Il y avait longtemps déjà qu'Impa avait roulé sous la table et y ronflait comme un sonneur, quelque part entre les bras de Morphée et le coma éthylique ; la nuit était tombée, les chandelles avaient fondu, les musiciens donnaient des signes de fatigue et tout le monde avait trop mangé et trop bu ; on n'y voyait plus et on ne s'entendait plus…
Achevant de débarrasser de sa chair un pilon de poulet au caramel en faisant glisser l'os entre ses dents, il mâcha et avala avec délice, puis vida une dernière pinte de cervoise ; il avait l'air si bien, si léger, apaisé enfin et plus forcé d'être toujours si grave ; à côté de lui, Zelda ne touchait plus depuis un moment à son vacherin à la framboise, mais le regardait manger et boire, incapable de détourner de lui son regard bleu cristallin avec un sourire énigmatique…
Elle aussi se sentait soulagée et heureuse pour la première fois depuis longtemps, depuis son enfance volée, comme si on lui avait ôté un poids des épaules, comme si enfin tout lui était possible, tout lui était permis…
Link remarqua soudain qu'elle riait sous cape, un rire de fond de gorge, entre ses dents, qui secouait ses fines épaules blanches dénudées par sa robe ; il se tourna vers elle en lui souriant en retour, d'un air interrogateur ; alors elle repoussa d'un geste du bras gauche toutes les assiettes et les plats vides jonchés de miettes et de taches de sauce devant elle, s'approcha vivement de lui et déposa sans qu'il arrive même à réagir un baiser goulu sur ses lèvres.
Restant d'abord interdit de ce geste impudique et hardi de la part d'une jeune fille distinguée et qui ne l'avait pas habitué à une telle familiarité, il reprit pourtant une contenance ; il se sentait trop bien pour s'inquiéter du protocole ou des bienséances ; souriant avec indulgence, il lui souffla :
« Tu as trop bu, votre altesse… »
Mais elle le cloua en lui répliquant avec un aplomb et une morgue de véritable princesse royale en fusillant ses pupilles des siennes :
« Si tu crois que je ne sais pas ce que je fais, c'est mal me connaître. »
Alors, d'un geste vif et déterminé qui ne laissait pas de doute sur ses intentions, elle lui empoigna le sexe à pleine main à travers son caleçon.
Ouvrant tout rond les yeux, Link laissa échapper un souffle rauque et profond ; sans le laisser reprendre haleine, Zelda l'embrassa à nouveau, lèvres entrouvertes, lui glissant impudiquement la langue entre les dents ; il se sentit en érection complète dans sa main…
Rarement le désir lui était venu aussi fort aussi vite.
Une seule fois en fait.
Le jour où il avait enfin vaincu Nabooru à l'escrime et que sa victoire l'avait tellement excité qu'il l'avait presque violée sur place –avec son entier consentement…
Sous les yeux effarés des serviteurs voués quoi qu'il leur en coûte à ne jamais répéter ce à quoi ils étaient en train d'assister, en un instant, ils étaient dans la chambre de la jeune fille, enlacés, leurs lèvres et leurs langues incapables de se séparer, leurs vêtements glissant d'eux l'un après l'autre sans qu'ils sachent vraiment comment…
Et à quoi bon savoir, à quoi bon se poser des questions, à quoi bon résister ? Ils avaient trop souffert, trop souvent frôlé la mort, n'était-il pas temps de profiter de la vie ?
Dans l'enceinte intime et sensuelle de la chambre à coucher de la jeune fille, carrelage marbré, moulures de bois précieux, large et haute baie vitrée occultée de lourds rideaux de velours mauve, papier peint aux motifs roses, vaste lit drapé de mauve et couvert de coussins roses à la tête-de-lit plaquée contre le mur du fond, ils se faisaient face, nus.
Attachés en une demi-queue qui lui dégageait le front, les longs cheveux de la jeune princesse avaient la couleur ambrée et brillante du miel, et coulaient sur son corps nu d'une blancheur diaphane ; petite mais toute en longueurs, fine et étroite, presque maigre –encore que le festin avait joliment tendu son petit ventre–, de petits seins ronds, une taille fine et des hanches resserrées, le sexe rasé, un corps presque enfantin et parfaitement féminin à la fois des plus troublants, elle dégageait un mélange ineffable de fragilité et de grâce, une apparente vulnérabilité que ses gestes sûrs, son regard franc et la force qui émanait d'elle démentaient aussitôt…
Ses lèvres roses et humides esquissèrent un sourire sublime et ses grands yeux félins d'un bleu de rivière se mirent à briller de fièvre et de désir à la vue du corps puissant et magnifique de son amant…
Quand elle était Sheik, le frère d'armes de Link, ils avaient combattu ensemble, lavé et pansé leurs blessures ensemble, campé, mangé, bu et dormi ensemble, comme des frères d'armes, et elle l'avait déjà vu nu plus d'une fois ; mais par les yeux de Sheik, les yeux d'un homme, qui n'avait que faire d'un autre homme ; à présent qu'elle le voyait, pour la première fois, par ses propres yeux, les yeux d'une femme, brûlant de désir pour cet homme, ce qu'elle voyait la transportait de plaisir et l'affolait d'envie et d'excitation…
Elle se délectait de ses yeux du même bleu que le ciel, de ses cheveux dorés ébouriffés, de son sourire mâle et irrésistible qui ourlait sa lèvre supérieure et en marquait les commissures, de ses proportions parfaites, de sa silhouette élancée mais pleine de puissance, de ses muscles déliés, de sa peau brunie ça et là marquée de fines cicatrices plus pâles…
…et de sa virilité qui ne laissait vraiment aucun doute !
Lui prenant la main dans la sienne, elle recula, bras tendu, s'étendit sur le lit derrière elle en l'attirant à elle et lui souffla d'une voix étouffée de désir :
« Qu'attends-tu ? Nous avons une grande victoire à fêter. »
Il haletait ; pris de court, nerveux comme un petit garçon, il était ébahi et presque apeuré de l'assurance, de l'impudeur et de la sensualité ahurissante de cette jeune fille pourtant de bonne famille et vierge de surcroît, censée plus que nulle autre se montrer craintive et réservée en pareille circonstance, ébahi, presque apeuré, et totalement hypnotisé, fasciné, soumis sans pouvoir résister à sa beauté, à sa force, au désir brûlant qu'elle allumait en lui…
En un instant il fut sur elle, fébrile, impatient, et dans un grognement, d'un coup de rein vigoureux et presque brutal il la pénétra sauvagement sans autre préliminaire, plus vite et plus fort qu'il l'aurait voulu, mais qu'importe, il en avait trop envie et c'était trop bon…
Elle poussa un gémissement de plaisir strident et retentissant.
Elle le voulait, c'était tout ; elle avait envie de lui, et rien au monde à cet instant n'aurait pu l'empêcher d'assouvir cette envie, rien, non, et plus rien d'autre au monde ne comptait, ni les bienséances, ni son honneur, ni même l'éclair de douleur qui la traversa au moment où elle sentit la masse longue et dure emplir son orifice, en repousser les parois et en épouser les formes et la profondeur dans son avancée impérieuse, douleur éphémère et aussitôt oubliée, sans commune mesure avec le plaisir qui s'empara de son corps et de son esprit…
Elle était pourtant vierge, à n'en pas douter ; Link n'avait pas tant de pratique, mais assez tout de même pour faire la différence : comme Malon, elle était étroite, ferme, presque raide, et il sentit clairement une légère résistance à mi-chemin ; mais comme Nabooru ou Ruto, elle était en même temps ouverte, trempée de désir, avide de l'accueillir en elle…
…à la seule exception du fragile et éphémère barrage de l'hymen, son sexe glissa dans le sien, plongea au fond d'elle sans le moindre effort…
Faisait-elle donc si peu de cas de sa vertu ?
L'empoignant par les hanches, muscles saillants, suant, soufflant, grognant, il se mit à la pilonner de plus en plus vite de coups de reins de plus en plus violents, et elle à gémir à gorge déployée, sans fin, les yeux mi-clos et un sourire extatique aux lèvres, secouant la tête, se la prenant parfois entre les mains, les posant d'autres fois sur les épaules de son amant, ses cheveux de miel volant autour d'elle, longtemps, fort, de plus en plus fort, jusqu'à l'instant où elle ressentit comme un verre se brise en millions d'éclats, avec la violence électrique d'un coup de tonnerre, une sensation assommante, ahurissante, délirante de coup de fouet brûlant à travers tout le corps qui lui arracha un hurlement en faisant se resserrer brusquement l'étreinte de son sexe tremblant autour de Link qu'elle sentit avec délice se répandre en elle, chaud, humide, avec un long soupir rauque…
Il se retira doucement ; il était penché au-dessus d'elle, tête baissée, en sueur, ses cheveux d'or en partie collés à son front et à ses tempes pendant vers son visage qu'ils caressaient, et elle blottie entre les deux piliers de ses bras musclés ; il avait la bouche entrouverte, sa lèvre supérieure délicatement ourlée légèrement retroussée en avant, et elle trouvait ça adorable et terriblement sensuel ; il posa ses doux yeux bleus sur elle, craignant de lire sur son visage une grimace de douleur ou le masque de la honte, mais il la vit détendue, paisible, lui adresser un sourire sublime ; non, elle ne ressentait ni honte, ni douleur, elle était juste pleinement satisfaite d'avoir conquis l'homme qu'elle désirait…
Il prit alors le temps de la considérer plus en détails ; son nez fin et pointu, ses yeux allongés d'un bleu diaphane, ses lèvres très dessinées et son menton en pointe lui faisaient un visage de poupée de porcelaine, incroyablement délicat ; sa peau était claire, veloutée comme une pêche, et ne dégageait aucune odeur forte ; il posa une main sur un de ses seins, petit mais rond, tendre, moelleux, d'une douceur électrisante, et la sensation de sa main d'homme chaude, dure, râpeuse et sécurisante sur son corps ralluma le désir en elle aussitôt ; c'était sa main droite, celle dont la paume était enflée d'une longue et fine cicatrice en relief depuis que la reine des Gerudo la lui avait transpercée d'un coup de poignard, et quand le relief dur de la cicatrice accrocha son téton, la princesse aux longs cheveux miel sentit une vague de chaleur humide se répandre brusquement en elle à la faire gémir ; qu'elle était belle… il laissa ses yeux la parcourir et s'arrêter à son pubis parfaitement rasé ; soudain échauffé, il plia les bras et s'étendit sur elle, leurs visages tout proches et leurs corps plus proches encore, l'un contre l'autre, et quand il sentit contre son ventre dur et musclé le sexe imberbe, lisse et doux, presque celui d'une fillette, il se sentit instantanément envahi par l'excitation sexuelle, une bouffée de lubricité pure telle que sa main se crispa d'elle-même sur le sein qu'elle caressait ; Zelda en laissa échapper un petit cri de surprise et de plaisir ; ils échangèrent un regard, et elle s'exclama :
« Encore ! »
Alors ils recommencèrent, ils firent l'amour à nouveau, une fois, puis une autre, et encore une autre, et encore, et encore, et encore, lui sur elle, elle sur lui, couchés, assis, sur le dos, à quatre pattes, sur le flanc, sur le lit, contre le mur, des heures durant…
Complètement libérés, ils se donnèrent l'un à l'autre à corps perdu, et jouirent pleinement ; jamais Link n'avait eu l'occasion ni le cœur de s'adonner aussi entièrement et totalement à son désir, ni pris un tel plaisir, aussi longtemps, de façon aussi répétée ; bien que vierge, totalement novice, Zelda était insatiable, et extraordinaire, compensant largement sa maladresse, qui se dissipait d'ailleurs au fil des minutes, ou son manque de savoir-faire par une bonne humeur, un appétit, une sensualité et une perversité absolument bouleversants…
Il émergea confus et hébété d'un sommeil lourd et sans repos quand l'aube naissante blanchissant à peine le ciel au-dehors répandit dans la chambre à travers les rideaux translucides tirés en hâte une pénombre grise qui chatouillait l'œil sans lui apporter la lumière.
Il se passa une main sur le visage, se le frictionnant vigoureusement.
Il mit un long moment à se rappeler ce qu'était cet endroit…
…et s'affaissa sur lui-même en se le rappelant.
Oh la galère !
Il avait la tête lourde, un goût atroce dans la bouche, les traces des plis du drap imprimées sur la peau du torse et tous les muscles endoloris…
La chambre de Zelda.
La chambre de la princesse Zelda…
Peu à peu, tout lui revint en mémoire ; il se revit forniquer comme un animal, et se rappela même avec un sursaut d'horreur s'être aventuré un long moment dans un endroit de son corps qui n'était pas celui qu'on utilise habituellement tandis qu'elle lui tendait sa croupe généreusement offerte…
La honte, le dégoût et la haine de lui-même s'abattirent sur lui comme une masse de plomb noire et glaciale.
Il déglutit si péniblement, si bruyamment, qu'il la réveilla.
Il l'entendit pousser un petit soupir et la sentit bouger tout à côté de lui.
Son joli visage allongé à la peau opalescente apparut au-dessus du sien, un sourire tendre sur les lèvres, et ses cheveux de miel, en bataille à présent et légèrement ondulés, ruisselant autour.
« Zelda… » chuchota-t-il.
Elle ne répondit pas, et son visage se dirigea vers le torse de Link, sur lequel elle déposa une pluie de petits baisers tendres et coquins du bout des lèvres, et ses longs cheveux qui caressaient sa peau sur son passage étaient un contact si électrisant, si érotique qu'il craignit que le désir ne reprenne le dessus sur la honte et le détourne encore de ce qu'il savait désormais être son devoir…
« Zelda, répéta-t-il, arrête s'il te plaît… C'est mal ce qu'on a fait…
– Mal ? »
Passant ses cheveux derrière son oreille droite d'un geste gracieux du bout des doigts, la jeune princesse se redressa au-dessus de son amant, appuyée sur ses coudes bras croisés sur le matelas.
« Qu'avons-nous fait de mal, Link ? demanda-t-elle sur un ton dégagé. Nous n'avons fait qu'exprimer notre affection l'un pour l'autre, nous donner mutuellement de la tendresse et du plaisir dans un consentement mutuel.
– Tu es une princesse royale, geignit Link d'une voix étouffée, et tu étais vierge ! En brisant ta vertu, je t'ai déshonorée, et pas seulement toi, mais ton père le roi, toute la lignée royale d'Hyrule, le royaume et tout son peuple. Et si jamais je t'ai mise enceinte, je crois que j'en mourrais : placer un bâtard sur le trône, une tache immonde sur le nom de la lignée d'Hyrule… !
– Non, Link, répondit-elle sur un ton calme, presque badin. Cela n'aura rien d'un déshonneur si tu m'épouses. »
À ces mots, il manqua de s'étrangler.
Il était tellement surpris de sa réaction et choqué de ses paroles qu'il douta un instant d'avoir bien compris et même que la scène fût bien réelle…
Qu'il l'épouse ? Lui ?
Lui, un homme de rien, un roturier, orphelin, d'origine inconnue, qui avait vécu en paysan, en vagabond, puis en soudard, dormant à la belle étoile, braconnant, croisant le fer et tuant, sans façons, sans éducation, grossier, vulgaire, souvent aviné, puant la sueur, la boue et le sang, qu'il l'épouse, elle, une princesse royale ?
« Mais tu n'y penses pas ! s'écria-t-il spontanément. Zelda, enfin, je n'ai aucun droit de t'épouser ! Tu es une future reine, et moi je ne suis rien ! Un gueux, un soldat, un tueur ! Je suis indigne de toi !
– Pas du tout, s'exalta-t-elle soudain avec un sourire de candeur délicieuse et les yeux pétillants perdus dans le vague. Tu es le Héros du Temps ! Un élu des Déesses ! Tu es bien au contraire le seul digne de moi, et le seul digne de me donner un héritier. Tu es comme moi, Link, de ma trempe, de ma race. »
L'aube était levée à présent, et le soleil n'allait pas tarder à poindre à l'horizon. La chambre d'enfant aux décorations rose bonbon, d'autant plus incongrue à présent, son complet décalage avec ses occupants et leur situation paraissant presque obscène, se nimbait peu à peu d'une clarté blanchâtre.
Les yeux rivés au plafond pour fuir la douleur brûlante de ceux de Zelda, Link transpirait en frissonnant nerveusement, la poitrine serrée et une boule dans la gorge.
Les paroles de la frêle jeune femme, qu'il lui semblait avoir brisée de l'intérieur en la pénétrant si fougueusement, tournaient dans sa tête en résonnant sans fin…
Non…
Elle avait beau dire, il se savait indigne d'épouser une princesse et de devenir roi, il se sentait indigne d'elle et de ce qu'elle lui offrait. Il se sentait incapable d'être un bon roi, incapable d'être un bon époux, incapable d'être un bon père, incapable d'être un homme bien, non, il n'était qu'une brute, la façon dont il avait ignominieusement assouvi ses pulsions en elle avant de réfléchir aux conséquences de son acte le prouvait, il n'était qu'une brute, pas un homme bien, ni un bon père, ni un bon époux, ni un bon roi, et il ne le voulait pas, ne l'envisageait pas, ne le concevait même pas…
« Non, lâcha-t-il en secouant convulsivement la tête sur son oreiller comme un possédé ou un malade en plein délire, c'est impossible, non, Zelda, c'est non ! »
Si elle n'avait été qu'une paysanne, peut-être…
…et encore, cette erreur-là, ne l'avait-il pas commise aussi ?
« Non ? répéta la princesse, incrédule, son visage se décomposant visiblement à mesure que le sens de ce mot lui arrivait au cerveau. Non, dis-tu ? »
C'est alors que, ses lèvres se pinçant et ses sourcils se fronçant, elle prit tout à coup une expression qu'il ne lui avait jamais vue et qui lui fit froid dans le dos, une expression hideuse de dureté, de froideur et d'orgueil offensé ; l'expression hideuse d'une arrogante princesse toute-puissante qui s'apprête à exercer son droit de vie ou de mort sur son esclave…
Elle faisait presque peur à présent, et il ne réalisa pleinement qu'à cet instant qu'il avait offensé la personne qu'il ne fallait pas et commis l'erreur qu'il ne fallait pas, la plus grave qu'il ait jamais commise…
« Comment oses-tu ? cracha-t-elle. Tu n'as pas le droit de me dire non ! Tu vas m'épouser, c'est un ordre !
– Arrête, bredouilla-t-il avec affolement, ce n'est pas comme ça que tu vas m'en donner envie !
– Silence, tu m'exaspères ! Mais ce n'est pas faux », admit-elle sur un ton glacial. Et, ses yeux se faisant tout à coup deux fentes d'un bleu acier brillant et pénétrant comme deux lames de poignard et une espèce de rictus vénéneux poignant aux commissures de ses lèvres, elle ajouta d'une voix qui ressemblait au râle d'un animal en rut : « et je sais très exactement comment je vais t'en donner envie… »
Alors, jetant le drap qui les couvrait tous deux à travers la pièce d'un geste brutal, elle attrapa à pleines mains le sexe de Link, qui malgré la fatigue se dressa aussitôt, lui arrachant un cri étouffé de surprise, de honte et d'horreur ; insensible aux réticences de son amant, la jeune fille blanche et frêle aux longs cheveux de miel approcha impérieusement son visage du membre imposant et fièrement tendu ; il tenta de la repousser, mais à l'instant où il sentit les lèvres soyeuses et humides se refermer sur son gland, descendre en une douce et ferme caresse le long de la peau de son sexe et l'engloutir tout entier au fond de sa bouche, de sa gorge, puis remonter, la faisant glisser avec elle au gré de leurs va-et-vient, sa langue le lécher, de la surface, de la pointe, sur la longueur, autour du gland, ses joues se creuser pour mieux le happer, ses petites mains le caresser et le secouer, il fut traversé par une telle décharge électrique de plaisir bestial, presque douloureux mais tellement bon, qu'il cessa de bouger, de protester, de penser, presque de respirer…
Il était allongé sur le dos, souffle coupé, ses poings crispés serrant le drap de toute leur force et elle, à quatre pattes son joli petit derrière dressé en l'air, le visage et les mains sur et autour de son sexe à le masturber, le sucer et le lécher, et quand enfin l'orgasme lui vint, plus vite et plus fort qu'il l'aurait jamais cru, et qu'il se sentit se répandre –mais elle s'était écartée juste avant en experte avec un petit rire flûté ; merci Sheik…– si brusquement qu'il crut que son sexe avait explosé, il ne ressentit pas le plaisir attendu, car une seule et unique pensée l'occupait tout entier, une larme amère perlant de son œil sur sa joue.
Je n'en peux plus de cette violence…
