Disclamer : les personnages ne sont pas à moi
Merci à Tolena pour sa correction
Résumé : Derek embrasse Casey car selon ses propres termes ils doivent se mettre au travail. En effet elle a son rendez vous dans quatre jours chez le médecin.
Chapitre 16 : Enfin !
Je me raidis immédiatement au contact de ses lèvres sur les miennes, je me maudissais intérieurement, la familiarité de Derek ne me dérangeait absolument pas, au contraire je la trouvais plaisante voire agréable. Mais pourquoi étais-je autant angoissée ? Dès qu'il me touchait, je me figeais, comme une statue, pourtant cette réaction épidermique, ne correspondait en rien à ce que je ressentais tout au fond de moi. Mon mauvais réflexe, contrairement à ce que j'aurais pensé, ne fâcha pas mon mari. Délicatement il se détacha de mon visage pour me prendre dans ses bras, et me glisser à l'oreille.
— Je ne te ferais rien ce soir que tu ne veuilles pas, détends-toi. Chuchota-t-il.
— Merci. Ce fut la seule réponse que je pus articuler, l'émotion m'étreignait, et la prévenance de Derek, me procurait un bien être inattendu, je me rassérénais enfin.
Nous restâmes sur le canapé à regarder un programme quelconque, à nous tenir les mains, comme si ce geste pouvait nous rapprocher et faire de nous les amoureux que nous n'étions pas. J'avais néanmoins, mon estomac qui se serrait, à chaque caresse que son pouce effectuait sur le dos de ma main.
J'essayais de penser à autre chose, à Lana, aux jeux que j'inventais pour elle, le dernier en date était plutôt amusant. Je mettais la musique au volume maximum et nous dansions comme deux dégénérées. Ma sœur par son jeune âge, ne savait pas danser à proprement parler. Elle sautait comme un cabri à travers toute la pièce, ce qui déclenchait mon fou rire.
Malgré tout, mon calme apparent commença à disparaître peu à peu. Je regardais insidieusement l'horloge, et la trotteuse qui tournait. Bientôt il ne fut plus question de reculer. Il fallait que nous nous couchions, nous ne pouvions pas décemment rester toute la nuit ici, à nous tenir les mains tels deux préadolescents. Au bout d'un moment, jugeant qu'il était largement temps, je lui proposais de nous mettre au lit.
— Sans arrière pensée ! Me dépêchais-je d'ajouter d'un ton précipité.
Mon mari acquiesça sans un mot. Nous nous séparâmes à mon grand regret. Ce fut l'un derrière l'autre, en silence, que nous grimpâmes au premier.
Comme tous les soirs, je me changeais dans la salle de bain, j'avais pris cette habitude depuis que nous dormions dans la même chambre, je craignais trop qu'il me surprenne en petite tenue. J'avais placé mon nouveau pyjama, sur le meuble où je rangeais les serviettes, il était encore plié dans son papier de soie. Je le sortis de sa boite, un doux froufroutement résulta du froissement du satin. J'hésitais à l'endosser, il me paraissait beaucoup plus indécent que dans la boutique, maintenant que j'imaginais le regard de Derek, se posant sur moi. Cette étoffe ne laissait guère place à l'imagination. Je dus cependant me résoudre, je n'avais rien d'autre à me mettre. Emily n'avait laissé aucune chance à mes autres tenues de nuit. J'enfilais le fin tissu, mais je n'osais me rendre dans la chambre aussi dénudée. En fouillant dans la chambre d'Edwin, je trouvais un vieux sweet-shirt dans un des tiroirs de sa commode et je m'en emparais, contente d'avoir pu trouver un rempart à ma pudeur. Je rejoignis Derek, il avait laissé la lumière allumée, attendant visiblement que je termine mon manège. Je me glissais dans les draps, après avoir éteint la lumière, et je me blottis timidement contre lui. Il passa alors un bras autour de moi et je posais ma tête sur sa poitrine. À ce moment précis, je me sentais à ma place, pleinement heureuse, et apaisée, pour la première fois depuis longtemps. J'étais sereine, je n'avais plus peur de perdre Lana, je savais que nous y arriverons ensemble. Puis Derek commença à parler de cette voix basse que l'on réserve aux conversations tardives, dans l'obscurité d'une chambre.
— Je sais que pour toi c'est difficile. J'aimerais te laisser le temps d'être entièrement prête, mais malheureusement du temps, nous n'en avons pas.
Je serrai sa main pour lui signifier que je ne dormais pas, et le remercier silencieusement de ses paroles. Il enchaina.
— La première fois que je t'ai vu c'était sur une photo que Nora m'avait montré. Je t'avais trouvé très jolie, et plus tard au lycée. Tu te souviens quand tu es venu le visiter et me rencontrer, et que j'ai envoyé Ralph à ma place. J'entendis clairement de l'amusement dans son ton. Malgré, ton uniforme et ton appareil dentaire et… ton sale caractère, je me suis senti immédiatement attiré vers toi. Si tu savais ce que j'ai pensé de toi au mariage de nos parents, alors que tu remontais l'allée, tu souriais de toutes tes dents, fière de ne plus avoir à porter ton appareil dentaire. Tu étais éblouissante dans ta robe de demoiselle d'honneur. Je t'ai toujours désiré Casey.
Ces déclarations faisaient battre mon cœur plus fort dans ma poitrine, comment avais-je pu être aussi aveugle toutes ces années ? Derek ne tentait pas de me rendre la vie impossible, il me draguait ? Rien que cette question me semblait être une énormité, je n'arrivais tout simplement pas à y croire. Et cette constatation me rendait, infiniment légère, comme si le poids de notre mauvaise entente s'était envolé, pour faire place à une nouvelle relation entre nous avec des codes inédits.
— Et moi qui croyais que je ne te plaisais pas.
Faut dire que le jour du mariage de maman, il avait renversé son verre sur ma jolie robe, et que je lui avais sauté dessus pour lui arracher les yeux, ce qui indéniablement, démarrait bien notre cohabitation. La suite, nous nous étions déchirés pendant toutes nos années lycée, dispute après dispute, chacun essayait de prendre le contrôle de l'autre sans jamais y parvenir. Nous avions pourtant réussi à nous entendre parfois, à nous entraider même. Tout à coup, je sentis une vague de désir monter en moi, désir de recommencer tout à zéro, désir d'effacer ces années perdues, désir d'être proche de lui. Brusquement, je me levais pour allumer la lumière, et faire face à ces sentiments tous neufs qui faisaient surface. Debout près de l'interrupteur je le regardai dans les yeux, un instant l'idée me traversa de jouer les femmes fatale et d'ôter ce pull difforme d'une manière sensuelle, mais je ne fus pas assez téméraire.
— Il faut j'aille aux toilettes. Prétextais-je en courant hors de la chambre, je me réfugiais dans la salle de bain. Me stoppais au dessus du lavabo, j'ouvrais les vannes du robinet, et laissai couler l'eau un instant. Le visage mouillé, je m'observai dégoulinante dans la glace. C'était bien moi à mon grand étonnement, je n'avais pas changée d'un poil. Pourtant, j'étais différente, je scrutai mes yeux pour voir si le désir s'y lisait. Parce que même si je ne savais plus exactement où j'en étais, une chose était certaine, j'allais sauter le pas cette nuit, je n'attendrais pas un jour de plus. Je profitais de notre éloignement pour ôter le vêtement que j'avais emprunté à Edwin. J'étais attentive à chaque sensation, essayant de les graver dans ma mémoire, le souffle de mes cheveux qui retombaient en coupe sur mes épaules, le frottement de la serviette sur mes joues. Je décelais sous la plante de mes pieds la douceur de la moquette alors que je me dirigeais vers mon mari. Je pénétrais dans la chambre encore baignée de lumière. Je soutins à nouveau son regard, lui souriant faiblement, trop émue pour dire quoi que soit. Je m'approchais doucement du lit, quand ma jambe heurta délicatement le bois, je grimpais à genou sur le matelas. Il se releva sur un coude et me murmura
— Comment as-tu pu croire que tu ne me plaisais pas ?
Ces mots me firent l'effet escompté, il me confirmait son désir, et ça me rendait infiniment heureuse.
Alors il s'assit, prit délicatement mon visage entre ses mains, et déposa des milliards de baisers sur tout mon visage, avant d'appliquer ses lèvres sur les miennes, avec sa langue il me fit ouvrir la bouche. C'était la première fois que nous échangions ce genre de baiser, et ce n'était pas pour me déplaire, au contraire, j'avais la confirmation de ce que toutes ses petites amies successives m'avait confié. Il embrassait terriblement bien. Puis il glissa une main vers mon épaule, il en chassa les cheveux qui y reposaient, il fit descendre la fine bretelle, le long de mon bras. A mon grand regret, il quitta mes lèvres, pour embrasser mon épaule dénudée. Je me penchais afin de reprendre possession de sa bouche. Tout mon corps brulait de désir pour lui. Je savais que je ne pourrais plus l'arrêter et à quoi bon ? J'étais finalement prête, et il m'avait fallu cette révélation, tout à l'heure quand j'étais dans ses bras, et qu'il se confiait. Bien sur ce qu'il ressentait pour moi n'était qu'une attirance physique, mais la romantique en moi espérait qu'il changerait, et peut être qu'il tomberait amoureux de moi, et nous pourrions avoir un vrai mariage dans tous les sens du terme.
Pourtant, j'étais nerveuse, je dus attendre quelques instants de plus, avant de me lancer. Je n'arrivais pas à sortir les mots de ma bouche, ils se coinçaient dans ma gorge. Je me penchais alors vers sa table de nuit, j'ouvris le tiroir où je savais qu'il y cachait une boite de préservatifs, je me saisissais d'un papier coloré et lui plaçais dans le creux de sa main. Je chuchotais contre ses lèvres, avant de l'embrasser.
— Ce soir.
Il me serra si fort qu'il me fit mal, preuve de sa joie. Puis devançant ma demande, il tendit la main pour éteindre la lumière.
Alors ?
