Alors, mort ou pas le Sammy? Réponse tout de suite
Chapitre XI – Un fâcheux contretemps
Dean tira son téléphone de son blouson et constata avec horreur qu'il n'avait plus de batterie. Il se rua alors sur la cabine téléphonique qu'il avait vu au coin de la rue et appela le 911 avant de retourner vers Sam. En attendant que les secours arrivent, il entreprit de faire un massage cardiaque à son frère, même s'il y avait très longtemps qu'il n'en avait plus fait et qu'il n'était plus tout à fait sûr de ses gestes. Il lutta pour ne pas laisser la panique l'emporter. Fort heureusement, ses efforts portèrent leurs fruits car au bout de quelques secondes, le cœur de Sam repartit. Mais Dean comprit que cela ne durerait pas ; Sam avait bien trop de mal à respirer à cause de l'état dans lequel se trouvait sa gorge.
Le hurlement d'une sirène se fit entendre au loin, et Dean pensa alors à Ruby. Il regarda tout autour de lui, incrédule ; le corps avait disparu. Dean n'eut pas le temps de se poser de questions car l'ambulance était arrivée.
-Et moi qui croyais que vous n'alliez vite que dans les films… murmura-t-il bêtement.
Les ambulanciers ne semblaient pas avoir entendu cette remarque car ils étaient déjà penchés sur Sam, déterminant ce qui était le mieux pour lui.
-Je suis pas sûr de pouvoir l'intuber, tu as vu l'état de sa gorge ?
-Essaye quand même, si ça peut lui éviter une trachéotomie…
L'idée même qu'un médecin aille farfouiller dans la trachée de son frère avec un bistouri lui était insupportable.
-Essayez, s'il vous plaît !
Son intervention sembla convaincre l'ambulancier de tenter le coup. Ce dernier prit une longue inspiration puis sortit le matériel nécessaire de sa trousse.
-Il n'est pas conscient, ça sera plus facile.
Il ouvrit grand la bouche de Sam et l'autre l'éclaira avec une petite lampe de poche. Le soignant fit une première tentative, puis une seconde. Il s'apprêtait à renoncer lorsqu'il croisa le regard de Dean. Il essaya une troisième fois et réussit.
-Bien, on va l'emmener à Trinity Hospital. Vous montez avec nous ?
-Bien sûr, c'est mon frère !
Il grimpa à l'arrière du fourgon où les ambulanciers avaient placés Sam sur un brancard, prit sa main dans la sienne et la serra.
-Tu verras, tout va bien se passer Sammy…
C'est alors qu'il se rendit compte que l'ambulancier qui s'occupait de ballonner Sam le regardait bizarrement.
-Quoi ! Vous croyez que c'est moi qui l'aie mis dans cet état ? Si c'était le cas, je vous aurais pas appelé, je serais pas resté auprès de lui, et je serais pas là comme un con à lui tenir la main ! s'énerva-t-il.
-On verra ça avec lui quand il se réveillera… répondit simplement l'homme.
Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés à l'hôpital. Dean ne fut pas autorisé à rester auprès de son frère ce qui le mit hors de lui. Il se calma cependant, en regardant les deux colosses de la sécurité s'approcher dangereusement de lui. Il s'assit alors dans la salle d'attente à s'angoisser. Il venait tout juste d'appeler Adrian lorsqu'un infirmier s'approcha de lui.
-Monsieur Talbot ?
Dean releva les yeux, cachant de son mieux son étonnement.
-Oui.
-Votre frère est réveillé. Il ne peut pas parler pour le moment alors on lui a donné du papier et un stylo. Il vous réclame.
-Ca y est, je suis plus suspect ?
L'homme haussa les épaules pour lui montrer qu'il ne savait pas de quoi il parlait et le mena à la chambre de son frère. Là, un médecin lui expliqua que Sam devrait rester quelques temps en attendant que ses hématomes se résorbe et qu'il puisse à nouveau respirer par lui-même. L'instant suivant, ils furent enfin seuls.
'Enlève ces tubes de ma gorge et fichons le camp' furent les premiers mots qu'écrivit Sam.
-Déjà, tu m'appelles Monsieur Talbot et maintenant tu me demandes de te tuer… Tu te fous de ma gueule ? Pas question ! Tu peux pas respirer sans ces tubes, Sam !
Sam semblait contrarié. Il se mit à écrire de manière frénétique.
'On doit aller à New York le plus vite possible !'
Ce fut au tour de Dean d'être contrarié.
-Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans "pas question", hein ? Dis-le moi que je t'explique !
Sam le fusilla du regard. Il commença à écrire, s'arrêta un instant pour réfléchir à ce qu'il voulait dire, puis reprit la rédaction de son message.
'C'est toi qui ne comprend pas. C'est capital, Dean.'
-Capital, hein ? Qu'est-ce qui est capital au point que tu refuses de me le dire ? Dis-le moi, j'aimerais franchement le savoir ! Ca ne me plaît pas du…
-EST-CE QU'IL VA BIEN ! hurla Adrian, à bout de souffle.
On aurait dit qu'il venait tout juste de finir un marathon.
-Oui, il va bien ! répondit Dean avec un petit sourire.
-Ouf… souffla Adrian en s'approchant. Alors il faut qu'on s'en aille le plus vite possible !
-Ah non, tu vas pas t'y mettre toi aussi putain ! répliqua Dean en gardant sa voix à un niveau sonore raisonnable.
Il ne tenait pas vraiment à ce qu'on le suspecte une nouvelle fois de vouloir assassiner son frère.
-Ecoutez-moi bien, tous les deux… Je sais pas ce que vous complotez derrière mon dos et si vous voulez pas me le dire, tant pis. Mais Sam ne bougera pas d'ici tant que le médecin n'aura pas dit qu'il pourra partir. Si tu tentes quoique ce soit Adrian, je te casse la gueule. Et si je dois pas dormir pendant des jours pour te surveiller, Sammy, je le ferai. Est-ce que c'est bien compris ?
Adrian et Sam échangèrent un regard lourd de signification et les larmes envahirent les yeux du cadet Winchester. Dean s'en rendit compte mais ne regretta pas ses paroles le moins du monde. Il s'en fichait pas mal si Sam était blessé dans son orgueil. Il ne restait à Dean plus que douze jours à vivre, et il ne tenait vraiment pas à ce que son frère le précède dans la tombe.
