Ainsi, voilà le deuxième chapitre de ma fic…en espérant que le premier ne vous ait pas trop laissé de marbre, lol. Donc, alors, L ou pas L cette fois-ci ?
Toujours un grand merci à Moonlight pour sa correction parfaite et ses avis avisés. (Kiss à toi)
Chapitre-2
Je ne suis pas Kira
J'ouvris lentement les yeux… Mon dieu, non ! Si je me réveillais en retard, ma mère allait littéralement me tuer ! J'étais bonne pour ne plus manger pendant une semaine ! Vite, je me redressai en position assise, mais remarquai que j'étais gênée dans mes mouvements.
J'étais dans une sorte de cellule… Plus ou moins confortable. La pièce entièrement métallique était fermée (pas de barreaux donc pour faire baver les libertins) et il y avait un lit (avec des draps et une couverture, si, si). Une porte à côté donnait sur une salle de bain sommaire : un lavabo et une douche en moyen état (elle ne devait pas servir souvent). Aussi, j'étais dans une camisole blanche, les bras entourant mon buste et les pieds joins par une chaîne. Je ne pouvais donc faire que de très petits pas.
On m'avait pris ma guitare et mon portefeuille, bref, tout ce qui était sur moi. Je regardai partout autour de moi, en haut, au centre, dans l'angle haut du mur opposé, quand je remarquai une caméra, ainsi qu'un micro.
Mince… Comment se faisait-il que je sois toujours dans mon rêve ? J'étais tombée dans le coma. C'était forcément ça. Et pour ne pas me réveiller, mon subconscient me faisait vivre dans mon monde préféré. Un tel réalisme est si affolant… Je devais vraiment être dans un coma dépassé. Mais… plutôt ça que l'enfer que je vivais tous les jours. Restait à savoir quand ils allaient me débrancher. J'étais certaine de mes suppositions, ainsi décidai de rendre mon séjour onirique le plus plaisant possible. Autrement dit, je devais m'arranger pour me discréditer auprès de L en tant que Kira, sortir de cette cellule, l'aider et lui prouver que le vrai Kira est Light. Et accessoirement, échapper à ce dernier… ça serait plus pratique au passage.
Mais aussi, je devais m'arranger pour ne pas révéler trop d'indices, au risque de changer complètement l'histoire et de ne plus être capable de deviner la suite de l'aventure.
- Heu…s'il vous plait ! Il y a quelqu'un ?
Un bref son parasite se fit entendre puis s'arrêta, comme si on avait hésité à m'adresser la parole.
- Qu'a-t-on fait de Blood ?
- Blood ? répéta enfin une voix déformée.
Néanmoins, je reconnus qu'elle appartenait à L lui-même. Mon cœur fit un bond énorme dans ma poitrine et l'excitation me prit !
- Ma guitare ! m'exclamai-je.
- Pour des raisons de sécurité, nous avons dû l'analyser.
- Et donc ? Vous voyez bien qu'elle n'a rien de dangereux, non ?
- Justement, nous avons dû démonter ledit objet pour pousser un examen plus approfondi. La marque de l'instrument n'existe d'ailleurs nulle part sur cette terre. Nous en avons donc conclu qu'il s'agissait qu'une fabrication manuelle et personnelle. Mais encore une fois, pour des raisons de sécurité, nous avons dû la détruire.
- QUOI ?!
Mon cerveau ne pouvait indéniablement pas digérer ces informations… Ils ont pris ma pauvre guitare électrique pour une arme de guerre létale et massive ??? L est encore plus paranoïaque que je ne le pensais !
- Non, c'est pas vrai ! Mais ce n'était qu'une guitare, bon sang ! Ce sont mes amies qui me l'avaient offerte ! Oh non… je n'y crois pas. C'est la seule que j'avais…
Je ne pouvais dissimuler le chagrin qui serrait mon cœur à ce moment. Je baissai la tête pour cacher les larmes menaçant de ruisseler. Mais sûrement ma peine n'avait-elle pas échappée au célèbre détective. Il y eut encore quelques parasites, signe de son hésitation… Puis je me rendis compte qu'il s'agissait en fait du son de souffle effleurant son micro. Peut-être un soupir ?
- Navré, mais c'était nécessaire. Maintenant, veuillez répondre aux questions et coopérer s'il vous plait. Quel est votre nom ?
- Al…Al…x…Je m'appelle Alex Roseshield, répondis-je en avisant rapidement un nom.
- Quel est votre âge et date de naissance ?
- Je vais avoir dix-sept ans l'année prochaine et je suis née le 13 octobre.
- Qui est Keiko Kashima ? Nous avons retrouvé sa carte visite dans votre portefeuille.
- Je l'ai rencontrée il y a peu de temps. Elle m'a juste emmené au quartier général. Elle m'a dit que si j'avais à nouveau des ennuis je pourrais la contacter. Vous l'avez interrogée.
-Evidemment, mais soyez tranquille, votre version de votre rencontre semble correspondre à la sienne, conclut-il. Néanmoins, vous vous êtes présentée à elle sous un autre nom.
- Oui, Alice Rose. Je ne lui ai pas donné mon vrai nom.
- Comment avez-vous découvert toutes les informations que vous avez confiées à Mr Yagami Soîchiro ?
- Vous ne me croiriez pas si je vous le disais.
Il y eut un nouveau soupir empreint d'incertitude.
- Est-ce parce que vous êtes Kira ?
- Non, je ne suis pas Kira, je répondis en regardant bien la caméra, pour qu'il voie que je ne mentais pas.
- Avez-vous une preuve de votre innocence ?
- Croyez-vous vraiment qu'une gamine de seize qui joue de la guitare (de manière totalement inoffensive, je vous l'assure) puisse tuer des criminels en masse sans même les toucher ? Qu'en plus, cette même gamine insignifiante se jette dans la gueule du loup en allant voir la police ? En se dévoilant au chef de l'enquête ? En quémandant L ? En coopérant ? En essayant de ne pas se plaindre de pouvoir à peine respirer dans cette camisole de fou ? Et vous, L, avez-vous une preuve de ma culpabilité ?
-…Comment savez-vous que c'est moi L par exemple ? Ou encore comment se fait-il que vous en sachiez autant ? Et, surtout, pourquoi désiriez-vous me rencontrer ?
Il gardait une politesse implacable. Ce vouvoiement ne m'était pas familier.
-…Vous ne me croiriez pas…
- J'en suis arrivé à croire que Kira peut tuer les gens de façon surnaturelle. Je veux bien encore essayer de comprendre s'il s'agit d'élucider un suspect potentiellement dangereux. Même si cela inclue de nouveau… Un phénomène surnaturel.
- Si je vous le dis…vous voulez bien m'enlever cette camisole ? Je resterais ici le temps qu'il faudra pour vous prouver que j'ai tout ce qu'il y a de plus normal, excepté le fait que je sache beaucoup de choses. Vous verrez par vous-même que je ne tuerais personne.
-…Hum. Ca se discute.
Il y eut un atroce silence durant lequel il devait sûrement débattre avec d'autres. Finalement, il reprit la parole, toujours emprunt de cette étrange intonation lointaine.
- Très bien, nous allons enlever votre camisole. En revanche, nous sommes autorisés à vous abattre si vous procédez au moindre geste menaçant notre sécurité. Comme il me faut des réponses immédiates, une équipe viendra vous alléger tout de suite.
- Parfait ! m'écriai-je sans pouvoir empêcher une exclamation de soulagement.
Quelques minutes après seulement, une horde de soldats en noir, protégés et armés jusqu'aux dents, cagoulés, déboulèrent dans la pièce par la porte métallique. Devant toutes ces armes braquées sur moi, je restai assise et immobile, les observant, incrédule. J'étais vraiment si effrayante que cela ? Je devais vraiment faire un tour dans la salle de bain.
Trois hommes détachèrent avec précaution la camisole, me l'enlevèrent et me laissèrent dans un ensemble entièrement blanc qui était déjà dessous. Ils m'ajoutèrent néanmoins des menottes reliant mes deux poignets, mais pas derrière le dos, heureusement. J'avais même une culotte et une brassière blanches. Je n'osais penser à la personne qui m'avait déshabillée et habillée. Je tâchais de cacher ma gêne.
Ils s'en allèrent aussi vite qu'ils étaient venus, toujours autant sur leur garde. Une fois partis, je ne pus retenir un fou rire. Ils me croyaient vraiment capable de les tuer d'un seul regard ou d'un claquement de doigts ou quoi ?
- Vous sentez-vous plus à l'aise à présent ? demanda poliment L.
- J'aurai préféré qu'on m'enlève aussi ces chaînes inutiles, mais oui. Merci L.
- Auriez-vous à présent l'amabilité de m'expliquer votre situation ?
-…Je…ne suis pas Kira. Néanmoins, je ne suis pas tout à fait normale non plus…
- Précisez je vous prie.
- Je…suis capable de connaître certaines choses. Comme…une sorte de voyante si vous voulez mais…euh…comment dire ? Je ne contrôle pas ce que je peux voir ou savoir.
- Une parapsychique ? s'exclama L, vraiment intéressé et intrigué. Et vous dites ne pas contrôler ce pouvoir ? Dans ce cas, comment avez-vous su tant de choses sur Kira ? Si vous n'êtes pas Kira, dans ce cas, vous devez au moins l'avoir approché, non ?
- En effet, mon pouvoir s'accorde à mon entourage. Néanmoins, tout le monde n'arrête pas de parler de Kira et cela a tellement fini par m'intéresser que mon don a fini par s'y lier. D'abord il y a eu les victimes de Kira que je parvenais à deviner à l'avance puis il y a eut des bribes d'avenir allant toujours plus loin. Et j'ai fini par prendre connaissance des gens enquêtant sur l'affaire et en particulier vous, L. J'ai pensé que mon pouvoir pourrait vous servir. Je pensais rendre service.
-Hum…Pourriez-vous me prouver ce que vous avancez ?
-Kira vit au Japon, ici même, dans la région de Kantô. Vérifiez par le moyen que vous voudrez. Pendant ce temps, gardez-moi enfermée et voyez par vous-même si j'ai été capable de faire tuer ou tuer qui que ce soit. Je ne suis pas Kira. Kira vit encore à l'air libre ! C'est tout ce que je peux vous dire pour l'instant. Quand l'histoire aura un peu avancé et si j'ai plus de contacts avec l'enquête, je pourrais vous révéler d'autres choses encore plus intéressantes.
- Bien, nous allons vérifier cette information. Nous vous tiendrons au courant. Fin de la conversation. Vous resterez sous surveillance. Un déjeuner vous sera servi sous peu.
- Hé euh… ! Merci, L.
-…-Il paraissait prit au dépourvu, il devait sûrement penser au fait que je le remerciai alors qu'il m'enfermait - De rien.
Quelques jours passèrent… Une semaine si mes calculs sont exacts, selon la fréquence des repas. On me donnait régulièrement de nouveaux vêtements, tous identiques. L ne m'avait toujours pas contactée, mais jamais la caméra au-dessus de ma tête ne flanchait. Il m'observait, je le sentais.
De jour en jour, mon moral baissait. C'était plus dur que je ne le pensais de rester enfermée à ne rien faire dans un endroit aussi restreint. Quelques jours de plus, et j'aurais l'impression de sombrer dans une véritable dépression. Je ne l'avouerais jamais, mais j'avais besoin de voir quelqu'un, d'approcher quelqu'un, de parler, absolument.
Rester enfermée entre ces murs me rendait folle. Je tournai en rond, faisaient les cents pas comme un lion en cage. Des images de mon ancienne vie me sautaient aux yeux et parfois, je m'arrêtais tout simplement de bouger, inerte, telle une poupée de chiffon, sur mon lit, incapable de faire autre chose que de broyer du noir. Je regardais le plafond, les yeux vides, la tête vide, l'âme vide, après avoir lacéré mon cœur durant des heures pour avoir pensé à ma vie passée.
Un matin, quand je me réveillais, je remarquai qu'on m'avait enlevé mes chaînes. Je souris à la caméra, sans savoir que celui-ci le verrait. Les muscles de mes joues s'étiraient étrangement, presque douloureusement, comme si j'avais perdu l'habitude de les utiliser vraiment de cette façon.
- C'est pour avoir été extrêmement coopérative et fait avancé l'enquête d'un grand pas.
- Bonjour, L, dis-je avec l'ombre d'un sourire –je n'arrivais pas à dissimuler mon chagrin dans ma voix-. Et merci.
- Mes sincères excuses. Bien le bonjour, Mlle Roseshield. Un faux nom, comme je m'y attendais…
- C'est le seul que je puisse vous donner, malheureusement. Je crains moi aussi Kira. Et je présume qu'il est ici, comme prévu, n'est-ce pas ?
- C'est exact et je vous remercie pour cette information.
- Vous ne l'avez pas trop provoqué j'espère ? Il est assez mauvais perdant…
- J'ai pu le constater, en effet. Auriez-vous pris connaissance de ma manœuvre ?
- J'ai vu ce qui s'était passé, effectivement. Et je dois dire que vous m'épatez. Utiliser les médias, réussir à prouver qu'il habite au Japon et qu'il a besoin d'un nom ainsi que d'un visage pour tuer, c'est sublime.
- Quant à moi, c'est votre certitude sur la situation qui m'éblouit. Et je ne puis que constater que vous avez été sage. Je n'ai rien remarqué qui puisse vous incriminer en tant que Kira. Néanmoins, il me reste assez de doutes pour vous garder encore ici. Vous savez décidément trop de choses.
- Si je vous donne un deuxième indice, consentiriez-vous à être plus clément ? Ma guitare me manque et je crois que je vais finir par devenir claustrophobe à rester enfermer ici entre quatre murs !
Nous eûmes un léger rire. Le mien me parut faux. Je ne mentais pas, qui plus est. Je remarquai aussi que sa politesse et son respect envers moi avaient encore augmenté et que sa manière très british de s'adresser aux gens commençait à déteindre sur moi et à détourner mes phrases !
Cependant, il avait su noter la note de tristesse qui teintait ma voix morne. Il s'en inquiéta, toujours poussé par son impitoyable savoir-vivre.
- Quelque chose ne va pas, Mlle Roseshield ?
- Je…-je retenais mes larmes- je ne me sens vraiment pas bien L. C'est plus difficile que je le pensais de rester enfermée de jours entiers, sans voir la lumière du jour, sans respirer l'air l'extérieur.
-…
- Je ne me sens vraiment pas bien, avouai-je en baissant la tête.
- Ecoutez…Si le deuxième indice s'avère de nouveau exact, nous pourrions peut-être convenir à un compromis. Les indices que vous me révèlerez devront toutefois prouver votre innocence.
- Je vois… Bien, pour commencer, Kira est jeune mais intelligent. C'est un étudiant. Vérifiez l'heure de décès des victimes. Dès que vous en viendrez à cette conclusion, il essaiera néanmoins de vous prouver le contraire. À vous de deviner comment, si je n'arrive pas à le savoir avant.
J'étais presque prête à lui débiter l'histoire des douze mangas, de la trentaine d'épisodes et même des trois films s'il le voulait ! J'étais si désespérée que les informations coulaient à flot de ma bouche, sans que je ne puisse les contrôler totalement.
- Comment saura-t-il que j'ai découvert que son emploi du temps correspondait à celui d'un étudiant ?
- C'est simple, il a accès aux fichiers concernant l'avancement de l'enquête sur Kira.
- A-t-il un lien avec la police ?
- Possible.
J'essayais de reprendre le contrôle de mes mots. Il sortit son habituel « Hum » long et dubitatif. Cependant, il paraissait avoir confiance en mes conclusions.
- Ce qui veut dire que, ayant le train de vie d'un lycéen, je ne peux tuer des gens aux mêmes heures, vue ma situation.
- Vous dites connaître la liste des prochaines victimes…
- Pas toujours. Je ne contrôle pas ce pouvoir et il est difficile de retenir des noms et des visages par dizaines. La plupart sont relatés dans les médias et les journaux japonais. Surveillez bien les informations télévisées. Il essaiera de vous prouver qu'il n'est pas étudiant et qu'il ne tue pas selon son temps libre. De ce fait, il va aussi semer des indices tentant de vous détourner des actions principales. De vous faire passer à côté du plus important.
- Quel genre d'indices ?
- Dessin, textes, messages codés. Le message n'aura pas grande importance, si ne c'est qu'il raconte la vérité.
- Vous ne pouvez faire preuve de plus de précisions, je présume ?
- Etant accusée d'être Kira, je n'ai jamais eu accès à des indices aussi concluants, je vous assure. Mais si j'étais plus en contact physique avec les enquêteurs, ou encore mieux, vous, L, je pourrai vous relater l'avenir d'une traite avec plus de précision.
- Vous avez besoin de contacts physiques avec la personne ou l'objet de vos interrogations pour en deviner le sens ou l'avenir ?
- Entre autres. Traîner dans les environs de la personne suffit normalement, m'informer sur l'objet m'intéressant (en regardant les informations télévisées parlant des victimes de Kira ou en allant sur des sites par exemple) ou posséder l'objet en lui-même me permet d'être au maximum de mes capacités.
- Huuum…Je vous promets d'y réfléchir.
- Tâchez de dormir un peu aussi. J'ai le sentiment que sinon, vous risquez de commettre une erreur.
- Merci, je songerai aussi à votre conseil. Fin de la conversation.
J'eu le sentiment de lui lire son horoscope vers la fin, mais quelque chose me disait qu'il n'allait pas prendre mes dires à la légère. Même qu'il allait toutes les vérifier, pour être sûr ! Je ramenai mes jambes contre moi en fermant les yeux, me balançant d'avant en arrière et marmonnant la mélodie d'Alumina, la première chanson de fin de Death Note, l'anime.
J'avais le sérieux sentiment d'en avoir trop dit d'un seul coup ! J'espérais sincèrement ne rien avoir gâché… Il fallait que je le sauve ! Que je me sauve !
Le lendemain même, L reprit contact avec moi, en commençant par ses habituelles salutations cordiales. Ce qu'il allait dire, je m'en doutais déjà.
- Vous aviez raison au sujet de l'emploi du temps de Kira. Et il a effectivement cherché à démontrer le contraire aussitôt que le récapitulatif de l'enquête a été mis à jour.
- Laissez-moi deviner… voyons… Il peut choisir la date, l'endroit, l'heure et la façon dont la victime meurt. Ce qui signifie aussi qu'il ne tue pas uniquement à l'aide de crise cardiaque. Il peut manipuler ses victimes comme des pantins, tant qu'il possède leur nom et leur visage. Autrement dit, le nombre de victime de Kira est peut-être plus important qu'on le pense…
- Savez-vous lire dans les pensées ? demanda-t-il joyeusement, réellement convaincu de mon don infaillible.
- Presque, L, presque.
- Si tout ce que vous dites est vrai, alors mes suppositions sont probablement justes.
-Vous aviez les mêmes hypothèses ?
- En effet. Bien, je dois vous laisser. Grâce à vous, les choses se sont incroyablement mises à bouger et je dois dire qu'elles avancent très vite. Si elles continuent ainsi, la conclusion de toute cette histoire arrivera sûrement beaucoup plus vite que prévu.
- Hé, alors, si j'ai raison, vous me laisserez sortir ? Demandai-je d'une voix larmoyante et pleine d'espoir. Je m'ennuie à mourir et…j'ai horreur d'être coupée du monde ainsi. Coupée des gens. Même si je n'en aime pas certains, j'ai besoin de les voir. Besoin de les approcher.
- C'est sûrement votre pouvoir qui vous oblige à être en contact avec les gens.
- Tout comme votre cerveau a besoin d'autant de glucose, L.
Il y eu un long silence. Hésitation, incertitude, stupéfaction ? Je ne saurai le dire.
- Vous ne manquez jamais de me surprendre, Mlle Roseshield.
- Oh, ne soyez pas inquiet, je ne sais vraiment pas grand-chose sur vous. C'est sûrement votre voix qui a permis à mon pouvoir de filtrer.
- Même modifiée ? Hum. Logique, le paranormal va au-delà de la technologie et ne se laisse pas berner par elle.
- La preuve, ce n'est pas avec des ordinateurs que vous arriverez à avoir Kira.
- Peut-être.
- Je vous en prie L ! J'ai besoin de sortir, comprenez-moi ! Imaginez un seul instant qu'on bannirait à jamais le sucre de votre alimentation ! J'ai eu exactement le même effet lorsque j'ai perdu ma guitare et qu'on m'a coupée de tout contact humain. Et maintenant, je ne vois plus personne ! J'ai vraiment l'impression de devenir folle !
-…Très bien, nous allons changer de méthode. Cela peut vous paraître étrange, mais j'ai besoin de votre… Lucidité exemplaire et votre perspicacité surnaturelle. Laissez-moi le temps d'y réfléchir.
- Oh, merci L !
L'argument de la privation du sucre avait dû être plus que convaincant s'il avait flanché aussi facilement ! D'ailleurs, je trouvais ça un peu trop facile… Il devait avoir une idée derrière la tête. Du genre… que je finisse par me trahir dans mes prédictions.
J'étais partagée entre le désir de tout lui déballer et celui de ne pas trop m'écarter de l'histoire, au risque de ne plus être utile du tout et de ne plus prévoir les évènements qui allaient suivre. Il allait vraiment falloir que je fasse attention à tout ce que je faisais et disais…Quel prudence éprouvante !
- Auriez-vous d'autres informations à me communiquer ?
- Lisait-il dans mes pensées ? Non, je suis désolée, c'est tout ce que j'ai pour l'instant malheureusement…
- Besoin d'être plus au courant pour plus de précision, je présume ?
-…Allez, laissez-moi sortir.
- Hum. Je vais trouver un moyen. Je vous en prie, soyez patiente. Fin de la conversation.
Même s'il restait très poli lors de ses débuts de conversation, la fin laissait vraiment à désirer selon moi ! Et je savais qu'une fois ces mots fatidiques prononcés, il était vain de courir après lui. Il était vraiment bizarre ce L…plein de contradictions !
Le lendemain même, on m'apportait mes vêtements d'origine et même mon portefeuille. Finis la cellule et l'ensemble immaculé de tous les jours, ainsi que les plateaux repas à réchauffer… On me fit sortir de ma cellule, accompagnée de mon escorte de soldats sombres (les mêmes, j'en suis sûre). En dehors du QG, une limousine attendait, je sautillai de joie en humant enfin l'air libre (plutôt que l'air conditionné, qui finissait par vous vicier les narines au bout de quelques heures seulement).
Je m'approchai de la voiture, sourire aux lèvres et saluai derrière moi mon escorte. Mes menottes aux poignets tintèrent frénétiquement. Ils parurent aussi surpris qu'effrayés et tous eurent un sursaut à ce moment, persuadés d'être sur le point de trépasser à l'instant. Ils me pensaient vraiment capable de tuer d'un geste de la main…? Ha ha ha ! Bah…si on peut tuer avec un stylo et un carnet…pourquoi pas d'un salut de la main ?
Enfin, la porte s'ouvrit derrière moi de l'intérieur, et ce que je vis me stupéfia littéralement. Ce n'était même pas Watari qui avait ouvert, c'était L lui-même ! Là ! Devant moi ! En personne ! Tous les détails étaient parfaits, comme depuis le début de mon rêve. Mince et grand, sweat blanc immaculé, jean bleu sombre, cernes profondément marqués sous les yeux, assombrissant son regard calculateur. Yeux noirs très profonds, peau pâle à souhait, pouce porté à la bouche, dos légèrement recourbé. Il avait des mains sublimes. Je pouvais même voir des grains de beauté : il en avait un minuscule, juste sous l'œil gauche, un autre sur le cou et bien d'autres encore…
Il était accroupi, enfoncé dans le profond fauteuil en cuir noir du véhicule et me regardais avec un air à la fois fasciné, suspicieux, prudent et…je devais le dire…légèrement effrayé. Je me rendais compte qu'il risquait sa vie pour prouver que j'étais Kira ou non. Si je le tuais, cela signifiait que j'étais Kira, aussi simple que cela…
Il était vraiment prêt à tout…Il tenait son suspect le plus potentiel qui soit –moi ! Et il irait jusqu'au bout pour le prouver.
J'entrai dans la voiture avec des gestes lents pour ne brusquer personne –surtout lui en fait. Le moteur démarra rapidement pour nous mener à un hôtel de luxe, connaissant les goûts de L.
- Bonjour, Mlle Alex Roseshield.
Sa voix grave de basse était parfaite. Son ton était lent, cordial mais aussi atone. J'en ressentais des frissons. J'avais envie de sauter dans tous les sens, grimper au ciel, l'étouffer dans mes bras...n'importe quoi ! Mais j'avais besoin de lui montre ma joie et mon excitation à sa présence !
- Al…Alex suffira ! m'écriai-je. Mon dieu ! L ! C'est vous L !
- Enchanté, répondit-il simplement, nullement emporté par mon excès d'agitation. Vous avez su dès le premier regard que j'étais L. Impressionnant, vraiment.
- Et comment ! Vous êtes exactement comme je l'ai vu ! Vous…vous…enfin euh, vous êtes pas mal.
Il parut pris de court par mon compliment et resta muet, valsant entre l'amusement et l'intrigue. C'était pourtant vrai, il est plus beau que le L interprété par l'acteur japonais dans les films.
Et ses yeux noirs immenses étaient braqués sur moi, comme si le monde autour n'existait plus…après tout, j'étais sa principale suspecte…allait-il nous menotter l'un à l'autre ? Kyaaa !
- Quant à vous…la caméra n'a pas vraiment rendu justice à vos cheveux, répliqua-t-il maladroitement.
Je l'interrogeai du regard. Il semblait surpris que je n'ai pas deviné le sens de sa phrase –moi qui était sensée tout savoir, sûrement.
- Vos mèches sont vraiment originales, finit-il par lâcher.
- Oh ! Merci beaucoup je veux dire, c'est gentil. Mieux vaut l'encourager d'une si belle action, non ? C'était vraiment un brin de folie qui m'a pris ce jour-là mais je ne le regrette pas. Mais ça doit vous faire bizarre quand même, n'est-ce pas ?
- En effet, la qualité son et image que j'avais était vraiment médiocre.
Je réalisai qu'il essayait de m'être agréable. Il ne devait vraiment pas avoir l'habitude d'entretenir une relation sociale. Vraiment, j'avais toujours autant de mal à croire que, ça y est, j'étais enfin devant lui !
- Puis…Puis-je vous serrer la main ?! Demandai-je dans la foulée.
- Hum…
Son « hum » habituel était si craquant en vrai ! Il frottait son menton, réfléchissant à vive allure. Je me rendais compte à quel point j'avais besoin de le toucher, d'être proche de lui, de le voir de plus près, d'humer son odeur !
- Vous savez ce que cela signifie…Ce n'est pas à mon avantage que vous découvriez tout sur moi.
- Eh bien, je garderais ces informations pour moi, je vous le promets ! J'ai juste besoin que vous me fassiez confiance ! Vous verrez, vous allez arriver à l'hôtel sain et sauf, je vous le jure…
- Après tout, si je ne survis pas dans les prochains jours, après vous avoir rencontrée, donc, cela voudra dire que vous êtes Kira, ce qui n'est pas à votre avantage, n'est-ce pas ? Des gens seront là pour prendre ma relève, vous ne vous en sortirez pas si facilement. Justice sera rendue.
Dans ses explications de mon sombre projet (qui ne m'avait même pas effleuré l'esprit, au passage), il était passé de la simple hypothèse et à la certitude incarnée dans sa formulation.
-Seulement si je suis Kira et que je vous tue réellement…-Il ne semblait pas se rendre compte qu'il s'était un peu laissé emporter- Je vais vous prouver que si on m'en donne les moyens…mon pouvoir ne peut connaître aucune limite !
Il avança une grande main pâle aux longs doigts de pianistes. Mon dieu, ces mains, qu'elles étaient belles ! Et chaudes ! Je glissai ma main dans la sienne. Ma main paraissait si frêle et petite dans la sienne. Il restait méfiant et quant à moi, je ne me départais pas de mon grand sourire. Soudain, je me repris : rien ne sert d'afficher cet air stupide…il faut que je sois crédible. Alors, je fis mine d'écarquiller les yeux d'émerveillement (je n'avais pas besoin de trop forcer, sa peau était considérablement douce) puis échappai un soupir d'extase (là aussi c'était naturel). J'étais encore plus pleine d'entrain qu'auparavant.
Lui, par contre, ne cessait de déchiffrer mes réactions. Je ne savais pas si j'étais réellement capable du duper L jusqu'au bout.
- C'est encore plus intéressant que je n'osais l'imaginer ! m'exclamai-je.
- Vraiment ? demanda-t-il, inquisiteur. Alors, que savez-vous ?
- Le plus grand détective du monde…Non, les trois plus grands, à vous tout seul ! Vous êtes extrêmement intelligent. Vraiment beaucoup de choses vous passe par la tête…aussi impressionnant que la quantité de sucreries que vous pouvez ingurgiter ou encore le peu d'heures de sommeil que vous pouvez effectuer !
- Quoi d'autre ?
-…Il est encore trop tôt pour que je devine tout. Je pense qu'après avoir passé plus de temps en votre présence, je saurai encore plus de choses. Néanmoins, j'ai appris une chose qui me permettrait de vous tuer dans la minute si j'étais Kira.
Ses yeux s'agrandirent d'effroi. Sa main serra la mienne avec plus de force.
- Mon nom… devina-t-il, chuchotant.
- Oui…vous vous appelez… L Lawliet.
Cette fois, il eut un vrai sursaut. Sa main rejeta la mienne vivement, comme s'elle avait été brûlée.
- J'en étais sûr ! C'est vous Kira ! affirma-t-il, presque hystérique. Même si vous me tuez, sachez que justice sera rendue, vous ne tuerez plus personne !
- Hé, doucement !…Mais puisque je vous dis que non ! Il est vraiment parano ! pensai-je en soupirant d'exaspération. J'essaie de vous prouver mon innocence. Je ne vous ai pas tué et je n'ai pas l'intention de le faire. Au contraire, je veux vous aider. Vous sauver, plus précisément.
Il paraissait toujours aussi chamboulé. Nous arrivions à l'hôtel, Watari ouvrit la porte. Je le regardai avec de grands yeux admirateurs, comme un enfant regarderait un héro de guerre. Je lui tendis une main. Watari jeta un regard une direction de L, comme pour demander son autorisation.
- De toute façon, elle le saura un jour ou l'autre, alors… dit-il d'un air dépité, presque accablé.
Je me rendis compte qu'il s'agissait peut-être du fait que je venais d'envoyer en l'air des années d'acharnement pour préserver ses secrets en quelques secondes.
Le vieil homme en face de moi se résigna gentiment et serra ma main avec une poigne ferme mais pas douloureuse. Il dégageait un sentiment de confiance. Je me demandai de nouveau pourquoi L m'avait laissé sortir aussi facilement. Cela n'avait absolument aucune logique. Vraiment.
Je tentai de garder mon calme et de paraître naturelle, mis à part le fait que L passait à quelques centimètres de moi pour sortir de la limousine, me scrutant comme s'il me passait aux rayons X. Il dégageait une odeur de propre, sucrée et masculine.
- Enchantée, Quillish Wammy, fondateur de la Wammy House. Ou plutôt Watari, n'est-ce pas ?
- Ravi de rencontrer la fabuleuse source d'informations que vous êtes, sans vouloir vous offenser, bien évidemment. Ces informations précieuses ont permis une énorme avancée dans l'enquête et si je puis me permettre, je ne pense pas que vous puissiez être Kira. Nous serions déjà morts et… Kira ne peut décidément pas se jeter dans les bras de son pire ennemi avec tant d'abandon, n'est-ce pas ?
Il me fit un clin d'œil malicieux, pendant que L lui jetait un regard assassin l'espace d'une seconde et j'eus le sentiment qu'un instant, Watari avait tout compris de mes sentiments ! Je laissais échapper un rire nerveux alors que nous prenions le chemin de notre suite luxueuse.
- Merci de me faire confiance, dis-je en relâchant sa main. L persévèrera jusqu'à ce qu'il prouve que je suis Kira ou que quelqu'un d'autre lui paraisse plus approprié, mais il se rendra vite compte que malgré mon pouvoir, je ne suis pas aussi intelligente que ce criminel.
- Je pense aussi. Vous venez de le voir pour la première fois et j'ai pourtant l'impression que vous savez déjà tout de lui.
- Hum, non ! Je ne suis pas infaillible à ce point ! D'ailleurs, quel est le pourcentage de ma culpabilité, L ? demandai-je alors que nous étions seuls dans l'ascenseur.
- Environ 50 %, répondit-il en essayant de contenir son étonnement au vu de ma connaissance à sa méthode de résonnement. Il est en baisse. Il représente un excellent pourcentage mais je persiste à croire que cela n'est pas dans votre intérêt de nous tuer maintenant. Pour une raison que j'ignore, vous teniez à tout prix me rencontrer (pour me tuer, je pensais, au début) mais voilà qu'après m'avoir vu, je suis toujours vivant. J'avoue être dubitatif.
- Oh, vous verrez ! Au bout d'un moment, l'étonnement passe et vous verrez par vous-même que je n'ai rien d'un être aussi diabolique que Kira. Bientôt, vous constaterez que les indices divergent tous forcément vers quelqu'un qu'autre que moi. Je n'ai pas le profil de Kira. Il suffit d'observer mon caractère.
Ses rayons laser X continuaient de me passer au peigne fin. Je fus prise d'un léger frisson.
- Enfin, vous verrez, L, je n'insiste pas.
- Hum, fit-il d'un air pas très convaincu.
Je ne savais toujours pas quelle était la raison qui avait permis à L de céder aussi facilement. Toujours est-il que j'avais de sérieux problèmes sur les bras à présent : je devais me protéger de Kira, protéger mon secret, protéger et sauver L et les victimes au sein de l'enquête, minimiser les pertes d'innocents, faire attention à mes paroles et gestes mais aussi prouver que je n'étais pas une criminelle…Ce qui faisait beaucoup de choses pour une seule personne.
Une chose était sûre, je n'étais pas Kira et n'avais pas l'intention de le devenir.
Fin du Chapitre-2
Et bien voilà pour le deuxième chapitre, j'espère que ça paraît réaliste ! C'est beaucoup plus dur que je ne le pensais d'écrire cette fic, parce qu'il faut que je colle point par point à l'histoire et que je fasse attention à tous les détails. Heureusement j'ai les épisodes et les mangas pour m'aider !
Si je fais une erreur, cependant, n'hésitez pas à me corriger, l'erreur est humaine et cette fic est effectivement écrite par une humaine.
Merci pour toutes les reviews en tout cas et à la prochaine. Ca m'a fait très plaisir !
RAR :
ète : Merci de trouver mon histoire intéressante, c'est vraiment très sympa ! Tu es ma première revieweuse ! Alors sinon, qu'as-tu pensé de la rencontre avec L ? Pas trop improbable ? J'ai vraiment besoin de l'avis des lecteurs sur ce coup-là ! C'était marrant ? Lol, difficile de placer un peu d'humour dans Death Note, mais on fait comme on peut !
Est-ce qu'il y aura Near ? Et bien, oui, probablement, même si c'est vraiment pas pour maintenant, je suis désolée. Il arrivera bien plus tard. Bon, je ne dévoile pas trop, sinon…lol. Encore merci.
Hikari : Merci, j'espère que la suite te plaît ! J'écris mes histoires avec Microsoft word. Mais si le tiens ne marche pas, il existe nombre de logiciels gratuit sur le net qui sont équivalent.
Polyne : Merci pour la review ! Dis-moi ce que t'en penses !
Kurama-Sesshômaru : Hé, ma fidèle lectrice ! Je suis contente que celle-là aussi te plaise ! Je m'étonne de pouvoir te plaire ainsi dans tous les domaines ! Mais c'est bon signe. Merci encore en tout cas pour ta review, ça aide toujours, tu sais ?
J'espère que le deuxième chapitre ne déçoit pas…Je vais essayer, comme tu le vois, d'être aussi proche possible du manga, tout en restant plausible. Elle aura un rôle important, mais les vrais héros et génies, après tout, ça reste L et Kira.
Promis, je planche sur Tenshi dès que possible ! Merci de m'accompagner, ta review est elle aussi un vrai moment de bonheur !
Une fan de Death Note : Ouh là, quel pseudo mystérieux ! merci pour ta review. Et pour répondre à ta question, elle va essayer de ne pas trop chambouler l'histoire sinon elle ne sera plus capable de prédire la suite ! M'enfin bon, je pense que tu comprendras plus tard.
Le second monde : Merci pour tes compliments, ça me fait vraiment plaisir ! J'attends ta fic de Death note avec impatience…il y a si peu de très intéressantes et qui correspondent à mes goûts. (Ce n'est qu'un avis personnel) J'espère que le deuxième chapitre t'a, quant à lui, remballée, ^^ lol.
Allez, et priez pour que le troisième chapitre arrive vite !
