C'est seulement quand ils eurent atteint la maison qu'Andrew sentit la tension qui régnait dans l'air et qu'il lui demanda :

« c'est le collier de ma grand-mère ? »

« oui, elle me l'a donné ».

« C'est bien. »

« Oui, très, écoute je suis fatiguée, je vais aller me coucher. »

« D'a…d'accord. »

Il la regarda entrer dans la maison et resta devant l'entrée, sans savoir pourquoi elle avait l'air en colère. En soupirant, il passa sa main dans ses cheveux et s'assit sur les marches du porche.

« Andrew ?

Il leva la tête pour voir son père se tenir en face de lui.

« salut, papa, » dit-il, l'air absent.

« Tout va bien ? »

« Rien que tu n'aie envie d'entendre. »

Joe hocha la tête et s'assit à côté de lui.

« écoute, e suis vraiment désolé pour ce que j'ai dit. J'étais en colère et tu avais raison, j'étais déçu. Depuis que tu es petit, j'ai toujours imaginé ce que ça serais de travailler avec toi à mes côtés, puis je prendrais ma retraite et toi la relève, tu te marierais et t'installerais ici. Mais c'était mon rêve et pas le tien. Je comprends cela à présent. Dans ton livre, tu… »

« pardon ? »

« dans ton livre, » dit-il, lui montrant le manuscrit qu'il avait amené avec lui.

« Qui t'as donné ça ? »

« Margaret, ce matin. »

« Je n'y crois pas, » murmura Andrew.

« Ecoute, fils… »

« Papa excuse moi, je dois parler à Margaret. »

Il se leva et entra dans la maison.

« maman ? où est Margaret ? »

« elle est montée, dit-elle, elle était…Andrew ! tout va bien ? » continua t-elle quand il se dépêcha de monter les marches.

Il ne lui répondit pas. Quand il arriva devant la porte de la chambre, il ne frappa pas. Margaret était assise sur le lit, triturant d'un air absent son collier.

« pourquoi as-tu fait ça ? qui t'en a donné le droit ? »

« quoi ? » demanda t-elle, confuse.

« Mon livre ! pourquoi l'a tu donné à mon père ? »

« J'ai pensé que cela l'aiderait à mieux te comprendre. »

« Et si je ne voulais pas qu'il le lise ? c'est privé. Tu n'avais pas le droit Margaret. »

« J'essayais juste de t'aider. »

« Oui, bah je crois que je t'ai déjà dit ce que je pensais de ta façon d'aider les autres, » rétorqua t-il.

Elle le fixa, l'air plus en colère que surpris à présent.

« oui et je suppose que tu préfère l'aide de Gertrude. »

« Quoi ? »

« Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu étais avec elle cet après midi ? » lui demanda t-elle, croisant les bras sur sa poitrine.

S'il n'avait pas était aussi en colère, il se serait rendu compte que c'était un moyen de défense mais sa rage était trop grande.

« super, maintenant tu m'espionne ! »

« je ne t'espionnais pas. Je te cherchais. Traite moi d'idiote mais tu me manquais et je voulais être avec toi. Puis j'ai vu à quel point tu avais l'air heureux d'être avec Gertrude et je n'ai pas voulu te déranger. »

Il secoua la tête.

« de quel droit te permets-tu de faire des choses dans mon dos et de me poser ce genre de questions quand tu ne me laisse même pas entrer dans ta vie. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Soyons honnête, je ne sais pratiquement rien d'important sur toi parce que tu ne me dis rien. A chaque fois que j'essaie de te poser des questions, tu change de sujet. Dans ce cas comment peux tu être une part de ma vie si je ne fais pas partie de la tienne ? »

« Je ne vois pas de quoi tu parle. »

« Ce sont des conneries Margaret ! j'en ai assez de tout ça. »

« Assez de nous tu veux dire ? »

« Je ne sais pas. J'ai besoin d'être un peu seul. »

« D'accord », murmura t-elle.

Sans la regarder, il sortit de la chambre et ferma violemment la porte derrière lui. Margaret ferma les yeux et s'assit sur le lit.

« Andrew, que s'est-il passé ? »

« Pas maintenant maman, » lui répondit-il.

Il attrapa sa veste et sortit dehors. Il disparut dans les bois.

Par la fenêtre, Margaret le vit et poussa un soupir. Il avait raison, elle était nulle quand il s'agissait de ce genre de choses. Peut être qu'elle n'était pas faite pour ça. Vivre une relation sérieuse était compliqué et elle n'aimait pas ce qui était compliqué. Ou plutôt, ce qui était compliqué ne l'aimait pas. Sans vraiment savoir ce qu'elle faisait, elle rassembla ses affaires et quitta la pièce. Elle évita la famille d'Andrew qui était rassemblé dans la cuisine et sortit dehors. Ignorant les larmes qui coulaient le long de ses joues, elle se dirigea dans la direction de la route. Elle n'était pas en état de conduire un bateau.