Disclaimer : les personnages ne sont pas à moi

Résumé : Casey et Derek sont finalement passé à l'acte.

Chapitre 17 : Lendemain

— Casey ! Casey !

Ce fut la première chose que j'entendis ce matin là ! Lana s'impatientait dans son lit, j'ouvris avec difficulté les yeux : Huit heures ! Je comprenais maintenant pourquoi ma petite sœur avait ce ton pleurnichard, elle devait en avoir assez d'attendre.

— J'y vais. M'annonça une voix masculine. Entendre ce timbre endormi me fit tout revenir en mémoire, je rougis.

Il se leva, nu. Je détournais le regard, malgré ce qu'il s'était produit cette nuit j'éprouvais encore de la gène. D'autant plus que je venais de réaliser que moi aussi je n'avais pas revêtu mon pyjama. Il enfila son jean. Et fila rejoindre la petite Lana. Sans un mot ni même un regard pour moi, ce qui m'attrista.

Derek parti, je pus m'étaler dans les draps, j'avais le lit pour moi seule, et je comptais bien en profiter pour réfléchir calmement. Il ne m'avait pas embrassé pour me dire bonjour, mais je devais sûrement m'inquiéter pour rien. Derek n'aimait pas entendre pleurer Lana, il voulait certainement se précipiter auprès d'elle pour la calmer. Malgré, qu'ils soient tout les deux descendus, je percevais toujours Lana qui demandait en boucle où j'étais. Il fallait que je les rejoigne, elle avait l'habitude que je sois là le matin. Tout en m'habillant à la va vite, je me remémorais les événements de cette nuit, c'était tellement … si…indéfinissable, j'avais mon cœur remplis de joie et d'amour, parce que maintenant tout était clair pour moi j'étais follement amoureuse de Derek. Jamais je n'aurais pu être si proche de lui, hier, si je ne l'aimais pas. J'espérais seulement qu'il éprouvait au moins la moitié des sentiments que j'avais pour lui et je serais la plus heureuse, finalement nous pourrions peut être l'avoir ce véritable mariage, celui que nous nous évertuions à montrer en façade depuis des mois.

Quand j'arrivais au bas des escaliers, je remarquais que Derek et Lana n'étaient pas seuls. Ma curieuse de meilleure amie était avec eux dans la cuisine. Je savais pourquoi elle était là, elle voulait savoir ce qu'il s'était passé hier soir, et elle ne pouvait pas attendre que Derek soit parti au boulot, non ! Cet acte aurait été bien au dessus de ses forces ! Dès qu'elle me vit, elle les quitta pour courir me rejoindre, je regrettais que la discrétion ne soit pas une de ses qualités.

— Alors ? Me chuchota-t-elle.

Je lui souris.

Elle esquissa un mouvement de joie, que je m'empressais de contenir, je ne voulais pas que Derek s'aperçoive que nous parlions de nous. Même si je me doutais qu'il avait compris pourquoi Emily nous rendait une visite aussi matinale. Cependant elle voulut en savoir plus et me conjura de tout lui raconter. Je refusais, c'était personnel et je n'avais pas envie que quelqu'un connaisse les détails, même si c'était ma meilleure amie.

— Dis-moi au moins comment c'était. Insista-t-elle.

Indulgente, après tout elle m'avait beaucoup aidé la veille avec ses conseils et ses encouragements, je lui murmurais à l'oreille mes impressions. Et alors que je m'apprêtais à stopper mes confidences elle s'écria

— Trois fois !

— Tais-toi ! Il va t'entendre ! La grondais-je.

Je déplorais qu'elle soit venue si tôt. Elle aurait pu attendre que je l'appelle, cependant, elle me connaissait par cœur et dès qu'elle vit que je fulminais, elle se dépêcha de prendre son sac et de s'éclipser. Elle savait que j'étais en colère après elle, elle préféra battre en retraite et attendre que je sois calmée pour revenir glaner des informations croustillantes.

Emily sortie, je rejoignis mon mari et ma sœur dans la cuisine, seulement, je n'étais pas au bout de mes surprises, Derek ne me décrocha pas un regard ni un sourire. J'étais peinée par son attitude et je tentais de lui cacher mon ressenti, dans la mesure du possible. J'allais lui demander des explications, quand il attrapa une tartine et me lança qu'il devait se dépêcher, il était déjà en retard. Il fit un bisou à Lana sur le front, et à moi…sur la tempe. Quelle déception après tout ce qu'il s'était passé entre nous, il agissait comme avant. Seule avec ma sœur, je n'appelais pas Emily préférant ruminer seule les actes de mon amant. Je n'avais pas trente six possibilités, j'arrivais à la conclusion qu'il avait eu ce qu'il voulait et maintenant il se désintéressait de moi, après tout il ne m'avait parlé que de désir, pas d'amour. Oui il m'avait voulu, il m'avait finalement eu, et désormais c'était fini, il n'avait pas envie que je me fasse de fausses idées sur notre mariage. Après le procès tout allait redevenir comme avant, nous referions chambre à part, et peut être, nous vivrions comme un couple libre nous pourrions voir d'autres personnes. Enfin, lui il pourrait, parce moi j'en serais incapable, c'était lui que j'aimais.

Au fil de la journée, j'essayais de me rassurer, il n'avait pas eu le temps ce matin, il était en retard pour ouvrir le Smelly Nelly, après tout il avait été tellement tendre cette nuit, si attentionné, il avait fait en sorte que je ne souffre pas. Il n'avait pas pensé qu'à lui, comme certains des petits amis de mes copines de l'université. C'était impossible qu'il me traite de la sorte, il devait avoir une bonne raison, du moins j'essayais de m'en convaincre.

Quand je ne le vit pas rentrer pour sa pause, comme il avait coutume de le faire. Je n'étais plus du tout rassurée, et s'il avait compris que je l'aimais, et vu qu'il ne ressentait pas le même chose pour moi, il ne souhaitait pas me faire de mal, jouant la carte de la distance.

Je ne travaillais pas mes cours ce jour là, je n'avais pas la tête à ça. Même Lana s'aperçu que quelque chose n'allait pas, elle me suivait partout, faisant le pitre pour me faire rire. Elle réussit à m'arracher plusieurs sourires. Cependant, ma tristesse ne disparaissait pas. Quand je la couchais, Derek n'était toujours pas à la maison, je n'avais qu'une envie c'était de l'appeler sur son portable, mais je n'osais pas, de peur qu'il soit à nouveau froid.

Je pris la décision de l'attendre dans le salon, il se pointa tard, plus tard que d'habitude. Il me dit à peine bonsoir et il entama de grimper les escaliers. Je retenais mes larmes, je devais lui parler il fallait crever l'abcès.

— Derek !

Ma voix larmoyante me trahissait, moi qui voulais avoir l'air sûre de moi, c'était raté. A mon appel il se retourna. Il scruta mon visage, apparemment il s'interrogeait sur la nature de mon émotion. Plutôt que de lui demander pourquoi il agissait ainsi je préférais une autre méthode.

— Tu ne m'embrasse pas ? Demandais-je, tremblotante.

Pour mon plus grand bonheur, il se précipita vers moi pour écraser ses lèvres sur les miennes.

— Je suis désolé de t'avoir fait de la peine, mais ce matin quand je t'ai vu te détourner de moi, j'ai cru que tu regrettais. Me susurra mon mari entre deux baisers.

— Je ne regrette rien. Je l'embrassais à mon tour et l'attirais à ma suite, sur les coussins du canapé.

Les jours suivants je flottais sur mon petite nuage, même la perspective du rendez vous imminent chez le gynécologue, qui était la dernière étape avant le procès, ne réussissait pas à m'ôter ma bonne humeur.

Jamais je n'avais été autant amoureuse, je commençais à me demander si finalement je n'avais pas toujours été amoureuse de lui. Parce que tous les sentiments que j'avais eus pour mes ex petits amis avaient été bien fades à côté de ceux j'avais pour lui, désormais. Et même si je pensais que mon amour n'était pas partagé entièrement, il m'avait confié qu'il souhaitait que notre mariage fonctionne. Bien sur il avait ajouté que ce serait mieux pour Lana, et qu'une fois Fiona terrassée, il consentirait à m'accorder le divorce, si je le voulais. Je n'avais su que répondre et avait seulement hoché la tête. Je n'avais pas démenti, peut-être que j'aurais dû. Je me retrouvais comme une gamine idiote, je n'osais pas lui avouer que je l'aimais, de peur qu'il me répondre que lui non. Après tout il n'était pas comme moi il n'avait pas besoin d'être attaché à la personne pour coucher avec elle.

Le matin du rendez vous je pensais à Vicky avec amusement, elle avait voulu me coincer, elle m'avait rendu un grand service, et les mensonges que nous avions raconté lors de la médiation étaient devenus réalité.

J'avais demandé à Derek de m'accompagner chez l'expert. Le fait que mon mari soit présent lors de l'examen, prouvait un peu plus la qualité de notre relation, et puis je détestais tellement aller chez le médecin, qu'à chaque fois mon ventre se tordait d'angoisse dans la salle d'attente. Un peu de soutien ne me ferait pas de mal.

Derek fut parfait, il me tint la main, me permettant ainsi de gérer mon stress. Lorsque l'homme en blouse blanche appela mon nom, il pénétra avec moi dans son cabinet. Il nous invita à nous asseoir devant son bureau, il avait mon dossier sous les yeux. Finalement il m'expliqua qu'il était expert auprès des tribunaux, qu'il savait que cet examen n'était pas des plus agréable pour moi, et plutôt humiliant, mais il devait faire la constatation. Je me soumis donc à son examen qui ne dura pas plus trente secondes, j'étais atrocement gênée, quand j'eus terminé de me rhabiller je le vit qui griffonnait dans mon dossier quelques mots. Enfin il nous congédia poliment.

En sortant, j'étais soulagée, tout ce qui m'avait amené jusqu'ici était terminé maintenant, toute cette anxiété, pouvait s'envoler à présent. Il ne restait plus que le procès mais j'avais confiance, nous n'étions plus des menteurs à présent.

Pour fêter ce moment et profiter du fait que Lana était chez Abby. Derek m'invita au restaurant. En plaisantant, il affirma que c'était notre premier rendez vous officiel. Et il n'avait pas vraiment tord. Je profitais de ce dernier moment de tranquillité parce que je savais que le lendemain j'allais recommencer à me ronger les ongles. Le procès aurait lieu dans quinze jours.