Disclaimer : Les personnages des quatre Fondateurs et les lieux que vous reconnaîtrez appartiennent à J.K Rowling et à la Warner Bros, tout le reste est à moi.

Note : Je sais que bien des auteurs ont écrit sur les Fondateurs, toutefois, j'avais envie de mettre ma graine là-dedans. Voici donc ma version de la vie de Salazar Slytherin, Godric Gryffindor, Helga Hufflepuff et Rowena Ravenclaw. L'histoire sera principalement centrée sur la vie de Salazar, à mon avis le plus mystérieux des quatre célèbres fondateurs de Poudlard. Je garderai les noms anglais des Fondateurs, pour le reste, il s'agit des noms français.

Note 2 : Les chiffres entre parenthèse ramènent à des notes en bas de page.

Note 3 : Je tenais juste à vous préciser que non, je n'étais pas mort, et que non, je ne vous avais pas oubliés. Simplement, me trouvant en Allemagne jusque la fin de l'année universitaire, je n'ai pas la possibilité de vous envoyer des chapitres régulièrement. Enfin voilà. Et pour vous remercier de votre patience, j'ai décidé de vous faire un petit cadeau de Noël avec un petit peu de retard : deux nouveaux chapitres, ainsi qu'un nouveau one-shot ! Joyeux Noël et bonne année à tous !

And now, enjoy and review…

Le Temps des Fondateurs :

1ère Partie : Avant Poudlard :

"Père, j'ai reçu un hibou de Godric m'invitant à chasser avec lui après la sixième heure. M'autorisez-vous à le rejoindre ?"

Emrys Slytherin (1) regarda longuement son fils, pensif, puis acquiesça d'un simple signe de tête. Après tout, le garçon n'avait cessé d'étudier de toute la matinée, et les deux héritiers s'entendaient si bien… Il n'allait pas lui refuser un plaisir sous prétexte que lui ne pouvait pas se le permettre. Et il n'allait pas l'ennuyer avec des soucis qui ne le concernaient pas. Il serait bien temps de le faire lorsque le garçon aurait atteint l'âge de reprendre le château et de régner sur ses vassaux.

Et des soucis, Emrys Slytherin en avait. Beaucoup. Le souci numéro un était sans conteste Vent de Parque, ce mage noir qui s'était lui-même proclamé Seigneur des Ténèbres, reprenant le titre que de nombreux mages noirs s'étaient attribués avant lui, et qui avait décidé de sévir sur l'île de Bretagne. De nombreux faits lui étaient parvenus aux oreilles, et il avait compris que le sorcier sombre se dirigeait vers le Sud, autrement dit, dans sa direction. Et il savait que sa famille et celle d'Aldebaric étaient des cibles de choix pour cet amoureux des longues lignées de sorciers.

Certes, la lignée d'Emrys et celle d'Aldebaric remontaient à très loin dans le temps, certes, ils avaient tous deux des ancêtres ayant côtoyé Merlin lui-même, mais ils étaient tous deux, et ce n'étaient pas les héritiers qui allaient interrompre cette tradition, proche de leurs sujets moldus depuis des générations.

Une autre chose l'intriguait, plus qu'elle ne le rendait nerveux : il s'agissait de ce trouvère, arrivé peu de temps auparavant au château, et qui les scrutait sans cesse de manière curieuse, comme s'il cherchait à déterminer quelque chose au sujet des habitants du château. Comme si, en fait, il cherchait à les évaluer, afin de mieux les connaître. Mais dans quel but ? Et pourquoi cette impression de savoir qui il était ?

Si Salazar avait compris que quelque chose tracassait son père, il n'en laissa rien paraître, et il se dirigea vers l'entrée du manoir, sans savoir qu'il n'adresserait jamais plus la parole à son père. Sans savoir non plus que ce père qu'il respectait tant venait involontairement de lui sauver la vie.

En effet, peu après le départ de Salazar, Rigomer (1) surgit dans la salle où se trouvait le seigneur des lieux, mais il semblait différent. Il n'avait plus la cithare qui l'accompagnait partout où il allait, et son regard, habituellement rieur, s'était fait dur et froid. Quant à son sourire, il avait tout simplement disparu. Emrys, d'abord surpris de ce changement de comportement chez le ménestrel, se tourna vers lui, son calme habituel faisant place à une colère sourde. Jamais, en effet, un serviteur n'avait ainsi osé le déranger, et surtout, personne de sa maison, pas même son propre fils, n'aurait eu l'outrecuidance d'entrer sans même en demander l'autorisation. Tremblant de rage contenue, Emrys se décida enfin à adresser la parole à l'impudent :

"Qu'y a-t-il donc, Rigomer, pour que tu oses me déranger ainsi ?"

L'interpellé éclata d'un rire froid, ne ressemblant en rien à celui du musicien qu'il avait désormais l'habitude de jouer :

"Comment donc, Slytherin, tu ne vois vraiment pas pourquoi je suis là ? Tu me déçois. Je m'attendais à mieux de la part d'un sorcier au sang pur comme le tien !"

"Vent de Parque…", murmura Emrys.

"Lui-même, pour ne surtout pas te servir.", persifla le mage noir.

"Que veux tu ?"

"Ce que je veux? Mais ta vie, voyons. Je veux un duel à mort. Mais à la différence de tes précédents duels, Slytherin, celui-là, tu le perdras. Ainsi, je pourrai tranquillement m'amuser avec ton fils, puisque sa mère n'est déjà plus.", continua le sorcier avec un sourire mauvais.

"Tu as osé toucher à ma famille !", rugit Emrys Slytherin. "Tu en répondras de ta vie. En garde !", continua-t-il, sortant son épée.

"Allons, allons, tu ne vas tout de même pas te battre comme un Moldu.", répliqua le mage noir, sarcastique. "Prend plutôt ta baguette, et bats toi comme un sorcier."

Sans même lui laisser le temps de réagir, le mage noir dégaina la sienne et lança le premier sortilège :

"Pyros !"

"Glacius !", répliqua Slytherin, le sortilège de gel annulant celui de feu.

Immédiatement, il riposta avec un Expelliarmus que le sorcier évita en se jetant de côté. La partie allait être plus difficile qu'il ne l'avait cru au premier abord, car Emrys Slytherin était un sorcier expérimenté. Sans perdre plus de temps, le prétendu trouvère décida de l'attaquer avec un sort de grande puissance.

"Invisco !"

"Repulso !"

"Finite Incantatem !"

Le mage sombre sentit soudain une grande fatigue, comme si le sortilège lui avait pris une partie de ses forces. Avait-il sous-estimé son adversaire ? Il ne pouvait pas se faire battre par un sorcier comme Slytherin, n'est-ce pas ? Il commençait pourtant à en douter. Mais sa haine des Moldus le fit trouver en lui des forces qu'il ne soupçonnait pas, et il se mit de nouveau à espérer.

"Bronchos !" (2)

"Destructo !"

"Defendere !"

Slytherin ne put échapper au sortilège et en fut réduit à se défendre uniquement, tandis que le mage noir s'en donnait à cœur joie.

"Flechas ! Flechas ! Flechas ! Flechas ! Flechas !"

Le sorcier hurla de douleur, tandis que des flèches venaient s'enfoncer dans ses épaules et dans ses jambes, avant qu'une cinquième ne vienne se planter en son coeur. Mais le mage noir ne s'arrêta pas là. Ce fut sa plus grande erreur.

"Ercartelum"

"Repulso !", hurla Slytherin de toute ses forces. Le mage noir ne put l'éviter et fut projeté au mur, les bras et les jambes menaçant de se détacher de son corps.

Finalement, Emrys Slytherin parvint à se relever et, malgré la douleur et le sang qu'il perdait, il trouva la force de mettre la main à la garde de son épée et de l'envoyer sur le mage noir. L'épée s'enfonça dans sa poitrine, mais, faisant fi de la douleur et des flots de sang qui s'écoulaient désormais de la blessure, celui-ci la retira et la lança vers Slytherin, le tuant sur le coup. Dès lors, le sorcier étant mort, le sortilège d'écartèlement cessa, et Vent de Parque retomba au sol, haletant et gravement blessé. Heureusement, il avait appris de nombreuses choses durant son séjour chez les Slytherin, et entre autres, l'emplacement du laboratoire où le père faisait ses potions. Avec un peu de chance, il pourrait tomber sur une potion de soin.

Après bien des souffrances et bien des domestiques laissés morts derrière lui, le mage noir atteint le laboratoire. Cependant, la blessure était trop grave pour être soignée complètement, et le sorcier dut se résoudre à quitter le château sans avoir la possibilité de torturer le fils, se sachant trop faible pour résister à un second combat. Bien sûr, il n'avait eu aucun mal avec la mère, mais le fils semblait tout aussi puissant que son père, pour autant qu'il avait pu en juger.

Toutefois, il grava sur le pont-levis le signe qui le caractérisait, son symbole, afin que tous connaissent sa puissance. Et aussi afin qu'il serve d'avertissement à Gryffindor. Quittant le château, il se jura de finir son travail en tuant le dernier des Slytherin.

Pendant ce temps, à quelques lieues de là, deux jeunes gens revenaient de la chasse avec de nombreux trophées. Tout en chevauchant, ils discutaient gaiement :

"Eh bien, Salazar, que penses-tu de cette chasse ?"

"Exceptionnelle ! Père va être fier de moi."

"J'en suis certain.", répliqua le blond en souriant.

"Puisque tu m'as proposé cette chasse, à mon tour de t'inviter : que dirais-tu de t'entraîner à l'épée à Garden's Manor ?"

"Ma foi, ça me plaît bien. Quand cela ?"

"Pourquoi pas aujourd'hui? Nous ne sommes qu'à la dixième heure. Cela nous fait bien une heure pour nous entraîner."

"Touche donc là, Salazar."

Ce disant, ils approchaient de plus en plus de Garden's Manor. Lorsqu'ils arrivèrent enfin aux portes du château, Salazar s'aperçut que tout n'allait pas comme il le fallait. Les sentinelles, d'ordinaires si promptes à baisser le pont-levis à son approche, n'étaient pas même en vue. Salazar descendit de son cheval et appela, mais il ne reçut aucune réponse. Dès lors, il sut que quelque chose clochait réellement. S'il lui était déjà arrivé de n'être pas remarqué par les sentinelles, le pont-levis lui avait toujours été baissé, dès lors qu'il avait appelé. Que se passait-il donc ? Il fut tiré de ses réflexions par un cri étouffé de son compagnon.

"Là, sur le pont-levis…"

"Qu'est-ce que c'est ?"

"Ces ciseaux coupant un fil…" (3)

"Eh bien, qu'est-ce que ça représente d'autre qu'un fil et une paire de ciseaux ?", s'impatienta son ami.

"C'est le signe de Vent de Parque…"

"Le signe de qui ?"

"Vent de Parque, tu ne connais pas ?"

"Non, qui est-ce ?"

"Un mage noir, qui s'est juré la perte de tous les Moldus et de ceux qui apprécient les Moldus. Père en a parlé il y a peu de temps. Si ce signe est là, il veut dire que Vent de Parque est là, ou qu'il a tué avant de repartir… Ce qui expliquerait que les sentinelles ne t'aient pas répondu…", continua-t-il sombrement.

"Non, c'est impossible, père est puissant, il ne se laisserait pas vaincre par un mage noir de pacotille !", s'exclama Salazar.

"Un mage noir de pacotille qui en a déjà tué nombre de plus puissants que nos pères réunis. Crois moi, Salazar, il vaut mieux ne pas rester là. Viens au château, nous avertirons père de sa présence à Garden's Manor."

"Tu ne vas tout de même pas croire que père serait mort, Godric ?", s'énerva son ami.

"Je ne l'espère pas, tout comme toi, mais j'ai malheureusement peu d'espoir de le revoir ailleurs que dans les portraits qu'il avait commandés en son honneur. Viens, Salazar. Allons prévenir père."

D'abord réticent, Salazar se laissa finalement faire et suivit son ami. Ils chevauchèrent sans mot dire pendant une dizaine de minutes avant d'arriver en vue de l'imposante bâtisse des Gryffindor. Une heure plus tard, ils arrivèrent aux portes du château, et Godric, suivi de son ami, se dirigea vers la grande salle de réception. La trouvant vide, il alla directement au bureau de travail de son père. Celui-ci y était et les accueillit tous deux chaleureusement.

"Godric, Salazar, enfin de retour ! Que se passe-t-il, Salazar, aurais-tu fait mauvaise chasse ?", ajouta-t-il avec un grand sourire, en voyant l'air attristé de Salazar.

Son fils lui lança un regard sombre qu'Aldebaric Gryffindor intercepta. Aussitôt, son visage se fit plus grave.

"Que se passe-t-il donc? Y aurait-il un problème ? Au nom de Merlin, Godric, Salazar, répondez moi !"

Voyant que personne ne répondait, Aldebaric Gryffindor s'exclama :

"Godric, au nom de l'amour que tu portes à ta mère, répond, je t'en conjure ! Que se passe-t-il ?"

Gardant les yeux baissés, Godric répondit :

"Vent de Parque, père."

"Et comment donc as-tu entendu parler de lui ?", questionna son père d'une voix dangereusement calme, la première surprise passée.

"Père, je vous en prie, ne me faites pas de mal, je ne l'ai pas fait exprès…", commença Godric

"Ca, c'est à moi d'en décider, fils.", coupa froidement son père. "Qu'as-tu à dire pour ta défense? Et je te préviens que tu as à être convaincant, car Salazar ou pas, tu recevras dans le cas contraire la plus belle correction de ta vie !"

"Je ne l'ai pas fait exprès, père.", répéta-t-il d'une voix mal assurée. "Je vous l'assure. Je ne faisais que passer près de votre bureau, et je vous ai entendu parler avec le père de Salazar. Vous étiez tellement soucieux que j'ai eu peur qu'il ne fût arrivé quelque chose de mauvais. Et c'est là que je vous ai entendu parler de Vent de Parque et de la menace qu'il représentait pour notre famille et celle de Salazar."

"C'est donc parce que nous avions l'air soucieux que tu t'es permis d'écouter notre conversation…", murmura son père, menaçant plus que jamais d'entrer dans une de ses colères titanesques.

"Père, je vous en supplie, nous avons vu le signe de Vent de Parque sur le pont-levis de Garden's Manor, et nous craignons qu'il ne fût arrivé quelque chose à la famille de Salazar !", s'exclama Godric désespérément.

Aussitôt qu'il eût dit ces mots, le visage de son père passa de la fureur retenue à l'inquiétude.

"Le signe de Vent de Parque sur le pont-levis de Garden's Manor, dis-tu ?"

"C'est cela même, père. Et les sentinelles n'ont pas répondues, lorsque Salazar les a interpellées. C'était comme si plus personne n'était dans le château."

"Salazar, mon garçon.", appela Aldebaric. "N'y a-t-il rien qui t'ait paru étrange dans ta demeure, ces derniers jours ?"

Pour la première fois depuis qu'il était entré dans le château, Salazar releva la tête.

"Eh bien, père était soucieux depuis quelques jours, mais je suppose que c'est du à la menace de ce mage noir. Et il y avait aussi ce trouvère, Rigomer, qui est arrivé il y a de cela plusieurs jours. C'est un trouvère comme un autre, mais il avait parfois un regard étrange, il nous scrutait bizarrement. Et lorsque père lui demandait pourquoi, il trouvait toujours un moyen d'éluder la question."

"Un trouvère arrivé depuis plusieurs jours, dis-tu. Et qui vous scrute d'étrange manière…", murmura pensivement Aldebaric Gryffindor. "J'envoie immédiatement un hibou à ton père pour lui expliquer ce qui t'est arrivé. S'il est toujours vivant, je le saurai."

"Mais si Vent de Parque est toujours dans le château, il pourrait usurper l'écriture du père de Salazar…", répliqua Godric

"Connais-tu la signature magique ?", demanda son père.

Le visage de Salazar s'éclaira d'une lueur de compréhension, tandis que les sourcils de Godric se fronçaient en signe d'ignorance.

"Il s'agit d'un signe que seuls les sorciers les plus puissants peuvent réaliser, et qui garantit leur identité.", murmura Salazar.

"C'est exact. De plus, chaque signature magique réagit à l'aura du sorcier qui l'utilise, ce qui la rend impossible à imiter ou à falsifier. Aucune aura n'étant semblable à une autre, deux signatures magiques ne peuvent en aucun cas se ressembler, même s'il existe de nombreux points communs dans la signature magique de deux sorciers d'une même famille."

"En un mot, si père est vivant, vous pourrez reconnaître sa signature magique ?"

"C'est cela même. Bien, et maintenant, allez manger. J'écris le hibou, et je vous rejoins de suite. Jenky !", appela-t-il d'une voix forte.

"Monsieur ?", répondit la voix nasillarde d'un elfe de maison.

"Prépare la chambre pour Salazar, il dort ici ce soir. Et dis aux autres elfes de préparer un bon repas. Les enfants en auront besoin, après cette journée. Ensuite, tu pourras disposer."

"Bien Monsieur. Quand Monsieur souhaite-t-il voir son repas ?"

"Aussi vite que vous pourrez le préparer."

"Bien Monsieur. Monsieur dîne-t-il dans la salle de réception ou dans son bureau ?"

"Dans la salle de réception, avec les enfants. Maintenant, va."

"Bien Monsieur.", répondit l'elfe avant de disparaître dans un "pop".

"Allez-y. Je vous rejoins."

"Bien, père."

"Bien, monsieur.", répondit Salazar.

Tous d'eux s'en furent rapidement dans la gigantesque pièce qui servait de salle de réception, où déjà brûlait un feu allumé par les elfes. Ils s'installèrent en silence et restèrent ainsi plusieurs minutes, chacun plongé dans ses pensées. Soudain, agacé par ce silence pesant, Godric prit la parole et, se voulant réconfortant, lança :

"Allez, Salazar, ton père est vivant, j'en suis sûr, ne t'inquiète pas tant que ça !"

"Vraiment ! Rappelle moi qui me disait il y a quelques heures que le signe de Vent de Parque signifiait que tu avais peu d'espoir de revoir père vivant ? Rappelle moi qui disait il y a de cela quelques minutes à ton père qu'il craignait qu'il fût arrivé malheur à ma famille dans le cœur de Garden's Manor ?", rétorqua Salazar d'une voix acerbe.

Godric pâlit au ton de son ami, puis il plongea de nouveau dans le mutisme, laissant Salazar ruminer seul ses sombres pensées. Quelques minutes plus tard, Aldebaric étant arrivé, le repas fut servi. C'était un repas copieux, comportant les plats que Salazar préférait, toutefois, celui-ci mangea peu et sans appétit, tout préoccupé qu'il était par le sort de son père et de ses proches. Et plus le temps passait, plus l'espoir de les revoir en vie s'amenuisait. De plus, Godric ne lui adressait plus la parole, craignant de se voir infligé l'une de ces piques mordantes dont Salazar avait le secret. Quant à Aldebaric Gryffindor, c'était sans conteste le plus soucieux des trois. En effet, si Vent de Parque avait assassiné son ami, cela signifiait qu'il n'allait pas tarder à frapper sa famille. Mais comment les mettre en sécurité ? Car il était inconcevable de les garder tous au château, surtout Godric et Salazar… Ses deux fils… Car dès lors qu'ils avaient compris la menace que signifiait Vent de Parque, les deux amis avaient conclu un accord tacite, selon lequel Aldebaric élèverait Salazar comme son propre fils dans le cas de la mort d'Emrys et inversement. Et il semblait malheureusement que ce moment tant craint par les deux amis soit arrivé.

Soudain, le silence pesant de la pièce fut brisé par un bruit à l'une des fenêtres. Le hibou revenait à son propriétaire. Nerveux et anxieux, Aldebaric Gryffindor lui ouvrit…

Il comprit dès lors qu'il vit le message qu'il avait adressé à son ami. Le visage sombre, il se retourna vers le fils de ce dernier, qui le regardait avec crainte et espoir tout à la fois. Finalement, ne pouvant exprimer sa douleur par des mots, il hocha simplement la tête.

"Il est…?"

Cette fois encore, Aldebaric Gryffindor ne put que hocher tristement la tête. Salazar ne fit que demander :

"Puis-je monter ?"

"Bien sûr.", articula difficilement Aldebaric.

Ce fut silencieusement que Salazar se leva, et sans bruit, il se dirigea vers les appartements qui lui étaient réservés lorsqu'il lui arrivait de dormir à White Manor. Sans prendre le temps de se changer, il se jeta tout habillé sur son lit, versant les larmes qu'il ne s'était pas autorisé à laisser couler devant son ami et le père de celui-ci. Depuis des années en effet, il avait appris auprès de son père la dissimulation de ses sentiments. Et désormais, ce père qu'il avait tant aimé et tant respecté, ce père qu'il avait craint, aussi, lorsqu'il se montrait féroce comme un dragon, ce père était mort. Mort. Il commençait à peine à comprendre ce que ce mot signifiait. Cela voulait dire que son père ne serait plus jamais là. Pas plus que sa mère. Il était seul. Entièrement seul.

Ce fut sur ces sombres pensées que Salazar s'endormit, plongé dans un sommeil peuplé de morts atroces et d'un trouvère torturant son père.

Il était seul. A jamais.

Notes :

(1) : Emrys et Rigomer viennent de la mythologie arthurienne. Emrys est l'oncle du roi Arthur et le frère d'Uther Pendragon. Quant à Rigomer, il s'agit d'un château maléfique, dont les enchantements emprisonnent tout chevalier arrivant en son sein.

(2) : Le sortilège de Bronchos vient de broncher, qui est aussi synonyme de trébucher. C'est donc l'ancêtre du sortilège bien connu de croc-en-jambe.

(3) : Les Parques étaient, dans la mythologie grecque, les divinités de la vie et de la mort : l'une dévidait le fil de la vie, l'autre le filait, et la troisième le coupait. Par extension, on a assimilé la troisième Parque à la mort. D'où ces ciseaux coupant un fil, symbole de Vent de Parque.

Merci à mes revieweurs. Reviews, SVP. Et maintenant, place aux RAR.

Zoizo : De rien. Je trouve que Salazar est assez mystérieux. Pourquoi et surtout comment est-il devenu un mage noir si terrible ? Et puis, tout le monde le présente comme un monstre, alors j'ai voulu le présenter tout simplement comme un homme, avec ses défauts et ses qualités, et dont la vie a fait un mage noir, sans qu'il le soit au départ. Au fait, est-ce que tu as lu Mémoires d'une âme perdue ? Parce que c'est le prequel/sequel du Temps des Fondateurs. Tu y trouveras là mon idée de départ. J'espère que ce chapitre t'aura plu.

Jihane : Je pense que c'est l'idée que tout le monde se fait de Salazar, et en tout cas, c'est l'idée qui est véhiculée dans beaucoup de fics, et même dans l'œuvre de J.K. Rowling. On ne le voit que comme étant un amoureux des Sang Pur, et même le Choixpeau semble n'avoir connu que cette époque. Et un grand merci pour ton compliment. Je ne pensais pas avoir un bon style, mais tu me rassures là-dessus. J'espère que ce chapitre t'aura autant plu que le premier. Et merci pour ta review. Quant à ta review pour Mémoires d'une âme perdue : merci ! Mon but n'était pas d'inspirer la nostalgie, mais c'est vrai que ça prend une autre dimension, lu comme ça. Encore une fois (je ne le dirai jamais assez), merci pour ton compliment.

Miceliandre : Et encore une fois, voilà la suite ! Merci pour ta review !