle n'eut aucune réaction, sauf de me repousser lorsque j'approchais un endroit sensible. J'essayais de l'embrasser à nouveau, elle me refoula encore. Ce rejet fut le dernier, que je pus supporter.

— Merde Casey ! Pestais-je, alors que je m'éloignais pour remettre mes vêtements. Comment veux tu que j'y arrive, si tu joues à la femme glaçon.

— Ce n'est pas facile pour moi. Plaida-t-elle

— J'ai l'impression que tu vas à la potence. Tu ferais mieux de chercher un autre type, du genre qui n'a rien à faire de sa partenaire. La colère me fit dire des paroles que je ne pensais pas. Où alors je connais une excellente boutique, elle n'est pas très loin du Smelly Nelly, ils vendent toute sorte d'objets avec lesquels tu pourrais te déflorer.

Je n'attendis pas sa réponse, je claquais la porte. Je crus entendre des sanglots étouffés, j'avais été ignoble, et le regrettais. Cependant j'étais bien trop énervé et déçu pour la consoler, je ne savais pas comment me faire pardonner, pour les mots remplis de rancœur que je lui avais servis. Je décidais d'aller boire un verre, si ce n'était pas ce qui avait de mieux à faire, cela me calmerait.

J'étais passablement encore en colère, lorsque je me garais sur le parking du O'flaherty(1). J'aimais cet endroit, un petit pub Irlandais. Il y avait parfois des concerts le soir. J'étais quelquefois venu avec Sam après le service, je n'étais jamais arrivé seul. Je me dirigeai directement au bar, près d'une jeune femme brune. Je commandais une bière quand la fille à côté me nomma. Je lui jetais un regard et reconnu Vicky. C'était bien ma chance, je quittais la maison après une dispute avec celle qui était sensé être ma femme, et je tombais sur sa cousine, dont le seul souhait était de prouver que Casey et moi n'étions pas un couple.

Courtoisie oblige, j'engageais la conversation. Je lui demandais comment elle allait, elle me retourna la formule de politesse, puis me demanda des nouvelles de Lana, et plus perfidement de mon épouse. Je lui expliquais tant bien que mal, que je venais de fermer le Smelly Nelly et que je venais me détendre un peu avant de rentrer me coucher.

— J'aurais pensé qu'un jeune marié comme toi serait impatient de rentrer chez lui, pour retrouver sa charmante épouse, surtout que vous vous vantez d'être très actifs sexuellement.

Quelle vipère, je me demandais ce que j'avais pu lui trouver, lors du mariage de sa mère, ce devait être sa ressemblance physique avec Casey. Je bu une gorgée de bière pour me donner une contenance, je ressemblais plus à un mari déchu, qui cherchait une proie pour finir sa soirée. Et cela lui faisait certainement beaucoup trop plaisir. Je détournais la discussion sur un sujet moins sensible, je m'aperçus vite qu'elle me faisait des avances non dissimulées. Je fus estomaqué par son aplomb, elle me draguait ouvertement, moi, le mari de sa cousine, et je me souvins comment elle fait souffrir Casey, lors de notre dernière année de lycée, quand elle avait embrassé son petit ami. Elle était jalouse, de ce qu'avait sa parente, cela crevait les yeux, elle était prête à tout pour lui ôter son bonheur. Alors que je prenais conscience de sa fourberie, je me surpris à éprouver des sentiments de haine à son égard. Je ne la laisserais pas faire du mal à ma femme.

Avec soulagement, je reconnus Sally au fond de la salle, elle était accompagnée d'un groupe d'ami du genre fêtard. Je lui fis signe, à mon grand soulagement elle se leva pour venir me parler. Je tournais le dos à mon interlocutrice, pour engager la conversation avec mon ancienne copine, nous conversâmes du bon vieux temps, elle dut me quitter, un homme mal rasé la fixait, je devinais que ce devait être son petit ami de la façon dont elle lui souriait, la même qu'elle me réservait quand nous sortions ensemble. Avant de me quitter, elle me glissa son numéro de téléphone pour que je le donne à Casey. Vicky nous observait, tout le temps, je devinais qu'elle avait écouté toute la conversation. Je la soupçonnai de tenter de récolter des preuves contre moi. A contre cœur je me retournais vers elle. Comme si elle avait été alertée par la présence d'une fille avec qui j'avais eu une aventure amoureuse. Elle se fit plus entreprenante, allant jusqu'à poser sa main sur ma jambe et la remonter le long ma cuisse. Je la stoppais d'un geste.

— A quoi tu joues ? La questionnais-je.

— Si tu aimais Casey, tu ne serais pas là à boire avec moi.

— Tu te trompes.

Sur ces paroles j'abandonnais mon tabouret, je payais le barman lui laissant un large pourboire. Je sortis sans lui accorder un signe.

Quand je réintégrais mes pénates, j'hésitais à aller m'allonger près de Casey. Il y avait une forte probabilité, qu'elle me mette à la porte. Je fus forcé de constater, que j'étais un brin lâche.

Je dormis sur le canapé, la couverture rouge me protégeant du froid.

Une lumière vive traversa mes paupières, et un cri d'enfant me parvint.

— Derek ! Il est l'heure ! Claironna la fillette de sa voix perçante.

J'eus du mal à émerger, j'étais rentré tard.

Casey me tournait le dos, alors qu'elle préparait le petit déjeuner de Lana. Plutôt gêné, je ne savais comment entamer la conversation, je pris le parti de faire comme si de rien n'était. Pourtant je ne pus m'empêcher de m'en vouloir, quand je vis ses yeux gonflés par ses larmes, elle avait certainement pleuré une bonne partie de la nuit, pour avoir des paupières pareilles. Une sensation de honte m'envahit, j'aurais dû la consoler, la bercer, la rassurer. Au lieu de quoi, je l'avais abandonnée.

Je devais, néanmoins, la mettre au courant du comportement de sa cousine. C'est ce que je fis en mangeant mes tartines. Elle ne me répondit pas immédiatement. Je l'observais presser les oranges, ses gestes étaient précis. Je la voyais faire ces mouvements tous les matins, pourtant ce jour là, j'avais l'impression que c'était la première fois. Elle avait une mèche de cheveux qui tombait devant ses yeux, je la lui replaçais derrière l'oreille frôlant sa peau au passage. Elle me fit un sourire reconnaissant, je lui répondis par un sourire d'excuse.

— Je vais téléphoner à Vicky, pour lui dire ce que je pense réellement d'elle.

Le charme était rompu, je la suspectais d'avoir utilisé ce stratagème, pour mettre un terme à notre échange silencieux.

Je l'approuvais, nous devions nous montrer, unis. J'embrassai Lana sur le sommet du crane, et Casey sur la joue. Je courus prendre ma douche, j'étais déjà horriblement en retard. Je voyais déjà l'air entendu de Sam qui ne manquerait pas d'interpréter mon visage fatigué. J'allais lui fournir des explications, il allait me traiter de lâche. Ce n'était pas moi qui le contredirais.

(1) O'flaherty est le nom d'un pub Nîmois, il se situe juste en face de la fac de sciences, j'y allais souvent avec un copain, à la sortie ou à la place des cours^^. Pour celles (ceux ?) qui se poseraient encore la question je suis Gardoise.

Je vous retrouve la semaine prochaine avec le grand retour de Casey.