Voilà enfin la suite et désolée pour le retard, vraiment, j'étais en voyage en Thaïlande, et impossible de trouver un ordinateur convenable pour publier là-bas (en plus avec des claviers anglais, la galère quoi…).

Bref, je vous laisse enfin lire, à plus tard !

Chapitre-4

Mensonges

Le temps s'égrenait lentement, comme le sable courant dans le sablier. Cette nouvelle vie tranchait sur l'écoulement du temps que j'avais dans la ville réelle. Mais aussi, je sentais planer au-dessus de ma tête une éternelle épée de Damoclès. Un stylo et un carnet seraient ici la seule cause possible de ma mort. Et j'étais consciente que, bien que ma qualité de vie soit meilleure dans Death Note, elle ne pourrait jamais être autant menacée qu'ici même.

Jamais le temps et la vie ne m'avaient parus aussi précieux qu'en ce moment.

Le début de la matinée passa lentement, donc. Je m'évertuais à me familiariser avec la suite pour éviter de me perdre à nouveau, bien que j'ignorasse (DG : oui je sais, c'est moche comme mot, mais je vous jure que la conjugaison est appropriée) combien de temps nous resterions ici. L s'était isolé après le petit-déjeuner afin de se remettre au travail après m'avoir surveillée pendant longtemps et c'était Watari qui m'avait suivie comme mon ombre ce matin, m'aidant de temps à autre. Il semblait s'amuser. Cela me prit longtemps pour mémoriser toutes les pièces et le chemin, mais j'y parvins.

Je mangeai avec Watari le midi et ce dernier apporta le repas à L. Quelques minutes plus tard, je finis d'ailleurs par le rejoindre dans son bureau. Le meuble était collé au mur opposé à l'entrée, portant une multitude de choses, comme des ordinateurs, des sucreries et des montagnes de papiers. Il était accroupi à la « manière L » sur une chaise roulante informatique, devant une multitude d'ordinateurs chers et performants, l'air très concentré.

Je me rendis compte que normalement, à ce moment de l'histoire et des découvertes de L, aucun fan ne devait encore avoir vu son visage et il devait encore être en train de travailler dans une pièce quelconque, plongé dans le noir, à même le sol, avec pour seule lumière celle de son ordinateur. J'étais bête de ne pas y avoir pensé plutôt : sans que je ne le veuille, mon arrivée devait déjà avoir modifié certains évènements et L avait raison en disant que les choses s'étaient mises à bouger de façon exponentielle. Et il me fallait découvrir lesquelles.

-Comment vont les nouvelles ?

Il sursauta violemment. Ce genre de réaction contrastait beaucoup avec son allure nonchalante habituelle. Je me dis alors que j'avais dû faire quelque chose de déplacé.

-Pardon, j'ai dû…oublié de frapper.

-En effet, répondit-il, tentant une expression amusée. Vous pourriez bien être celle qui provoquera ma crise cardiaque si vous agissez ainsi, et ainsi aller à l'encontre de vos vœux énoncés ce matin.

-Je m'excuse, ce n'était pas mon intention, je le jure.

Je m'approchai et attendis poliment qu'il m'invite à m'asseoir. Ce qu'il fit rapidement, retournant à ses occupations.

-Les agents du FBI sont là depuis quatre jours à présents, m'informa-t-il.

-Comment ? Déjà…cela signifie que ce soir, normalement, Light Yagami va découvrir de la bouche de Ryuk que quelqu'un a pour ordre de le suivre et ainsi, le démasquer. Ce soir, Light va également songer à un plan afin d'éliminer tous les agents. En réalité, j'ai très peu de temps pour agir. Par Kira ! Et leurs identités ?

-Pas d'inquiétude, je m'occupe des démarches depuis ce matin. Cela me prend plus de temps que prévu, mais je devrais avoir fini ce soir si tout se passe bien. C'est au niveau administratif que cela tarde en réalité.

-Avez-vous la liste des agents ?

Cette fois, il décolla son regard des écrans et ses mains arrêtèrent de voler sur claviers et souris. Il m'observa attentivement, comme s'il pesait le pour et le contre.

-Avez-vous besoin de la vraie ou de la fausse ?

Il y eut un long silence pendant lequel je réfléchissais au fait que je sache leur vrai nom ou pas puisse porter préjudice à mon mensonge. Et après réflexion…

-N'importe, mon don ne se laissera pas berner par des faux noms. Non, il me faut surtout leur visage. Avez-vous leurs photos ?

Il parcourut d'un regard les piles de papiers avant de m'en tendre une du bout des doigts. C'était la fausse, d'après le nouveau nom donné à Ray Penber. Cependant, j'avais là aussi une occasion de plus de prouver mon innocence.

Maintenant que j'avais la liste, il me fallait absolument trouver le moyen de faire comprendre à L que Ray Penber était d'une importance capitale, sans faire bouger les évènements d'un iota. Ce qui était pratiquement une impasse. Si je modifiais trop les évènements, je serais alors aveugle et bonne à jeter.

Je me mis alors à regarder attentivement les photos alors que L attendait mon verdict.

-Lui, dis-je en lui montrant la feuille et en désignant du doigt la photo de Penber. Lui, il aura un rôle à jouer.

-Bill Jefferson. Qu'a-t-il de particulier ?

-J'ai besoin de plus d'informations. Auriez-vous par hasard la liste de ceux qui sont chargés de l'enquête, et donc suspectés ?

Cette fois-ci, il lui était impossible de me donner une fausse liste. Mais ce serait trop dangereux pour moi de toute manière de tuer des policiers. Au passage, j'en profiterais pour donner un aperçu de mon don à nouveau.

Il ne rechigna pas et me donna une liasse de feuilles avec photos et informations personnelles et confidentielles. J'agis comme si le simple fait de la prendre m'avait déjà donné des informations : je restai un moment immobile, le regard dans le vide avant de rapidement revenir à moi.

-141 feuilles. 141 personnes qui ont accès à nos informations et trois personnes qui ont quitté l'enquête, d'après ce que je vois.

-Exact. Quel don avantageux vous avez. Si j'avais votre don en plus de mes capacités, je pourrai vraiment résoudre n'importe quelle affaire.

-Rien ne vous empêche de me garder auprès de vous après l'enquête Kira. Je n'ai aucune attache ici et nulle part où aller.

-Oui, effectivement, dit-il en mangeant un bonbon et avec un regard intrigué. C'est d'ailleurs ce qui m'étonne. Que fait une jeune fille de seize dans Kantô, sans parents, sans maison, sans personne qui la recherche. Avec un faux nom et une identité impossible à trouver, voire inexistante. Vous demandez à ce que je vous fasse confiance, mais pour cela il faut que les gens apprennent à se connaître l'un l'autre. Je me sens en danger car vous savez tout de moi, et moi rien de vous. Trouvez cela juste ?

Oh oh… La discussion prend une si mauvaise tournure. J'aurai voulu m'enfuir à moment précis. Mais je n'avais d'autre choix que de l'affronter. L'esquive ne serait que remettre le problème à plus tard. Et il me fallait absolument m'occuper du cas des agents et de Penber.

-Je…je comprends, répondis-je mal à l'aise. Mais il y a des choses que je ne peux vous dire.

-Moi également. Mais avec votre don, malheureusement, je ne peux rien vous cacher, Mlle Alex. Alors dîtes-moi comment vous faire confiance ? Votre proposition est très intéressante, mais je peux ne serais-ce y songer en ne sachant rien de vous.

-T-très bien. Alors posez-moi des questions. Cependant, comprenez que je ne puisse répondre à certaines d'entre elles.

-Bien. Tenez, mettez ceci, demanda-t-il en me tendant une montre noire au bracelet large du bout de son index.

-Qu'est-ce que c'est ?

-C'est une montre reliée aux ordinateurs me permettrant de surveiller la fréquence cardiaque. Je comptais l'envoyer aux agents sous peu, afin de surveiller leur état de santé en permanence. Dans votre cas, il me servira à savoir si vous mentez.

Je déglutis bruyamment et mes mains se crispèrent sur la liasse de papiers posée sur mes genoux. Je la mettais sans émettre d'objection, cependant.

-Commençons. Quel est votre véritable nom ?

-Il commence fort…Je ne peux vous le dire. Pour l'instant. Mais je vous le dirai plus tard. C'est promis.

-Et bien, déjà, il est difficile de vous faire confiance de ce point de vue là. Vous connaissez mon nom et moi pas.

Je soupirai. Il observait l'ordinateur du coin de l'œil et cela me déconcentrait. Que découvrait-il ? Serais-je démasquée ? Remise dans mon trou ?

-Je suis désolée. Mais je me protège, tout comme vous vous protégez du point de vue des policiers.

-Hum…Ensuite, qui sont vos parents ?

Je lui racontai que j'avais des parents et une petite sœur tout en donnant leur prénom. Je lui racontai dans quelle région j'habitais et comment était ma maison, sans préciser l'adresse toutefois. Je lui racontai la vérité, puisque dans mon cœur je songeais avoir déjà assez menti comme ça et qu'il était dur d'entretenir des mensonges.

-Et vous ne pouvez me dire où vous habitez, exactement ?

-Non.

Il soupira à son tour, très frustré.

-Où étudiez-vous ?

-Dans un lycée de la région, option musique, dans une classe merdique.

Il afficha une expression surprise.

-Oups, pardon, ça m'a échappée, excusez-moi.

-Ce n'est rien. Il n'y pas de mal à être franc de temps en temps, n'est-ce pas ?

Je croisai les bras, vexée de ce sous-entendu.

-Et bien, c'était des questions personnelles qui pouvaient vous mettre en danger. Et me donner ces informations m'auraient permis de vous faire amplement confiance. Malheureusement, nous ne sommes pas plus avancés, Mlle Alex. Que vais-je faire de vous ?

-Je…je suis désolée mais…

Je n'avais pas non plus le choix ! Je ne venais pas de ce monde. Si ça se trouvait, ma famille existait vraiment, et moi aussi avec, ou peut-être pas. J'avais peut-être même un double, qui sait ? Et je ne pouvais pas donner de fausses informations, sous peine de perdre véritablement sa confiance.

Je n'avais qu'une seule information qui pourrait l'intéresser et me permettre de gagner sa confiance : mon véritable nom. Mais c'est à double tranchant. S'il ne trouvait pas mon identité, je perdrais également sa confiance. Mais c'était tout ce que j'avais qui pourrait ne pas me trahir. De plus, soyons honnête, je pouvais faire confiance à L. Lui n'utiliserait pas mon nom pour me tuer !

Pendant qu'il poursuivait, je réfléchissais sérieusement à l'option, pesant le pour et le contre.

-Pourquoi avez-vous tenu à me rencontrer ?

-Pour vous sauver et vous aider dans l'enquête !

-Ce n'était donc pas pour arrêter Kira ? Interroge-t-il, réellement piqué cette fois.

-Et bien, oui, par extension, mais bon…votre vie ne se limite pas à Kira, vous savez ?

-Hum…Ensuite, comment fonctionne votre don ?

-Euh, vous le savez déjà, non ?

-Oui, c'est vrai. En vérité, je serais curieux de savoir comment vous arrivez à savoir ? Comment les informations vous apparaissent-elles de nulle part de cette façon ? Avouez que cela est fascinant.

Il me scrutait à nouveau de ses grand yeux noirs, le pouce sur la bouche, envahi par une curiosité presque malsaine de vouloir tout savoir. Rah et cette montre !

-Et bien, je touche, je ressens, je vois…C'est comme j'avais des voix et des images qui défilent dans mon esprit et me délivrent des indices, des informations qu'il me faut en permanence trier et interpréter pour ne garder que le nécessaire. Parfois, elles m'arrivent sans que je ne les ais provoquées.

-Très intéressant. Vous est-il déjà arrivé de vous tromper ?

-Et bien, oui. Vu que mon interprétation est objective et que l'erreur est humaine, il m'arrive de me tromper. Mais c'est très rare, je veux dire. Il est impossible que je me trompe sur quelque chose concernant Kira. Je ne délivrerais pas une information qui ne soit pas tangible.

-Je vois. Et vous est-il arrivé de…ne plus rien voir ? De ne plus recevoir d'informations ?

J'hésitai à nouveau longuement sur la question. Ne sachant quoi répondre. Il serait possible qu'après mon intervention, mon supposé don devienne inutile, puisque les évènements auraient tant changé qu'il me serait impossible de prédire quoique ce soit. Il me fallait jouer la carte de la prudence.

-Oui. J'ai même cru une fois le perdre définitivement. Je ne comprends pas son fonctionnement, donc je ne pourrai savoir quand ni comment il pourrait s'arrêter un jour et recommencer deux mois plus tard par exemple. J'espère que cela ne m'arrivera pas pendant l'enquête.

-Hum…et bien. Tout cela est bien peu…

-Ryûzaki ! L'interrompis-je en me levant –il sursauta à nouveau, pris au dépourvu. Je vais vous donner mon nom. Mon vrai nom, murmurai-je. Cependant, si vous ne trouvez rien à mon sujet, je vous jure que cela ne sera pas de mon fait. Et je vous prie de bien croire à cette vérité.

-Dans la mesure du possible, je suis prêt à vous croire, répliqua-t-il doucement. Votre cœur dira la vérité, lui.

Je m'approchai à pas lents et, anxieuse, penchait mon visage près du sien. Mon cœur se mit à battre la chamade et je commençai à respirer par petits coups. Mon nez ne devait être qu'à une dizaine de centimètres du sien. Il resta de marbre, ses yeux fixés dans les miens et je crus m'enfoncer dans l'abîme. Son souffle chaud s'égarait sur mon visage et je me pris même à penser que c'était agréable.

Finalement, je penchai à son oreille, mes lèvres à quelques millimètres et lorsque ma joue frôla la sienne, je fus parcourue d'un long frisson. « Je m'appelle Alix Rosenfield. »

Puis, les jambes flageolantes, je me retournai rapidement vers le fauteuil et m'y laissai tomber comme une masse. Maintenant, ça passe ou ça casse.

-Eh bien…voilà qui est surprenant, lança-t-il soudainement.

-Oui, je sais. Mais je ne savais plus quoi répondre. Je veux vraiment que vous me fassiez confiance. Et moi je vous fais assez confiance pour vous donner mon nom.

Il ne tourna alors de nouveau vers l'ordinateur et pendant un long moment, resta très concentré sur ce qu'il faisait. Je ne voyais rien de ce qu'il faisait, l'écran étant de profil par rapport à moi. Puis enfin, il se tourna vers moi, le visage inexpressif, mon cœur se mit à battre à un rythme effréné et son verdict tomba.

-Bien que toute cette histoire reste étrange et mystérieuse, je ne peux nier le fait que vous m'ayez dit la vérité au sujet de votre véritable nom. (Il fit une pause pendant laquelle je restai stupéfiée) Je vous remercie. Je pense pouvoir vous faire un peu mieux confiance à présent. Et je suis désormais prêt à travailler avec vous.

-Et pour vous prouver de nouveau ma bonne foi, L, je vous promets qu'une fois l'enquête terminée, je vous raconterais tout.

-(Il me transperça du regard, l'air impatient) Tout ? Hum, vous me rendez la tâche difficile. Vous venez de me donner une raison supplémentaire pour terminer l'affaire au plus vite.

Il laissa glisser un sourire léger et ingénu et nous rîmes brièvement en chœur, soulagés.

Je me reportai mon attention sur les feuilles et en mis certaines de côtés. Il me regarda faire, yeux grands ouverts, pouce aux lèvres, intrigué et brûlant à nouveau d'impatience de savoir. Puis, ayant fini le tri, je relevai les yeux et vis que j'accaparais toute son attention.

-Alors, votre verdict, Mlle Alex ?

-J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne : les enquêteurs Yagami, Matsuda, Aizawa, Mogi et Ukita sont des personnes d'extrême confiance. Vous pouvez compter sur eux. Ils ont un grand sens de la justice, particulièrement Yagami. Ils sont prêts à risquer leur vie pour boucler l'affaire.

Il prit leur feuille et les observa attentivement, comme s'il mémorisait toutes les informations les concernant. J'attendis qu'il termine avant de poursuivre sur la mauvaise nouvelle.

-Et cette feuille, c'est la mauvaise nouvelle : je suspecte la famille Kitamura, mais également la famille Yagami…

-Les deux familles surveillées par Bill Jefferson. Kira se trouve-t-il parmi eux ?

-Je le pense. Cependant, reste à le prouver et laissez-moi vous dire que les caméras ne seront que d'une utilité limitée.

-Vous savez déjà que je comptais installer les caméras à la seconde même où j'y ai pensé ? S'exclama-t-il, surpris que je lui aie coupé l'herbe sous les pieds.

-Je me suis approchée de vous et je vous ai même frôlé tout à l'heure, vous vous souvenez ?

-Impressionnant…quand cesserez-vous de m'étonner ?

-Cela ne dépend que de vous ! Plaisantai-je.

Un sourire léger glissa à nouveau sur ses lèvres pleines. Je songeai un bref instant à tout ce qu'il avait mangé et me demandait à quel point elles devraient être sucrées. Mon dieu ! Je me retins in extremis de secouer la tête pour chasser une pensée embarrassante. J'avais songé à les goûter avec mes propres lèvres ! Un frisson m'avait alors soudainement parcourue à nouveau. Ah ! Je suis irrécupérable : L compte sur moi pour travailler, et moi je me laisse aller à des pensées malsaines en sa présence et en le regardant droit dans les yeux ! Vraiment, irrécupérable !

-Mlle Alex ? Vous dîtes qu'elles ne seront que d'une utilité limitée, mais elles serviront quand même à apprendre quelque chose, n'est-ce pas ?

-Euh…euh…Oui, mais vous ne devez pas l'utiliser maintenant. Pour l'instant, nous devons absolument nous concentrer sur les agents du FBI. Si tout se passe bien, nous coincerons Kira en moins de temps qu'il ne faut pour le dire !

-Comment ? Aussi facilement ?

-Oui oui, mais il faudra absolument m'écouter et prendre mes avertissements en compte. Il faut que tout soit parfait, jusque dans les moindres détails, à la seconde près. N'utilisez pas encore les caméras.

-Bien, ce soir, Watari doit s'entretenir avec les agents, et moi aussi par le biais d'un ordinateur, afin de leur donner leurs nouvelles identités et de nouveaux ordres. Je vous invite à observer. Cependant, vous comprendrez que le fait que je veuille tout de même faire surveiller toutes les familles et tous les enquêteurs. Il me faut être sûr.

-Aucun problème, mais il nous faudra nous entretenir vous et moi avec Bill Jefferson. Sans lui, il nous sera impossible de piéger Kira, je le sais.

-Bien. Si vous le voulez bien, commençons à peaufiner notre plan. Comme vous le dîtes, je souhaite également qu'il soit parfait et qu'il n'y ait aucune perte humaine à déplorer.

Plus tard

J'étais épuisée mentalement. Le moindre neurone de mon cerveau ne pouvait plus fournir aucun effort concluant et même toutes les sucreries du monde offertes par L n'y changeaient rien ! Cependant, il nous fallait encore parler à Penber. Il nous fallait être précis. Autrement dit, il me fallait encore tenir le coup !

D'ailleurs, L et moi étions en ce moment même assis devant les ordinateurs, depuis des heures pour plus de précision, et observions l'entretien entre les douze agents américains du FBI dans une chambre d'hôtel loin d'ici et Watari, camouflé, présentant également l'écran montrant le L distinctif du plus grand détective du monde. Il était tard le soir et Watari finissait actuellement la réunion et s'apprêtait à conclure.

-Même si vous possédez à présent de nouvelles identités, évitez tout de même de montrer vos badges approuvant votre appartenance au FBI. Restez très discrets et ne vous faîtes surtout pas surprendre. Souvenez-vous bien de tout ce que nous venons de dire. Vous pouvez disposer, termina-t-il en s'inclinant.

Les agents s'inclinèrent également tout en présentant leur respects à L par le biais le la caméra de l'ordinateur.

-Bill Jefferson ! Appela L avant qu'il ne parte.

Celui-ci mit un moment avant de se rappeler qu'il s'agissait de sa couverture. Il se retourna et revint devant l'engin. Mon cœur se mit à nouveau à battre plus fort, comme à chaque fois que quelque chose d'important se passait.

-Oui, qu'y a-t-il ?

-J'ai à m'entretenir encore avec vous au sujet d'une chose importante. D'après votre rapport et nos propres informations, nous avons des raisons de croire que les deux familles que vous avez surveillées sont suspectes.

-Vraiment ? S'exclama-t-il. Kira se trouverait parmi eux ?

-C'est une hypothèse, précisa L. À présent, écoutez-moi bien, vous représentez à présent un atout majeur dans cette enquête. Grâce à vous, nous pourrions découvrir l'identité du tueur surnommé Kira. Le filet se referme, Mr Jefferson.

-Je suis prêt à tout, je vous écoute. Que dois-je faire ?

-Demain, Light Yagami, que vous surveillez actuellement, a prévu une sortie à Spaceland avec sa petite amie. Le départ se fera en milieu de matinée et le couple prendra pour moyen de transport un bus. Il vous faudra les suivre mais vous faire le plus discret possible et vous fondre dans le décor. Il se peut que Light Yagami remarque votre stratagème et trouvera sûrement un moyen pour vérifier votre identité. Montrez-lui votre faux badge montrant que vous appartenez au FBI.

-Mais, n'est-ce pas une mauvaise chose qu'il sache que des agents de FBI enquêtent sur lui, s'il est suspecté d'être Kira ?

-Effectivement, il est notre suspect le plus potentiel. Mais en apprenant cette information, il se peut qu'il se mette à bouger. S'il est Kira, il tentera de se débarrasser de vous et des autres agents. Mais n'ayant votre véritable prénom, vous serez intouchable. Votre visage ne lui suffit pas pour vous tuer. Faîtes-moi confiance.

-Et ensuite ?

-Dès que vous pourrez sortir du bus, vous irez rejoindre votre fiancée, Misora Naomi, et lui raconterez ce qu'il s'est passée après nous avoir fait un rapport complet.

-Comment, ma fiancée, mais…vous savez, elle a quitté le FBI et j'aimerais mieux la garder en dehors de cette histoire.

-Et je le comprends. Mais sachez que le simple fait qu'elle fasse partie de votre entourage la met déjà en danger. J'ai déjà travaillé avec votre compagne. C'était à Los Angeles, il y a quelques années.

-Vraiment ? S'étonna Ray.

-C'est un agent brillant et je regrette qu'elle ait quitté ses fonctions. Mais ça ne veut pas pour autant dire que ses capacités intellectuelles doivent être mises à l'écart. Invitez-la à participer et se faire ses propres idées sur l'affaire. Dîtes-lui également que je pourrais prendre contact très prochainement avec elle.

-…C'est d'accord, je ne suis pas pour, mais si cela peut nous permettre de capturer Kira, je le ferai, répliqua-t-il avec une détermination farouche.

-Je vous remercie. Suivez bien à la lettre tout ce que je vous ai dit. Nous reprendrons contact demain. Fin de la conversation.

-Bien, à demain, termina-t-il en s'inclinant puis en saluant à nouveau Watari qui reprit lui aussi la direction de notre hôtel.

L se tourna finalement vers moi tout en entamant un bonbon à sucer, l'air satisfait.

-Les pièces continuent d'avancer sur l'échiquier, dit-il. Nous ferons bientôt échec et mat si tout ce que vous m'avez dit se passe exactement comme prévu et se révèle vrai. N'est-ce pas ? Demanda-t-il avec cet entrain caractéristique lorsqu'il mangeait et trépignait d'impatience et d'excitation.

-…

-Mlle Roseshield ? Mlle ?

J'entendais sa voix, même si j'avais les yeux fermés, mais elle me semblait si lointaine…Si atténuée…Vraiment, je voulais lui répondre que j'étais là, que je l'écoutais, que je comprenais ce qu'il disait, mais mes lèvres refusaient de bouger. J'essayai encore et encore. En vain…je n'avais même plus la force de mouvoir, bouger mes lèvres et soulever mes paupières. Et tout mon corps était si endolori et ankylosé, comme si j'avais enchaîné courbatures sur courbatures. Le pire, c'était mon dos : en petites miettes.

Je suis si pathétique ! Et L qui est si enthousiaste, si heureux de savoir qu'il va bientôt coffrer le plus grand meurtrier du monde, son alter-ego. Et aussi celui qui aurait pu devenir son meilleur ami…L, vraiment, je suis pressée que ça se finisse moi aussi ! Mais, comprends-moi, je suis si fatiguée…

-…L…

J'entendis sa chaise grincer légèrement et je sentis une chaleur se rapprocher de moi. Ça y est, ça me revient, j'ai froid, si froid…La clim a marché toute la journée dans le bureau et j'ai été si préoccupée que j'ai mis de côté le fait que j'avais froid.

Soudain, son souffle sucré et chaleureux s'égara sur mon visage une nouvelle fois et me rappela la sensation agréable qu'elle me procurait. Son visage doit être si près du mien en ce moment. Un frisson parcourut encore une fois mon corps frigorifié qui sentit une chaleur s'intensifier depuis l'intérieur, mais d'aucun recours contre le froid environnant.

-Elle s'est endormie, L'entendis-je murmurer. Je dois vous demander de me pardonner, Demoiselle Alex, j'avais oublié que vous aviez besoin de repos, après cette horrible nuit et cette journée à travailler sans relâche.

Comment, je suis endormie ? Mais non, L, je t'entends, vraiment…Je ne suis pas encore endormie ! Ou du moins, presque…je sens mon esprit s'enliser et se troubler au fur et à mesure que les minutes passent. J'ai de plus en plus de mal à comprendre ce qui se passe, c'est évident.

Il savait que j'étais endormie, et s'adressait à moi, bien qu'en vérité il se parlait à lui-même. Comme s'il prenait note du fait qu'il fallait s'excuser auprès de moi et les raisons évidentes qui m'avaient conduite à m'endormir sans délai, sans même avoir pris encore le dîner.

La chaleur qu'il émanait se rapprocha encore plus.

-…L…

-Hum…Rêve-t-elle de moi ? (Il fit une pause pendant laquelle je sentis son regard sur mon corps avachi dans le fauteuil, ma tête tombant sur mon épaule) Oh, je comprends, elle a froid. Elle a la chair de poule.

Je l'entendis se lever de sa chaise et le sentis se pencher sur moi, puis, sa main douce et brûlante, à l'odeur sucrée et masculine, se glisser sur ma nuque et relever ma tête en bonne position le plus délicatement possible. Quand il tenta de retirer sa main il remarqua qu'elle allait retomber dans la même mauvaise position, et n'eut d'autre choix que de continuer à tenir ma tête, sa paume chaleureuse collée à ma joue et ses doigts sur mon oreille et enfoncés dans mes cheveux attachés en désordre.

-Impossible de la réveiller. Et puis je ne peux me le permettre.

Arrivait-il souvent à L de parler tout seul ?

-Elle est glacée. Il faut la mettre au lit, hum…

Il fit une nouvelle pause pendant laquelle je le sentis passer ses bras fins et chauds autour de mon buste et de ma taille pour me remettre en position assise, et non avachie sur le côté. Son souffle se perdait à présent dans ma nuque et son corps m'envoyait de la chaleur, comme si un feu s'était trouvé à quelques centimètres de moi à peine.

-Je me demande si je serais capable de la soulever. (Cette fois, son bras droit se déplaça jusque sous mes jambes, au niveau des genoux.) Ngh.

À ce moment-là, je le sentis tendre ses muscles à l'extrême et je devinai même son visage crispé sous l'effort, les dents serrées, et en même temps me soulever d'un coup, le forçant à se redresser complètement. Il tangua une ou deux secondes sur ses pieds, cherchant son équilibre, puis il resserra ses bras autour de moi et me remonta au niveau de son torse.

-Ça peut encore aller, dit-il d'une voix un peu étranglée et essoufflée. Je vous pensais un peu plus lourde ma chère.

Ainsi collée contre lui, sa chaleur se propagea instantanément en moi et son odeur divine emplit complètement mes narines, balayant tout le reste. Je savais que ma tête reposait à présent sur son épaule tendre et mes deux bras sur moi, et non pendant dans le vide.

Il fit quelques pas, lentement d'abord, puis quand il fut plus sûr de lui, accéléra le pas. Son cœur accéléra lui aussi rapidement pour répondre à l'effort. Un cœur qui battait extrêmement fort. Il m'aurait suffi de coller ma tête à sa jambe pour en sentir les battements me semblait-il. Sa chaleur me faisait un bien fou.

De temps en temps, son souffle s'égarait sur mon visage avant de repartir tout aussi subitement. Penchait-il la tête sur moi de temps à autre ? Il s'essoufflait de plus en plus vite également. Je le sentis tourner, avancer en diagonale, puis de face, puis marcher à nouveau de profil, pendant je ne sais combien de temps. J'en avais perdu la notion. Et puis, tout à coup, plus rapidement que je ne le pensais, un lit.

Mon dos, après un bref instant de vide, heurta brusquement un matelas excessivement moelleux. Je reconnus mon propre lit de la suite. Il avait réussi à faire tout le chemin sans même faire une pause, avec un poids mort comme le mien dans ses bras.

La seconde d'après, je sentis le coin du lit d'enfoncer subitement, j'en conclu qu'il devait s'y être assis, à bout de force. À écouter son souffle, je dirais qu'il est éreinté.

-J'ai bien fait de vous ramener, Watari n'en aurait probablement pas eu le courage.

Je gémis doucement et il eut un léger rire amusé en l'entendant. Puis soudain, le frottement des tissus m'apprit qu'il s'était relevé du lit. Un moment après, je sentis des mains s'affairer sur mes pieds et m'enlever une à une mes converses avec une extrême délicatesse. Puis, il fit glisser les draps et la couverture en dessous de moi avant de les plaquer sur toute l'étendue de mon corps jusque mon visage, ses mains effleurant la surface dudit corps à chaque instant avec légèreté.

-Dormez bien, Mlle Alex, souffla-t-il à mon oreille en retirant gracieusement l'élastique de mes cheveux avant de le poser sur la table de chevet.

Il souleva ma tête au niveau de la nuque pour placer mes cheveux mon épaule et me reposa tout aussi doucement. Plus aucun bruit de ne parvint pendant quelques instants, puis tout à coup, une main attrapa une de mes mèches de cheveux et l'enroula autour de son doigt, comme pour refaire la boucle. Puis il amena la boucle plus près de lui, à en juger par le léger tiraillement.

-Hum… Fit-il avec l'intonation d'un appréciateur oenologue humant un bon vin. Fraise.

Au moment même où j'entendis des pas m'informer qu'il s'éloignait, je sombrai enfin dans le sommeil des justes.

Je n'avais pas cessé de mentir pour essayer de me faire une place à ses côtés. Et aujourd'hui, je me suis rendue compte que ce n'était qu'en lui racontant la vérité que j'avais obtenu sa confiance.

En tout cas, une chose est sûre : une fois toute cette histoire terminée, je lui raconterais toute la vérité, et je comprendrais qu'il ne veuille plus de moi parce qu'en fin de compte je n'ai jamais eu de pouvoir.

Parce, contrairement à moi, L n'a jamais menti. Et lorsqu'il m'a fait comprendre qu'il prendrait soin de moi…là encore il ne m'avait pas menti. Ce soir en est la preuve.

Fin du Chapitre-4

Bon, ben voilà, bon sang, un grand bond dans cette histoire ! Oh, et puis faut que je me dépêche d'écrire la suite !! Argh ! Et avec la rentrée et tous mes retards en fic ! Aaaaargh ! *s'arrache les cheveux* Heeeeelp !

RAR : Merci mille fois !!!

Polyne : Merci pour la review et les compliments ^^, et je suis d'accord avec toi, il y en a peu en français et c'est ce qui m'a donné l'envie d'en écrire une. Même en anglais on en tombe pas souvent sur des fics de bonne qualité je trouve.

Bref, ça va être difficile pour elle de prévoir ensuite, comme elle commence à s'en rendre compte dans ce chapitre. D'ailleurs, pour moi aussi ça va devenir difficile d'écrire, loool !

En résumé, encore merci.

Cassouminette : Toujours fidèle au poste, ouf ! J'espère que ce chapitre était croustillant !

ète : Lol, oui, j'ai remarqué que L était un peu plus tendre dans mon histoire, mais j'espère ne pas trop m'éloigner de lui quand même. Je veux à tout prix garder le vrai personnage parce que c'est si rare de un, et puis ça gâche la fic s'il est un tant soit peu OOC. J'espère que ce chapitre ne s'éloigne pas trop non plus donc. J'ai essayé de faire comprendre que tout ce qu'il faisait n'était que pure politesse et gentillesse et non tendresse (encore ?).

Elyon : Merci merci merci ! Et en ce qui concerne L, huuuuum, suspens suspens, lol.

Kurama-sesshomaru : Coucou ma chériiiiiiiie ! Merci encore de me soutenir, souvent quand j'écris je pense à toi qui attends toutes mes fics et mes histoires en stand-by, ainsi que toutes celles qui restent encore à publier…Bref, merci d'être simplement là et de toujours me laisser une review aussi fidèlement à chaque fois, ça me tient beaucoup à cœur ^^. Je ne te remercierai jamais assez en fait.

Sinon, ben la suite de Tenshi, j'y travaille, je te jure ! Elle est bel et bien entamée, t'inquiète et encore merci pour tes conseils. Je travaille également à ta correction en ce moment (tellement de choses à faire, rah, c'est ça qui me fait perdre mes cheveux ma belle !)

L pas encore amoureux, en effet, loool, mais garde espoir ! Oui, elle est très fan, ce ne sont pas des vrais sentiments, c'est bien que tu le remarques. Mais pas d'inquiétude, ce genre de sentiments, en plus en contact comme ça avec elle, vont vite se transformer, c'est évident, lol. Tu vise toujours juste ! (Si tu as déjà deviné tout le scénario, dis-le, comme ça je m'épargne la peine d'écrire, snif !)

Bizzzzz et à bientôt, j'espère ne pas t'avoir déçu encore une fois avec ce chapitre que j'ai eu plaisir mais du mal à écrire, lol !

Marine : Loool, ok, tout le monde, merci à Marine ne m'avoir sonné la cloche et m'avoir pressé pour mettre la suite, car la voici, lol ! Donc, voilà, et excuse-moi encore pour mon retard, j'espère que ce chapitre t'aura satisfaite ^^.