Il ouvrit soudainement la porte du bureau de Cuddy qui était au téléphone.

Cuddy : Je vous rappelle, un enfant capricieux vient d'entrer dans mon bureau…

House s'approcha de son bureau, et s'appuya sur la chaise en face de la doyenne.

Cuddy : Généralement les employés frappent avant d'entrer, surtout si leur patron est au téléphone !

House : Même les employés qui couchent avec leur patron… ?

Cuddy sourit légèrement en pinçant les lèvres, mélange d'ironie qui en disait bien plus sur la nuit qu'ils venaient de passer, que toutes les descriptions possibles qu'on aurait pu faire sur leur couple.

Cuddy : Qu'est-ce que tu veux ?

House : J'ai besoin de ton approbation. Mon patient a développé une paralysie fulgurante, et une hémorragie cérébrale, apparemment en réaction au produit qu'on lui a donné pour résoudre son problème de paralysie.

Cuddy : Réaction allergique ?

House : Je ne viendrais pas te voir pour une réaction allergique…Je pense que c'est plus grave que ca, a mon avis c'est un problème cérébral. C'est pour ca que je veux lui enlever un lobe.

Cuddy : Quoi ? Tu veux lui enlever un lobe de son cerveau ? Tu as le dossier ?

House lui tendant le dossier médical du patient.

Cuddy : C'est un junkie, on peut donc penser que son cerveau est déjà atteint par la drogue accumulée durant ces dernières années, et en plus tu veux lui enlever une moitié de cerveau ? Ce sera un légume !

House : C'est déjà un légume ! Au moins on pourra garantir qu'il sera en vie…

Cuddy : Tu en es sur ?

House : Sa vie ne dépend que grâce a son cerveau, ses neurones déconnent, il fait de mauvais choix pour sa survie. Son cerveau ne reconnait pas ce qui est bon pour lui, et rejette toutes les solutions apportées, au lieu de les considérer pour s'aider a lutter contre l'infection.

Cuddy : Quelle infection ? Il n'est marqué nulle part dans le dossier qu'il est victime d'une quelconque infection.

House : C'est parce que l'équipe n'est pas encore revenue de chez lui pour appuyer ma thèse…

Cuddy : Tu ne lui enlèveras pas une moitié de cerveau pour approuver une thèse qui pourrait s'avérer être fausse !

House : Je pensais que j'aurais le droit a un traitement de faveur avec ce que je t'ai fait cette nuit…

Cuddy : Certainement pas, parce que si tu te trompes je me vois mal expliquer aux avocats de la famille que j'ai laissé a un médecin complètement fou allié, faire une lobotomie simplement parce qu'il m'avait fait plaisir la nuit même…

House, souriant : …Je suis sur de moi. Et l'avantage avec les junkies c'est qu'ils ont rarement une famille derrière eux a qui ont doit demander leur avis.

Cuddy : Il me faut quelque chose de concret pour accréditer cette théorie. Je suis désolée Greg, mais c'est sur moi, et sur mon poste que les complications vont retomber.

A ce moment, l'équipe de House surgit dans le bureau.

Cuddy : Mais c'est une habitude de ne pas frapper ici ?

Foreman : Désolé…On cherchait le Dr House, du coup on est venu ici directement.

Cuddy : Evidemment…

House : Evidemment… !

Foreman : On a fouillé a l'adresse qu'il nous a donné. Ca n'était pas un appartement mais un squatte. Il y vit avec une dizaine de personnes, tous drogués, et dans une crasse folle. L'infection est beaucoup plus probable que les premiers diagnostiques qu'on a posés.

Regard de House vers Cuddy attendant une approbation de sa patronne.

House : Alors on y va ? On lui découpe le cerveau ?

Foreman : Quelle découpe de cerveau ?

Taub : Vous voulez faire une lobotomie ?

House : Très bien alors je reformule…Voila le cerveau de ce junkie est comme une énorme autoroute, il y a beaucoup d'accès et beaucoup d'encombrements a cause des voitures. Notre junkie qui roule dans une vieille voiture toute cassée et qui pollue a mort, tombe en panne sur l'autoroute et créer un gigantesque bouchon. Le moteur de cette voiture pense qu'elle peut défier une Ferrari, malheureusement au premier kilomètre elle se fait dépasser toute suite et fume de partout. Au lieu d'accepter l'aide d'une dépanneuse qui pourrait la ramener au garage, elle préfère se débrouiller seule et comme le moteur surchauffe il ne sait plus si la dépanneuse est une solution pour lui ou bien une alternative qui lui dirait que c'est un bon a rien. Mais le bouchon de la voie rapide doit être évacué pour que l'autoroute entière re-fonctionne. Alors soit on met la voiture entière a la casse, soit on remplace le moteur…

Foreman : Et évidemment le moteur c'est le cerveau du junkie…

Cuddy : C'est une très bonne métaphore House, mais il me faut au moins des hémocultures !

House : Nooon ! Bon sang on a pas le temps…

L'équipe et Cuddy s'interrogent sur la décision finale a prendre.

House : Les hémocultures prendront 4 heures, peut-être plus pour tout tester. Et il faudra demander a des infirmières de nous aider, et quand je dis « nous » je veux évidemment dire « eux » !

Cuddy : … Très bien allez-y !

House : C'est parti ! Appelez Chase qu'il se prépare !

L'équipe sort du bureau, House les suit, et s'arrête un instant avant de refermer la porte.

House : Très bonne décision maman !

House fait un clin d'œil a Cuddy, et s'échappe du bureau.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

L'opération du patient s'étant déroulée sans encombre, House rentra dans la chambre médicalisée. Le junkie avait gardé l'usage de la parole, même si son débit était limité, du a l'opération conséquente qu'il venait de subir.

Junkie : Qui..qui, êtes-vous ?

House : Oh personne, juste le gars qui vous a sauvé la vie !

Junkie : Vous êtes…le…docteur House ?

House : Et vous, vous êtes le débile qui a force de foutre votre vie en l'air avec des drogues dures, a bien failli y rester !

Junkie : Je ne…regrette…rien.

House s'interrogea.

House : Vous voulez dire qu'en sortant de la, vous allez directement aller chercher votre dose ? Vous avez failli mourir ! Vous êtes plus qu'un junkie finalement…vous êtes con en plus !

Junkie : Vous…vous n'avez jamais ressenti…ca ?

House écoutait attentivement. Comprendre l'état d'esprit d'un homme perturbé l'intéressait bien plus que des symptômes étalés sur un tableau blanc.

Junkie : Le fait…de sentir sa vie…dépendante…de quelque chose, quelque chose qui vous donne…l'envie de continuer…un peu plus chaque jour…

De quelque chose, ou de quelqu'un…

House : Et vous pensez que rester accro de quelque chose, au détriment de votre vie, ca vaut le coup ?

Junkie : Ma vie sera peut-être plus courte…mais meilleure…et ca, ca vaut bien plus que de vivre longtemps en étant…malheureux.

A ces paroles, House comprit que sa drogue a lui, n'était plus la Vicodine. Il s'agissait d'une autre drogue, auquel il avait été accro tout au long de sa vie, Lisa Cuddy…

Il voulait dépendre entièrement de sa vie, parce qu'elle lui permettait de mieux vivre un peu plus chaque jour.