- Musique -

Believe / The Bravery

PDV BELLA

J'éteignais mon cadran qui effectuait des Bip stridents. Je marmonnais quelques jurons dans ma barbe et me fourrais un oreiller sur la tête.

Juste dix minutes de plus ! Hurlais-je.

Mais Rosalie n'en entendait pas de cette façon, elle était entrée dans ma chambre en furie et m'avait carrément levé de force.

Bells, s'a fait trois fois que tu pèses sur le bouton « snooze. » Il faut que tu te lèves, tu vas être encore en retard à tes cours. Il est 7 h 30.

Tu as dit 7 h 30 ? Criais-je en me précipitant vers la douche.

J'étais partie comme une flèche à l'entente du mot 7 h 30. C'était à cette heure-la que je devais être sur la route pour le campus.

Oui, 7 h 30 et tu vas être en retard, je te l'avais dis.

J'ouvrais le rideau de ma douche et me lavait à l'eau froide pendant cinq minutes. Je sortis, les cheveux encore savonneux et attrapais les vêtements que ma belle-sœur m'avait laissée sur mon lit. Rosalie était un amour. Lorsqu'Emmet n'était pas là le matin, elle prenait soin de moi comme une mère.

En courant, je brossais mes dents et fourrais tous mes cahiers dans mon sac à dos. Je manquais de me cracher dans les cheveux. J'allais dans la cuisine où Rosalie m'avait fait des toasts au beurre qu'elle avait mise dans une serviette de papier. Je la pris en pleine course et m'en allais.

Merci, tu es un amour, Rose. On se voit ce soir.

Je claquais la porte et me précipitais dans les escaliers. Je passais cinq minutes à essayer de faire fonctionner ma vieille Chevrolet et allais à mes cours. En regardant l'heure sur mon portable, je constatais que je n'étais pas si en retard que cela. Il fallait juste que je pèse sur le gaz…

PDV EDWARD

Alice entra dans mon bureau comme une folle. Elle sautillait, jubilait et déplaçait de l'air. Une chance qu'il n'y avait pas de clients dans mon bureau sinon il serait partie en courant.

Que me vaut l'honneur de ta visite ? Demandais-je le plus neutre que possible.

C'est Bella.

Toujours elle, me dis-je dans ma tête. Pas que je n'aimais pas la jeune brunette, mais Alice me parlait sans cesse d'elle chaque fois que nous nous voyons.

Et qu'est-ce qu'elle a ?

Elle vient avec nous à Vegas… Jasper ne peut pas venir.

Tu as vraiment l'air déçue, à ce que je constate, que ton époux ne puisse pas venir ?

Non, mais je suis super contente que Bella vienne avec nous.

Nous ?

Sinon, t'es libre pour dîner ?

Oui, je prends ma veste et j'arrive, dis-je.

BELLA PDV

Putain de voiture ! Même pas capable de faire du 100 kilomètres heure. De la fumée grise s'échappait de l'avant du véhicule et elle s'était immobilisé sur l'accotement.

Je n'aurais jamais du me lever, je le savais ! Hurlais-je en frappant le volant de mes deux mains. J'étais en furie. Pourquoi ce matin ? J'ai un exam !

Subitement, la colère fit place à la tristesse. Sans aucune raison valable, je me suis mise à pleurer comme une madeleine, les larmes refusant de se stopper. Je tapais furieusement sur la carlingue et les pneus, maudissant le fait que je ne possédais pas l'argent pour m'offrir une voiture de l'année.

Calme-toi Bella, et appelle Jacob.

J'hochais la tête. Bonne idée Bella. Il saura t'aider. J'inspirais et expirais quelquefois avant de prendre mon portable et de composer le numéro de Jacob. Mes doigts tremblaient en composant le numéro de mon meilleur ami.

Bella ! Tu n'es pas censée être à l'école ? Répondit-il au bout de la troisième tonalité.

Et là mes sanglots recommencèrent. J'hoquetais et mes épaules soubresautèrent. Je n'avais vraiment pas besoin d'un pane en ce moment.

Ja… Jake, pleurais-je.

Calme-toi, Bella. Je ne peux pas te comprendre si tu pleures ainsi. Inspire, expire, inspire, expire. Bella, est-ce que tu le fais ?

O…oui !

Je suivais les indications de Jake et me calmais après plusieurs secondes.

Ça va mieux, merci.

Maintenant, que se passe-t-il ?

Une pane.

Avec le taco ?

Avec le taco.

Ok, décris-moi ce qui se passe.

J'étais en retard, remarque maintenant je le suis encore plus. Tu comprends Jacob, quand il t'arrive une journée où rien ne va. Tu n'as qu'envie d'une chose… que ça se finisse !

Je sais Bella, mais décris-moi ce qui s'est passé pour que ton véhicule ne fonctionne plus.

Ok. J'étais en retard et j'ai décidée de faire du 100 km/h pour arriver plus vite à l'école. Lorsque j'ai accéléré, j'ai entendu quelque chose exploser et la voiture s'est tranquillement arrêtée. Lorsque j'ai voulue la redémarrer, de la fumée s'est mise à sortir du capot.

J'entendis Jacob réfléchir. Je l'imaginais se frotter le menton d'une main, levant les yeux dans les airs pour se donner un air pensif.

Verdict, docteur.

Ton moteur à surchauffé. Est-ce qu'il y a beaucoup de voiture là où tu es ?

Pas mal, mais ce n'est pas une rue très passante.

Très bien, tu vas aller chercher les câbles à booster dans le coffre de ton camion et tu vas faire arrêter une autre voiture pour de l'aide.

Merci, Jake. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

Attend ne raccroches pas !

Pourquoi ?

Au cas où ce serait un maniaque à la tronçonneuse qui s'arrêterait pour t'aider. Reste en ligne avec moi.

Si c'est toi qui le dit.

Je glissais sur la banquette et sortis dehors. Je pris les câbles que Jake m'avait dit, dans le coffre de ma voiture, et alla au côté de mon véhicule, signalant aux autres automobilistes que j'avais besoin d'aide de grands gestes désespérés avec mes bras, tenant mon téléphone miraculeusement avec mon épaule. Au bout d'une minute ou deux une vieille Sentra or s'arrêta pour me prêter main forte.

Jake, on vient m'aider ! Hurlais-je au téléphone.

Ok, calme-toi. Tu es si excité que la personne qui vient t'aider n'aura qu'une seule envie et c'est celle de partir.

Un homme tout à fait charmant vint à ma rencontre. Un sourire en coin illuminant son visage quelques peu bronzé. Il avait des yeux bleus pâles, qui étaient encore plus éblouissant à cause de ses longs cheveux blonds rassemblés dans une queue de cheval basse.

On a des problèmes mademoiselle ?

Oui… Mon moteur à surchauffé et ma voiture refuse de démarrer à nouveau.

Il sortit ses mains des poches de son blouson en cuir brun et alla ouvrir le capot de sa voiture. Il revint vers moi et me tendit sa main.

Je m'appel James.

Bella, dis-je en répondant à son geste.

J'imagine que c'est pour vous, une journée à rester dans son lit ?

Exactement.

Puis-je ? Dit-il en désignant le câble à booster que j'avais coincé entre mon bras et mon corps.

Oh, oui.

Je le lui donnais et il alla brancher les deux fils sur son véhicule puis sur le mien. J'allais dans mon auto partir le moteur en même temps que lui. Après une ou deux tentatives, ma voiture démarra. Je soufflais.

Ça marche, Jake, dis-je à l'autre bout du fil. Merci et passe une belle journée.

Toi aussi, Bells.

Je sortis de la voiture, et fermais mon capot.

Merci beaucoup de votre aide, dis-je.

Ce fût un plaisir.

Il revint me serrer la main, me servant un magnifique sourire.

J'espère vous revoir un jour, dis-je. Vous êtes mon ange sauveur, blaguais-je.

Ce serait un plaisir pour moi.

Nous nous séparâmes, pour une fois dans la journée où mon moral n'était pas en mode « suicide assuré », j'avais passé un bon moment avec ce James même si ce n'était que pour une banalité. Il avait été très gentil avec moi et m'avait redonné le sourire.

Je redémarrais ma vieille Chevrolet tout en faisant attention à ne pas aller trop vite. Je me garais dans le fond du parking de l'école et partis en courant vers les cours. Je ressemblais vraiment à une hystérique qui essayait d'échapper à un tueur fou. Je zigzaguais dans les couloirs vides à la recherche de ma classe pour finalement toquer comme une furie à la porte. Après plusieurs interminables secondes, où j'essayais de retrouver un pouls normal, mon professeur vint m'ouvrir.

Encore en retard Mlle. Swan.

Je suis vraiment désolée. Ma voiture est tombée en panne.

Je vois bien avec le taco que vous avez.

Bon alors tout le monde prêtait attention à la voiture que j'aie ?

Est-ce que je peux entrer ?

Voyez-vous, nous venons de commencer l'examen et je ne crois pas que vous aurez le temps.

Je connais le sujet sur le bout de mes doigts, laissez-moi faire cet exam.

Monsieur Renata me regarda d'un air menaçant. J'essayais d'emprunter les yeux doux d'Alice ce qui sembla l'amadouer. Il ouvrit sa porte en grand pour me laisser passer et glissa une copie sur mon pupitre. Les autres me regardèrent pendant quelques temps et recommencèrent à faire leurs examens.

PDV ALICE

J'attendais Bella depuis un bout de temps, Mike remuait sans cesse la queue pour que je le flatte. Parfois, il allait coller son visage tout sale et poilu sur mes collants opaques noirs. Chaque fois, je le repoussais d'un air dédaigneux. Tous ses poils se collaient à mes jolis bas de nylon tout de même !

Sac à puce, va !

Enfin, j'entendis une clef de serrure tourner dans la porte pour qu'elle s'ouvre finalement. Mike accourra vers Bella, qui l'accueillit d'un immense sourire. À croire qu'elle le trouvait mignon. Puis, elle leva les yeux sur moi et me sourit faiblement.

Je vois que tu as passée une belle journée pour que j'aie le droit à cet accueil si joyeux ?

Tu ne peux pas savoir tout ce qui est arrivé aujourd'hui, dit-elle en lançant son sac parterre. Je ne voulais pas avoir de la visite ce soir, juste prendre mon bain et dormir.

Elle semblait exténuée lorsqu'elle vint me rejoindre sur le canapé. Elle s'affala sur le sofa, leva la tête en l'air et soupira fortement. Elle ferma les yeux et resta immobile.

Et si je te fais à manger, est-ce que je pourrais rester ?

Alice, je ne crois pas que…

Si je te fais des pâtes à la sauce Rosée, Alors ?

Elle releva son visage et se lécha la lèvre inférieure.

J'ai un goût de pâte dans la bouche, dit-elle. Tu ferais ça pour moi ?

Et comment. Je ferais même la vaisselle pendant que tu te coules un bon bain moussant.

Et après on écoute la télé ?

Je vis l'ombre d'un sourire apparaître sur son visage lorsque je hochais la tête. Elle me prit dans ses bras et me serra fortement contre elle.

Merci, Alice. Tu es la meilleure amie du monde.

Ce n'est rien. Jasper n'est pas là ce soir… Alors je devais me trouver quelque chose à faire.

Elle s'était levé et marchais jusqu'à sa chambre.

Et tu as pensé à prendre soin de ta copine qui vient de passer la pire journée de sa vie ?

Exactement.

Elle sortit de sa chambre avec son peignoir rose que je lui avais offert et un pyjama en coton. Bella avait monté ses cheveux en un chignon lâche et transportait une bouteille de mousse pour le bain que je lui avais offerte aussi. Elle garda la porte de la salle-de-bain ouverte et j'entendis les bruits d'eau emplir son bain.

Fait comme chez toi surtout, cria-t-elle.

Comme toujours, répliquais-je.

Je me levais de son fauteuil et gambadais jusqu'à sa cuisine. Je farfouillais dans ses armoires pour trouver les ingrédients qu'il me fallait que je déposais sur le comptoir. Je faisais revenir les oignons et l'ail dans le poêle pour ensuite y incorporer des tomates et du bouillon de poulet.

- Humm, ça sent super bon, Alice, entendis-je depuis la salle-de-bain.

Je ne répondis pas, me contentant d'ajouter du vin blanc et des épices au goût dans la casserole. Bella sortit quelques minutes plus tard, elle épongeait ses cheveux mouillés avec une serviette. Elle prit place à la table où je lui apportais son plat. Ses yeux devinrent brillants. Elle attrapa sa fourchette et piqua dans sa nourriture avec un appétit sans pareil. Ce fût encore plus fou lorsque je me décidais à sortir les pains gratinés du four. C'est à peine si j'eus le droit d'en manger un.

Je vois que tu aimes ça !

Oui, merci, bafouilla-t-elle en croquant dans le pain croustillant. J'oubliais à quel point tu es une cuisinière formidable.

Et une amie formidable.

Bien sûr, répliqua-t-elle en prenant une gorgée de vin blanc.

J'ai pensé que nous pourrions écouter un film ce soir.

Elle releva son visage vers le mien.

Ouiii !

Mon fantôme d'amour, peut-être.

Non, c'est trop triste.

Tu veux dire que Whoopi Golberg est quelqu'un de triste ? Sourcillais-je.

Non, mais la fin est trop émotive.

D'accord. Alors quoi d'autre.

Bella se leva et se dirigea vers son incroyable bibliothèque où elle rangeait tous ses films. Elle parcourra les étagères avec une attention particulière et sortit une cassette parmi la foule de DVD qu'elle avait. Juste aux couleurs éclatantes, je devinais de quel film il s'agissait.

Tu veux écouter Austin Powers ?

Oui, c'est super bon !

Ok. C'est toi qui décides.

Elle plaça la cassette dans le lecteur vidéo et rembobina le fil. J'eus tout juste le temps de pousser Mike du sofa et de m'y asseoir, que le film commençait. Bella attrapa un vieux plaid et nous couvrit tous deux.

BELLA

J'avais un mal de chien à l'épaule. En plus, elle était humide et collante. Je tentais de repoussé Mike, mais les gémissements obtenus étaient ceux d'Alice. J'ouvris les yeux pour constater que j'étais toujours dans le salon. Nous avions du nous endormir pendant le film. Putain, Alice me bavait sur le bras comme un chien le faisait.

Qu'est-ce qu'il y a ? Marmonna Alice tout en s'étirant comme un chat.

Je me concentrais à nouveau sur ce qui m'avait réveillé. Les bruits venant de l'appartement d'à côté. En l'occurrence, le logement d'Emmet. Mon frère et sa femme faisaient beaucoup de bruit.

Est-ce que c'est ta belle-sœur qui rit comme une dingue ?

J'hochais la tête dans l'obscurité. Puis, reportais mon attention sur ce qui se passait. Ne pouvaient-ils pas être moins bruyants ? On entendait les deux amoureux rires comme un jeune couple. Ils devaient revenir d'un spectacle pour être rentrés si tard sans m'avoir prévenu qu'ils ne viendraient pas souper. Les rires arrêtèrent subitement et nous entendîmes un gros coup dans le mur juste devant nous.

Tu crois qu'ils… ? Osa dire Alice.

Ouais, chuchotais-je mécaniquement tout hochant la tête. Ils le font.

Elle pouffa.

Nous entendîmes également des gémissements féminins. Le nom de mon frère répété inlassablement, de plus en plus vite. Les coups dans le mur s'intensifièrent avant de se stopper aussi vite que ce fût commencé.

Bah, Alors. Emmett est vite en affaire, rigola mon amie.

Moi, j'avais l'envie de vomir. J'étais très mal à l'aise avec le fait que mon frère fasse l'amour dans son salon et contre le mur en plus. Et avoir entendue toute cette action ne faisait que renforcer mon envie de me dégobiller dessus. Alice pour sa part, n'en faisait pas un drame. Faut dire qu'elle avait été une des petites amies du grand séducteur qu'était mon grand frère et que ces petites soirées perverses où vous finissez à faire le grand écart nue sur le comptoir de la cuisine était chose fréquentes pour elle du temps où elle faisait couchette avec Emmet. Époque révolue maintenant.

De nouveaux, les sons sauvages nous parvinrent et cette fois-ci, c'était mon frère qui hurlait à en perdre la voix. Alice se leva tant bien que mal et trottina jusqu'au mur où elle donna des coups violents. Soudainement, on n'entendit plus rien. Je m'imaginais déjà mon frère, sachant que sa sœur avait entendue les ébats sexuels qu'il était en train de faire. De quoi refréner toute ardeur.

Ton fauteuil est pas très confortable pour dormir, lança Alice en se retournant vers moi comme si de rien n'était. On devrait aller dans ta chambre.

Tu as raison.

Je me lançais dans mon lit pendant qu'Alice réglait le cadran. Elle pesa sur quelques boutons et s'étendit de tout son long. J'ôtais mon bas et remontais les couvertes sur mes épaules. J'avais toujours des frissons qui me parcouraient, je n'aimais pas m'imaginer mon frère faire l'amour. Alice, elle, ronflait déjà. À croire qu'elle se foutait de tout cela. Et bien elle était chanceuse d'être fille unique dans ces cas-la. Je fermais les yeux et cauchemardais à tout cela.