Bonjour, voici (« enfin ! », me direz-vous certainement) la suite de ma fic Secret de Familles. Bonne lecture à tous et encore une fois toutes mes excuses pour le temps que j'ai mis avant de terminer et de publier ce chapitre : j'ai eu beaucoup de mal à trouver l'inspiration pour l'écrire, mais je vous promets que, quelque soit le temps que je mettrai, je terminerai cette fic que j'ai commencée il y a déjà quelques années.
Disclaimer : Les personnages et les lieux que vous reconnaîtrez appartiennent tous à la talentueuse J.K. Rowling. Seul le professeur Havisson m'appartient. L'idée de départ est de Kim.
Spoilers : Les cinq premiers tomes sans la moindre allusion aux deux derniers.
Secret de Familles :
Chapitre 6 :
Trois semaines avaient passé depuis que Hermione avait rejoint l'Ordre et les Weasley à Poudlard. Fred et George passaient régulièrement, quand ils n'étaient pas dans leur laboratoire ou à leur boutique pour vendre leurs créations. La boutique engrangeait toujours plus d'argent que les jumeaux mettait à profit pour créer de nouveaux objets ou de nouvelles friandises. Parmi les dernières en date figurait un bonbon en forme d'éclair qui transformait le visage durant quelques minutes et permettait à des centaines d'enfants de ressembler à Harry, au grand dam de leurs parents qui ne pouvaient plus reconnaître leurs enfants. Lorsque Harry en avait eu vent, il avait immédiatement envoyé un hibou à Fred et George pour les remercier de cette idée : ainsi, il pourrait désormais aller et venir incognito si jamais il lui prenait l'envie de se promener sur le Chemin de Traverse.
Bill était là tous les soirs avec Fleur, lorsqu'ils rentraient de leur travail. Fleur était, Hermione l'avait découvert durant ces quelques semaines, bien moins superficielle qu'elle n'y paraissait au premier abord. C'était une fille intelligente et cultivée qui discutait volontiers sur des sujets pointus dans les domaines qu'elle appréciait. Et les deux jeunes filles s'étaient découvertes une passion commune : l'Arithmancie. Bill était très semblables aux jumeaux mais était aussi plus réfléchi et mesuré dans ses paroles et dans son comportement. Il avait l'humour de ses frères sans en avoir l'insouciance.
Charlie, lui, venait moins souvent, car son travail en Roumanie l'occupait beaucoup, d'autant que certains dragons étaient malades, ces derniers temps, et qu'il lui incombait de les soigner. Toutefois, d'après ses frères, il était fort probable que ses dragons malades ne soient pas sa seule occupation. Lorsque Charlie était venu deux jours plus tôt, Bill avait fait la réflexion d'un ton ironique et son frère cadet s'était défendu vivement. Cependant, son visage était si rouge qu'on ne s'étonna pas de voir de la fumée lui sortir des narines (même s'il était possible que les jumeaux aient eu leur part de responsabilité dans l'évènement avec leurs drabons, des bonbons en forme de dragons qui faisaient cracher des flammes froides et de la fumée pour une durée pouvant aller jusque plusieurs heures selon l'espèce. Charlie avait opté pour le Cornelongue Roumain tandis que Hagrid s'était aussitôt emparé d'un Norvégien à Crête, Fred et George ayant réservé leur plus grande réussite, le Magyar à Pointes, pour Harry.)
Ron refusait obstinément de faire les devoirs que leur avaient imposés leurs professeurs (« On est en vacances, Hermione ! J'ai encore le temps de les faire, jusque septembre. ») et préférait passer son temps à s'entraîner au Quidditch sur son balai, rejoint parfois par les jumeaux lorsque les réunions de l'Ordre étaient achevées, ou à jouer aux échecs contre Nick, qui se révéla être un formidable adversaire et parvint après quelques jours à battre Ron. Lorsque celui-ci s'en étonna (personne n'avait jamais réussi à le battre jusqu'à présent), le fantôme expliqua qu'il avait été champion d'échecs à Poudlard lorsqu'il avait fréquenté l'école. Et il n'avait perdu les premières parties que le temps de retrouver ses réflexes d'autrefois. Depuis, il ne se passait pas une journée sans que Ron défie Nick et après trois semaines, ils avaient gagné aussi souvent l'un que l'autre et nombre de parties s'étaient soldées par un match nul, ce qui soulageait Hermione, car elle ne savait qui encourager, de l'homme qu'elle aimait mais qu'elle ne pouvait plus se résoudre à accepter, ou du fantôme qui l'impressionnait favorablement par ses compétences logiques.
Ginny, quant à elle, était située entre son frère, ayant comme lui envie de voler sur son balai et le rejoignant parfois avec les jumeaux pour faire des matchs à deux contre deux, et Hermione, passant comme elle un temps considérable à la bibliothèque pour faire ses devoirs de vacances. Si Hermione appréciait au départ la compagnie de la jeune fille, elle commençait désormais à être légèrement agacée, car, ses propres devoirs de vacances étant désormais terminés, la présence de Ginny l'empêchait de mener à bien sa résolution : il lui était impossible de faire des recherches comme celles qu'elle s'était imposées si elle n'était pas entièrement seule. Et tout le temps passé avec Ginny à la bibliothèque était autant de temps de perdu, d'autant qu'elle n'aurait plus un tel accès aux livres une fois le premier septembre arrivé. Finalement, elle se mit à espérer que quelque chose ou quelqu'un arrive qui accaparerait la sœur de Ron et lui permettrait de commencer ses recherches sereinement...
Elle ignorait que son souhait était en cet instant même en train de se réaliser tandis qu'un homme d'environ quatre-vingts ans aux cheveux poivre et sel marchait à travers la campagne écossaise en direction de Poudlard. Cet homme était très connu car il était le meilleur Poursuiveur que la Finlande (et peut-être le monde) avait jamais vu jouer. Bien sûr, son nom ne disait rien à Hermione, qui ne comprenait toujours pas l'intérêt que les sorciers pouvaient porter au Quidditch, pas plus que celui que la plupart des Moldus portaient au football, mais pour Ginny, qui jouait au poste de Poursuiveur, il n'était rien moins qu'un héros. L'un des plus grand joueurs de Quidditch de tous les temps.
Mais l'homme élancé qui arrivait à Poudlard était bien plus qu'un simple joueur professionnel de Quidditch. Il connaissait le professeur Dumbledore de longue date car il était un héros de la guerre contre Grindelwald et avait combattu aux côtés de l'Ordre du Phénix lors de la dernière guerre contre Voldemort et c'était à ce titre qu'il venait voir le vieux directeur de Poudlard : en effet, le professeur Ombrage n'étant plus en mesure d'assurer ses cours suite à son agression par les centaures de la Forêt Interdite, l'école avait une fois de plus besoin d'un nouveau professeur de Défense contre les forces du Mal.
Après avoir longuement hésité, Jouni Havisson avait fini par décider d'accepter la proposition de son vieil ami et il était arrivé à Pré-au-Lard quelques heures auparavant, passant d'abord boire quelques Whisky Pur Feu à la Tête de Sanglier avec Abelforth.
Mais maintenant que les nouvelles avaient été échangées et qu'il avait été mis au courant par le vieux misanthrope des dernières évolutions de la situation en Grande-Bretagne, le professeur Havisson se dirigeait d'un pas décidé vers le château. Il savait bien que le Ministère faisait tout pour, comme lors de la première guerre, minimiser les problèmes, aussi, il ne faisait pas particulièrement confiance aux informations qui avaient filtré dans Le devin de Finlande, l'équivalent finlandais de La Gazette du sorcier, mais Albus ne lui avait rien dit de précis et il n'aurait pas crû que la situation était aussi grave. Cependant, il lui fallait désormais se rendre à l'évidence et il comprenait maintenant pourquoi son vieil ami avait demandé son aide.
Il était complètement plongé dans ses réflexions lorsqu'il se retrouva face à une arbalète pointée droit sur son cœur.
« Qui êtes-vous ? », demanda le propriétaire de l'arbalète.
Le professeur Havisson leva les yeux et vit l'un de ses anciens compagnons d'armes qui le regardait avec méfiance. Il leva un sourcil étonné, puis se souvint qu'il n'était plus aussi jeune que lors de la première guerre et qu'il ne devait pas s'attendre à être reconnu par quelqu'un qui ne l'avait pas vu depuis près de quinze ans.
« Je suppose que vous devez être Rubeus Hagrid, n'est-ce pas ? Je suis Jouni Havisson, le nouveau professeur de Défense contre les forces du Mal, vous ne vous rappelez pas ? J'imagine que Albus vous a prévenu de mon arrivée, non ? »
« Professeur Havisson ! 'Scusez-moi, professeur, j'vous avais pas reconnu. Faut dire qu'vous avez bien changé d'puis l'époque d'la première guerre. »
« Ma foi, mes cheveux ne sont plus aussi blonds qu'avant, c'est vrai, et j'ai pris quelques années. Mais vous pouvez m'appeler Jouni, après tout, nous nous connaissions déjà avant que j'accepte le poste de professeur à Poudlard et à l'époque, vous m'appeliez par mon prénom et vous ne vous embarrassiez pas de 'Monsieur Havisson'. »
Le demi-géant abaissa son arme et lui serra la main avec chaleur.
« Content d'vous r'voir, Jouni. Dites-moi, vous n'êtes pas venu uniquement pour enseigner la Défense contre les forces du Mal, n'est-ce pas ? »
« Albus ne m'a encore rien dit à ce sujet. Je suppose qu'il souhaite que je réintègre l'Ordre du Phénix et que je recommence à combattre Tom Jedusor, mais je ne sais pas ce qu'il attend exactement de moi. »
« J'reconnais bien là l'professeur Dumbledore ! Forcément, les hiboux peuvent être interceptés par les Mang'morts. Y pense à tout, l'professeur Dumbledore ! »
Le professeur Havisson eut un léger sourire. Il se souvenait de ce jeune homme qui, lors de la première guerre, faisait sans cesse l'éloge d'Albus. Hagrid donnait vraiment l'impression d'admirer son directeur.
« Eh bien, Hagrid, toujours garde-chasse ? »
« Toujours, mais maintenant, j'travaille aussi comme professeur ! », déclara le demi-géant avec une fierté bien audible dans sa voix.
« Professeur ? Et de quoi ? Je croyais que vous ne pouviez pas enseigner ? »
« C'est vrai, mais l'professeur Dumbledore a réussi à prouver à Fudge que c'était pas moi qui avais ouvert... enfin, qui avais fait c'qu'on disait qu'j'avais fait. Et comme l'professeur Brûlopot a décidé de prendre sa r'traite y a trois ans, l'professeur Dumbledore m'a proposé de prendre sa place. Et maint'nant, j'suis professeur de Soins aux Créatures Magiques ! »
« Félicitation, Hagrid, je suis heureux d'apprendre que vous avez pu avoir ce poste. Je suis sûr qu'il doit vous convenir à merveille, vous connaissez tant de choses au sujet des créatures magiques. »
« Merci, Jouni ! J'pense que j'me débrouille pas trop mal. Même si j'ai failli être renvoyé à cause d'un p'tit imbécile qui écoute rien de c'qu'on lui dit ! »
« Ce 'petit imbécile' est-il toujours à l'école ? Parce que si c'est le cas, je devrais certainement m'en méfier dans mes cours. »
« Pour sûr qu'il y est encore ! C'est Drago Malefoy, l'fils à Lucius Malefoy. Aussi arrogant qu'son père ! »
« Drago Malefoy... Alors Lucius a un fils... Je pense que ce serait intéressant de voir si le fils suit les traces de son père. Les rares fois où je l'ai eu face à moi, il a fait preuve de compétences en duel hors du commun. Ce n'était pas un adversaire facile à combattre. Je pense que je ferai faire quelques duels aux élèves afin d'évaluer leurs compétences. Ainsi, je pourrai voir de qui il faudra se méfier et qui pourrait devenir un sérieux atout pour l'Ordre à l'avenir. »
« C'est vrai, mais faudra vous méfier, parce que y a eu un traître lors de la première guerre. »
« Oui, Black. Je n'aurais jamais crû cela de lui. »
« C'était pas Black, le traître, c'était Pettigrow. »
« Pettigrow ? Celui qui a été tué par Black en plein milieu d'une rue Moldue ? Celui à propos duquel je me suis toujours demandé pourquoi Albus l'avait pris dans l'Ordre malgré ses faibles compétences en duel ? »
« Exact, Pettigrow. Mais j'aurais p'têt pas dû vous dire ça. »
« Ma foi, Albus me l'aurait sans doute appris assez rapidement, alors, plus tôt ou plus tard... »
Tous deux continuèrent leur chemin sans un mot, le professeur Havisson perdu dans ses pensées et Hagrid se sermonnant intérieurement d'avoir révélé des informations confidentielles, même s'il était certain qu'il s'agissait de choses que Jouni aurait apprises bien vite de la bouche même du directeur. Ils allaient atteindre le bureau d'Albus lorsqu'une voix les fit se retourner l'un et l'autre :
« Monsieur Havisson ? »
Le nouveau professeur de Défense contre les forces du Mal regarda la jeune fille qui venait de l'interpeler. Elle avait une chevelure flamboyante, un peu comme celle de Lily Evans ou de Molly Weasley, et le regardait avec un étonnement mêlé d'admiration. À ses côtés se tenait une jeune femme plus âgée d'environ deux ou trois ans aux cheveux bruns broussailleux.
« Oui ? », répondit-il.
« Vous êtes bien Jouni Havisson, le grand Poursuiveur de l'équipe nationale de Finlande ? », répéta-t-elle.
« C'est bien moi, en effet. Je suis surpris qu'une fille aussi jeune que vous me connaisse, cela fait bien vingt ans que j'ai raccroché ma robe au vestiaire. »
« Mais vous restez l'un des plus grands Poursuiveurs de tous les temps ! », s'exclama la jeune fille. « Il n'y a que Gwenog Jones qui soit à votre hauteur ! »
« Vous me flattez, Mademoiselle. Vous jouez vous-même au Quidditch ? »
« Au même poste que vous, vous êtes l'une de mes idoles avec Jones et de Fréaux », répondit-elle.
« Julien de Fréaux... Un redoutable adversaire. Lorsque je suis parti, il était à ses débuts, je suis heureux de ne pas avoir dû jouer contre lui. »
« Mais vous étiez le plus fort ! »
« Il faut savoir s'arrêter, quand on joue à un tel niveau. Quand j'ai choisi de ne plus jouer, je sentais que j'étais sur la pente descendante. Tandis que lui montait vers les sommets. J'ignore si j'aurais été capable de tenir en face de lui. Mais je ne sais pas encore à qui j'ai l'honneur de parler ? »
« Ginny Weasley, Monsieur Havisson », s'empressa de répondre la jeune fille. « Et voici mon amie Hermione Granger. »
« Vous jouez également au Quidditch, Miss Granger ? », demanda Havisson.
« Non, et mes amis Ron et Harry n'arrêtent pas de dire que je ne comprends rien et ne comprendrai jamais rien à la beauté de ce sport si noble. »
« Vous me rappelez mon épouse, lorsque je l'ai rencontrée. Je crois que c'est son manque d'intérêt pour le Quidditch qui m'a fait l'apprécier », sourit-il. « Et vous, Miss Weasley, êtes-vous de la famille d'Arthur et Molly Weasley ? »
« Je suis leur fille », acquiesça-t-elle. « La dernière de leur sept enfants. »
« Sept enfants ! », s'exclama le professeur Havisson. « Je suis impressionné ! »
« Ma mère voulait absolument avoir une fille », répliqua Ginny avec un sourire malicieux.
« C'est vrai, je m'en souviens, elle n'arrêtait pas d'en parler avec Lily Evans. Elle préférait avoir des fils et elle a été exaucée. C'est tellement dommage qu'elle n'ait pas pu plus profiter de sa présence. »
« Vous avez connu les Potter et mes parents ? »
« Nous faisions partie d'un groupe d'ami, tous les cinq. »
« N'ayez pas peur de le dire, Jouni, Ginny et Hermione connaissent bien l'Ordre du Phénix, elles connaissent même la plupart de ses membres actuels. »
« Mais Harry m'avait parlé d'une photo sur laquelle se trouvaient les membres de l'Ordre du Phénix. Il n'avait pas mentionné votre nom », s'étonna Hermione.
« C'est exact, mais je n'étais pas là, lorsqu'ils ont pris la photo. J'avais dû me rendre à une réunion au Ministère finlandais de la Magie, une réunion qui avait été décidée à la dernière minute. Le Harry en question, serait-ce Harry Potter ? »
« Exact », intervint Hagrid. « Désolé, Hermione et Ginny, mais Jouni doit absolument rencontrer l'directeur maint'nant. »
« C'est vrai », convint Havisson. « Mais nous aurons de toute façon tout le temps de discuter, si vous restez à Poudlard. »
« Vous allez rester ici ? », s'écria Ginny.
« Albus m'a proposé le poste de Défense contre les forces du Mal, je resterai donc environ un an ici. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée. Miss Weasley, Miss Granger », les salua-t-il en inclinant la tête.
« Au revoir, professeur Havisson », répondit poliment Hermione.
« À bientôt, professeur ! », s'exclama Ginny.
Le professeur Havisson secoua la tête en souriant et passa la gargouille qui gardait le bureau de Dumbledore. Il était temps de revoir son vieil ami après bientôt vingt ans passés loin de l'Angleterre et de ses anciens compagnons d'armes. Il frappa et la voix bien connue de son ami l'invita à entrer. Il ouvrit alors la porte et pénétra dans le bureau aux couleurs de Gryffondor.
« Jouni, mon vieil ami ! Je suis tellement heureux que tu aies accepté mon invitation ! Une tasse de thé ? »
« Ma foi, je n'allais pas refuser de te revoir après tant d'années », répondit Havisson après avoir accepté l'offre de son ami. « Et d'après ce que m'a appris Abelforth, la situation a l'air d'être plutôt préoccupante. »
« C'est vrai que l'inaction de Fudge a plutôt joué en faveur de Voldemort qu'en notre faveur. Mais nous n'avons pas le choix, il nous faut faire avec nos maigres moyens. »
« Comme il y a vingt ans, Albus. Et si je me souviens bien, nous ne nous étions pas trop mal débrouillés. »
« Tu as raison. Mais nous n'aurions rien pu faire sans le sacrifice des Potter. »
« C'est vrai que nous n'étions pas en très bonne posture. En parlant des Potter, Hagrid m'a dit à l'instant que c'est Pettigrow qui les aurait trahi, et non Black. C'est la vérité ? »
« Hélas, oui. »
« Alors quand Black a tué Pettigrow lors de leur duel, c'était par vengeance, non pour éliminer ses anciens amis les uns après les autres ? »
« En réalité, Pettigrow n'est pas mort. C'est un Animagus, tout comme l'étaient Sirius et James. »
« L'étaient ? », releva Havisson.
« Sirius Black a été assassiné par sa cousine Bellatrix Lestrange lors d'un duel au département des Mystères, en juin dernier. »
« Lestrange... Je savais, pour l'avoir combattue, qu'elle était puissante, mais je n'aurais jamais cru qu'elle aurait pu tuer Black. »
« Elle l'a vaincu par surprise. Il ne s'attendait pas à recevoir un second maléfice et il a traversé le Voile de la Mort dans la salle du même nom. »
« Le Voile de la Mort... », murmura Havisson. « Alors il existe réellement. J'en avais entendu parler, mais je croyais que ce n'était qu'une légende. »
« C'en est une, en ce sens que ce n'est pas la Mort elle-même qui l'a tissé, mais c'est une réalité que les scientifiques du département des Mystères étudient depuis des décennies sans parvenir à savoir quels maléfices il contient. Il semble qu'il aspire ses victimes, comme une sorte de Moremplis géant qu'un mage noir aurait apprivoisé ou vaincu et accroché à deux tringles. Mais comme personne n'est jamais parvenu à capturer un Moremplis, tout cela ne reste qu'une hypothèse sans fondement possible. »
« Et cette histoire de voix venu d'Outre-Tombe ? Est-elle vraie, elle aussi ? »
« J'ai entendu de nombreux murmures sortir de ce voile. Mais j'ignore s'ils étaient l'effet de mon imagination ou d'un simple maléfice supplémentaire, ou s'il s'agissait réellement de voix venant de mon passé. De toute façon, je ne le saurai jamais, car si la légende dit vrai, j'ai vu tellement de personnes mourir que je ne serais pas capable de reconnaître leurs voix si elles me parlent toutes en même temps. »
« Mais ce n'est pas pour parler de ce Voile de la Mort que tu m'as demandé de venir, n'est pas ? »
« Non, tu as raison. Je t'ai fait venir pour te demander plusieurs choses. »
« Et ma couverture sera mon poste de professeur de Défense contre les forces du Mal, me tromperais-je ? »
« Nullement. »
« Je t'écoute. »
« Je voudrais te demander de rejoindre une nouvelle fois l'Ordre du Phénix. »
« J'étais surpris que tu n'aies pas déjà fait appel à moi l'année passée : d'après ce que j'avais lu, le jeune Potter et toi n'avez cessé d'annoncer le retour de Voldemort sans être entendus. »
« Justement, sans être entendus. Et je ne crois pas que l'homologue finlandais de Fudge aurait consenti à ce que tu viennes en Angleterre s'il avait pensé que nous n'avions pas vraiment besoin de toi. Quant à Fudge, il nous a mis tant de bâtons dans les roues qu'il n'aurait certainement pas hésité à faire de même pour empêcher ta venue. »
« Mais maintenant que Fudge a été démis de ses fonctions et que le retour de Voldemort a été officiellement reconnu, Hakannen n'avait plus de raison de te refuser mes services », comprit Havisson.
« C'est cela, effectivement. Je n'ai pas eu à user de beaucoup de persuasion pour obtenir son accord. Après tout, il a vite compris que Voldemort était un problème pour tout le monde et que déléguer sur place l'un de ses meilleurs hommes permettrait peut-être de régler le problème à la source et d'éviter qu'il ne se propage dans le reste de l'Europe. »
« Tu me flattes, Albus. »
Le vieil homme se contenta de sourire et but une gorgée de thé. Lorsqu'il reposa sa tasse, son regard avait très légèrement changé : les étincelles qui brillaient habituellement dans son regard bleu avaient laissé la place à un œil dépourvu de toute malice dans lequel ne se lisait plus que la détermination et le sérieux.
« Comme tu l'as déjà deviné, ta couverture sera ton poste de Défense contre les forces du Mal. »
« Mais ma véritable mission sera ? »
« Je voudrais te demander de surveiller certains de tes élèves de sixième année. »
« Tu te méfies d'eux ? »
« Je voudrais surtout que tu les protèges. »
« Tu crois donc qu'ils sont en danger. »
« Le château abrite de nombreux enfants de Mangemorts, et beaucoup parmi eux sont déjà partisans de Voldemort. Or, ces personnes intéressent ou pourraient intéresser de près Voldemort. Je compte donc sur toi pour les protéger contre ses attaques et celles de ses partisans à Poudlard. »
« Et quelles sont ces personnes ? »
« Harry Potter, bien entendu. »
« S'il a hérité du comportement de son père et qu'il se jette tête baissée dans toutes les batailles, il aura effectivement besoin d'aide, à défaut de protection. Il y en a d'autres ? »
« Trois autres. Ginny Weasley et son frère Ron... »
« Je l'ai rencontrée à l'instant, je crois que j'ai déjà sa confiance. Et qui sait, peut-être son frère me tient-il lui aussi en haute estime ? »
« C'est possible, il est gardien et pourrait demander tes conseils pour mieux éviter les feintes et les attaques adverses. »
« Il est possible que je lui donne quelques conseils, effectivement. Même si en tant que professeur, je suis sensé rester impartial », ajouta-t-il vertueusement. « Et quelle est la dernière personne que je dois protéger de Voldemort ? »
« La meilleure amie de Harry Potter. Hermione Granger. »
Hermione qui doit être protégée de Voldemort ? Dumbledore se doute-t-il de quelque chose en ce qui concerne sa filiation ? En tout cas, vous pouvez être sûrs que le professeur Havisson s'acquittera avec zèle de sa mission, sans pour autant donner l'impression qu'il est trop proche de quatre Gryffondors. Pour la suite, je préfère ne vous donner aucune indication temporelle : je suis malheureusement peu inspiré pour continuer cette fic, moins encore que pour les autres, mais je vous assure que je continuerai à l'écrire. J'espère vous revoir bientôt pour un nouveau chapitre, si jamais Dame Calliope, la Muse de l'écriture, daigne m'accompagner durant les prochaines semaines.
