Chapitre 2 : Une découverte énigmatique

Quand ils arrivèrent, Dean et Sam découvrirent avec étonnement une assez belle maison, assez neuve et qui ne semblait pas du tout abandonnée. Elle était entourée d'une clôture bien entretenue et les passants pouvaient croire sans peine qu'elle était habitée.

« Euh Sam, tu es sûr que c'est cette maison-là ?demanda Dean, surpris.

-Oui, tout à fait, j'ai vérifié l'adresse et c'est la seule maison qui est à la sortie de la ville, il n'y en a pas d'autre, c'est certain. Mais si on défonce la porte et qu'elle est habitée, on va avoir quelques problèmes, je te l'accorde.

-On a qu'à demander de loin si elle est hantée, ça fera aussi bon effet, tu ne crois pas ? Ledit fantôme nous répondra sûrement en ricanant ou ce sera alors une ménagère en furie qui nous balancera son rouleau à pâtisserie, c'est comme on préfère. Moi, je choisis la première solution personnellement.

-Au moins, si on n'entre pas, approchons-nous. »

Faisant alors le moins de bruit possible, ils s'approchèrent d'une fenêtre et regardèrent à l'intérieur. Ils furent surpris de découvrir un salon assez bien meublé, sans toile d'araignée, un salon presque bourgeois. Mais une chose attira aussitôt leur regard : un fauteuil qui se balançait d'avant en arrière avec un peu au-dessus des bouffées de fumée tirées à intervalles réguliers. Se regardant en souriant, ils décidèrent de faire le tour pour entrer par la porte de derrière. Ils étaient soulagés d'enfin trouver une trace de paranormal dans cette ville. La porte de derrière ne grinçant aucunement, ils purent entrer sans la moindre difficulté et se poster derrière le salon, l'un et l'autre de chaque côté du mur, près de l'escalier. Mais un chuchotement juste au-dessus d'eux les fit sursauter. Ils levèrent la tête et virent dans une semi-obscurité une jeune fille qui leur dit tout bas :

« Mais qui êtes-vous ? Vous allez complètement fausser mon affaire. Partez d'ici. »

Mais Dean et Sam, malgré leur grande surprise, se regardèrent et entreprirent alors de monter l'escalier pour discuter avec cette jeune fille. Le premier palier de l'escalier donnait directement une vue sur le salon par une mezzanine. C'était l'endroit idéal pour espionner le fantôme et il n'était pas étonnant que cette fille se trouvait postée ici. Dean et Sam la rejoignirent donc à cette place et lui trouvèrent un air légèrement mécontent. Pourtant Dean considéra qu'elle était très jolie avec ses cheveux bruns légèrement bouclés qui lui tombaient à hauteur d'épaule.

« Alors, répondez-moi, enfin. Qui êtes-vous ?demanda-t-elle de nouveau.

-Très bien, nous allons vous le dire mais vous devrez ensuite faire de même. Nous sommes deux agents du FBI en civil. On enquête sur ce genre de phénomène.

-D'accord mais puis-je voir vos cartes avant tout ?demanda-t-elle méfiante.

-Oui, bien sûr, sourit Dean en sortant sa carte en même temps que Sam. Mais l'endroit étant assez étroit, Sam eut soudain un geste trop brusque en lui montrant sa carte et la fit tomber de la mezzanine. Le bruit de la chute, même s'il était assez sourd, fit disparaître aussitôt le fantôme.

-Oh non, ce n'est pas vrai, encore une nuit de gâchée !s'exclama la jeune fille. Il est vraiment trop susceptible celui-là. Et elle descendit l'escalier pour entrer dans le salon, à la place même où se trouvait le fantôme la minute d'avant, suivie de Sam et de Dean.

-Désolé, je n'ai pas assez fait attention, dit Sam, un peu confus.

-Non, je vous en prie, ne vous excusez pas, ce n'est pas votre faute, vous ne le vouliez pas. Je suis seulement déçue, voilà tout. D'ailleurs excusez-moi d'avoir été aussi brusque avec vous mais il y a tellement de gamins qui viennent se balader ici et se faire peur que ça m'agace au fil des jours, soupira-t-elle mais en leur souriant à tous deux.

-Mais nous ne savons toujours pas qui vous êtes, répéta Dean, impatient d'en connaître plus sur elle.

-Oh oui, navrée, je me nomme Mélinda Artwell. Je suis étudiante en littérature comparée à l'université d'à-côté, de Fairfield.

-Une étudiante en littérature qui étudie les fantômes ?demanda Sam, incrédule.

-Oui, je sais, c'est assez étonnant, sourit Mélinda mais c'est devenu ma spécialité. J'étudiais auparavant la littérature fantastique américaine mais ensuite j'ai voulu me rapprocher des faits réels et j'ai réussi à obtenir une autorisation pour comparer la littérature à la réalité quotidienne, au paranormal dans le nord-est des Etats-Unis. Ca a été difficile à obtenir et à cause de ça, tout le monde maintenant me croit dingue ou excentrique, surtout les autorités locales.

-Oui, on comprend tout à fait ce sentiment, admit Dean en souriant de son beau sourire, espérant faire de l'effet.

-Et ça fait combien de temps Miss Artwell que vous étudiez celui-ci ?demanda Sam, voulant rester professionnel et faisant les gros yeux à son frère pour son sourire séducteur.

-Ca fait aujourd'hui exactement trois semaines que je l'observe. Je devais seulement le faire pendant deux semaines mais les intrus l'ont fait fuir plus d'une fois. Moi-même, au début, je le faisais fuir et j'ai réussi à force de volonté à ce qu'il accepte ma présence et quand je lui en ai parlé, il a été tout à fait d'accord que je reste, à moins que je ne le dérange sous aucun prétexte.

-Quoi ?s'exclama Sam. Vous avez discuté normalement avec lui ?demanda-t-il en regardant son frère aussi surpris que lui.

-Oui, bien sûr, il n'est pas très bavard, c'est certain mais bon, même s'il est sauvage, ce n'est pas un mauvais esprit. Il est un peu bougon parfois mais ce n'est rien. »

Les deux frères ne savaient quoi penser exactement de cette fille qui semblait trouver tout à fait normal de discuter avec un fantôme. Dean préféra éclaircir les choses :

« Vous savez bien sûr que 99 des esprits sont malfaisants et deviennent des poltergeist, n'est-ce pas ?

-Oui, bien évidemment, c'est pour cela que j'apprécie de pouvoir travailler ici. C'est le premier qui ne m'ait pas chassé de sa maison. Et devant l'air étonné des frères, elle ajouta : Oui, parce que j'ai visité une bonne douzaine de maisons ou de lieux hantés depuis quelques années en fait et je voulais terminer par celui-ci.

-Mais vous êtes équipée pour ce genre de choses ?demanda Dean, surpris de voir une fille faire ça aussi tranquillement.

-Bien sûr, regardez. »

Et elle leur montra une petite mallette souple dans laquelle il y a avait une caméra, un pistolet, des munitions apparemment remplies de sel et de l'eau bénite.

« Mais, mais…comment savez-vous que ces trucs peuvent fonctionner ?s'exclama Sam.

-Parce que je m'étais très bien renseignée et qu'en les utilisant, j'ai vu leur effet, voilà tout. Depuis, je ne m'en sépare plus, dit-elle, satisfaite. »

Sam et Dean restèrent alors silencieux, ne sachant plus quoi lui dire, tellement elle semblait bien informée. Mais avant qu'ils n'aient pu dire quoique ce soit, Mélinda, qui les avait bien observé à la clarté de la lune, leur dit, en fronçant les sourcils :

« Mais dites-moi, pourquoi deux agents du FBI s'intéresseraient soudain à un minable petit fantôme au fin fond d'une ville du Connecticut ? Parce que voyez-vous, si vous m'aviez présenté une carte de la NSA, là je n'aurai rien pensé de mal sur vous mais vu vos cartes de FBI, je dois dire, j'en suis navrée, que j'ai des doutes sur votre véritable identité et les motivations qui vous poussent à venir jusqu'ici.

Regardez par exemple cette carte, dit-elle en sortant une carte de la NSA de sa poche. Elle a été extrêmement difficile à faire, je dois dire, surtout avec la bande métallique tout autour qui signale l'authenticité de la personne ou le vol. Alors que celles du FBI n'ont pas ce genre de signalement, elles sont plus simples à fabriquer ou à voler. Alors qui êtes-vous réellement ? »

Les deux frères se trouvèrent soudain interloqués par ce soudain changement de comportement et le fait que personne n'avait jamais remis en doute avec autant de précision leur pseudo-statut les mettait mal à l'aise. Mais Dean reprit tout d'un coup son aplomb phénoménal et lui répondit en souriant :

« Désolée ma jolie mais nous n'allons pas te répondre pour l'instant, dit-il en la tutoyant soudain. Nous bossons sur le même genre de choses que toi, ça devrait te suffire. C'est classé top secret au FBI et nous ne devons pas dévoiler tout ce pour quoi nous sommes venus. »

Alors Sam reprit confiance en lui également grâce à l'aplomb de son frère et regarda la jeune étudiante du même air professionnel que Dean. Mélinda ne put s'empêcher de sourire en constatant tous les atouts et répliques dont ils faisaient preuve tous deux. Voyant que le jour était prêt à se lever, elle leur dit tout en se dirigeant vers la porte et en récupérant ses affaires :

« Très bien, messieurs les agents, dit-elle en insistant sur le mot « agents », mais j'espère qu'on aura l'occasion de se revoir pour parler entre autres des avis de recherche avec vos photos qui figurent un peu partout dans tous les postes de police. A bientôt peut-être, ravie de vous avoir rencontré. »

Mais alors que Dean et Sam se préparaient à la rattraper, affolés de ces dernières paroles, Mélinda franchit la porte et disparut dans le brouillard.

Dean et Sam rentrèrent furieux et inquiets à leur motel, s'attendant à tout moment à recevoir la visite de la police. Ils ne pouvaient s'empêcher de regarder sans arrêt à la fenêtre à chaque bruit suspect ou de moteur de voiture.

« Je te jure, Sam, si je la retrouve, je la tue pour nous causer des peurs pareilles !s'exclama Dean en ne pouvant pas tenir en place dans la chambre.

-Ah oui ? Je croyais que tu voulais l'épouser tout à l'heure à lui faire de pareils sourires ?sourit Sam en jetant un nouveau coup d'œil à l'extérieur.

-Oh je t'en prie, ce n'est pas la peine de te moquer, comment pouvais-je savoir qu'elle savait qu'on était recherché, sans blague ?

-C'est facile. Tous les postes de police, même les plus petits ont reçus nos avis de recherche et…

-Et comment ça se fait, demanda Dean en n'écoutant pas son frère, qu'elle avait une véritable carte de la NSA dans sa poche ? De la NSA, Sam ! J'ai toujours été énervé de ne pas pouvoir m'en procurer une et voilà que cette fille beaucoup plus jeune que moi m'en sort une, comme ça !dit-il en claquant des doigts.

-Euh, Dean, tu ne l'as peut-être pas remarqué sur le chemin mais moi aussi je suis énervé. Pourtant au moins, je me suis calmé. C'est avec une tête claire qu'on en saura plus sur elle. D'abord on connaît son nom entier, c'est suffisant pour lancer une recherche et voir si…

-Tu parles ! On n'est même pas sûr que ce soit son vrai nom !

-Ok, c'est vrai mais on commencera par là, déjà. Bon, je ne sais pas pour toi mais cette journée m'a épuisée physiquement et moralement, il faut que je dorme et tu ferais bien d'en faire autant, ça te calmera. »

Dean, encore sur les nerfs, grogna quelques mots mais s'étendit également sur le lit jumeau.

Quand Dean se réveilla, assez tard dans la matinée, il s'aperçut que bien entendu, Sam était déjà levé. Absent de la chambre, il rentra quelques minutes après son réveil.

« Je vois que comme d'habitude, tu fais la grasse matinée.

-Eh ! C'est toi qui m'a demandé de me reposer pour me calmer, je te signale !s'opposa Dean.

-Alors, tu es calmé ?lui demanda Sam en haussant les sourcils.

-Oui, et en pleine forme d'ailleurs pour aller retrouver cette fille. Alors tu as des infos sur elle ?

-Non, je n'ai pas eu encore le temps de chercher, seulement le temps d'aller chercher nos cafés, répondit-il en donnant un des deux cafés à son frère.

-D'accord, merci. Cherchons d'abord sur ton ordinateur, ça nous évitera de sortir et d'être vus par les autorités et des gens bien renseignés. »

Sam ne rechercha que quelques minutes sur internet. Il appela Dean aussitôt :

« Regarde. Au moins elle a été honnête, voici sa fiche d'identité avec sa photo. Et tu disais qu'elle était beaucoup plus jeune que toi, mais pas tant que ça. Elle n'a que deux ans de moins que toi, elle est née en juillet 1981.

-Vraiment ? Mais en tout cas elle paraît plus jeune que ça et même plus jeune que toi d'ailleurs.

-Mais c'est bizarre, ils n'indiquent même pas qu'elle est étudiante ici.

-Peut-être que les fiches d'identité n'indiquent pas ce genre de choses.

-Oui, sûrement. Mais ça n'indique pas son adresse non plus. En fait, ils ne mettent pas grand-chose d'intéressant.

-As-tu seulement pensé qu'elle pourrait être possédée par un démon comme c'était le cas pour Meg, qui semblait tout à fait normale ?réfléchit Dean.

-Oui, j'y ai pensé mais je ne pense pas qu'un démon aurait de telles armes contraires à sa nature avec lui. Et puis, à aucun moment, elle n'a tenté de nous attaquer, elle est simplement assez mystérieuse et franche, voilà tout.

-C'est vrai, tu dois avoir raison. Bon, eh bien, je vais à la chasse aux infos auprès d'elle, dit soudain Dean en se dirigeant vers la porte.

-Attends, je viens avec toi, dit Sam en prenant sa veste.

-Oh non, pas question, je n'ai pas envie de nous faire repérer par les flics seulement parce que tu les as mal séduits. J'y vais seul. Toi, regarde si tu trouves autre chose sur elle au cas où je ferai chou blanc.

-Bon, d'accord, maugréa Sam, mais tu as intérêt à lui faire promettre de ne pas divulguer aux autorités qui nous sommes, sinon ça fera mal. Use de ton charme pour une bonne raison cette fois-ci. »

Dean, avec un sourire victorieux et sûr de lui, sortit et embarqua dans sa voiture.

Quand il gara sa voiture sur le parking du campus, il ne sut pas trop où il devait la chercher. Il se dit qu'à juste titre, une fille comme ça devait fréquenter assez souvent la bibliothèque, alors il s'y dirigea derechef. Mais quand il arriva à quelques mètres de l'entrée, il ne trouva d'autre solution que de s'asseoir sur un banc à côté et d'attendre en espérant qu'elle viendrait ce jour-là. Après une heure d'attente, il la vit enfin sortir de la bibliothèque, des livres sous le bras.

« Enfin, je réussis à te coincer, lui dit-il avec un grand sourire. Tu nous as très bien faussé compagnie hier soir ou plutôt ce matin. Je n'ai même pas eu le temps de te demander ton adresse.

-Je me doutais que je vous reverrai assez rapidement mais pas quelques heures après seulement. Alors, qu'est-ce qui vous amène si tôt sur le campus ?

-Toi et seulement toi. Tu dois savoir pourquoi, je suppose ?

-Oui, je pense mais vous ne devez pas vous inquiéter, je ne divulguerai rien aux autorités et d'ailleurs cela n'a jamais été mon intention.

-Vraiment ? Alors pourquoi avoir mentionné ce détail pour fuir aussitôt dans la brume ?s'étonna Dean. »

Alors l'aîné des Winchesters fut très surpris car il vit Mélinda rougir, ce qu'il ne croyait pas capable venant de sa part. Apparemment, elle ne savait pas quoi répondre à cette question et se contenta de lui dire :

« Ecoutez, je sais que vous vous posez des questions, vous et votre frère et c'est normal…

-Pourquoi dites-vous que j'ai un frère…

-Je le sais, c'est tout. Je sais qui vous êtes, vous et votre frère Sam que j'ai vu avec vous cette nuit. Ce lieu est trop fréquenté, je préfère qu'on parle dans un endroit plus tranquille. Venez dans mon appartement, on y sera plus en sûreté. Et de toute façon, je dois y déposer mes bouquins. »

Dean accepta assez rapidement, ayant hâte d'aller chez elle, car même s'il la trouvait mystérieuse, il la trouvait aussi très mignonne. Mais Mélinda, alors qu'ils se dirigeaient vers les logements étudiants, saisit la lueur dans ses yeux et lui dit en souriant :

« Mais ne pensez pas à autre chose car sachez que je ne suis pas du tout ce genre de fille. »

Dean, un peu déçu et mécontent de s'être fait découvrir, se contenta de regarder ailleurs pour ne pas la regarder directement.

Mais alors qu'ils étaient arrivés à l'immeuble en question et qu'ils venaient d'y entrer, ils entendirent une exclamation et se retournèrent vivement : Dean reconnut avec embarras l'étudiante qui l'avait fait entrer la veille à la bibliothèque :

« Oh mon Dieu ! Mais je n'aurai jamais imaginé vous revoir si tôt, monsieur l'agent du FBI ! Qu'est-ce qui vous amène ici ? Ah, je sais, reprit-elle aussitôt sans lui donner le temps de répondre. Vous vouliez sûrement me voir, je vous manquais trop et vous étiez complètement perdu, c'est ça, hein ? »

Dean, autant surpris que choqué, n'arriva pas à trouver une réplique suffisante pour la faire taire. Mélinda sourit et dit à l'étudiante :

« Tiens, Philia, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vues, dis-moi. Ah, non, ne me dis rien, je crois savoir pourquoi je ne te voyais plus dans les parages car d'ailleurs l'agent du FBI ici présent m'en touchait deux mots il y a cinq minutes. Puis elle lui dit plus bas mais suffisamment fort pour que Dean entende : Il a l'impression tout comme moi que tu devais être partie te refaire le nez et les pommettes, non ? Attends, continua-t-elle en parlant de nouveau plus fort et en se tournant vers Dean. Dites-moi, vous m'avez bien dit cela ou je me trompe ? »

Dean était autant surpris que dépassé. Il sentit que Mélinda voulait le faire entrer dans son jeu pour se débarrasser de cette soi-disant Philia. Alors avec un air extrêmement réfléchi, il répondit en levant les yeux au ciel :

« Non, ce n'est pas tout à fait ça, je crois, c'est vous qui m'avez dit ça et moi je vous ai répondu qu'elle avait du en plus se faire faire une teinture, qui se trouvait être complètement vieux jeu. »

En disant ces paroles, Dean eut envie d'exploser de rire, et encore plus quand Philia ouvrit des yeux exorbités et s'enfuit en courant après avoir pris un air horrifié et scandalisé. Dean et Mélinda éclatèrent alors de rire de concert et ne purent s'arrêter qu'au bout de cinq bonnes minutes.

« Mais comment savais-tu quoi répondre à ce pot de colle ?demanda Dean, toujours surpris.

-Je connais Philia depuis maintenant trois ans et j'avais remarqué que la seule chose qui pouvait la contrarier et nous la faire mettre à dos, était de critiquer son apparence physique. Ca provoque à chaque fois le même effet. Et le pire dans l'histoire c'est que tout ce qu'on lui a reproché il y a cinq minutes est totalement vrai, je l'avais vérifié. Allez, suivez-moi, j'habite au premier étage. »

Lorsque Dean entra dans l'appartement de la jeune fille, il ne fut pas étonné de trouver un décor typique des jeunes étudiantes, avec beaucoup de goût et très bien entretenu. Mélinda posa ses livres sur une étagère de sa bibliothèque déjà très bien fournie et lui fit signe de la suivre dans une pièce un peu plus loin. Quand il y pénétra et que la lumière fut allumée, il découvrit avec stupéfaction les murs couverts d'articles de journaux, de photocopies de livres sur le paranormal et tout ce genre de choses que lui et Sam avaient l'habitude d'afficher dans leurs chambres d'hôtel. Il se tourna alors vers elle et lui demanda :

« Mais qui es-tu ?

-Ca, vous le savez déjà, je vous l'ai déjà dit cette nuit, soupira Mélinda en souriant légèrement.

-Très bien, alors je te repose la question à laquelle tu n'as pas voulu répondre sur le campus. Comment sais-tu qui nous sommes moi et mon frère et pourquoi nous l'as-tu dit ?

-Là, ça fait deux questions mais je vais tout de même vous répondre, dit-elle en s'asseyant sur une chaise. Je vous en prie, vous pouvez vous asseoir, lui dit-elle en lui montrant un fauteuil en face d'elle.

-Ok, vas-y, je t'écoute, dit-il en s'asseyant à son tour.

-En fait, de par mes nombreuses recherches sur le paranormal et les fantômes en particulier, j'ai été amenée à lire certains témoignages de personnes ayant vu ou vécu ce genre de phénomène et des personnes décrivaient parfois qu'elles avaient été sauvées par deux hommes et vos descriptions étaient à chaque fois les mêmes. J'ai fouillé pour en savoir plus et j'ai découvert qui vous étiez, Dean Winchester. Quant à votre seconde question, eh bien…

-Oui, quoi ?s'impatienta Dean, un peu agacé et gêné qu'elle semble en savoir autant sur lui.

-En fait, je dirais simplement, continua-t-elle en rougissant de nouveau et en baissant les yeux, que…je voulais vous impressionner un peu, voilà tout.

-Quoi ? Mais pourquoi ? Une fille comme toi donne l'impression de tout vouloir faire, sauf de vouloir impressionner : tu sembles si sûre de toi et si maligne.

-Merci mais ce n'est qu'une apparence. J'ai l'habitude d'être comme ça avec les gens d'ici qui ne connaissent rien au paranormal. La plupart du temps, ils se contentent d'ouvrir de grands yeux surpris mais l'ennui est que ça passe et qu'ensuite, ils m'insultent et se moquent de moi en me traitant de folle. C'était la première fois la nuit dernière que je rencontrais des vrais spécialistes et non des amateurs comme moi et j'avoue que j'ai voulu essayer de me hisser à votre hauteur, voilà. »

Dean n'en revenait pas d'entendre ces paroles ni même d'observer le changement de son comportement. Elle était maintenant très gênée et ne semblait plus du tout arrogante ou sans gêne, comme la nuit précédente. Il comprit qu'ayant pénétré dans cette pièce qui était son univers, il la voyait sous son vrai jour. Mais il se demanda pourquoi elle l'avait amené justement dans cette pièce, car elle devait savoir qu'elle y serait vulnérable. Mais elle répondit à sa question avant même qu'il ne l'ait posée :

« J'ai donc voulu vous montrer qui j'étais vraiment quand vous m'avez posé toutes ces questions pour vous montrer que je n'étais ni dangereuse ni tellement mystérieuse. Je ne veux pas que vous ayez, vous et votre frère, une mauvaise opinion de moi, au contraire. J'apprécie trop votre travail pour ça. Alors me pardonnerez-vous pour l'inquiétude que j'ai pu vous causer à tous les deux ? »

Elle lui demandait d'une manière si simple et si touchante que Dean ne put lui en vouloir le moins du monde. Il se leva et alla directement lui embrasser le front, ne sachant pas trop pourquoi il le faisait d'ailleurs ni pourquoi il ne l'embrassait pas carrément sur la bouche.

« Non, maintenant je ne t'en veux plus du tout, promis. Et je sais que Sam aura le même avis que moi en sachant ce que tu viens de me dire. »

Mélinda, autant surprise que gênée du petit baiser qu'il lui avait donné, soupira ensuite intérieurement, soulagée de l'avoir comme ami et non comme ennemi.

« Allez, on va voir mon frère, tu viens ? »

Mélinda approuva d'un joli sourire, heureuse d'avoir pu trouver des amis ayant les mêmes intérêts qu'elle. Puis elle le suivit hors de l'appartement.