Le soleil rougeoyant touchait déjà la falaise en cette fin de journée, répandant une longue ombre bleue et froide sur la lumière vermeille du jour mourant ; dans l'arène, au pied de la colline, la reine et le garçon blond croisaient le fer rageusement, comme tous les après-midi, mais peut-être plus rageusement ce jour-là que les autres après-midis…
Link avait fait en quelques mois à peine des progrès spectaculaires, et Nabooru trouvait de plus en plus excitant de le combattre, de recevoir ses coups, se heurter à sa résistance, soutenir la pression de sa lame sur la sienne, et le vaincre tout de même…
Et ce jour-là encore, il ne la déçut pas… Comme toujours, il ne portait que son bliaut vert, dont il avait fait glisser de ses épaules et noué autour de sa taille le haut, restant torse nu pour mieux supporter la chaleur. Il avait la peau dorée comme un pain d'épices, il y avait déjà longtemps qu'il s'était accoutumé au soleil mordant du désert et ne rougissait plus… Si jeune, douze ans à peine, encore petit, fin et poupin, il dégageait déjà une virilité naturelle, et l'aura de force et de sauvagerie des futurs grands guerriers. Il s'échinait d'ailleurs, suant sang et eau, une plaie en travers du buste, des hématomes violacés partout sur le corps, cheveux collés, dents serrées et regard meurtrier, à la frapper encore, encore et encore, à la bombarder de coups d'épée, de toutes ses forces, à la vaincre enfin, pour la première fois… La belle femme aux longues formes athlétiques, cimeterre à la main, souriait de le voir aussi passionné… ce petit esclave avait gagné son intérêt…
Le soleil avait disparu derrière la colline ; dans un cri formidable de sa petite voix claire d'enfant pourtant déjà chaude et puissante, Link parvint à la surprendre en enchaînant pas moins de trois attaques-tornade ! Mais la fière guerrière gerudo, trop experte, trop rompue à l'art du corps-à-corps avait un trop bon jeu de jambes pour s'y laisser prendre ; étourdi par ses propres pirouettes, il ne parvint à la toucher, et n'eut que le temps de se retourner avant que sa contre-attaque ne le prenne en plein torse ; dans un vrai combat, si elle n'avait pas arrêté son geste, elle lui aurait transpercé le cœur… encore vaincu, mais face à face, comme un homme.
Pourtant il y avait cru cette fois !
De rage, il ficha son épée dans le sol d'un geste excédé et brutal, un regard farouche dans ses beaux grands yeux bleus…
Quel regard…
Ce gosse…
Était-ce parce qu'il n'était pas un homme mais encore un gosse ? Il était tout ce qu'elle aimait chez un homme ! Il en avait les caractéristiques, mais pas les travers : comme elle l'attendait d'un homme, il avait un joli visage, un corps bien fait, un minimum de bon sens, du cran, du caractère et de l'amour-propre, mais pas encore la prétention, la lourdeur, la vulgarité, la brutalité, ni la carrure intimidante, les muscles saillants et durs, la barbe et la forêt de poils dégoûtants qu'elle ne supportait pas chez un homme.
Tout d'un homme, sauf ce qu'elle ne supportait pas chez un homme…
Oh oui…
Elle le savait déjà courageux, volontaire, discipliné, respectueux et animé de bonnes intentions, et voilà qu'à présent elle le trouvait séduisant !
Nabooru sourit de toutes ses dents, avidement, se passant la langue sur les lèvres, se les mordillant, curieusement cambrée, avec dans ses grands yeux noisette aux longs cils laqués de noir et aux paupières fardées d'or une espèce de lueur pétillante… Elle se mit à rire, un rire de fond de gorge presque obscène ; une excitation comme elle n'en avait plus ressentie depuis très longtemps s'était emparée d'elle, la chatouillant partout à la faire frissonner… oh non, il n'était pas question d'arrêter là un corps-à-corps aussi intense…
Elle avait envie de lui, tout simplement…
L'ordre jaillit tout seul, comme de lui-même, grondement impérieux assorti d'un geste sec et brusque, doigt tendu désignant le sol :
« Esclave ! J'ai un désir à satisfaire ! »
L'adrénaline du combat l'ayant quitté, le garçon, les jambes en coton, marqua un temps d'arrêt, interdit… Il n'avait pas compris l'ordre que sa maîtresse lui avait donné, et sur son beau visage juvénile la mâle rage guerrière cédait peu à peu à une vulnérable candeur…
La reine gerudo l'attrapa sèchement par un bras, lui causant soudain une peur dont il aurait presque pleuré ; elle le traîna derrière elle par le bras à grands pas vifs jusqu'à sa tente, et le jeta sur le lit comme un fétu de paille.
« Maîtresse, implora-t-il, qu'est-ce que j'ai fait de mal ? »
Il crut l'avoir frappée trop fort, s'être montré trop agressif, et qu'elle allait le punir pour ça ; il tremblait comme une feuille, allongé sur le dos bras en croix…
Elle lui arracha d'un geste le peu de tissu qui le dissimulait encore, révélant en totalité son corps bronzé, juvénile mais déjà robuste et parfaitement proportionné, poussant un grognement effrayant en fixant soudain son sexe de l'ambre de ses yeux devenu vitreux…
À son tour elle se dévêtit, frénétiquement, jetant au loin ses bracelets et son pendentif, ses gants et ses babouches, son étroit et minuscule corsage et son ample saroual qui la révélèrent dans toute son impudique et splendide nudité…
Elle était mince, étroite, athlétique, des muscles noueux sur une ossature fine, mélange de force et de féminité d'une sensualité indicible ; sa peau avait la couleur du caramel, ses seins n'étaient pas gros, mais ronds et fermes, orgueilleusement dressés, les taches brunes de ses tétons durcis à lui faire presque mal, sa taille était si fine que les deux mains d'un homme auraient suffi à en faire le tour, ses cuisses étaient longues et musclées, et entre ses hanches étroites où l'on voyait les os de son bassin rouler sous sa peau, son sexe n'était qu'à peine couvert d'une toison rousse soigneusement taillée en une fine bande.
Link n'avait encore jamais vu une femme entièrement nue, mais il eut la certitude qu'elle était magnifique, d'une beauté qui lui coupa le souffle…
…c'est à cet instant qu'il s'aperçut que son sexe était dressé, dressé et douloureux, comme le matin avant d'être tout à fait réveillé, ou comme quand il urinait, sauf que cette fois il ne retombait pas, ça ne passait pas, ça restait, de plus en plus douloureux à chaque seconde, mais une douleur perversement délicieuse…
Nabooru s'en aperçut aussi, car elle partit à cette vue d'un rire presque dément, les yeux plissés et le visage déformé par un large sourire…
« Je vais te manger tout cru ! » s'exclama-t-elle en se jetant sur lui avec envie.
Elle haïssait les hommes.
Encore plus depuis que Ganondorf l'avait prise et abusée comme une vulgaire esclave, mais elle avait toujours haï les hommes, ne les tolérant que comme distraction, jouets sexuels vivants ; mais à cet instant elle trouvait Link si mignon et touchant qu'elle était quasiment consumée d'un désir qui la rendait folle !
D'un geste vif et sûr, elle lui empoigna le sexe tandis qu'elle s'accroupissait au-dessus de lui, et le dirigea vers le sien ; quelque part entre la peur, le dégoût et la fascination, le garçon serra le drap sous lui dans ses poings…
Et enfin, en un éclair, sans effort, la superbe Gerudo s'empala sur le sexe dressé avec un soupir de satisfaction ; Link faillit arrêter de respirer en sentant clairement son sexe comme happé brusquement et violemment au fond du trou, glissant à toute vitesse comme sur une surface lisse et parfaitement huilée : le désir de la reine était si intense qu'elle l'avait accueilli en elle sans défense, sans retenue, et la forme de son corps épousait celle du corps de l'enfant comme s'ils étaient faits l'un pour l'autre ; s'il n'avait pas été aussi intimidé, il aurait senti que c'était doux, chaud et humide, étroit mais glissant, une caresse, un plongeon dans un océan brûlant de plaisir électrisant, la sensation que tous les hommes meurent de sentir sur leur sexe… la sentir sur le sien, sentir la chair de cette femme magnifique contre la sienne, si parfaitement imbriquées, fut pour Link une sensation tellement étrange, inquiétante et délicieuse à la fois qu'il s'entendit presque inconsciemment pousser un cri bestial, qui martela ses tempes et affola son cœur dans sa poitrine…
Et puis son esprit s'échappa.
Quasiment assommé par l'effort physique et le flot de sensations complètement nouvelles et stupéfiantes qu'il provoquait en lui, il ne parvenait plus à se focaliser que sur une seule et unique pensée :
Il faisait l'amour pour la première fois.
Sa première fois !
Une femme magnifique, une reine, était sur lui, contre lui, et lui en elle, et malgré sa surprise, son effarement, sa peur, peur de mal faire, de lui déplaire, de la décevoir, peur de cet acte brutal et de ces sensations inédites, il ne pouvait se sentir que fier et heureux qu'elle, et nulle autre, lui offre sans même qu'il en ait rêvé ce dont tous les garçons de son âge rêvent et ne cessent plus jamais de rêver : faire de lui un homme…
Dominatrice au-dessus de lui retourné sans défense, altière, ses longs cheveux roux en queue-de-cheval fouettant l'air à chaque va-et-vient, rugissant, riant, belle et épanouie, elle le chevauchait avec autorité, prenant de lui tout son plaisir, un plaisir qu'elle n'aurait jamais imaginé prendre avec un aussi jeune garçon, vierge et inexpérimenté, un plaisir qui la surprenait autant à chaque pénétration, décuplé par la force et la valeur qu'elle connaissait au gamin, l'affection qu'elle avait pour lui et la dimension à la fois pédophile et quasi-incestueuse divinement culpabilisante et excitante, diffusant du creux de son ventre à travers tout son corps des décharges électriques de pur bien-être, et chacun de ses coups de reins, chacun des allers-retours de la chair de son sexe le long du sien, chacun des coups en cadence de son bassin contre le sien, chacune des pressions de son poids sur ses testicules propulsait un peu plus fort et un peu plus loin que le précédent à travers tout le corps fiévreux et frissonnant du garçon une sensation de plus en plus humide et brûlante qui l'étourdissait et lui coupait le souffle à le faire gémir…
Il était en sueur et avait des picotements partout et l'impression de bourdonner. La sensation devenait de plus en plus forte, de plus en plus écrasante, jusqu'à l'envahir, le remplir tout entier, et là, il eut soudain l'impression à la fois effrayante et libératrice que son sexe explosait, et sentit clairement une grande quantité d'un liquide brûlant en jaillir, lui arrachant un bref cri étouffé qui sonna comme un coup de tonnerre, et la tête lui tourna tellement fort, jusqu'à la nausée, qu'il manqua de perdre connaissance…
Sur lui, après un violent frisson, Nabooru s'était soudain figée, avec un air angélique qu'il ne lui connaissait pas sur le visage et dans un profond soupir ; elle se sépara de lui et s'allongea mollement à côté de lui sur le grand matelas.
« Mais qu'est-ce que j'ai ?! Mais qu'est-ce que j'ai ?! haleta l'enfant, bouleversé et terrifié, tremblant, étourdi, incapable de reprendre ses esprits.
– Tu jouis, gamin, lui susurra la Gerudo à l'oreille, ce qui est normal avec moi. »
Se prenant le visage entre les mains, il se mit soudain à pleurer, hoquetant agité de spasmes.
« Pardon, Maîtresse, sanglota-t-il, je… je crois que j'ai fait pipi. Sur toi… »
Nabooru partit d'un grand rire flûté, sans méchanceté.
« Mais non, petit idiot, tu n'as pas fait pipi ! C'est ta semence ! »
Link se sentit en effet tout à fait idiot. Honteux et furieux contre lui-même de pleurer comme un enfant alors qu'elle l'avait traité comme un homme, il essuya ses yeux du revers de sa main gauche, renifla bruyamment et dit d'un ton grave :
« Pardon, Maîtresse, je… je vais laver les draps.
– Oublie ça, petit homme, lui chuchota-t-elle doucement tout en laissant courir son index sur le jeune torse encore imberbe et déjà marqué de cicatrices. Il sera bien temps plus tard… Pour le moment, profite encore un peu de ces quelques instants après l'amour où nous sommes encore un peu l'un à l'autre… Ce sont des instants sacrés, car ils ne durent pas… »
Il soupira profondément…
Elle avait raison ! C'était trop bon ! La sentir contre lui, effondrée, désarmée, enfin tendre, enfin simplement femme, la femme qui venait de l'aimer et qu'il venait d'aimer, sa moitié, son égale, et non plus la maîtresse dont il était l'esclave…
Et ce corps…
Ce corps de femme…
…que c'est beau un corps de femme !
Il inspira profondément.
Elle sentait si bon, un peu fort, mais si bon, cette odeur chaude et épicée de cheveux et de peau imprégnés de sueur mêlée de leurs sécrétions…
Et sa peau brune était si douce…
Il se blottit encore plus étroitement contre elle.
Oh, comme il aimait le contact de sa peau contre lui, sa peau et ses seins moelleux, son ventre plat, ferme et doux, le creux de sa taille et l'arrondi de ses hanches…
C'est alors qu'avec un sourire malicieux et un geste du poing qui mimait un coup sur une surface, ce fut elle qui rompit le silence quasi-religieux de cet instant magique, en lui glissant :
« Et, dis-donc… bonne petite quiquette, hein !? »
