Chapitre un peu plus long où l'on commence réellement � entrer dans le vif du sujet… Un humour plus que douteux vers la fin, veuillez m'excuser XD
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Chapitre VIII – La voleuse, le médium et l'esprit
Dean était plutôt fier de son coup et souriait au plafond dans l'obscurité de la chambre de motel. La voix de Bela n'avait pas flanchée et elle n'avait pas cherché � se dérober lorsqu'il l'avait menacée mais celle-ci s'était empressée de lui dire qu'elle serait � Des Moines le lendemain matin avec ce qu'il lui fallait.
Ses yeux s'étaient habitués � la pénombre depuis qu'il s'était réveillé, et il jeta un œil sur son frère et sur Adrian. Sam avait absolument tenu � ce qu'ils dorment tous ensemble car il ne voulait pas quitter Adrian des yeux. Dean pensait que Sam tenait également � jeter un œil sur lui. Il sourit de plus belle � la pensée que son petit frère jouait au protecteur avec lui. Un instant plus tard, Sam se réveilla � son tour. Il bâilla et s'étira longuement puis s'allongea au sol.
-Mais qu'est-ce tu fous !
-Ah t'es réveillé ! Je fais des pompes !
-Et ça t'arrive souvent… ?
-J'en fais tous les jours ou presque mais en général t'es encore en train de ronfler comme un loir ! Tu sais, j'ai beaucoup critiqué l'éducation de Papa mais c'est vraiment quelque chose que je ne regrette pas, l'entraînement physique !
-Oh mon Dieu, mon frère est un sado-maso !
Sam ne releva pas la pique.
-Tu devrais peut-être te remettre au sport, toi aussi ! Tu enfles � vue d'œil ! J'ai vraiment pas envie de t'enterrer dans un cercueil XXL…
Dean sourit � la plaisanterie de son frère. Il appréciait que Sam, � moins d'un mois � peine de la date limite, ne soit pas devenu plus sinistre qu'un croquemort. Il savait que son frère continuait � chercher désespérément la solution miracle mais lui-même savait que rien ne pourrait le sauver, désormais. Ruby, le démon qui avait dit � Sam qu'elle pourrait l'aider � lui sauver les fesses, n'avait pas refait surface depuis des mois et avait gardé avec elle tout espoir de survie.
-A quelle heure doit arriver Bela ? l'interrogea Sam, le tirant de ses pensées.
-Pas avant dix heures, on a encore le temps.
-OK alors je file � la douche.
-Laisse-nous de l'eau chaude Samantha !
-Si je veux Diana !
Dean s'habilla rapidement et quitta la chambre. Désormais les huit mille dollars ne leur serviraient plus � rien et il avait furieusement envie de dépenser de l'argent. Et il avait repéré l'endroit parfait la veille, en arrivant.
ooo
On frappa � la porte. Adrian alla ouvrir et se fit bousculer par Bela qui ne prit même pas le temps d'attendre qu'il la laisse entrer. Elle semblait de fort mauvaise humeur, et attaqua directement par une moquerie.
-Alors, on fait du baby-sitting maintenant ?
Adrian eut l'intelligence de ne pas prendre la mouche.
-Bien le bonjour, Bela ! Comment te portes-tu par cette si belle journée ? lui demanda Dean d'une d'une voix mielleuse.
-Tais-toi donc, j'ai une migraine atroce. Passons aux choses sérieuses si tu veux bien.
-Tu as ramené ce qu'il faut ?
-Tu me prends pour une buse ? Bien sûr que oui.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Sam, curieux.
-Enfin une question intelligente ! Les reliques d'un Saint datant du VIème siècle après Jésus Christ. Autant vous dire que j'aurais pu en tirer un beau petit paquet…
-Commence pas � te plaindre, t'es gagnante � deux cent pour cent sur ce coup-l� ! s'énerva Dean.
-C'est vrai, merci mon chou.
Bela fit volte-face et quitta la chambre. Dean regarda son frère et resserra ses mains autour d'une gorge imaginaire en faisant une grimace. Sam lui sourit et sortit � son tour, suivi de près par les deux autres.
-Allons-y… Je vous suis.
Ils grimpèrent dans l'Impala et se dirigèrent vers la demeure de Morgan Summer pour la seconde fois. Une fois sur place, Dean appuya sur l'interphone et la même voix que la veille les accueillit.
-C'est pour quoi ?
-Nous sommes venus hier après-midi, vous vous rappelez ? Nous avons rapporté un petit quelque chose qui devrait plaire � Summer !
-Puis-je savoir de quoi il s'agit ? demanda la voix où l'on décelait facilement une cupidité débordante.
-De très vieilles reliques, ça vaut une fortune !
Le portail s'ouvrit la seconde qui suivit. L'Impala et le coupé sport de Bela s'engouffrèrent dans le parc et se garèrent sur l'espace prévu � cet effet � l'entrée de la maison. La voleuse sortit un coffret en ébène de son coffre et le leur tendit.
-Je bouge pas d'un pouce. Je compte bien récupérer ce qui me revient.
-C'est ça, bouge pas. J'espère qu'un météore s'écrasera ici même ! lança Dean avant d'entrer dans le vestibule par la porte que leur tenait un domestique.
Il faisait noir comme dans un four et une chaleur étouffante les accueillit dans la maison.
-Monsieur va vous recevoir tout de suite. Veuillez me suivre jusqu'� son bureau.
-Comme si on avait le choix… murmura Dean � l'attention des deux autres.
L'instant d'après, ils étaient introduits dans le bureau en question, où se trouvait un homme aussi gras que vieux occupé � fumer sa pipe.
-Asseyez-vous, ordonna-t-il alors que le domestique se retirait. Et montrez-moi la marchandise…
Dean posa le coffret sur le bureau et l'ouvrit. Il contenait un autre coffret, en verre celui-ci, et l'on pouvait voir � l'intérieur un enchevêtrement d'os humains. L'homme jubilait et tremblait littéralement d'excitation, faisant remuer chaque parcelle de graisse de son énorme corps.
-C'est parfait, c'est parfait ! s'extasia-t-il sans remarquer l'air dégoûté de ses interlocuteurs. Que puis-je faire pour vous ?
-Nous souhaitons entrer en contact avec un défunt, répondit Sam.
-Il me faut une photo de cette personne, une mèche de vos cheveux ainsi qu'un peu de sang.
Sam sortit une photo de Jess de son portefeuille et se coupa une mèche avec les ciseaux qui traînaient sur le bureau. Morgan Summer réunit les deux artefacts dans une coupole, et la poussa vers Sam. Ce dernier sortit un canif de sa poche et s'apprêtait � s'entailler le bras quand Adrian l'arrêta.
-Donne-moi ça, je veux le faire.
-T'es sûr ? demanda Sam, inquiet.
-Oui.
Adrian lui prit le canif des mains et trancha sa chair sans hésiter une seule seconde. Le sang coula abondamment dans le récipient, et le vieil homme lui tendit une fiole.
-Appliquez ceci sur votre bras, je ne voudrais pas que vous tâchiez mon tapis.
Alors qu'Adrian s'exécutait en grimaçant de douleur, l'homme s'extirpa avec difficulté de son fauteuil et porta la coupe jusqu'� la cheminée où flambait un gigantesque feu. Il l'y déposa et marmonna quelques phrases incompréhensibles. Une épaisse fumée sortit de l'âtre et se dirigea vers le centre de la pièce, où elle commença � prendre forme. Les trois amis retinrent leur souffle pendant ce qui leur sembla être une éternité. Enfin, la silhouette de Jessica se dessina. Morgan Summer quitta la pièce avec le coffret après leur avoir donné une précieuse information.
-Faites vite, car l'esprit repartira aussitôt que le feu s'éteindra !
Sam s'apprêtait � répliquer que le feu était gigantesque et qu'il ne risquait pas de s'éteindre trop vite mais un regard vers la cheminée lui montra qu'il avait tort : le feu avait déj� diminué de volume. Enfin, l'esprit de Jessica fut entièrement matérialisé. Adrian et Sam se tenaient l'un contre l'autre, au bord des larmes. Dean était un peu � l'écart, se sentant quelque peu étranger � cette tragédie personnelle.
-Bonjour, tous les trois.
-Jessica…
-Comme l'a dit Morgan, on doit faire vite, je ne pourrais pas rester longtemps. Suffisamment longtemps toutefois pour vous dire tout ce que j'ai � vous dire.
-Comment tu as fait pour prendre intervenir dans les rêves de ton frère ?
-Je ne peux rien révéler, Dean… Disons simplement que l'on m'a accordé une faveur, et que j'en ai profité.
-Pourquoi ce cauchemar ? demanda Adrian.
-Parce que j'avais l'espoir que tu réussirais � joindre Sam et que tu lui en parlerais. Dean et lui étaient les seuls � pouvoir en comprendre la signification…
-Mais pourquoi tu ne m'as pas contacté directement ? demanda Sam, un peu blessé.
-J'ai essayé, Sam. Mais ton esprit repousse systématiquement tout contact depuis la mort du Démon et toutes mes tentatives ont échoué.
-Je suis désolé… J'aurais voulu…
-Ne t'en fais pas, ce n'est rien ! Il faut maintenant que je vous parle ! Mais d'abord, tu dois t'en aller Dean. Tu ne peux pas entendre ce que je m'apprête � dire.
Dean fut peiné d'entendre Jess ordonner son départ. Il savait néanmoins que ce n'était pas la peine d'insister, d'autant plus que le temps leur était compté.
-Je suis navré pour ce qui t'est arrivé, Jessica. Je suis content de t'avoir revu.
Dean sortit de la pièce puis de la maison en maugréant. Il estimait que s'ils étaient arrivés jusque l�, c'était grâce � lui et lui seul et avait du mal � accepter qu'on l'ait congédié sans plus de considération. Une fois sur le porche, quelque chose le tira immédiatement de ses tristes pensées ; Bela était assise sur le capot de sa voiture.
-Enlève ton gros cul de l� avant que je lui fasse sa fête, menaça-t-il en la regardant droit dans les yeux.
La jeune femme se laissa gracieusement glisser jusqu'au sol puis s'approcha de lui d'une démarche féline. Elle lui susurra alors � l'oreille, sensuelle et provocante :
-Le jour où tu feras la fête � mon cul n'est pas encore arrivé, Dean Winchester…
Dean fut estomaqué. S'il ne l'avait pas entendu de ses propres oreilles, il n'aurait jamais pu croire qu'une chose aussi vulgaire était sortie de la bouche d'une personne d'ordinaire si distinguée et raffinée. Puis, comme si cela n'avait jamais eu lieu, elle s'éloigna pour observer très attentivement les fenêtres de la bâtisse.
-Ce devrait être un jeu d'enfant. Quand pourrais-je y aller ?
Dean ne fit aucun effort pour dissimuler son mépris. La voleuse sembla s'en apercevoir.
-Arrête ton cinéma, ça fait partie du marché et tu le sais très bien.
-J'en viens presque � le regretter… marmonna Dean l'air sombre.
-Quand pourrais-je y aller ? répéta-t-elle comme si rien d'autre n'avait d'importance � ses yeux.
-Dès que mon frère et son ami seront sortis de l�, répondit-il de mauvaise grâce.
