Le restaurant qu'il avait choisi était réputé pour être un endroit calme et romantique. Une salle confinée vers le fond annonçait ce qu'allait être le reste de la soirée : un piano sur le coté définissait l'ambiance générale de la salle, les notes de musique qui s'en échappait respiraient de sensualité, et de délicatesse. Une lumière tamisée grâce aux bougies affichait une plénitude parfaite.
House : J'ai reservé une table pour deux, au nom de Gregory House.
Le maitre d'hôtel saisit deux cartes, et se dirigea vers une table située au fond du restaurant, idéalement placée, et qui permettrait d'avoir une intimité certaine pour un premier rendez-vous.
Après s'être assis, House entama la conversation.
House : Est-ce que ca vous plait ? Enfin je veux dire, l'endroit ?
Cuddy : Beaucoup, c'est parfait House.
House : Bien, bien, bien…super alors.
Cuddy : House ?
House : Oui ?
Cuddy : Détendez-vous…tout va bien, je vous assure. Vous êtes stressé, je le sens. Calmez-vous un peu.
House : Je suis calme, enfin je crois.
Cuddy sourit.
House : Ca vous fait marrer ?
Cuddy : Vous êtes stressé parce que vous ne voulez pas gâcher votre chance. Avouez que je vous ai mis la pression, et je le regrette, sincèrement. C'est en train de vous chambouler, je le vois bien. Alors respirez un grand coup, et tout ira bien.
House : Vous allez me faire croire que vous, vous n'êtes pas stressée peut-être ?
Cuddy : Et bien, ca va…
House : Vous mentez. Premièrement vous n'êtes pas habituée a me voir comme ca, attentif, et galant, alors vous me laissez faire pour ne pas troubler les plans que j'aurais pu mettre en place pour cette soirée. Deuxièmement, vous n'arrêtez pas de tourner votre mèche de cheveux, ce qui prouve que vous êtes dans l'embarras, et troisièmement, cette robe que vous portez est une invitation directe a une seconde partie de soirée.
Cuddy : J'adore quand vous faites ca…
House : Quand je fais quoi ? Rentrer dans votre esprit et découvrir votre jardin secret ?
Cuddy : Quand vous analysez ce qui se passe autour de vous. C'est un besoin chez vous, vous vous devez de le faire, vous pensez comme ca pouvoir contrôler la situation, surtout si vous sentez qu'elle vous échappe.
House : Mais la situation ne m'échappe pas, je suis maitre de la situation même.
A ce moment précis, Cuddy enleva sa chaussure et vint poser son pied sur la cuisse de House. Remontant délicatement, elle sentit la jambe de House se crisper.
Cuddy : Vous pensez toujours contrôler la situation… ?
House : Euh non, apparemment pas ! Qu'est-ce que vous faites Lisa ?
Cuddy : J'essaie simplement de vous détendre.
House : Je ne crois pas que ce soit la bonne solution, réellement, ca me fait une toute autre sensation la… !
House cambra son dos, sentant le désir et l'excitation monter en lui. Son esprit était totalement troublé et son corps n'allait pas mettre longtemps a l'être aussi.
Cuddy ramena son pied dans sa chaussure, et lui prit la main sur la table.
House : Je ne vous savez pas aussi audacieuse ! Surtout en plein restaurant…
Cuddy : Vous trouvez que j'ai été trop loin…je suis désolée, je me comporte comme une garce, ca n'est pas mon habitude.
House : Je n'ai jamais dis que vous étiez une garce, enfin si peut-être, mais pas la maintenant.
Cuddy : …
House : Parlons franchement pour une fois, qu'est-ce que vous attendez de moi Cuddy ?
Cuddy : La même chose que vous House.
House : Si seulement…
Cuddy : Pardon ?
House : Euh non rien…je ne suis pas très doué pour tout ce qui est sentiment, ou franchise amoureuse. Mais cette situation qui n'est pas sans me déplaire, je dois l'avouer, pose tout de même pas mal de questions.
Cuddy : Lesquelles ?
House : Vous acceptez de diner avec moi, vous me faites des avances, mais a ce que je sache, vous n'avez pas quitté Lucas…De plus vous êtes une femme de principe Cuddy, ca ne vous ressemble pas tout ca. Alors, qu'est-ce qui se passe ?
Cuddy : Vous êtes chiant House !...Quand je vous ignore vous êtes le premier a me draguer, et maintenant que c'est moi qui fait le premier pas, vous avez des problèmes de principes ! C'est une blague ?
House : Je suis sérieux avec vous Cuddy, j'essaie de jouer franc-jeu pour une fois, et si je m'investis je ne veux pas que ce soit a sens unique. Je ne veux pas que vous vous sentiez mal a l'aise par rapport a ce qui pourrait se passer entre nous si vous n'êtes pas clair avec vous-même.
Cuddy : C'est a croire que ca vous intéresse vraiment…on dirait même que vous êtes…gentleman la !
House esquisse un sourire.
C'est vrai qu'il l'était. Comment était-ce possible d'ailleurs que son égoïsme ne prenne pas le dessus ? Habituellement, tout ce qui l'aurait intéressé c'était de voir que Cuddy s'offrait a lui, et qu'elle voulait sans doute vivre quelque chose avec lui, au moins pour cette nuit. Mais le fait qu'elle soit encore avec Lucas, lui posait un problème de conscience, aussi étrange que cela paraisse.
Elle était prête a aller de l'avant, mais House la connaissait par cœur. Se lancer comme ca dans l'inédit, et surtout dans l'interdit ne lui ressemblait pas. Elle cachait quelque chose, quelque chose qui s'était passée avec Lucas. Il voulait tirer les choses au clair.
House : Tout ce que je veux c'est que vous soyez sûre de votre choix, parce que je ne veux pas me réveiller un matin en voyant que vous avez de remords d'avoir quitter un gars un peu simplet mais gentil, contre un médecin sadiquement con.
Cuddy : Vous avez raison. Je me dois d'être franche…
Ils entamèrent une longue conversation, et House semblait réellement attentif. Il écoutait Cuddy, et tentait même de comprendre plus en profondeur son malaise. Elle lui avoua que Lucas était finalement décevant a ses yeux. Elle, la première femme doyenne de médecine à l'âge de trente-deux ans, elle qui était sortie seconde de sa promotion, et qui avait brillamment réussi sa carrière professionnelle, avait lamentablement échoué dans sa vie privée.
Ce détective sans envergure la comblait dans la vie courante, mais elle se lassait de cette monotonie. Elle n'avait finalement rien en commun avec lui, aucun sujet de conversation, ni d'envies communes. Leurs passés n'avaient rien a voir avec l'autre, et leurs amis n'étaient pas du même milieu. Elle se trouvait décidemment avec un homme avec qui elle ne pouvait pas partager, pas discuter, pas vivre.
House comprenait parfaitement ce que ressentait Cuddy, il éprouvait même une certaine empathie pour elle. Entre quelques verres de vins, et les assiettes emmenées par le serveur, la soirée se déroulait calmement. Plus rien ne comptait alors, les gens dans le restaurant n'existaient plus, les allers et venues des serveurs avaient disparues, et la douleur de House ne se faisait plus ressentir. Ils étaient simplement seuls dans leur monde, a partager leurs envies, leurs désirs, leurs craintes, et surtout leurs peines.
L'alcool commençait a embrouiller leurs pensées, et les rires fusaient de plus en plus dans cette salle respirant le désir et la convoitise.
Minuit arrivait a grands pas, House décida de commander une dernière coupe de champagne avant de finir la soirée.
House : A la vôtre Cuddy, cette soirée est pour vous.
Cuddy : Finalement, et contrairement a ce que j'aurais pu penser pour ce soir…je suis bien. Je suis tout simplement bien avec vous ce soir.
House : Bien… ? C'est plutôt flatteur ! Mais faites-moi plaisir, maintenant qu'on a passé une superbe soirée, et qu'on est complètement bourrés aussi, je crois que le « tu » est de rigueur !
Cuddy : Très bien, alors Greg, je t'attends dehors…
Cuddy se leva de sa chaise, titubant légèrement et riant ouvertement de la situation, qui rendait compte du fait qu'elle avait largement abusé du vin français servi pendant le repas, et que la soirée n'était pas finie en compagnie de ce nonchalant médecin.
Gregory House regardait la scène, et voyait bien plus qu'une femme soûle qui cherchait la poignée de la porte du restaurant, mais une femme qui montrait ses faiblesses, une fois qu'elle avait baissé les armes…
Il se leva doucement, et alla payer au comptoir.
Serveur : Vous venez pour payer ?
House : Oh non je vous ai confondu avec Pierce Brosnan ! Je voulais juste un autographe…
Serveur : Vraiment ?
House : Non je déconne.
Après avoir payé, et reprit ses esprits grâce a un café bien serré servi a la dernière minute par le serveur en vu de l'état vacillant du médecin, il partit rejoindre Cuddy a l'extérieur.
Elle l'attendait sur un banc juste en face, les jambes croisées. Elle semblait ailleurs, les yeux vers le ciel, le vent la décoiffant légèrement, et prenant une grande bouffée d'air frais. Il s'avança vers elle doucement, comme poussé par une force extérieure. Elle baissa la tête, et le vit juste en face d'elle, une main tendue.
House : Je vous raccompagne mademoiselle ?
Cuddy : Je crois que je ne veux pas rentrer chez moi Greg…
House : On trouvera bien une solution alors…
