PDV BELLA
Alice se leva en courant et Alla prendre sa douche. J'osais jeter un regard sur le réveille-matin pour constater qu'il était seulement 6 h 30. Qui serait assez timbré pour se lever à cet heure-la ? J'attrapais mon édredon que je fourrais sur ma tête et marmonna avant de me faire déranger par Alice à nouveau.
Bella, je devrais t'emprunter des vêtements. Je n'ai rien apporté cette fois-ci.
Sers-toi.
Elle ouvrit la porte de mon armoire et laissa échapper un cri d'horreur.
Je ne croyais pas que ça allait être aussi pire. Bella, il faudra vraiment aller magasiner pour toi.
La dernière phrase, je la mimais sur mes lèvres en même temps qu'elle.
Tu veux mes vêtements oui ou non ?
En voyant l'état de ta penderie, je me demande si je devrais garder le même linge qu'hier, je t'avouerais.
Je marmonnais dans ma barbe, tandis que je sentais une pile de vêtement se former sous mes pieds.
Je t'emprunte ton chemisier crème à volants et ton jean Destroy noir, OK ?
Si tu veux.
Elle me donna un bisou sur le crâne et se précipita vers la sortie.
Bye, mon amour, l'entendis-je crier depuis la porte d'entrée.
Peu après, j'entendis des pas de talons hauts se diriger vers ma chambre. Rosalie passa sa petite tête blonde par l'embrasure de la porte.
Bella, tu es réveillée ? Chuchota-t-elle faiblement.
Y'a pas plus réveillée que moi.
Elle entra et vint se joindre à moi dans mon lit. Elle m'apporta une tasse de café qu'elle avait préparée chez elle et me la tendit avant d'ouvrir les stores.
Et puis, comment tu vas ?
Fatiguée, mais ça va.
Au fait, désolée pour hier soir, je pouvais imaginer la gêne qui habitait ses pommettes.
Ce n'est pas de votre faute si les murs sont très mal isolés ici.
Elle ria et porta sa tasse à ses lèvres. Rosalie se coucha à mes côtés, prête à jacasser comme une jeune adolescente pendue à son portable. Ne restait plus que je la parte avec l'une de mes questions.
Et puis ta soirée ?
Oh ! Emmett était très content que je vienne le surprendre hier au boulot. Tellement qu'il m'a offert de rester avec lui. Et dieu qu'il était sexy en uniforme, je n'ai pas pu m'empêcher de l'embrasser toute la nuit et même dans la voiture. Une fois arrivé chez nous… nous ne pouvions plus nous contenir. Nous n'avons pas pu nous rendre jusqu'à la chambre qu'Emmett fondait déjà sur moi. Il m'a complètement déshabiller dans le salon et nous avons fait l'amour. C'était très intense Bella…
Je n'écoutais que d'une oreille distraire, me contentant d'hocher la tête de temps en temps pour qu'elle ne s'arrête qu'une fois son récit terminé et qu'elle ne m'en parle plus. JAMAIS !
J'avais mes jambes d'enroulés autour de sa taille et il donnait des gros coups de rein. J'hurlais, mon dieu, je n'ai jamais hurlé comme ça. Nous l'avons fait deux fois Bella, t'imagines. Deux fois en quelques minutes et nous aurions étés prêts pour une troisième si tu n'étais pas intervenue, dit-elle dans une œillade. Mais la prochaine fois, attends un peu avant de faire irruption, parce que j'étais sur le point d'atteindre l'orgasme…
Stop ! J'en ai assez entendue, hurlais-je en me mettant les mains sur les oreilles. Fini les déblatérations sur la vie sexuelle de mon frère.
Elle ria.
Tu devrais te lever, il est 7 heures.
Merci.
J'ignorais le mal de tête qui m'assaillit lorsque je me suis mise assit dans le lit avant de me lever prestement. Je titubais lentement jusqu'à la salle-de-bain où j'allumais les robinets de la douche. Dans la pièce d'à côté, Rosalie avait ouvert la radio et je l'entendais chanter. J'aimais ce petit matin tout simple où on parle avant de se lever pour ensuite s'amuser à l'idée de se réveiller si tôt. C'est avec une joie non dissimulée, que je me jetais sous les jets tout en chantant et en dansant. Je n'aimais pas la danse et surtout pas le chant, mais sous la douche, je devenais une rockstar sans le vouloir.
Je sortis de la douche toute rayonnante et pimpante, séchais mes cheveux et les rassemblaient dans une queue de cheval négligé. En sortant des toilettes, j'attrapais les vêtements que Rosalie m'avait mis sur mon lit et les enfilaient. Je sortis ensuite la rejoindre dans la cuisine et mangea avec elle.
Vous venez manger ce soir ? Demandais-je tout en fourrant une cuillerée de céréales dans ma bouche.
Ouais, mais après nous allons voir un concert. Tu veux venir ?
Lequel ?
The Veronicas, ça va être bon.
Ok, je vais venir.
Cool, je ne serais pas seule dans ce cas-la.
Elle se leva, m'embrassa sur la joue et partit dans son appartement pour se préparer. Je finissais mon repas et pris mes clefs. Je flattais Mike avant de partir et il me répondit en se collant plus contre moi.
Sois gentil, on se revoit ce soir.
Sa langue pendouillait de sa gueule et je pris sa pour un oui.
Bye, mon gros.
Je fermais la porte et allait à ma voiture. Elle démarra dans un grognement animal et s'engagea sur la route.
Tu es mieux de ne pas me faire faux bond cette fois, parce que je te jure que tu vas te ramasser dans un dépotoir, la taquinais en tapant le tableau de bord.
Enfin j'arrivais à l'école saine et sauve et pas en retard. Je me garais juste à côté du bâtiment où se situait mon cours de graphisme et marcha lentement pour rejoindre ma classe. Je n'étais pas très populaire dans mon groupe. Les autres me prenaient pour la marginale de la classe étant donné que je ne parlais à personne. En fait, j'étais trop concentrée pour trouver la force de parler avec les autres élèves. Mais je m'en foutais franchement. J'avais pleins d'autres amis à l'extérieur de l'école.
Je m'assis derrière comme à mon habitude et sortis mon cahier à croquis. Notre professeur, Monsieur Barner, commença ses explications aussitôt que la cloche sonna. Le projet était simple, il suffisait de faire une scène comique entre deux objets provenant d'une époque différente. Pas très cherché comme sujet, mais notre professeur arrivait à faire de n'importe quel travail banal un sujet intéressant. J'attrapais donc mon cahier à croquis et m'armais de mon crayon. Je commençais à faire les premiers dessins, mais ce n'étais pas à mon goût.
La cloche sonna, je pris mes effets et me dirigeais encore vers ma voiture. Mon portable sonna et je répondis.
Hey Ang !
Bella, peux-tu venir me chercher pour le boulot ?
Avec plaisir, qu'est-ce qu'il y a ?
Ben a besoin de la voiture pour se rendre en ville.
J'arrive, je viens d'entrer dans la Chevrolet.
Ok. Bye, à tantôt.
Bye !
Angela était en couple avec Ben depuis un peu plus de deux ans, ils filaient le parfait amour. Je l'avais connue par l'entremise de notre job de bibliothécaire à temps partiel. Il le fallait bien, nous étions les deux seules employés en deçà de cinquante ans qui travaillait à la librairie. Cela faisait environ quatre ans que nous nous connaissions. Je l'avais tout de suite aimé dès le premier regard et c'était réciproque. Étant plus vieille que moi et Alice, elle nous avait aidés avec nos travaux scolaire et nos factures. Elle était toujours là pour nous. Nous avions cohabités toutes les trois dans un appartement avant qu'elles rencontrent leurs petit copain respectif. La séparation avait été brutale pour moi. Du jour au lendemain, mes deux amies avaient quittés mon appartement, me laissant seule avec Mike. Elles restaient toujours là pour moi, mais l'atmosphère était différente dans la maison. Je m'ennuyais de nos délires entre filles et des chicanes que nous avions parfois.
Alice avait rencontré Jasper lors d'un accident de voiture. Elle avait emboutie le côté droit de son Cabriolet par inadvertance. Il n'avait pas été dur avec elle, il n'était pas en colère. C'est ainsi qu'Alice était tombé amoureuse de lui. Il lui avait demandé si elle allait bien et avait partagé un taxi pour le retour. Jasper avait ensuite rodé près de chez elle, espérant la retrouvée et ils s'étaient dit un jour qu'ils s'aimaient. Pour Angela, ça avait été totalement différent. Emmet nous avait apportés à l'un de ses shows rock qui n'intéresse personne. Elle avait tout de suite flashé sur le guitariste et l'avait revu à la fin de sa présentation. J'étais là et c'était chaud entre les deux. Ben avait collé ses lèvres sur les siennes. Au moment où je croyais qu'Angela allait répliquer avec une baffe dans la tronche du mec, elle avait plutôt plaqué Ben contre la porte de la toilette des filles où elle l'avait entraîné pour de nombreuses minutes. Nous n'en croyions pas nos yeux, moi et Emmett. Nous connaissions très bien Angela pour savoir qu'elle était réservée et timide, mais ce soir-la, elle n'avait plus été la même. Elle m'avait confiée ensuite qu'elle avait sentie qu'il était le bon. Heureusement pour elle, Ben s'avérait être un type bien. Il mettait du piquant dans la vie d'Angie et ils étaient âmes sœurs, c'était évident. J'aurais bien aimé vivre une histoire comme celle de mes deux meilleures amies, mais tout ce que j'avais à raconté lors des soirées de famille était à quel point tous les gars que je rencontrais étaient bizarres.
J'étais maintenant rendue devant la petite maisonnette d'Angela. C'était modeste, mais on s'y sentait chez soi. Les maigres revenus d'artiste de Ben et de bibliothécaire d'Ang avait été combiné, plus un prêt de la banque pour acheter la petite chaumière.
Elle sortit de chez elle toujours avec son éternelle sacoche d'un rose délavé que je n'avais jamais vue Angela sans et courue vers la camionnette. Elle prit le temps de se battre avec la poignée jusqu'à ce que je donne un gros coup de pied dans la porte pour l'ouvrir. Faut dire qu'il était rare que quelqu'un accepte de monté avec mon dans mon taco de peur qu'il défaille lorsqu'il était à son bord. Donc, il était normal que la portière du côté passager ne fonctionne pas à tout coup. Il fallait juste de l'huile de bras pour l'ouvrir.
Salut, Bella ! Dit-elle avec bonne humeur.
Prête pour le boulot ?
Toujours !
Angie était quelqu'un de si enthousiasme même par temps où elle était malheureuse. Elle souriait toujours. C'était une des choses qui faisait que je l'aimais tant. Elle sortit des biscuits de sa sacoche qui n'avait aucun fond (peu importe la quantité de choses qu'elle mettait dedans, son sac à bandoulière semblait toujours vide). Déjà, la bonne odeur des biscuits aux noix des Webber me vint au nez. Angela possédait sa propre recette familiale qu'elle ne révélait à personne. J'en saisissais un et le portait à mes lèvres tout en humant son odeur. En moins de temps qu'il ne fallu pour le dire, je l'avais dévoré. J'en saisissais un deuxième, mais Angela m'arrêta.
Il faut en garder pour les autres.
Ça vaudra le prix de l'essence, dis-je en prenant le cookie.
Elle ria et m'en glissa un troisième. Nous arrivâmes à la bibliothèque un peu en retard, mais moins qu'à l'habitude. Carmen avait déposée nos badges sur le comptoir caisse. J'allais au comptoir et Angela commença à pousser son chariot dans une des rangées de la bibliothèque. Je scannais déjà les achats des clients, un sourire ravissant au visage. Carmen passa et hocha la tête en signe d'approbation, puis nota un truc sur un calepin. C'est là que je le reconnu, attendant dans la file. Le gars qui m'avait secouru le jour précédant. Il portait toujours son blaser en cuir brun et sa queue de cheval blonde. Il ne semblait pas m'avoir vu, regardant des signets sur une étagère. Je passais en vitesse tous les autres clients devant lui, histoire de lui montrer que j'étais efficace. Enfin, il me reconnu lorsqu'il tourna son visage vers moi. Il me sourit et posa son livre sur le comptoir.
Bella !
Bonjour, James.
J'imagine que nous étions destinés à nous revoir, dit-il en fouillant dans son portefeuille.
Oui, sûrement.
Curieuse, je regardais son livre avant de le scanner. Oh, un livre sur la psychologie, monsieur devait étudier en psychologie humaine tout comme moi. Je souriais et fit passer la machine sur le code barre. Il sortit un billet de vingt que je repoussais.
Laisse. C'est moi qui régale. Une sorte de remerciement pour votre aide.
Merci beaucoup, dit-il. Mais je suis mal à l'aise. Laissez-moi vous invités à dîner pour remettre cela.
Oh, il donnait dans la drague, le joli garçon. Faut avouer qu'il est pas mal sexy et gentil. Un vrai gentleman. En plus, il semblait être intelligent.
Laissez-moi votre numéro, que je vous appelle.
Avec plaisir.
Je saisi mon crayon et marqua mon téléphone dans la paume de sa main. Je ne pus résister à l'envie de terminer mon numéro avec un bonhomme sourire, ce que je fis. Il sourit, prit ces achats et quitta le magasin. Irina s'avança vers moi, puisqu'il n'y avait plus de client à ma caisse. Son intarissable sourire carnassier me disait qu'elle n'en avait pas fini avec moi.
C'est lui le gars que vous aviez parlé Angela et toi ?
Non, ce type, dis-je en montrant la porte. C'est un gars qui m'a aidé hier lorsque ma voiture est tombée en panne. C'est un pur hasard que je l'ai revu.
Et c'est pour ça que tu lui as donné ton numéro de téléphone ? Sourcilla-t-elle.
Il a l'air gentil. Différent de tous ceux qu'Alice m'a déjà présentés.
En tout cas, tu as du goût, jeune fille.
Je riais et servais le nouveau client qui venait faire la file à ma caisse. Carmen rôda un peu autour de moi avant d'enquiquiner les autres employés. Il y avait une journée par mois où elle nous emmerdait pour faire un rapport de nos compétences. Depuis le temps que je travaillais là, je savais qu'elle ne marquait que de bons commentaires sur nous. La preuve, j'étais toujours là. Elle faisait juste ça pour que les patrons croient qu'elle travaillait. Angela me parla quelques fois, trop occupée à placer des livres que tout le monde déplaçait. J'aimais tellement ce job si facile et relaxant. C'était quasiment être payé à ne rien faire ou à faire quelque chose que tu aimes. Je resterais dans ce boulot toute ma vie si c'était bien payé.
À l'occasion, je regardais l'afficheur de mon portable, répondais aux nombreux texto qu'Alice, Jacob et Newton m'envoyaient.
Bella !
Surprise, je relevais la tête précipitamment, m'octroyant un torticolis. Irina me regardais un poing sur la hanche et le visage vaguement boudeur. Elle releva ses lunettes de sur son nez et mâcha sa gomme encore plus mal que précédemment.
Lâche cet instrument du diable et vient m'aider.
Irina avait la sale manie de détester tout objet électronique du vingt-et-unième siècle. Elle chassait tous les gens qui répondaient au téléphone ou avait un Bluetooth dans la bibliothèque. On lui avait proposé de travailler à la caisse à cause qu'elle n'était plus jeune et qu'il était moins dur de scanner les effets que de les placer, mais elle avait catégoriquement refusé.
Irina tenait l'escabeau pour que j'y monte. C'est bien ma veine ! Moi qui a une sale trouille des hauteurs et une malchance inouïe. Mes jambes commencèrent déjà à trembler alors que je montais la première marche. Je me forçais à me fermer les yeux pour le reste de mon ascension, mais ça me donnais mal au cœur. Je les ouvris et me cramponna aussitôt aux barreaux de l'échelle. Je sentais presque le vieux bois s'effriter sous mes mains moites. J'avais envie de pleurer. Pourquoi moi, qui n'a jamais monté sur une échelle depuis le temps que je travaillais dans cette fichue bibliothèque, ais-je eue l'idée stupide de monter dans cet escabeau? Et comme si j'étais vouée aux enfers, mon portable se mit à vibrer dans mes poches. Un gémissement désespéré s'échappa de ma bouche.
C'est ton cellulaire qui fait ce bruit ? Demanda Irina.
Oui, crachais-je d'une voix terrifiée.
C'est alors qu'elle se mit à tirer sur mon pantalon pour ôter le portable de ma poche. J'avais envie de crier et de pleurer. Bien sûr, j'exécutais la deuxième option.
Les jeunes d'aujourd'hui, tous pâmés sur leurs gugusses électroniques.
Irina, arrêtez. S'il-vous-plaît, suppliais-je.
Je me cramponnais tant bien que mal aux barreaux en bois, le visage rouge, les yeux larmoyants. J'avais beau lui crier de me lâcher, elle ne m'écoutait pas cette vieille bique. Elle tirait toujours sur mon pantalon comme une folle.
Pitié, Irina ! Sanglotais-je.
J'imaginais déjà le spectacle gratuit que nous offrons aux clients. Moi qui pleure comme une Madeleine et Irina, tirant sur mon bas avec une détermination inouïe tout ça pour un stupide cellulaire. Mes doigts glissèrent du vieux bois et je m'y rattrapais avec force. Je ne voulais surtout pas tomber. Au loin, j'entendais Angela rire mon nom. C'est alors qu'Irina tira un bon coup sur mon jean où se trouvait mon portable qui vibrait toujours. J'avais beau ne pas le vouloir, j'étais tiré vers le sol où j'ai tombé… sur mes pieds.
Hein ?
Suis-je une miraculée ? De la hauteur où j'étais, je ne me suis rien blessé. Angela accourra vers moi, les joues rosies.
Ang, t'as vu ça ?
Un peu que je l'ai vue.
Je n'ai rien de cassé. Avec la hauteur où j'étais, dis-je en pointant le sommet de l'échelle.
Angela attrapa mon bras et le baissa.
Bells, tu étais seulement à la deuxième marche. Je ne m'en vanterais pas si j'étais toi.
Le rouge me vint aux joues. J'avais honte maintenant. Pourtant, c'était vraiment haut.
Au loin, je vis Irina qui parlait à l'aide de mon téléphone. Elle gueulait après je-ne-sais-trop-qui tout en pitonnant sur les touches du cellulaire. Je le lui arrachais des mains, lui avertissant de ne plus jamais me m'approcher lorsque mes pieds ne touchent plus le sol. Elle bouda comme un enfant de cinq et repartit bredouille, marmonnant des choses qui n'intéressaient personne.
Allo ?
Bella ? C'est Jake.
Ah, Jacob. Tu viens de raté une pauvre conne qui a peur dans une échelle alors qu'elle est à la deuxième marche.
Et j'imagine que cette pauvre conne, c'est toi ?
Nooon !
Ah, d'accord. Alors c'est cette vieille folle qui m'a parlé au téléphone ? Blagua-t-il.
Non, elle, c'était la personne qui tirait sur le jean de la pauvre conne pour lui enlever le portable qui sonnait qu'elle avait dans ses poches.
Désolé.
Peu importe, tu m'appelais pour me dire quoi ?
Il fallait bien que j'aie pleuré devant public pour quelque chose.
Et si je passais chez toi ce soir ?
Ce serait super sympa, mais je vais voir un concert ce soir avec Rosalie.
Ah oui, quel show ?
The Veronicas, je ne pense pas que tu aimerais ça.
D'accord, on se reprendra demain alors ?
Oui, bye Jake.
Bye, Bella.
Je pris mes clefs et dit au revoir à tout le monde (sauf à Irina qui méritait que je la boude un peu). J'allais illico presto chez moi. Rosalie, était déjà attablée à la tâche, coupant des légumes pour une salade. J'allais dans ma chambre mettre un ensemble un peu plus confortable et alla rejoindre mon amie dans la cuisine. Rosalie avait peut-être l'air de quelqu'un de froid et de prétentieuse en apparence, mais c'était un ange. Elle n'avait jamais désirée tirer profit de sa beauté comme toutes ces filles qui sont grandes, aux cheveux blonds et aux yeux bleus tout comme elle. Ma belle-sœur avait un caractère fonceur et une sale tête de mule par moment, mais je l'aimais tant.
Je me mis à la confection d'une vinaigrette maison que j'avais vue sur un site internet pendant que Rosalie déchirait la salade romaine. Elle avait mit un de mes nombreux CD dans le lecteur audio. Une musique rythmée jouait faiblement depuis le salon.
Et puis ta journée ? Demandais-je.
J'ai eue affaire à un client exigeant. Il devait toujours s'assurer que les modèles étaient parfaits. Il ne me laissa même pas bouger les mannequins. Photoshoot pourri égal photo pourries. Je suis vraiment déçue. Et toi ?
Le cours de graphisme a été intéressant. J'ai fais plusieurs esquisses, j'ai bon espoir d'avoir une bonne note.
Nous achevions notre préparation lorsqu'Emmet entra tout joyeux et rayonnant. Il souriait à pleine dents. Rosalie se précipita vers lui avec empressement et ils passèrent quelques minutes à se lécher les amygdales. Avant que je ne les dérange.
Je vous laisse le salon pour faire vos affaires si vous voulez ?
Emmet repoussa doucement Rosalie et alla se saisir d'assiette dans l'armoire. Et voilà Bella casseuse d'ambiance. J'avais vraiment le tour avec ça !
Au fait, désolée que tu nous ais entendus…
Ce n'est rien Emmet.
Et qui sait. Peut-être qu'un jour, ce sera nous qui devra assister à l'une de ses scènes où Bella jouera mon rôle, renchérit Rosalie.
Emmett sursauta à mon plus grand damne. À croire qu'il me croyait toujours vierge ! Pour ma part, je pouffais de rire et continua à mélanger la vinaigrette dans la salade.
Ça, y'a aucun risque, marmonnais-je pour moi-même.
Le jour où je serais aussi perverse que Rosalie. Je me tire une balle.
Bien dit, répliqua mon frère.
Nous mangeâmes rapidement pour ne pas être en retard au concert. Ensuite, Emmet s'occupa de la vaisselle alors que Rosalie m'avait enfermé dans sa salle-de-bain pour me revamper. Mon enfer personnel débuta. Premièrement, ma belle-sœur passa au moins dix minutes à me dire à quel point je ne prenais pas soin de moi tout en me faisant les cheveux. Ensuite, elle parla de mon teint de pêche tout en me maquillant et elle termina enfin en me parlant sans cesse d'une excursion shopping au centre commercial tout en choisissant des vêtements à la mode pour moi dans sa penderie. Inutile de regarder dans mes armoires pour me trouver des vêtements, selon elle il n'y avait rien de beau et sexy. Ok pour la deuxième option, mais j'avais quelques morceaux de jolis. Nous sortîmes finalement lorsqu'Emmet toqua à la porte comme un fou, nous criant que nous allions être en retard. Mensonge éhonté de mon frère pour me sauver des griffes de sa fiancée.
Nous entrâmes tous les trois dans la Jeep d'Emmet et nous décollâmes vers l'amphithéâtre où il travaillait. Je ne connaissais que les chansons les plus populaires de ce groupe Australien, mais Rosalie tripait sur les deux chanteuses depuis leur tout premier hit. Elle connaissait chacune de leurs chansons et encore plus leurs paroles. Emmet voulait lui faire plaisir. Il lui avait dégotté les meilleures places sur le sol pour assisté au concert. Je les accompagnais seulement pour ne pas que Rosalie soit seule.
Le 4X4 se gara dans le stationnement sous-terrain. Rosalie fût la première à sortir, elle me prit par la main et commença à courir vers l'entrée. Emmet nous cria de passer une bonne soirée et s'en alla par les loges.
La grande blonde poussait tout le monde sur son passage pour se frayer un chemin. Je tentais tant bien que mal de la suivre, mais je n'avais pas les réflexes pour éviter tous les gens sur ma route. Enfin, nous arrivâmes juste à côté du stage où un amas de personne s'était formé. Rosalie mit sa main sur la scène et ne bougea plus. Peu après, de la musique assourdissante sortie des amplis et un jeu de lumière se projeta sur la salle. Emmet arriva avec les nombreux autres agents de sécurité. Il se posta juste devant nous, surveillant les petits comiques qui tenteraient de rejoindre les artistes sur la scène. Il nous salua tout en essayant de se faire entendre et pour cause, environ cinq milles personne hurlaient dont Rosalie. Les deux chanteuses entrèrent sur scène et ce fût la folie. Rosalie sautait littéralement sur place, tapant des mains et attirant le regard des gars qui était sur place puisque ses seins rebondissaient. Elles commencèrent par leurs plus grands succès allant vers des chansons moins populaires où Rosalie sortie son briquet et me prit par les épaules. Elle était vraiment émotive parfois. Elle avait eue la chance de toucher Lisa et d'être très près de la scène. Bien que ce ne soit pas mon groupe préféré, j'avais passé une excellente soirée.
…
Rosalie ronflait à côté de moi, le concert l'avait épuisée à max. En avant, Emmet conduisait dans le silence. J'aimais cette atmosphère. J'étais moi-même sur le point de m'endormir. Les balades en voiture en pleine nuit où notre seule distraction était de compter le nombre de lampadaires que l'on voyait était toujours très apaisant… Bref, j'aurais bien fait un somme si Rosalie ne ronflait pas comme un camion. Je frottais mes yeux. Tout dans cette voiture me donnait envie de dormir : le bruit des roues glissant sur le gravier, les lumières sur les boutons pour barrer et débarrer les portes et surtout le fait que les sièges soient encore plus confortables que dans ma vieille Chevrolet.
Juste ciel ! Emmet venait de se garer. Il ouvrit sa porte et alla rejoindre sa douce pour la réveiller. J'en profitais pour m'extirper de la voiture et de grimper dans mon lit. Il devait être un peu plus de minuit et le lendemain j'avais de l'école. Super !
PDV EDWARD
Je me tenais devant l'immense fenêtre du salon, admirant la ville endormie, un verre de cognac à la main. Ça avait été une grosse journée de travail et j'avais besoin d'une pause aussi courte soit-elle. Je terminais ma dernière gorgée d'alcool, grimaçant à la brûlure qui assaillait ma gorge. Mais dieu que c'était bon ! Je venais de terminer tous mes dossiers avec plus de deux journées d'avance et je n'en étais pas peu fier. Je détestais le retard et je tenais indubitablement à impressionner mes employeurs pour leur montrer que j'étais le meilleur candidat pour une promotion. Ça faisait des années que je bossais dur dans le seul but de m'évader d'ici et peut-être enfin retourner dans mon Chicago natal. Je détestais Seattle et ses environs, m'y sentant pas à ma place. C'est pourquoi j'étais prêt à accepter n'importe quel emploi du moment que je puisse partir loin d'ici et n'y revenir qu'aux fêtes pour voir mes parents.
J'allais dans ma salle-de-bain me changer et enfiler un vieux pull over de l'université que j'avais fréquenté. Toutes ces pensées et interrogations ruinaient mon humeur, car j'avais l'impression que j'allais être pris au piège à jamais dans ce trou… Mes cheveux étaient tout désordonnés et pour une fois, je m'en foutais éperdument. Je n'étais pas fatigué, seulement d'humeur massacrante à cause de cette fichue insomnie. Je pris place au piano, touchant les touches avec admiration. Puis, je cherchais cette page jaunie et chiffonnée dans mon cahier puis commençais à jouer ce tout nouvel air que j'avais composé. Je m'arrêtais à la fin, crayon en main et cherchant de nouvelles notes à insérer dans ce morceau, mais sans résultat. Cela faisait des mois que j'avais écris cette chanson sur un coup de tête, la pièce était triste, inquiétante, mais si passionnante. Je me demandais maintenant comment finir la chanson sur une note plus dramatique… je voulais que ce morceau vous donne la chaire de poule comme aucune autre auparavant.
Mon cher Edward, tu ne finiras Jamais ! Grommelais-je.
Et j'avais raison. Depuis que j'avais écris cette mélodie, je n'étais plus capable de rien composer. Comme si l'inspiration s'était envolée de moi. Je ne vivais plus que pour la fin de ce morceau… J'étais fou, je devais me l'avouer.
Seul et fou. Affreusement seul. Qui sait, peut-être qu'aujourd'hui je serais avec elle, tenant fièrement un bébé dans mes bras et me présentant comme étant l'heureux père de l'enfant. Je secouais la tête pour me chasser de ces pensées. Tout cela était nuisible pour moi, je ne devais pas y songer. Seulement, je n'y arrivais pas. Je savais que je ne voulais pas de cette vie où je serais père avec un gros chien et tout le toutim, je n'étais pas intéressé par la vie typique des familles américaine, mais si ça aurait été ainsi, comment je vivrais en ce moment? Cette question me trottait dans la tête bien avant que ma relation se termine avec Jessica. J'étais bien seul avec mes choses, mon boulot, mon piano et mes passe-temps. J'étais ennuyeux pour les autres, comme un vieux. J'avais ma routine et je n'étais pas prêt à ce que quelqu'un ou quelque chose ne chamboule ma petite vie. En fait, je ne saurais plus jamais prêt à ça.
Et voilà que tout me rapportait à elle… à nous et ce que notre vie aurait pu être. J'étais absolument sûr de ne plus rien éprouver pour Jessica, mais ma curiosité prenait le dessus. Étais-je destiné à vivre seul? Ma mère m'avait si souvent répété que tous trouvaient leurs âmes sœurs et avec le temps, j'y croyais de moins en moins. Ces contes de fées n'étaient pas faits pour moi, je n'avais jamais eu de la chance niveau amour.
