AVERTISSEMENT: chapitre classé M/interdit aux moins de 18 ans

« Alors, Raj-el Srir, c'est "petite femme" qu'il va falloir t'appeler si tu continues à cogner comme ça ! »

En garde et transpirante, cimeterre à la main, Nabooru le regardait droit dans les yeux, et souriait d'une oreille à l'autre, lumineuse, belle et sensuelle.

Bien droit sur ses pieds, arme baissée, dans une position faussement détendue provocatrice, Link lui lança un regard de velours de ses beaux yeux bleus et un sourire chavirant de sa belle bouche à la lèvre ourlée en lui répliquant :

« C'est toi qui cognes comme une femme, Maîtresse. Si j'enlève mes bracelets lestés, tu vas voir qui est l'homme ici… »

La superbe femme rousse à la peau hâlée sourit de plus belle, le bout de sa langue frétillant entre ses dents et ses yeux d'ambre plissés par l'excitation ; lui, prenant la bandelette du bracelet lesté qu'il avait au poignet gauche entre ses dents et tirant lentement et lascivement dessus comme il aurait délacé le corsage d'une vierge, ne détachait pas ses magnifiques yeux de saphir de ses yeux d'ambre…

Difficile à les voir, lui si viril et elle si taquine, de croire qu'il avait treize ans et elle vingt-sept ; ou qu'elle était une reine et lui son esclave…

Quelque chose avait changé entre eux depuis la nuit où Link avait frôlé la mort.

Au petit matin, Nabooru s'était rendu compte qu'elle avait passé la nuit entière auprès de lui à lui tenir la main.

Passé la nuit entière avec lui !

Elle s'était levée en sursaut, affolée : passer la nuit entière avec un homme… mais seule une épouse passe des nuits entières avec un homme ! Une épouse, une femme qui appartient à un homme, son esclave ! Dans le code de conduite gerudo, c'était l'aveu de faiblesse le plus dégradant qui soit !

Comme une gamine prise en faute, une adolescente qui a fait le mur pour aller retrouver son petit copain et entend soudain la clé tourner dans la serrure et les parents rentrer plus tôt que prévu, elle avait passé la tête dehors par l'entrée de la tente, et regardé nerveusement de tous les côtés… Ouf, personne n'était encore levé…

Elle était retournée à sa tente sur la pointe des pieds, sans faire un bruit et avec d'infinies précautions, s'était rapidement rafraîchie, maquillée et coiffée, et était ressortie en grande pompe réveiller tout le monde comme tous les matins, comme si elle avait passé la nuit dans sa chambre ; hypocritement, comme si elle ne venait pas de le quitter à l'instant et ignorait tout à fait dans quel état il était, elle avait demandé si le chien d'esclave avait passé la nuit et était toujours vivant.

Un moment après, elle avait eu toutes les peines du monde à s'empêcher de bondir, crier et pleurer de joie quand la vieille guérisseuse était revenue de la chambre du jeune garçon en annonçant qu'il était réveillé et avait demandé à manger…

À partir de cet instant, elle n'avait plus montré de sévérité excessive ou de fierté mal placée ; le surlendemain, enfin totalement rétabli, il avait repris l'entraînement, et quand il s'était présenté devant elle, elle lui avait parlé ; pas donné des instructions, mais bien parlé, oh, juste demandé comment il se sentait, bien sûr, mais en le regardant dans les yeux, et avec un sourire, et l'essentiel était là ; surpris, ravi, il n'en avait que mieux combattu ; alors comme à chaque fois qu'il combattait bien, elle avait été de bonne humeur ; et comme à chaque fois qu'elle était de bonne humeur, lui l'avait été encore plus et avait combattu mieux encore ; ils étaient redevenus parfaitement complices, et Link s'était mis à progresser comme jamais !

À présent, il combattait encore mieux, bougeait encore plus vite et frappait encore plus fort avec ses bracelets lestés qu'avant sans ce surpoids…

Et ce jour-là, leur combat d'entraînement était d'une intensité qu'ils n'avaient jamais encore atteinte ; elle monta encore d'un cran quand les quatre bracelets lestés eurent chu à terre…

Les quatre membres enfin libres et légers, Link piaffa, roula des poignets, des épaules et du cou, faisant craquer ses articulations ; Nabooru sourit en coin ; il était si beau… treize ans, encore un enfant, mais déjà presque un homme, son petit homme, petit, menu, poupin, mais robuste, parfaitement proportionné, plein de santé et de vigueur, torse nu juste décoré d'un pendentif au bout d'une ficelle à son cou, une peau douce hâlée comme un pain qui sort du four et émaillée de cicatrices d'une affolante virilité, un regard droit, franc et conquérant dans de magnifiques grands yeux bleus comme le ciel, un sourire chaque jour plus charmeur, et ses cheveux d'or, épais et soyeux, qui avaient repoussé juste assez pour ployer à nouveau vers ses épaules sous leur propre poids, qui lui faisaient comme un soleil éclatant, une lumière angélique autour du visage…

Mais quand il repassa à l'attaque, il n'avait plus rien d'angélique ; sa vitesse et sa puissance étaient tout à coup phénoménales ; le sable ocre du désert sous leurs pieds se soulevant en nuées, ils croisèrent le fer comme deux bêtes sauvages, échangeant une pluie de coups rapides et brutaux, parant, frappant, parant et frappant à nouveau, le tintement métallique de leurs lames devenant assourdissant ; jamais la superbe reine n'avait pris un tel plaisir à l'art de la guerre… poussant un cri de joie, elle se fendit d'un ample et puissant coup d'estoc, bras tendu droit devant elle, transperçant l'air sur deux bons mètres en avant ; si le garçon blond avait été sur la trajectoire, elle l'aurait embroché de part en part… mais il avait anticipé son mouvement et en avait profité pour passer derrière elle avec une rapidité qui la surprit et, tendant simplement son épée en avant, il n'eut qu'à piquer de dos de son adversaire laissé découvert et sans défense…

« Un partout », déclara-t-il.

Nabooru fit une grimace ; il était rare qu'il parvienne à revenir au score… surtout en parvenant à la prendre en défaut aussi parfaitement… dans son dos… si ça avait été un vrai combat, il ne lui aurait laissé aucune chance de survie. Là, elle aurait bien mérité qu'il lui trace une estafilade comme toutes celles qu'elle lui avait laissées sur le corps depuis près de deux ans…

« Hum, ajouta le garçon sur le ton d'un séducteur irrésistible, ce serait un crime de laisser une marque sur ce dos à la peau si douce… »

La reine des Gerudo se redressa et se retourna dans sa direction, sourcils froncés comme pour essayer de lui signifier que son numéro de charme la laissait indifférente, mais incapable de réprimer un sourire flatté.

C'est alors que Link glissa avec un clin d'œil cavalier :

« La prochaine fois, je ferai plutôt sauter ton soutien gorge… »

Piquée au vif par la familiarité de cet esclave envers sa maîtresse, la superbe femme à la peau caramel repassa à l'attaque avec un cri ; comme dopée par le coup de semonce qu'elle venait d'essuyer, elle le mit plus en difficulté lors de cet échange que lors du précédent ; alors il eut recours à l'une des bottes secrètes qu'elle lui avait enseignées, une roulade avant s'achevant en un coup d'estoc porté droit vers l'avant à mi-hauteur lors du rétablissement qui portait le nom de Coup Droit Roulé ; mais elle savait que c'était ce qu'il ferait, parce que c'était la plus commune, la plus facile et la plus pratique pour se dégager ; donc la moins efficace… et le temps qu'il se rétablisse, elle avait tourné comme une danseuse étoile et s'était placée derrière lui, et ce fut à son tour de lui appliquer sa lame dans le dos…

« Deux à un », corrigea-t-elle.

Sans pitié, elle lui taillada le dos ; mais aussitôt, se penchant en avant avec précipitation, les yeux mi-clos et la langue frétillante passée entre ses lèvres étirées d'un sourire extatique, elle l'attrapa par la taille et se mit à lécher fiévreusement le filet de sang qui s'écoulait de la plaie, goûtant la peau du garçon blond de toute sa langue et du bout de ses lèvres…

Secoué d'un frisson de pur plaisir, Link poussa un profond grognement d'excitation…

Dans un rire, la reine se remit d'aplomb tandis que le jeune esclave se retournait et se remettait en garde ; il sourit à pleines dents ; l'échange de coups reprit de plus belle, le sable rouge volant autour d'eux, sur leur peau, leur sueur, les lames cliquetant et crachant des étincelles, leurs regards incapables de se détacher l'un de l'autre et leurs lèvres d'arrêter de sourire ; Nabooru enchaîna trois coups de cimeterre, droite à gauche, gauche à droite, droite à gauche encore, Link sauta pour les éviter ; mais pas un simple saut ; les yeux de la reine s'ouvrirent tout rond, il lui fallut une seconde pour réaliser… elle leva la tête : il s'était élevé à plus de trois mètres de hauteur et… il était en train de retomber sur elle de tout son poids l'épée tenue à deux mains pointe vers le bas qu'il allait abaisser avec une force colossale additionnée à celle de sa chute !

Elle recula, son pied ne trouva pas de prise dans le sable, et elle tomba et s'étala sur le dos de tout son long ; la lame de l'épée du garçon se ficha dans le sol de la moitié de sa longueur, juste entre ses deux cuisses…

Et avant qu'elle ait même eut le temps de bouger, il la retira de terre et vint du même geste en appliquer la pointe juste entre ses deux seins…

« Deux partout ! »

La pointe métallique de la lame lui chatouillait le sternum et soulevait légèrement son bustier… sous le tissu déformé et tendu contre ses seins par la pression de l'objet, elle sentit ses tétons se durcir délicieusement, et plus bas une chaleur humide, très humide, se répandre dans le creux de son entrejambe…

« Je ne sais pas si je vais oser, minauda le garçon aux beaux yeux bleus. Juste un petit mouvement vers le haut et ce bout de tissu ne sera plus qu'un souvenir… et ta beauté sera toute à moi… ah, je ne sais pas si je vais oser… »

Elle fut étonnée que l'idée de lui hurler d'oser, et de lui enlever aussi tout le reste, lui passe par la tête ; mi-vexée mi-excitée, la femme rousse aux yeux d'ambre ramassa son cimeterre, se redressa d'un bond sans élan d'une simple contraction des abdominaux, et frappa sans crier gare ; tintement métallique ; parfait, elle aurait été déçue qu'il se laisse surprendre… et le combat reprit, encore plus intense, encore plus brutal, encore plus bruyant, furieux, transpirant et sableux, encore plus passionné, excitant et quasi érotique…

Elle frappait, il parait, il frappait, elle parait, elle avançait, il reculait, il avançait, elle reculait, aucun des deux n'était pris en défaut, mais aucun des deux ne prenait l'avantage… elle balança un grand revers circulaire, ample et puissant, il l'évita, la contourna et se mit à tournoyer sur lui-même autour d'elle, épée tendue ; c'était la meilleure technique qu'elle lui ait apprise, l'Attaque Tornade ; alors elle sut qu'elle avait gagné cette partie, encore gagné : jamais personne n'avait réussi à enchaîner plus de trois Attaques Tornade sans perdre connaissance ; et lui avait déjà trop tourné sur lui-même sans l'atteindre pour pouvoir encore le faire avant de tourner de l'œil… elle se contenta de faire un pas de côté en attendant que son troisième tour la rate tout en préparant un nouveau revers…

C'est à cet instant qu'elle comprit son erreur…

Les hommes normaux étaient incapables d'enchaîner plus de trois Attaques Tornade sans perdre connaissance…

Le Héros du Temps marqué de la sainte Triforce des trois Déesses n'était pas un homme normal.

Une quatrième, et son revers le manqua ; une cinquième, et il bondit haut au-dessus du sol ; et six, et sept, et huit, elle dut s'avouer qu'elle n'arrivait pas à prévoir où il allait frapper ; d'ailleurs elle était bien trop stupéfaite et impressionnée pour répondre à son coup ; et neuf, et dix, et onze… ce n'était pas possible… onze Attaques Tornade à la suite… les bras ballants, elle ne réagit même pas quand il atterrit sur ses pieds derrière elle, appliqua la pointe de son arme doucement au ras de la peau de son dos juste sous son bustier, et déclara sobrement :

« Trois à deux. J'ai gagné, Maîtresse. »

Il avait gagné. Il l'avait vaincue. Pour la première fois depuis deux ans qu'elle l'entraînait, il l'avait vaincue. Elle, Nabooru, reine des femmes guerrières gerudo, était vaincue… Vaincue par un homme…

Non…

Non !

Ce n'était pas possible !

C'était hors de question !

Elle se retourna brutalement et lui asséna un coup de cimeterre plein de rage en lui hurlant, sans bien savoir si c'était d'humiliation ou pour masquer un autre trouble :

« Non tu n'as pas encore gagné ! Et tu ne gagneras jamais ! »

Leurs deux lames étaient croisées ; Nabooru avait un air blessé et furieux, et Link ne souriait plus du tout non plus, déçu et froissé…

« D'accord, grommela-t-il, tu ne veux pas perdre aux points, tu veux aller jusqu'au bout, je comprends… »

D'un simple moulinet du poignet d'une facilité insolente, il fit repasser en un éclair sa lame par-dessus celle de Nabooru, et pressa ; elle se dégagea, reprit le dessus, et pressa plus fort ; il se dégagea à son tour, reprit à nouveau le dessus et pressa encore plus fort… leurs lames crachaient des étincelles dans le sable avec un grincement ininterrompu…

Mais peu à peu, la force de Link, la pression qu'il imprimait à son arme, pesaient sur les bras de Nabooru… elle sentait sa propre lame de plus en plus lourde se rapprocher de plus en plus du sol, et le beau garçon blond au regard bleu farouche ne pas céder un pouce, et la surpasser inexorablement… elle le regarda dans les yeux, attentivement ; soudain, elle ne voyait plus l'adolescent à peine pubère, mais l'homme viril et puissant qu'il serait…

Bouche bée, elle laissa tomber son arme.

Et tomba à genoux…

Le regard de Link s'éclaira ; il sentit soudain une joie et une fierté incommensurables gonfler dans sa poitrine à le faire éclater… Il avait gagné, il avait vraiment gagné ! Il avait vaincu Nabooru l'Exaltée, reine des Gerudo et meilleure escrimeuse de tout Hyrule !

Il poussa un cri de joie bestial, un rugissement assourdissant et interminable, et son regard était bleu d'acier et brûlant comme une flamme, le regard d'un homme dévoré par la rage guerrière…

Soudain, jetant son épée au loin, il baissa vers la femme à la peau brune et aux yeux d'ambre un regard qu'elle ne lui connaissait pas et se mit à ricaner, un rire de fond de gorge qu'elle ne lui avait jamais entendu non plus et qui l'effraya comme une jeune vierge…

L'ordre jaillit tout seul, comme de lui-même, grondement impérieux assorti d'un geste sec et brusque, doigt tendu désignant le sol :

« Femme ! J'ai un désir à satisfaire ! »

La reine ouvrit tout rond de grands yeux ; elle crut d'abord avoir mal compris… ou plutôt elle ne put croire, ne voulut croire qu'elle avait bien compris…

Mais elle avait très bien compris ; les paroles, formule immuable, et le geste rituel explicite n'étaient que trop clairs…

Mais ce n'était pas à lui de donner cet ordre !

Ricanant toujours du fond de la gorge, et comme respirant avec plus de difficulté, le souffle rauque comme un animal, il l'attrapa sèchement par un bras, comme aucune Gerudo ne tolèrerait jamais qu'aucun homme l'attrape…

Oh, déesses…

Elle aurait dû résister, elle aurait dû se débattre et protester, elle aurait dû être folle de rage et d'humiliation, de peur et de honte, mais sa virilité et sa puissance, qui irradiaient de lui et la brûlaient comme un soleil, étaient tellement irrésistibles qu'elle ne put même pas réagir et se laissa, fascinée, hébétée, traîner par le bras vers sa tente…

En quelques instants, elle se retrouva sur le lit, où il l'avait jetée comme un fétu de paille, à-demi nue, sans bien savoir comment ; il lui sembla bien que c'était lui qui lui avait déchiré son corsage et tiré sur son saroual pour le lui faire glisser des jambes, mais comment ses gants et ses babouches avaient-ils atterri à l'autre bout de la pièce ? Il baissa nerveusement sa tunique nouée autour de sa taille, en tremblant presque d'excitation, la laissa choir à ses chevilles, s'en débarrassa d'un coup de pied, haletant, l'œil fou et la tête penchée comme un animal en rut ; elle ébaucha une tentative de se relever pour l'inciter à la patience, mais avec un grognement il se jeta sur le lit à son tour, la renversa sur le dos en lui soulevant les cuisses et, d'un coup de rein frénétique, la pénétra brutalement sans autre préliminaire…

Elle poussa un cri.

De douleur ; de terreur et de honte ; de surprise aussi ; non… de plaisir !

Entre ses cuisses, il la bombardait littéralement de coups de bassin ; elle le sentait cogner contre elle, aller et venir en elle et, Déesses ! elle avait presque oublié à quel point son sexe était énorme et vigoureux…

C'était brutal, primaire, instinctif ; naturel ; débarrassé de ce jeu qu'elle jouait avec lui et des règles de conduite qui le commandaient ; c'était juste leurs corps, leur désir l'un pour l'autre, ici et tout de suite…

L'orgasme lui vint si vite et si fort, plus vite et plus fort qu'il lui était jamais venu de toute sa vie, qu'elle crut que son cerveau allait disjoncter et son corps exploser…

Elle en poussa un long hurlement strident ; à son tour, Link lâcha un râle profond et se répandit en elle…

Tous ses muscles soudain détendus, vidée et molle comme une poupée de chiffon, elle se laissa choir sur le matelas moelleux, et le garçon blond sur elle, haletant bruyamment ; tournant la tête vers sa gauche, elle laissa son esprit allégé s'évader.

Il l'avait prise de force, sans attendre son consentement, renversée sur le dos dans la position de la dominée… Le dernier homme qui l'avait prise de force dans la position de la dominée s'appelait Mandrag.

Mandrag Ganondorf…

Il était déjà un homme et elle encore une enfant ; pour bien montrer à ces insolentes que lui, l'homme, était leur seul et unique roi, il avait trouvé que baiser comme une vulgaire putain celle qui aurait dû être leur reine légitime était un signe suffisamment fort… elle avait treize ans, elle était à peine pubère, sa lune de femme venait de se lever sur elle pour la première fois ; il l'avait déflorée sans égards, puis l'avait sollicitée toutes les nuits, et elle, pauvre enfant, inexpérimentée et toute pénétrée du respect qu'elle croyait devoir à son roi, pensait que c'était normal et croyait même y prendre du plaisir !

Ça n'avait cessé qu'au bout de deux ans, quand Ganondorf avait quitté les siens, trahi la tribu gerudo du jour au lendemain pour aller prêter allégeance au roi d'Hyrule ; c'était douze ans plus tôt, quand Link n'était encore qu'un bébé…

Link…

Oh, Link…

Soudain, comme une révélation, une évidence, Nabooru, la belle et si féminine Nabooru à la peau de caramel, aux cheveux de feu et aux yeux d'or, réalisa que si le dernier homme qui l'avait prise de force dans la position de la dominée avant Link était Ganondorf, ça avait été incomparablement meilleur avec Link qu'avec Ganondorf…

Elle éclata en sanglots et se mit à pleurer de joie, de pur bonheur…

Incomparablement meilleur…

Alors il pourrait le vaincre ! Il pourrait dépecer ce porc ! Il le surpassait déjà en tout ! Son petit homme…

Mais le jeune garçon, lui, revenu de son délire des sens et lucide à nouveau, ne vit que sa maîtresse en pleurs…

Une chape de froid glacial s'abattit sur son cœur à cette vue.

Oh Déesses, mais qu'avait-il fait ?!

Réalisant l'égoïsme, la cruauté, l'horreur de son geste, honteux à vouloir mourir, il se mit à trembler et ne put que lui caresser la joue du bout des doigts de la main gauche, presque sans oser la toucher, en bégayant :

« N… Non, ma reine, ne pleure pas, je t'en prie… Je… Je suis désolé, tellement désolé ! Ce que je t'ai fait est impardonnable et j'accepterai toute punition, mais ne pleure pas… »

Elle tourna les yeux vers lui et lui sourit ; il ne comprenait plus…

« Oh, pardon, murmura-t-elle. Ce n'est pas à cause de toi que je pleure… Et tu ne m'as rien fait de mal…

– Mais… articula le garçon perplexe. Je viens de te… euh… déshonorer… Je t'ai prise de force et tu pleures, que veux-tu que j'en pense ?

– Je pleure de joie, petit homme… »

Un instant, Link qui avait jusque là tout d'un homme retrouva la mine d'un enfant ; soulevant un sourcil et tordant les lèvres comme quand il ne comprenait pas les leçons d'école que Malon lui répétait le soir, il posa une espèce d'onomatopée pour toute question…

« Gneuh ?

– Oui, susurra Nabooru, je repensais à Ganondorf… et crois moi, tu es nettement meilleur que lui au lit… En fait tu l'enfonces totalement. Si c'est pareil sur le champ de bataille qu'au lit, il est vaincu d'avance et Hyrule est sauvé ! »

Link sourit d'une oreille à l'autre, et finit même par ne pas pouvoir se retenir de pousser un cri de victoire ; sa sublime maîtresse à la peau caramel sourit et essuya gracieusement ses beaux yeux d'ambre.

« Mais je m'en veux quand même, objecta soudain le jeune garçon blond.

– De quoi ? s'étonna la reine.

– De t'avoir obligée à coucher en ne pensant qu'à mon propre plaisir ; de t'avoir rappelé de mauvais souvenirs ; d'avoir fait couler tes larmes… »

Il s'écarta d'elle pour se redresser, buste levé coude appuyé sur le lit, et la regarder dans les yeux.

« Et il faut que tu saches que faire couler tes larmes était quelque chose que je m'étais juré d'éviter à tout prix… »

La gentillesse de ces paroles était telle que la femme rousse aux yeux d'ambre en ressentit une étrange chaleur dans sa poitrine, où son cœur cognait tout à coup beaucoup plus fort…

« Alors je voudrais me faire pardonner, poursuivit le garçon.

– Mais je t'assure que tu n'as rien à te faire pardonner…

– Je voudrais te faire quelque chose de gentil… »

Il sembla réfléchir un instant, et soudain ses magnifiques yeux bleus comme un ciel sans nuage se firent plus doux que de la soie et un sourire absolument sublime se dessina sur ses lèvres sensuelles…

Déesses, il n'avait vraiment que treize ans ce gosse ?

« J'ai très envie de t'embrasser, glissa-t-il sur un ton qui était celui d'un gamin polisson mais qui sonnait aussi étrangement mature et viril…

– Non, s'exclama Nabooru moins sur le ton d'une sèche interdiction que la maîtresse signifie à son esclave que sur celui d'une jeune fille intimidée et émue qui tente en vain de repousser les assauts d'un prétendant. Je t'en prie, mon petit homme, pas ça… Tu as déjà tout obtenu de moi, alors laisse-moi ce dernier rempart de pudeur et d'intimité pour me convaincre que je ne suis pas amoureuse de toi…

– Moi non plus », répondit-il gravement.

Cette chaleur dans sa poitrine, et ces cognements de son cœur…

Une nouvelle larme roula d'un œil de la reine sur sa joue.

« Chier, pesta le jeune héros aux cheveux blonds, je te fais encore pleurer… »

Il s'allongea à nouveau, posant sa tête sur le ventre plat et ferme de la jeune femme rousse, et tendit les lèvres pour lui embrasser le creux du nombril…

C'est alors qu'un éclair sembla traverser son visage ; il se redressa avec un sourire radieux, quoique vaguement pervers, et susurra avec une voix étouffée d'excitation :

« Je crois que je sais ce que je pourrais faire…

– Mais tu n'as rien à faire, je te dis, l'assura Nabooru.

– Oh si, claironna Link, quelque chose qui va te faire très, très plaisir…

– Me faire jouir encore plus fort ? s'étrangla presque la reine.

– Encore plus fort qu'encore plus fort, répliqua le garçon avec une assurance qui le rendait encore plus beau. Tu sais ce truc que j'aime tellement…

– Non, pas… ?

– Ce truc que tu fais à mon sexe avec ta bouche… Chuis sûr que je peux te le faire… »

Nabooru ouvrit les yeux tout ronds et se mit à frémir.

D'envie…

Ne serait-ce que le voir descendre lascivement à reculons le long de son ventre jusqu'entre ses cuisses fut en soi une jouissance pour elle ; soudain moins arrogant, plus concentré et plus soucieux de bien faire, il se pencha vers cet endroit par lequel elle lui donnait tant de plaisir ; penchant la tête, au-dessus de son pubis elle ne voyait plus dépasser du visage du garçon que ses deux beaux yeux bleus ; il examinait attentivement, pour être sûr de toucher au bon endroit, ne pas blesser, et il ne se lassait pas d'examiner ; il trouvait ça si beau…

« Voyons, voyons… marmonnait-il en écartant des doigts les replis de chair. Est-ce que c'est bien là… ? »

Haletante, en sueur, déjà au comble de l'excitation à la seule idée du plaisir qu'il allait lui donner, Nabooru un bras replié sur les yeux se mordait la lèvre inférieure…

« Ma reine, demanda soudain Link à voix haute, est-ce que c'est bien ça ton petit bouton qui te donne beaucoup de plaisir ? »

Mais rien qu'à la voir se cambrer et mordre le premier oreiller qui lui tomba sous la main pour étouffer son cri à la seconde même où il lui souleva le clitoris avec l'index, il sut sans doute possible qu'il ne s'était pas trompé…

« Que la lumière soit », dit-il alors un rien pompeusement avec un grand sourire…

Alors il embrassa la petite langue de chair érectile à pleine bouche.

Jamais il n'avait entendu sa maîtresse pousser un tel cri…

« Oh, s'exclama-t-il. On dirait que j'y suis allé trop fort ! »

Seul un gémissement ininterrompu lui répondit…

Approchant ses lèvres du sexe de la reine, il tendit lentement la langue et, la laissant souple et détendue, lécha délicatement le petit bouton de chair ; à la cambrure et au petit cri, il sut qu'il avait trouvé la bonne façon…

Nabooru était au bord de l'évanouissement ; elle haletait, gémissait, elle frissonnait et sursautait, elle était trempée et brûlante, en eau et en feu… ce n'était pas seulement bon, c'était bouleversant ; ce n'était pas seulement du plaisir, c'était une preuve de tendresse inconditionnelle et désintéressée ; et elle qui n'avait été que violence se sentait désarmée devant cette tendresse, tellement désarmée qu'elle était incapable de résister et s'abandonnait toute entière à Link et au plaisir qu'il lui donnait, oui, qu'il lui donnait et pas qu'elle lui prenait, qu'il lui donnait sans rien attendre en retour, juste par tendresse, une tendresse qui la laissait désarmée, bouleversée…

La bouche enivrée du bon goût puissant et capiteux de la reine, le jeune garçon lui faisait l'amour avec sa langue comme il l'aurait fait avec son sexe : tantôt lentement tantôt frénétiquement, tantôt doucement tantôt brutalement, caressant ou chatouillant, de la surface ou de la pointe, sans laisser un seul instant de répit à son petit bouton, excité à en exploser mais se jurant de ne penser qu'à elle et de ne rien se permettre à lui-même, ému jusqu'aux larmes de la sentir contre lui se tordre et frémir de plaisir au-delà de ce qu'il avait espéré lui offrir, et chacun de ses coups de langue diffusait en elle, de plus en plus fort, de plus en plus intensément, de plus en plus délicieusement à travers tout son corps et jusqu'au plus profond de son esprit abruti de plaisir des vibrations brûlantes et saisissantes qui la brisaient, la paralysaient, la remplissaient d'un tel déluge de sensations indescriptibles qu'elle avait l'impression de sortir de son corps…

Dehors, les femmes gerudo qui s'étaient approchées pour écouter étaient médusées, interdites : aucune d'entre elles, même parmi les plus vieilles, n'avait jamais de toute sa vie entendu une femme gerudo crier comme Nabooru à cet instant…