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Je suis toujours aussi décousue dans mes mises à jours... Mais la faute principalement à ma paresse et mon travail au lycée hélas... Un belle ironie quand on sait combien je glandouille en cours, mais j'aimerai quand même bien avoir le bac à la fin de l'année T_T *Travaille sale glandasse !*
Alors je suis très surprise et touchée de voir qu'il y a quand même eu des reviews, surtout avec une section si petite ! J'espère que ce chapitre un peu plus dodu vous plaira...
Je joins en toute fin de chapitre deux liens, dont vous comprendrez rapidement de qui il s'agit après lecture.
Je vous souhaite une bonne lecture =)
Ama
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Un léger rai de lumière filtrait du volet abîmé, tout droit sur le visage encore inconscient d'Altaïr. Une agréable pénombre nimbait la pièce, troublée seulement par les filets de lumière qui passaient au travers des volets et sous la porte, et étaient cependant incapables de chasser la fraîcheur salutaire de la pièce quand le soleil brûlait tout au dehors. La flèche qui avait atteint Altaïr reposait sur une vieille table collée à un mur, avec sa tunique, son manteau, ses bottes et une bonne partie de ses armes, attentivement disposées les unes à côtés des autres. Et accoudés au bois, un homme, et une femme. Les volets et la porte clos, ils parlaient bas, l'homme avec une pointe d'exaspération, la femme, avec calme.
- C'était un geste noble, mais inutile, Arkania. Plus que cela même. Tu as vu comme moi...
Il poussa de l'index la boucle de ceinture d'Altaïr, forgée aux armes de la Guilde des Assassins. Le métal mat tranchait sur le vieux bois de la table.
- Il est des hommes d'Al Mualim. Tu aurais dû le laisser. La vie n'est pas tendre avec les assassins ratés.
- Il est tout, sauf un raté.
- Qu'est-ce qui te permet de l'affirmer ?
La jeune femme releva les yeux vers lui, son visage masqué par sa large capuche, mais sans répondre tout de suite. Elle passa sa langue sur ses lèvres sèches, méditant sa réponse tandis que son compagnon arquait un sourcil d'un air dubitatif.
- Et bien...
Un grognement soudain venu d'Altaïr les fit se retourner à l'unisson, attirant un léger sourire sur le visage de la jeune femme.
- Il est vivant après avoir galopé comme un possédé sur la moitié des toits de la ville, perdant du sang par coudées entières. Rien que pour cela, il en vaut la peine.
- J'en doute fortement, mais ça ne sera pas notre Guilde qui aura son sang sur la conscience. Il se réveille.
En effet, l'assassin clignait rapidement des paupières et cherchait visiblement à se tirer de son inconscience. Arkania se releva et s'assit sur une chaise branlante à côté du lit miteux, attendant qu'il se réveille totalement alors qu'elle enroulait machinalement une de ses jambes autour d'un pied de la chaise, le vieux cuir de ses bottes émettant un léger craquement contre le bois.
Altaïr se sentait infiniment mal. Mais vivant. Cette seule constatation lui rendit un peu de lucidité alors qu'il entreprenait de plier prudemment ses doigts un par un, et s'assurer de leur réactivité. Son flanc gauche irradiait de souffrance, mais la flèche n'y était plus. Il sentait ses bras, ses jambes, ses mains, ses pieds, sa tête. Surtout sa tête, tant le sang qui battait à ses tempes la lui rappelait à son souvenir. Il aurait dû être mort. Mort par la faute de son imprudence et de sa négligence. Il se souvenait avec une précision douloureuse de sa soudaine bouffée d'adrénaline lorsqu'il avait vu qu'il avait oublié l'un des archers postés sur les toits, dissimulé dans l'ombre d'un clocher chrétien. Il avait eut juste le temps d'esquisser un pas de côté avant que la flèche percute son flanc et entre sans difficulté dans la chair, déchirant le tissu et le cuir de son armure et de sa tunique. Tunique qui l'instant d'après s'était gorgée de sang, alors qu'il se pliait en deux, la main plaquée sur son côté, foudroyé par la douleur et une brusque bouffée d'angoisse. Un sursaut de conscience fit appel à son entraînement d'assassin pour saisir l'un de ses couteaux de lancer, et l'expédier sur le garde, visant approximativement le lieu où il se trouvait. Il le toucha. Le vit s'effondrer avec soulagement. En même temps qu'il se pétrifiait lorsqu'il le vit accroché des deux mains à la corde qui actionnait la lourde cloche de l'édifice. Sans réfléchir plus, mû par son instinct de survie, il fuit à la seconde, se ruant dans la direction inverse. Un instant après, la tige heurtait violemment la paroi de métal, et ameutait la ville, les gardes, les habitants, pour diffuser cet unique message : "Assassin en ville".
Il se souvenait ensuite confusément de sa fuite, la douleur, sa rage qui lui permettait de courir encore, la crainte d'être pris, son saut manqué, sa chute, la fuite, encore, puis sa résignation, le piètre refuge de caissons et de paniers... Puis des mains qui le saisissait à bras-le-corps et le traînaient, des cheveux noirs, et puis le néant. L'esprit un peu plus clair, il tourna enfin la tête.
A son chevet se tenait une silhouette encapuchonnée, dont il ne distinguait pas les traits. Il discerna cependant à la façon dont tombait le tissu qu'il s'agissait d'une femme, ce qui l'étonna. Quand il observa plus attentivement sa tenue, il eut un hoquet de surprise : elle portait des vêtements semblables aux siens. Des vêtements d'hommes, mais dans des tons de gris et de noir, des même teintes que les vêtements communs que l'on retrouvait en ville. Quand elle esquissa un geste pour venir poser la main sur son front moite de sueur et d'une légère fièvre, il nota que le tissu dissimulait une deuxième couche, qui ressemblait à son armure d'assassin, et une ceinture semblable à la sienne, aux discrets renfoncements qui masquaient sans doute des couteaux et poignards. Il aperçut la garde d'un sabre et d'un long couteau, caché dans les replis du tissu. Et contre son front, c'était un gant en cuir qu'il sentait.
Assassin.
Muet de stupeur, il aurait été en peine de dire s'il était choqué ou pas. La large capuche de la jeune femme et l'obscurité de la pièce l'empêchait de bien voir ses traits. Quand elle retira sa main, il vit que, contrairement à lui, son annulaire n'était pas tranché, bien qu'il eut bien senti la présence du mécanisme de la lame dans le gant. Une femme assassin... Le concept en soit l'intriguait plus qu'il ne le choquait vraiment, à vrai dire. Il n'avait que peu de contact avec les femmes, elles se limitaient à ses yeux à une caste qui l'indifférait, et qu'il évitait en règle générale. Al Mualim était le seul à avoir des concubines dans la forteresse. Altaïr ne pénétrait que peu souvent dans les jardins où on les croisait, et il fixait avec mépris ceux qui s'en laissaient distraire. Cela l'irritait profondément. Il imaginait ainsi assez mal une de ces créatures frêles de corps et d'esprits survivre à l'intensif, sinon cruel, entraînement dévoué à la voie de l'assassinat. Et qui diable avait bien pu accepter de la former ! C'en était presque une hérésie en soit. Par ailleurs, devenir assassin était rarement volontaire. Lui-même n'avait jamais choisi cette voie. C'était le hasard qui avait fait qu'un des assassins d'Al Mualim l'avait ramassé dans la rue où il pourrissait pour lui jeter à la figure des promesses de sécurité et de force. Et la promesse d'un repas. Il n'en avait pas fallut beaucoup plus pour qu'il se jette avec un bonheur imbécile dans le ventre de la forteresse de Masyaf, et embrasser l'histoire pavée de sang des assassins. Et s'il s'enorgueillait assez de ses talents précoces, la désillusion qu'il venait de subir aujourd'hui l'avait plaqué violemment dans la poussière de son imprudence et de son arrogance, doublé d'une claque impitoyable.
Un mouvement derrière la jeune femme l'informa de la présence d'une autre personne, qui vint se placer dans le dos de sa compagne. C'était cette fois un homme, dont il ne distinguait également pas le visage avec la capuche de sa tenue, tenue par ailleurs identique à celle de la femme, identique à son armure d'assassin. Lui-même en était donc un... Altaïr cligna des yeux pour chasser les gouttes de sueur qui coulaient le long de son front pour venir rouler sur ses paupières, nauséeux. Il haïssait une telle faiblesse. Il ne savait par ailleurs toujours pas dans quelle situation il était, ni l'identité et les intentions des personnes qui l'avaient manifestement sauvé. Au prix d'un nouvel effort, il leva une main pour s'essuyer le visage, désireux également de chasser l'insupportable engourdissement de ses membres - il se sentait purement et simplement dépossédé de son corps -, mais la jeune femme lui saisit le poignet au vol pour le reposer à côté de lui. C'est à ce moment qu'il remarqua brusquement que ses doigts étaient d'une grande pâleur. Une pâleur d'occidentale. Il releva soudainement la tête vers elle alors qu'elle était encore penchée sur lui, sans qu'elle s'y attende.
Il put enfin la dévisager franchement. Il était évident, au premier coup d'œil, qu'elle n'était pas native de son pays ou issue d'une quelconque contrée arabique. Elle avait la peau pâle bien que halée par le soleil, des traits acérés, un nez fin et droit, légèrement retroussé, et avec un effort, il distingua que ses yeux étaient bleus, une couleur qu'il n'avait jusqu'alors jamais croisée dans les yeux humains, homme ou femme. Assassin au cœur noir, assassin aux yeux d'opale, était une maxime qu'aimaient bien proférer les moines pour pointer la nationalité impie des membres de sa Guilde. On n'y croisait guère de chrétien ou d'occidentaux, en effet.
- Si vous pouviez éviter de bouger...
Elle s'exprimait sans accent, ce qui le surprit. Apparemment soudain agacé, l'homme se tourna vers lui et rejeta sa large capuche en arrière d'un mouvement brusque, pour dévoiler une nouvelle surprise à Altaïr. Si la peau de l'homme était plus basanée que celle de sa compagne - bien qu'il fût assez évident qu'il était métis ou même occidentale également -, ses cheveux mi-longs et qui lui tombaient aux épaules, eux, étaient blonds, d'un blond doré étonnant, comme il n'en aurait jamais imaginé. Littéralement des cheveux de femme, en réalité, tant ils semblaient impeccables, quoique la coupe à la cisaille démontrait bien que son propriétaire n'en avait cure et semblait peu s'en soucier. Quand il se mit à le regarder en face, Altaïr remarqua quasiment immédiatement ses yeux verts, d'une couleur tellement intense qu'elle occultait quasiment l'autre élément interpellant de son visage : une longue cicatrice verticale sur son oeil droit, qui courrait de sa tempe jusqu'au milieu de sa joue. La paupière n'était pas abîmée, mais il manquait une petite partie de sourcil, là où la cicatrice passait. L'homme le fixait intensément, et très manifestement avec une hostilité guère masquée.
- Arrêtez de la fixer comme ça, siffla-t-il. C'est elle qui vous a sauvé. Je vous aurais laisser crever comme un chien pour ma part.
Altaïr lui adressa un rictus, conscient de ne pas être en terrain allié avec lui. La jeune femme rejeta à son tour sa capuche quand elle comprit que son compagnon avait fait cela car il n'aimait pas les regards à la dérobée que lui adressait l'homme qu'ils avaient sauvé. Les cheveux noirs qu'Altaïr avait aperçus étaient donc les siens. Elle les avait attachés en arrière avec ce qui semblait être un vieux cordon de cuir, en une longue queue de cheval qui reposait pour le moment sur son épaule et atteignait légèrement sa taille.
- Comment vous appelez-vous ?
Il ne répondit pas. Arkania esquissa un mince sourire.
- Je vois. Je vais vous donner le mien en revanche. Je m'appelle Arkania Ab Silva. Et je suis un assassin de la Guilde d'Al Ahtan.
- Donne-lui aussi l'emplacement de la forteresse et les spécificités de notre tenue, ça ira plus vite, l'interrompit le blond d'un ton sarcastique.
- Tu sais aussi bien que moi ce qu'il va lui arriver, alors à quoi bon utiliser des artifices.
Altaïr fronça de nouveau les sourcils, mais la jeune femme n'ajouta rien, et il hésitait à demander des éclaircissements. Sa prudence lui dictait cependant de faire profil bas pour le moment, et il n'insista finalement pas alors qu'elle tournait de nouveau la tête vers lui.
- Auriez vous donc l'amabilité de nous donner votre nom ? Reprit-elle, une pointe d'ironie dans la voie.
- Malik, improvisa-t-il, avant de tousser soudainement. Le long temps qu'il avait passé sans parler ni boire, inconscient, lui avait laissé une gorge sèche et douloureuse, et la voix rauque qui l'accompagnait fidèlement. L'instant d'après, on lui tendit une outre rebondie. Un brin surpris, il hésita un instant, puis finit par incliner lentement la tête en signe de reconnaissance, avant de prendre appuis sur ses avant-bras et de parvenir à se mettre en position assise. Il se sentait déjà mieux. Il saisit ensuite l'outre et passa une main sous sa poche rebondie, agréablement fraîche, avant de la soulever et porter le clapet de cuir à ses lèvres, s'y rassasiant à longues gorgées tandis qu'Arkania attendait patiemment qu'il finisse. Il but avidement, assoiffé, l'eau froide lui glaçant la poitrine alors qu'il se réhydratait passablement. Il s'aspergea également le visage et le torse avant de recommencer à boire. Un moment après, il retira enfin l'outre et essuya les gouttes qui avaient coulées sur son menton, à présent plus ou moins revigoré. Il rendit l'outre à la jeune femme, l'esprit plus clair et moins fiévreux.
- Pourquoi m'avez vous sauvé ?
Arkania regarda brièvement par-dessus son épaule, peut-être pour quêter l'approbation de son compagnon, avant de repasser son attention sur Altaïr qui la fixait toujours, son visage dur dépourvu d'expression.
- Je ne peux pas vous expliquer cela clairement. C'est entre autre par solidarité. Mais j'aurai du, en temps normal, vous laisser mourir.
- Et pourquoi ?
- Parce que vous appartenez à l'ordre d'Al Mualim et que nous le combattons.
Instantanément, Altaïr amorça un brusque mouvement pour se saisir d'elle, mais elle bloqua immédiatement son bras sans sourciller. Sa force le stupéfia et il fut contraint de céder, trop faible pour lui tenir tête. L'homme blond n'avait même pas bougé.
- Vous êtes des templiers ? Cracha Altaïr, les dents et les poings crispés de haine.
- Vous avez véritablement la capacité de déduction d'une chèvre, ou est-ce une méthode subtile pour endormir la méfiance de vos ennemis ? Répliqua sarcastiquement le blond, les bras croisés et les yeux levés au plafond.
Altaïr lui adressa un regard noir, mais ne surenchérit pas alors qu'Arkania reprenait la parole :
- Nous combattons les templiers, comme vous. Mais nous n'approuvons pas les... motivations secondaires... que poursuit Al Mualim, et que vous ignorez. Et n'insistez pas, vous en saurez plus par la suite.
- Quelle suite ? Parce que vous allez me laisser, sans doute ?
- Certainement. Mais vous allez venir avec nous.
Ainsi donc, c'était cela qu'elle entendait par "Et tu sais ce qu'il va lui arriver"...
- Et si je refuse ?
- Vous ne pouvez pas. Vous êtes désormais lié à nous, à la fois par le secret et par une dette de vie. Oubliez votre Guilde. Cette période de votre vie est terminé.
- Vous n'avez pas le pouvoir de le décider !
- Le credo des Assassins est immuable, vous y répondez, comme nous, et il spécifie que l'allégeance liée à la dette de vie prime sous tout autre impératif. Cette seule raison suffit pour vous garder. Par ailleurs, à présent, pour Al Mualim, vous êtes sûrement mort, et vous êtes contraint à respecter le secret de l'existence de notre ordre. Vous dépendez également de nos soins. C'est pourquoi nous allons vous emmener à notre forteresse, où Al Ahtan décidera de votre sort. Ne regrettez pas votre Guilde... Celui qui la dirige est un démon.
- Ne parlez pas de ce que vous ignorez... Gronda-t-il, la mâchoire crispée de colère et d'impuissance.
Soudain, la jeune femme n'avait plus rien de doux ou de calme. Son visage était devenu glacial, ses yeux, dépourvu d'émotion, son maintien raide évoquait celui d'un animal sur le point d'attaquer, ses mains s'étaient baissées par réflexe à sa ceinture.
- Je sais plus que vous ne pourriez croire. Nous ne combattons pas votre confrérie par plaisir. Les assassins n'ont pas besoin de guerre intestine. Mais votre ordre est dirigé par une bête humaine doublé d'un fou furieux dont les ambitions pourraient nous conduire à notre perte à tous, assassins ou non, et le pire est bien que les hommes sous ses ordres servent cette cause sans en avoir conscience, comme vous venez de me le prouver. Il me semble que c'est ce Dieu chrétien dont on nous rabâche les bienfaits qui disait... Comment déjà ?... "Heureux les imbéciles, car ce sont eux qui atteindront le paradis." Vous y auriez une place de choix.
- Ne me faites pas rire avec vos approximations, vous êtes à la botte du Dieu que vous citez.
L'homme s'esclaffa en l'entendant, ouvertement moqueur. Arkania se contenta d'un regard méprisant.
- Nous n'avons pas de Dieu. Notre seul seigneur et maître est Al Ahtan. Nous sommes enfants de païens : ni occidentaux, ni arabe, sans patrie, sans race et sans dieu. Votre mouvement de recul le montre bien : Vous ne vous attendiez pas à ce que vous avez vu. Je suis née ici, à Acre. Et je ne suis reconnue nul part, alors épargnez-moi vos jugements à la sauvette.
- Vous voulez me faire croire qu'une fillette a survécue sans parents des années avant de devenir assassin ?
- Cela vous surprend ? Mais je n'étais pas seule. Les rejetons des rues se regroupent. Même si je n'avais qu'un allié.
Elle leva l'une de ses mains au-dessus de son épaule, le blond la prenant pour la serrer brièvement avant de la relâcher.
- Je serai cependant morte depuis longtemps sans Al Ahtan.
- Il n'y a pas de femme assassin.
Au dernier mot, la bouche à peine fermée, il se figea immédiatement, tous ses muscles tendus. Une lame gravée était plaquée sur sa gorge, le son du léger tintement du métal planant encore dans l'air. Sortis d'une gaine sous le gant d'Arkania. La lame secrète.
- Dans ces contrées, en effet, n'en doutez pas... Je suis la seule, par la force des choses... et par lui...
Elle désigna de la tête son compagnon, qui les fixaient toujours sans bouger. Altaïr soutint le regard de la jeune femme, une lueur de défi dans ses yeux sombres. Elle reprit, sans bouger la lame d'un pouce :
- Vous savez pourquoi ils ont cédé ? A cause de son nom... Azrayen...
Azrayen, l'Ange des Ténèbres. Les assassins croyaient en la signification des noms. Lui-même s'appelait "Ibn La-Ahad", "fils de personne". Celui de cet homme était sans doute le plus dangereux qu'on puisse donner... Le présage d'un enfant mort, ou d'un génie. Il regarda de nouveau l'homme blond. Il le voyait sous un autre angle... Cet homme était donc à priori un meurtrier redoutable, capable de faire former une femme par les assassins grâce au seul prestige de son prénom. Il s'était si peu déplacé qu'Altaïr n'avait pu détecter son potentiel, habituellement décelable par les mouvements seuls quand le sujet était véritablement doué dans l'assassinat. Comme lui. Enfant de personne tourné vers une essence, une voie, un seul avenir. Je suis un assassin...
Arkania finit par retirer l'arme de son cou, et la rengaina d'un mouvement de poignet, de ce geste que donne l'habitude. Songeuse, elle se passa le pouce sur la lèvre inférieure, le regard tourné vers la fenêtre fermée, plongée dans ses réflexions. Elle se mit à parler à voix haute, sans faire attention à Altaïr qui essuyait lentement le filet de sang qui avait coulé le long de sa trachée :
- Il va falloir vous prendre à cheval avec nous pour atteindre la forteresse. Mais vu votre état, ça serait périlleux... et en restant ici, nous sommes tout autant en danger. Cette maison est abandonnée, mais elle ne devrait pas tarder à être saisie par les autorités de la ville, et aucun ne croira que nous en sommes les propriétaires.
- Le prendre en croupe ne serait ni discret ni pratique, ma belle.
- Alors il faudra prendre des chemins détournés, et faire attention en quittant la ville. Et s'il vous prenait l'envie d'ameuter la garde, ajouta-t-elle en se tournant vers Altaïr, n'oubliez pas que vous y passerez aussi, à moins qu'ils ne vous torturent pour en savoir plus sur Masyaf. Croyez-moi, plus vous vous laisserez faire, et mieux ça ira.
Avait-il bien le choix de toute façon ? Son état ne lui permettait pas vraiment de résister ou fuir. Il ne pouvait qu'assister à l'achèvement d'une période de sa vie qui était sa raison d'être, son essence. Il était toujours un assassin. Mais privé de sa liberté. Vers où marchait-il à présent ? Avec cet homme et cette femme, ou lié derrière eux, comme un prisonnier... ?
Il l'ignorait. Et ne le saurait pas avant plusieurs jours.
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Oh, bare grace misery
Just a child without a fairytale am I
Dark but so lovely
A Little Match Girl freezing in the snow
Oh, misère sans grâce
Je ne suis qu'un enfant sans conte
Sombre mais si charmant
Telle une petite fille aux allumettes se gèle sous la neige
Love lying, enticing
(Bare grace misery)
Crowing the moment
(Bare grace misery)
This is what I am
Bare grace for the end of days
L'amour ment, il est séduisant
(Misère sans grâce)
Couronne l'instant présent
(Misère sans grâce)
Voilà ce que je suis,
Dénué de grâce jusqu'à la fin des temps.
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Paroles (c) Bare Grace Misery, Tuomas Holopainen et Nightwish.
Petit ajout bonus, un petit lien vers un close-up d'une illustration réalisée par une artiste et amie (Orpheelin, dont vous pouvez découvrir l'époustouflant travail sur DeviantArt) où vous pouvez donc voir Azrayen et Arkania (n'oubliez pas d'enlever les espaces... Vu que feufeunet dégage les liens, sinon...) :
http : // moe . mabul . org/up/moe/2009/12/06/img-224452g8etg. jpg
(Je précise tout de même que l'image appartient à Orphée qui l'a réalisé et moi qui l'ai payé, merci donc de ne pas la reprendre ^__^)
Au final j'ai quand même un fil rouge pour cette histoire, alors je vais la continuer, en pointillé de mes cours habituels. Alors attendez vous à revoir mes godasses dans le secteur.
A la prochaine !
Ama.
