Bonjour à tous, voici la suite d'Un Si Terrible Secret. Merci à mes revieweurs.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K Rowling, l'idée est de Kim, et l'histoire m'appartient.

Et maintenant, bonne lecture, et à bientôt.

Un Si Terrible Secret :

Chapitre 6 :

Ce mercredi, Hermione se réveilla assez tôt, et mit un certain temps avant de réaliser où elle se trouvait : elle était encore chez les Granger, et on était le 3 juillet 1996. D'un seul coup, tout lui revint en mémoire. Le récit de son origine, qui était son père, le départ le matin même avec Mr Weasley, l'interdiction faite par Dumbledore de communiquer avec Harry.

Elle regarda sa montre et s'aperçut qu'il était bientôt 10 heures. Plus qu'une demi-heure, et elle serait enfin éloignée de cette maison : une maison de mensonges et de traîtrise. La maison des Granger. Plus qu'une demi-heure et elle serait enfin libre, elle pourrait revoir Ron, Tonks et le professeur Lupin. A la pensée du premier, son cœur se serra. Depuis leur quatrième année, elle savait qu'il l'aimait, depuis ce soir où Harry lui avait raconté qu'il avait découvert la statuette de Viktor Krum par terre, vraisemblablement jetée là par un Ron fou de rage. Et fou de jalousie.

Mais cet imbécile refusait de l'admettre à cause de son satané orgueil. Si au moins il lui avouait qu'il l'aimait, tout serait tellement plus simple. Ou plutôt, tout aurait été tellement si simple. Désormais, il y avait le poids de ce terrible secret. Comment pourrait-elle jamais accepter son amour, alors qu'elle était la fille d'un tel monstre. Et si lui venait à l'apprendre, alors qu'elle avait accepté l'amour de Ron, ce serait encore plus difficile. Mais comment le regarder en face, si elle refusait. Elle qui l'aimait.

'Harry serait là, il me dirait d'écrire un livre sur la psychologie féminine', pensa-t-elle avec un sourire triste. 'Mais non, Harry aurait été là, il m'aurait certainement insulté, ou regardé avec un air dégoûté', se corrigea-t-elle. Comment pourrait-il regarder autrement la fille de son ennemi mortel ? Et comment elle pourrait-elle le regarder dans les yeux, lui, l'ennemi de son père ?

Lasse de ressasser ces idées noires, elle décida de préparer ses affaires afin de partir au plus vite de la maison des Granger, dès lors que Mr Weasley arriverait. Soudain, un hibou toqua à la fenêtre, portant un journal dans son bec. Machinalement, elle lui ouvrit et jeta un coup d'œil rapide à la Gazette… Avant de relire plus attentivement, lorsque le titre s'étalant en gras sur la une lui sauta aux yeux :

Cornelius Fudge destitué à l'unanimité, Albus Dumbledore nommé ministre de la magie à titre intérimaire

S'ensuivait une interview dans laquelle le professeur Dumbledore exprimait le désir d'organiser au plus vite des élections pour trouver un remplaçant à Fudge. Plusieurs noms de successeurs potentiels étaient évoqués, parmi lesquels figuraient en bonne place l'ancien Directeur du Département des Jeux et Sports Magiques, Ludovic Verpey, mais aussi Mr Weasley, ou encore Amos Diggory.

Hermione poussa un soupir d'exaspération : si jamais Fudge était remplacé par cet imbécile de Verpey, on pouvait être certain que le monde sorcier courait à sa perte. Un escroc, doublé d'un incompétent : voilà ce que la communauté sorcière se proposait de mettre à sa tête. Certes, Fudge était pire encore, mais Verpey n'avait pas une âme de dirigeant, d'après ce qu'elle avait pu voir lors du Tournoi des Trois Sorciers. Or, Fudge n'avait pas officié en temps de guerre, mais simplement en temps de paix.

Un coup de sonnette relativement empressé la sortit de ses réflexions. Alors que Hugh sortait de sa chambre, Hermione apparut dans le couloir menant aux escaliers. Aussitôt, elle lui dit :

« Mr Weasley est venu me chercher. Ce n'est pas la peine de m'accompagner, Mr Granger, je connais le chemin de la sortie. Au plaisir de ne plus vous revoir. »

Sur ces paroles dénuées d'émotion, elle descendit les escaliers, laissant un Hugh Granger désemparé et abattu. Tout ce qu'elle espérait, c'était que le sorcier ne voudrait pas voir les Granger, car elle n'avait d'autre souhait que de partir au plus vite. Cependant, lorsqu'elle atteignait la porte, un second coup de sonnette, plus pressant encore, retentit. Elle ouvrit… et se retrouva face à la baguette pointée de Mr Weasley. Qui la retira aussitôt.

« Excuse-moi, Hermione, je suis un peu stressé, je crois voir des Mangemorts en embuscade à tous les coins de rues. Et même si les sorciers sont rassurés par la présence de Dumbledore au ministère, je préfèrerais de loin le voir à Poudlard et au sein de l'Ordre, crois-moi. »

« Où m' emmenez-vous ? », questionna-t-elle.

« Je ne peux pas te le dire. », murmura Mr Weasley d'un ton empressé. « Et si des Mangemorts nous espionnaient ! »

Cette phrase pétrifia Hermione. Et si les hommes de son père étaient en train de l'espionner ? S'il savait déjà ? Elle acquiesça et suivit Mr Weasley dans un dédale de ruelles, avant qu'ils ne se dirigent vers une voiture d'aspect banal devant laquelle ils s'arrêtèrent. Mais alors qu'Hermione allait poser la main sur la portière, Mr Weasley l'en empêcha. Il fit alors le tour de la voiture, sa baguette pointée sur le véhicule, tout en marmonnant des formules magiques. Lorsqu'il eût terminé, il ouvrit la portière du côté conducteur et fit signe à Hermione d'en faire de même du sien. Lorsqu'ils furent tous deux installés et qu'ils eurent commencé à rouler, Mr Weasley prit enfin la parole :

« Il ne faut pas prendre le moindre risque. Si la voiture avait été ensorcelée pendant que j'étais devant chez toi, ç'aurait pu être extrêmement dangereux. »

Hermione le regarda d'un air incrédule, et elle se demanda si la paranoïa gagnait l'ensemble du monde sorcier, ou si c'était seulement la position de Mr Weasley au sein de l'ordre et la possibilité qu'il avait de devenir le deuxième personnage le plus important du pays juste derrière Dumbledore qui le mettaient dans un état pareil.

« Et maintenant, pouvez-vous me dire où vous m'emmenez ? »

« A l'endroit le plus sûr qui existe, bien entendu. L'Ordre s'est installé à Poudlard, mais Dumbledore n'étant plus là, il y a des risques malgré tout. », continua-t-il en fronçant les sourcils d'un air soucieux. « Voldemort n'osait pas s'attaquer à Poudlard, parce qu'il craint Dumbledore. Maintenant que celui-ci est au Ministère, il faut craindre le pire. »

« Que voulez-vous dire? Après tout, Poudlard n'a aucun intérêt pour lui. Dumbledore n'y étant pas, et comme il n'y a aucun élève… »

« C'est ce que tu crois. Mais Poudlard est bien plus qu'une école. Poudlard, c'est un haut lieu du monde magique dans son ensemble, et pas seulement en Angleterre. Si le ministère tombe, Poudlard sera le dernier espoir et le dernier bastion de résistance de la communauté sorcière britannique. Mais si le symbole d'unité et de paix qu'est Poudlard tombe, le monde magique s'effondre avec lui. Et tu peux être sûre que des milliers de sorciers se vendront à Voldemort par peur. Le ministère lui-même serait incapable d'enrayer cette panique. Ca a déjà commencé, bien sûr, mais Poudlard permet encore à bien des sorciers d'espérer. », finit-il avec un soupir de tristesse.

« Mais Dumbledore et Harry représentent aussi l'espoir de la communauté sorcière, non ? »

« C'est vrai, mais le pouvoir d'unité que représente Hogwarts est un symbole encore plus fort que le Professeur Dumbledore ou même Harry. Tous deux sont humains. Poudlard, en revanche, a vécu toutes les guerres depuis sa création. Beaucoup ont essayé de s'en emparer. Mais Poudlard a toujours résisté, a toujours tenu bon, et est toujours debout. C'est un symbole bien plus fort encore qu'un homme, qui lui, sera toujours faillible. »

« Alors pourquoi Voldemort n'a-t-il donc pas encore attaqué Poudlard directement ? », demanda Hermione.

« Il n'avait aucun intérêt à le faire, jusqu'à présent. Après tout, ç'aurait été signer son retour. Même s'il se refuserait certainement à cette comparaison, je dois avouer qu'il essaie au mieux d'appliquer le principe de Machiavel. Et ça, Dumbledore l'a bien compris. En réussissant à diviser la communauté sorcière quant à son retour, il l'a empêchée de se préparer à la guerre, tandis que lui préparait ses troupes lentement mais sûrement. Je dois au moins reconnaître une chose, c'est que c'est un véritable génie. Il ne serait pas devenu mage noir, il n'aurait eu aucun mal à être Ministre de la Magie. »

« Et s'il avait justement cet objectif ? », questionna Hermione après quelques instants de réflexion.

« Que veux-tu dire ? »

« Après tout, on ne sait pas qui sont ses Mangemorts. S'il réussit à en placer un et à le faire Ministre de la Magie… »

« Oh… Tu peux faire confiance à Dumbledore pour ne pas le laisser faire. », répliqua Mr Weasley.

« Mais si on ne sait pas qui sont ses Mangemorts, comment pourrait-on l'empêcher ? », insista Hermione.

« J'ai dit : Dumbledore saura bien l'en empêcher. », répondit Mr Weasley d'un ton sans réplique.

Un long silence s'installa, et Hermione ne reprit la parole que lorsqu'ils eurent roulés sur plusieurs kilomètres.

« Qui est déjà là-bas? Je veux dire, à Poudlard. »

« Oh ! Eh bien, toute la famille est là. Fleur Delacour, aussi. Et bien sûr, tout le reste de l'Ordre. »

« Et Harry, quand viendra-t-il ? »

« Dumbledore ne semble pas souhaiter qu'il vienne au moins avant deux ou trois semaines. », soupira-t-il d'un ton amer. « Personnellement, je crois qu'il aurait mieux valu qu'il arrive tout de suite, mais Dumbledore dit qu'il a ses raisons de le laisser chez ses Moldus. En tout cas, on devrait aller le chercher bientôt. »

« Vous n'appréciez pas les décisions du professeur Dumbledore, semble-t-il. », fit remarquer Hermione avec un léger sourire aux lèvres.

« Disons que je ne suis pas toujours d'accord avec lui. Mais il reste malgré tout un grand homme, sage et puissant. C'est tout ce qui compte pour moi. », répondit Mr Weasley d'un air évasif.

« Est-ce qu'il vous a interdit à vous aussi d'écrire à Harry. », demanda abruptement Hermione.

Mr Weasley poussa un profond soupir.

« Même si toutes les décisions qu'il prend ne me paraissent pas toujours être les bonnes, je dois avouer que j'adhère entièrement à celle-ci. Je comprends parfaitement que tu sois attristée ou énervée par cette interdiction, mais il serait extrêmement dangereux de laisser filtrer la moindre information pouvant montrer à Voldemort que nous connaissons ses plans. », répondit-il d'un ton ferme.

« Et quelles informations seraient susceptible de l'aider à savoir une chose pareille ? », répliqua Hermione, qui commençait déjà à s'énerver. « Vous ne nous laissez même pas assister aux réunions, et nous ne sommes tenus au courant de rien de ce qui se passe dans l'Ordre, alors comment voulez-vous que nous sachions quoi que ce soit qui soit utile à Voldemort ? »

« Je suis sur ce point entièrement d'accord avec Molly. Il est hors de question que vous assistiez aux réunions. Mais certaines choses comme les Oreilles à Rallonge ont prouvé que vous essayiez malgré tout d'écouter. De savoir. Raison de plus pour vous interdire de divulguer la moindre information à Harry. »

« Et vous ne croyez pas qu'il a le droit de savoir, lui, ce qui se passe ? »

« La Gazette du Sorcier diffuse les nouvelles. »

« La Gazette du Sorcier ne parle que des meurtres qui ont été commis. Meurtres qu'il a déjà vus du fait du lien qu'il a avec Voldemort. », répondit Hermione, qui bouillait de rage.

« Et il n'a pas à en savoir plus. »

« Je croyais pourtant qu'il était le premier concerné par cette histoire. », répliqua froidement Hermione, le premier instant d'incrédulité passé. « Mais il est vrai que, étant le premier concerné, il est normal qu'il soit le dernier à être au courant de tout. », conclut-elle, reprenant sans s'en rendre compte l'argumentation de son ami l'année précédente.

« Qu'est-ce qui te fais dire qu'il est le premier concerné? Il a certes vaincu Voldemort à l'âge d'un an, et il est désormais célèbre pour ça, mais ce n'est pas pour autant qu'il est le plus concerné par les affaires de l'Ordre. C'est Dumbledore, le plus concerné. »

« Vraiment ? Alors la prophétie au sujet de Harry ne le concerne pas ? C'est à cause de cette prophétie que Sirius est mort au Département des Mystères. C'est à cause d'elle que les parents de Harry ont été assassinés. Et vous dites qu'il n'a rien à voir là-dedans ? Que le plus concerné par les affaires de l'Ordre est Dumbledore ? », demanda-t-elle d'un ton ironique.

« Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? Dumbledore nous a bien parlé d'une prophétie, mais il n'a dit en rien qu'elle concernait Harry ? D'où tiens-tu ces informations ? », demanda-t-il d'un ton soupçonneux.

« Harry nous a dit quelle était la prophétie, à Ron et à moi, quand on est rentré de Poudlard. »

Hermione vit les maisons aux alentours sauter en arrière pour éviter l'écart que fit Mr Weasley.

« Harry vous a parlé de la prophétie ? »

« Oui, et elle le concerne lui, et lui uniquement. Dumbledore n'a absolument rien à voir là-dedans, sinon par le fait qu'il l'a connu pendant 15 ans sans rien en dire à Harry. », insista Hermione, trop heureuse de marquer un point sur Mr Weasley.

« Et de quoi parle-t-elle ? »

« Ce n'est pas à moi de vous le dire, Mr Weasley, mais à Harry. », répliqua Hermione. « A moins que vous ne préfériez demander au professeur Dumbledore, peut-être ? », acheva-t-elle avec un sourire ironique aux lèvres.

« Bien. Je n'en parlerai pas. Mais si ce que tu dis est vrai, alors c'est grave, car le professeur Dumbledore nous aurait menti pendant toutes ces années. »

« Il a bien caché la vérité à Harry pendant 5 ans, alors il n'en est plus à un mensonge près… », répliqua Hermione d'un ton froid.

Mr Weasley fronça les sourcils face au ton utilisé par Hermione, mais ne fit aucun commentaire. Hermione, quant à elle, jubilait intérieurement. Le pouvoir de Dumbledore sur ses fidèles allait bientôt commencer à s'effriter. Et bientôt sonnerait la fin de la partie pour Voldemort comme pour le vieil homme. Sa fameuse carte dans les paquets de Chocogrenouille risquait de perdre beaucoup de valeur, ce qui serait pire encore pour lui que la perte l'an passé de sa décoration de l'Ordre de Merlin, qui venait de lui être restitué il y a peu.

Mais aussitôt, Hermione blêmit considérablement.

« Qu'y a-t-il, Hermione, que t'arrive-t-il ? », demanda Mr Weasley d'un ton paniqué.

« Rien. Ce n'est rien, Mr. Weasley. », répondit Hermione d'une voix faible.

Elle recommençait à penser comme son père. Oh, certes, elle ne souhaitait pas encore la mort de Dumbledore, mais elle désirait ce qui pouvait lui faire le plus de mal possible. Mais l'héritage de son père se serait-il réveillé si elle avait ignoré le secret de sa naissance ? Ce secret si terrible n'était-il pas justement ce qui l'avait protégée pendant toutes ces années ? Hermione ne savait plus que croire. Et si les Granger lui avait réellement caché la vérité pour la protéger ? Non, ça, elle se refusait à l'admettre. Ils l'avaient fait pour se protéger, eux, de sa réaction. Ils savaient très bien qu'elle partirait dès qu'elle connaîtrait la vérité. Ils voulaient la garder exclusivement pour eux. Eh bien ils avaient perdu. Car elle ne retournerait plus jamais chez eux, foi d'Hermione Jedusor !

Voyant les émotions se succéder sur le visage d'Hermione, Mr Weasley fronça les sourcils, inquiet.

« Tu es sûre que ça va ? », redemanda-t-il.

« Oui. », affirma Hermione d'un ton plus ferme.

Remarquant la détermination dans ses yeux, Mr Weasley se tut. Après tout, il la connaissait bien et savait que si jamais elle avait quelque chose en tête ce ne pouvait être quelque chose de dangereux. Et il avait d'autres soucis en tête. Cette place possible de Ministre de la Magie lui serait peut-être bénéfique sur le plan financier, mais il n'oubliait pas l'attaque qu'il avait subie quelques mois auparavant et la terrible blessure que lui avait infligée le serpent, et il craignait pour la sécurité de sa famille si lui était nommé au poste de Ministre. Il était vrai qu'étant membre de l'Ordre du Phoenix, il était déjà visé, mais le Ministère étant la cible privilégiée de Voldemort, il courrait alors un plus grand danger. Certes, lorsqu'il avait rejoint la résistance à Voldemort, il avait accepté l'éventualité de mourir pour cette cause, mais cela ne l'empêchait pas de craindre pour son épouse et pour ses enfants.

Depuis la destitution de Fudge et la proposition de son nom à sa succession, Arthur Weasley ne parvenait plus à passer une nuit entière, toujours réveillé par un sentiment oppressant de peur ou par un cauchemar dans lequel son épouse et ses sept enfants étaient torturés sous ses yeux par Voldemort avant d'être tués par un maléfice d'éventrement ou d'écartèlement. Parfois, il arrivait que Lucius Malefoy remplaçât Voldemort dans son rêve, ou bien encore c'était Bellatrix Lestrange. Mais la trame du cauchemar était toujours semblable. Lui était enlevé au Ministère sous les yeux de ses collaborateurs impuissants, puis il se retrouvait dans un cachot avant de voir sa famille mourir et de recevoir enfin le coup de grâce de la main de son ennemi.

Rien de bien réjouissant, en somme, et il espérait de toute ses forces que ce ne fût pas un rêve prémonitoire. Certes, il avait pensé à demander à Mrs Pomfresh une potion de sommeil sans rêve, mais comme celui-ci revenait toutes les nuits, il avait peur d'en devenir dépendant. De plus, il savait que cette potion entraînait une somnolence durant la journée et, surtout, alourdissait le sommeil du patient. Or, il avait déjà assez de soucis comme ça sans en plus y ajouter la crainte de ne pas entendre des Mangemorts transplaner chez lui et se laisser enlever sans opposer la moindre résistance.

Hermione, quant à elle, réfléchissait aux implications que comportait la toute nouvelle installation de l'Ordre à Poudlard. Elle qui avait pris la décision de rechercher dans la Réserve des livres sur l'Ancienne Magie, cela allait lui être facilité. De plus, Dumbledore étant au Ministère et les élèves pour la plupart en vacances, il y avait fort à parier que la Bibliothèque serait plus accessible, et, qui sait, Mrs Pince ne serait peut-être même pas là pour la surveiller de son regard d'aigle. La question restait de savoir où dans la Réserve elle allait pouvoir trouver de tels livres parlant d'Ancienne Magie. Si seulement quelqu'un pouvait l'aider. Mais il était hors de question pour elle de demander à l'un des professeurs où Lily Evans avait pu trouver ces livres. Qui donc serait susceptible de l'aider ?

Bien vite, la réponse lui vint. Il y avait une personne qui pouvait le lui dire et qui se trouverait certainement à Poudlard. L'une des dernières personnes encore en vie parmi ceux qui avaient le mieux connu la jeune fille. Remus Lupin. Et il savait combien Hermione avait soif de connaissances. Il lui serait certainement extrêmement facile de se procurer une autorisation auprès de lui pour accéder aux livres de la Réserve si elle en avait besoin.

Bien sûr, Lockhart aurait sans doute été plus conciliant, mais elle devait faire avec les personnes qu'elle avait à sa disposition. Et en jouant sur la forte amitié que Lupin ressentait envers James et Lily et la profonde affection qu'il portait désormais à leur fils, elle pourrait parvenir à un résultat probant. Pour la première fois depuis cette terrible révélation, elle était heureuse d'être la fille de Voldemort, car elle savait que cette intelligence qui ne lui faisait jamais défaut et cette ruse dont elle avait su faire preuve à plusieurs reprises lui venaient de son père. S'il savait que c'était ces qualités qu'il possédait lui-même qui allaient causer sa propre perte !

Le reste du voyage se passa en silence : Hermione réfléchissait en effet à l'excuse qu'elle allait devoir donner à Remus Lupin pour avoir son autorisation en cas de besoin. Mr Weasley, quant à lui, respectait le silence d'Hermione. D'ailleurs, il était lui-même plongé dans ses pensées, et c'était une chance que la voiture ait été modifiée par magie, car il aurait pu plusieurs fois provoquer un accident grave. Fort heureusement, dès lors qu'il commençait à faire un écart important, les maisons ou les arbres bordant la route sautaient en arrière pour l'éviter, de même que les voitures qu'il lui arrivait de croiser en sens inverse… sur la même voie !

Après deux longues heures de route, la faim commença à se faire sentir et Mr Weasley arrêta la voiture sur le parking d'une aire d'autoroute moldue. Avec l'aide d'Hermione, qui s'occupait de payer leurs courses avec des livres sterling que Mr Weasley avait apportées, il parvint à acheter des sandwiches et des glaces qu'ils dégustèrent sur un banc non loin du parking.

« Il n'y a pas à dire. », lança Mr Weasley, « les Moldus sont extrêmement ingénieux. Je ne sais pas si je serais capable de fabriquer du froid sans le sortilège Glacium, et eux, ils y parviennent avec leur eckeltricité ! »

« C'est l'électricité, Mr Weasley. », répliqua Hermione avec un léger sourire aux lèvres.

« Oui, c'est ça. Et est-ce que tu sais comment ça fonctionne, leurs congettes à l'heure ? »

« Congélateurs. Non, je ne pourrais pas vous dire, je n'en ai aucune idée. Mais est-ce que vous pourriez arrêter d'en parler, s'il vous plaît ? Je n'ai pas trop envie de discuter du monde Moldu. »

Mr Weasley voulut répliquer mais en voyant que le visage d'Hermione s'était soudainement assombri, il préféra ne pas insister. Elle avait vraisemblablement des soucis avec ses parents.

Lorsqu'ils retournèrent près de la voiture, ils virent de loin un groupe de jeunes qui s'en étaient approché et qui tentaient visiblement de forcer la portière. Mr Weasley se retourna vers Hermione et lui fit signe de se taire, puis il sortit doucement sa baguette et murmura « Illusio ».

Enfin, il s'approcha de la voiture, accompagné d'Hermione et d'un berger allemand de grande taille. Le sourire aux lèvres, il s'éclaircit la gorge et demanda d'un ton léger :

« Excusez-moi, je peux vous aider ? »

Les jeunes sursautèrent et se retournèrent comme un seul homme. Le chef de la bande voulut un instant répliquer d'un air insolent, mais son regard tomba alors sur le chien qui grognait d'un air menaçant et ses yeux s'écarquillèrent de crainte et d'horreur.

« N… Non… Non, nous voulions juste… euh… regarder… », bafouilla-t-il.

Puis il fit signe à ses amis de se retirer, et ils partirent tous en courant à toutes jambes. Hermione et Mr Weasley rirent tous deux un long moment à gorge déployée avant de pouvoir retrouver leur sérieux. L'hilarité passée, Hermione essuya les larmes qu'elle n'avait su retenir et demanda à Mr Weasley ce qu'il avait créé comme illusion et s'il n'allait pas avoir de problèmes avec le Ministère pour avoir pratiqué la magie en présence de Moldus.

« Oh, ne t'inquiète pas, Albus saura arranger ça. Et d'ailleurs, j'ai eu une autorisation spéciale du Ministère pour utiliser la magie en cas de besoin. Et puis, il fallait bien leur donner une bonne leçon, non ? »

Hermione rit à nouveau, et c'est plus détendue qu'elle remonta dans la voiture. Le reste du voyage, Hermione demanda des nouvelles de la famille Weasley. Bill et Fleur s'étaient toujours plus rapprochés pendant l'année qui venait de se passer et Mr et Mrs Weasley s'attendaient à avoir une belle-fille avant que Ron et Hermione n'aient terminé leurs études.

Charlie, quant à lui, était selon ses propres termes trop occupé par son travail avec les dragons pour chercher une femme qui ne partagerait pas sa passion. Mais, lui confia Mr Weasley, en disant cette phrase, le visage de son deuxième fils avait pris une teinte semblable à la couleur de ses cheveux, ce qui n'avait pas manqué de faire rire ses frères et sœurs lorsqu'ils en avaient parlé, Mr Weasley s'étant contenté de sourire.

Percy, lui rapporta-t-il, travaillait toujours au Ministère mais il était retombé tout en bas de l'échelle hiérarchique, n'ayant plus à espionner Dumbledore et ses alliés pour le compte de Fudge. Il s'était fiancé avec Pénélope une semaine auparavant et avait eu la bonté d'inviter sa famille… après que Pénélope eût insisté des jours durant, arguant que ses propres parents voudraient certainement connaître la future belle-famille de leur fille. Cependant, ça n'avait pas réellement été une fête, et Percy s'était montré froid et distant avec ses parents comme avec ses frères. Seule Ginny avait eu le droit à son attention.

Le commerce que Fred et George avaient installé sur le Chemin de Traverse grâce à des fonds mystérieux fonctionnait à merveille et ils gagnaient désormais presque autant que leur père, profitant de leur argent pour faire des cadeaux à toute la famille. Seul Percy n'y avait pas eu droit, et les vives protestations de Molly n'y avaient rien fait.

Quant à Ron et Ginny, ils se préparaient tous deux à faire leur nouvelle rentrée à Poudlard et comme le reste de la famille, ils étaient déjà impatient de revoir Hermione, même si Ron avait semblé plus impatient encore que les autres. Le visage d'Hermione s'empourpra et Mr Weasley laissa apparaître un sourire amusé.

Bientôt, la nuit commença à tomber tandis qu'ils approchaient de Pré au Lard. Au loin sur leur droite, ils apercevaient les lumières d'une ville moldue. Par la fenêtre côté passager, Hermione pouvait voir des arbres défiler à toute vitesse pour former dans le rétroviseur une forêt dense mais dénuée de créature magique.

Hermione commençait à tomber de fatigue et seule la faim qui la tiraillait la tenait éveillée. Fort heureusement, le grand château fut bientôt en vue, et quelques minutes plus tard, les grilles de Poudlard se dressèrent devant eux. Mr Weasley agita sa baguette magique, et bientôt, Hagrid apparut, tenant une lanterne.

« B'soir, M'sieur Weasley, b'soir, Hermione ! », s'écria le demi-géant.

« Bonsoir Hagrid. », répondit Hermione d'un ton joyeux.

« Bonsoir, Hagrid, heureux de vous revoir. Albus est-il là ? », demanda Mr Weasley.

« Oui, M'sieur. J'vais l'prévenir que vous êtes arrivés tous les deux. »

« Merci bien, Hagrid. Je crois que les elfes de maison vont avoir du travail avec Hermione, car la demoiselle est affamée. »

Hermione, trop fatiguée pour débuter un nouveau discours sur l'esclavagisme des elfes de maison, acquiesça faiblement et se laissa mener jusqu'à la Grande Salle où se trouvait déjà l'Ordre presque au complet. Après un bon repas, Hermione se rendit avec Ron et Ginny vers la tour des Gryffondor, souhaita une bonne nuit à ses amis et monta vers son dortoir, où elle s'endormit à l'instant où sa tête toucha l'oreiller.

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Voilà ! Enfin de retour après une très longue période de complexe de la page (presque) blanche sur cette histoire doublé d'une tendance à la traduction intensive. Et maintenant, place aux RAR.

Link9 : Merci beaucoup pour ta review, ça fait chaud au cœur de lire que l'histoire est appréciée. En espérant que ce chapitre, qui rentre plus encore dans le vif du sujet, t'aura plu tout autant que le précédent.

Oceanne Black : Pour Harry et Hermione, ça va certainement mieux se passer que pour la relation avec Ron, mais ne compte pas non plus sur une réaction très positive de Harry… Du moins, pas au début…

Stephanie : Euh… pour le vite, j'aurais pu mieux faire, je crois… Mais au moins, j'ai quand même mis la suite (comment ça, c'est pas une excuse ?)

Cindy2008 : Merci pour ta review. Voilà la suite.

Viviane : Merci pour ta review. La suite ? Elle est juste au-dessus.

Chloe : Merci pour ta review. Je dois t'avouer que c'est un peu grâce à toi que je me suis remis à écrire. Voir, alors que je n'avais plus publié depuis deux ans, que certaines personnes la lisaient encore… Ca donne une bonne motivation pour reprendre… même si l'inspiration a mis un peu de temps à venir !