Des nouvelles de Dean dans ce chapitre, qui vous plaira j'espère, parce que je ne pense pas être en mesure de faire des updates avant mardi… Week-end de Pâques oblige! Attention à ne pas faire d'indigestion de chocolat! ;)


Chapitre XIV – La prophétie

Dean était allongé sur son lit et regardait la télévision. Malheureusement pour lui il n'y avait que très peu de chaînes disponibles et la vingt-huitième saison des Feux de l'Amour ne l'intéressait pas le moins du monde. Il décida alors d'allumer l'ordinateur flambant neuf qu'il avait récemment acheté pour Sam. Il ne put s'empêcher ses souvenirs de remonter à la surface. Il revit son frère jeter le portable contre le mur, claquer la porte de la salle de bain… Quand la petite voix électronique lui annonça qu'il y avait des e-mails, il frissonna.

-Je me ferai pas avoir deux fois ma cocotte, j'ai retenu la leçon…

Il était étonné de la vitesse avec laquelle Sam avait réinstallé ses logiciels et reconfiguré les paramètres. Il avait même retrouvé tous ses documents après les avoir transférés à partir d'un disque dur externe.

-Je savais même pas que ça existait… J'aurais au moins appris quelque chose avant de mourir…

Dean se posait toutefois une terrible et effroyable question dont il redoutait la réponse : allait-il vraiment mourir ? Le plan de Jessica semblait infaillible, et Sam était plus déterminé que jamais. D'ailleurs, Adrian était lui aussi résolu à le sauver et Dean en éprouvait une grande émotion. Ce gamin qu'il ne connaissait que depuis très peu de temps était prêt à tout pour le sauver. Dean regrettait vivement de ne pas l'avoir connu avant. Il aimait beaucoup Adrian et aurait voulu avoir plus de temps pour apprendre à le connaître mieux. Une pensée lui réchauffa toutefois le cœur ; s'il venait vraiment à mourir quelques jours plus tard, Sam ne serait pas seul. Adrian l'aiderait à remonter la pente.

Dean regarda l'écran de l'ordinateur où s'était affiché le site du casino en ligne où il aimait jouer au poker de temps à autre. Cependant, toute envie de jouer s'était évanouie avec l'arrivée de ses sombres pensées. Dean quitta alors la chambre à la recherche d'un bar où il pourrait peut-être oublier pendant quelques heures son funeste destin.

ooo

Si Sam n'avait pas été assis, ses jambes n'auraient probablement pas pu le soutenir plus longtemps. C'était la première fois qu'il perdait totalement espoir dans sa quête pour sauver Dean des flammes de l'Enfer. Adrian se montra cependant plus combatif.

-Mais il doit bien y avoir un moyen de le vaincre, non ? s'écria le jeune homme.

-Une question chacun, c'est la règle ! répondit l'Oracle qui semblait se réjouir de leur cruelle défaite. Je vais cependant répondre à cette question, car c'est autant dans mon intérêt que dans le votre. Oui, il y a un moyen de le vaincre.

Sam releva la tête, se méfiant comme s'il s'agissait d'un piège ou d'une blague particulièrement perverse.

-Vous venez de nous dire le contraire…

-Pas du tout. Je vous ai dit que vous ne pouviez pas le tuer, pas qu'il n'existait aucun moyen de le vaincre. Il faut savoir poser sa question avec précision.

Adrian se sentit incroyablement mal à l'aise mais Sam ne lui en tenait pas rigueur. Il ne s'était pas attendu à ce que l'Oracle discute sur des questions de sémantique.

-Alors ? demanda-t-il un peu sèchement

-Il existe une prophétie sur le compte de Zaroc. Je sais que vous autres humains ne croyez guère en ces choses là, mais les prophéties sont extrêmement importantes. Cette prophétie stipule, entre autres choses, que Zaroc ne pourra mourir que de la main de sa descendance.

-Mais comment pouvons-nous trouver sa descendance ? Vous répondriez à cette question ?

L'Oracle répondit en effet, mais par une autre question.

-Savez-vous comment naissent les oracles ?

-Répondez, on n'a pas le temps de jouer aux devinettes ! s'exclama Adrian.

Mais Sam avait compris où l'Oracle voulait en venir.

-Les oracles sont le fruits des amours entre un démon et une humaine… Etes vous en train de nous dire que…

-Je suis le fils de Zaroc, oui.

-Et vous accepteriez de nous aider ? demanda Adrian, plein d'espoir.

-En effet.

-A quel prix ? questionna Sam, se montrant méfiant.

L'Oracle lui sourit.

-Vous êtes plus intelligent que la plupart des gens qui viennent me voir, Samuel… En effet il y a un prix à ma coopération, mais il est tout à fait raisonnable si vous voulez mon avis.

-Quel est-il ?

-Ma libération.

-Votre libération… ?

-Je retire ce que j'ai dit sur votre intelligence. Vous ne croyez tout de même pas que je suis là de mon plein gré ? Je suis emprisonné ici par mon père, qui craint plus que tout que la prophétie se réalise. Ici, tous mes pouvoirs sont neutralisés et je suis condamné à rester ici pour l'éternité… Enfin, jusqu'à ce qu'on me change d'endroit…

-Donc si on vous aide à vous échapper, vous vous débarrasserez de Zaroc pour nous ! résuma Adrian.

-C'est qu'il a tout compris le brave petit. Il reste maintenant à savoir comment nous allons nous y prendre. Ils ne me laisseront jamais partir comme cela.

-Bon… Il faut déjà sortir l'Impala du parking pour préparer notre fuite. Adrian, tu vas la conduire, finalement… annonça Sam que l'adrénaline rendait extrêmement fébrile.

ooo

Dean finissait son sixième bière de whisky. A moins que ce ne soit le septième ? Il ne se souvenait plus, n'ayant plus les idées très claires. Malheureusement, l'alcool n'avait pas réussi à apaiser son mal-être, le renforçant au contraire avec d'horribles nausées. Il se leva et tituba jusqu'à la sortie, sentant le regard affligé du gérant le picoter au niveau de la nuque.

-Où est-ce que… commença-t-il avant de se rappeler qu'il était venu à pied, que c'était Sam qui avait pris l'Impala pour la journée.

Il tâcha de se souvenir du chemin qu'il avait pris pour venir. Il partit finalement à gauche, même s'il n'était pas sûr de lui. Une centaine de mètre plus loin, il s'arrêta pour vomir tripes et boyaux dans le caniveau. S'il se sentait toujours aussi pitoyable, son estomac au moins ne le torturait plus et il reprit sa marche. Quelques minutes plus tard, il était sur son lit, ne se rappelant plus comment il était arrivé là. Il se roula en boule sous ses couvertures et s'endormit en serrant très fort dans son poing une vieille photo qu'il avait sorti de son portefeuille sans même s'en rendre compte.

ooo

Adrian avait réussi à récupérer l'Impala sans trop de difficulté. Lorsque le réceptionniste lui demanda d'un air soupçonneux où se trouvait l'ami avec lequel il était monté, il avait débité sans flancher le mensonge qu'ils avaient mis au point.

-C'était à son tour de poser sa question et il ne voulait pas que j'entende la réponse.

Il regarda sa montre, extrêmement nerveux. L'Oracle l'avait prévenu qu'ils mettraient sûrement du temps à le rejoindre, qu'il ne devait pas s'inquiéter et en aucun cas bouger de la voiture. Il s'était placé du côté passager, pour que Sam puisse prendre le volant dès sa sortie. S'ils devaient être poursuivis, mieux valait que Sam conduise.

Cela faisait quatre heure qu'il était sorti, et il n'y avait toujours pas la moindre trace de Sam et de l'Oracle. Adrian commençait à paniquer sérieusement lorsque la portière du côté passager s'ouvrit, laissant apparaître Dean.

-Bon sang mais qu'est-ce que vous foutez ?!

-Dean, ça fait des heures qu'ils sont là-dedans et… LES VOILA !

ooo

-Allons-y.

-Mais Adrian est sorti il y a moins d'une minute ! protesta Sam.

-C'est largement suffisant. Allons-y.

Sam regarda l'Oracle bizarrement mais finit par accepter. Comme convenu, il frappa à la porte et l'homme étrange lui ouvrit.

-Désolé…

-Désolé de quoi, monsieur ?

-De ça !

Sam abattit une lourde statue de marbre sur le crâne du gardien, et celui-ci tomba au sol sans plus de résistance.

-Je trouve pas le cristal !

-Fouillez ses poches, il l'a nécessairement sur lui !

Sam le fouilla mais ne trouva rien. Il entreprit alors, bien que dégoûté, de déshabiller l'homme. Il trouva finalement la pierre dans une des chaussures.

-C'est bon, je l'ai !

-Brisez-le avec la statue !

Sam souleva la statue haut dans les airs et assena un violent coup sur la roche qui se fendit en deux. L'Oracle poussa un cri de joie.

-Ca a marché, je le sens !

L'instant d'après, il avait rejoint Sam dans le couloir.

-Dire qu'ils n'ont basé leur protection que sur ce cristal… Pas un seul instant ils n'ont envisagé que quelqu'un pourrait me venir en aide ! C'est tellement… facile ! s'exclama-t-il, euphorique.

-On n'est pas encore sortis… fit remarquer Sam, un peu plus lucide.

-Il n'y a que deux démons de seconde classe à la réception, mais maintenant que j'ai retrouvé mes pouvoirs, ils n'oseront jamais nous barrer la route.

Sam espérait vivement que l'Oracle dise vraiment. Il appuya sur le bouton de l'ascenseur et s'engouffra à l'intérieur. Lorsqu'il se retourna, ce qu'il vit lui donna la nausée. L'Oracle venait de briser la nuque de son geôlier avec un rictus sadique sur le visage.

-Etait-ce vraiment nécessaire ? demanda-t-il pendant la longue descente.

-Nécessaire ? Non… J'en avais juste très envie.

-Hum…

Sam commençait à se rendre compte de l'importance de ce qu'il avait fait et des conséquences que cela pourrait avoir. L'Oracle venait à peine de sortir de sa prison qu'il avait déjà tué un homme en y prenant du plaisir. Allait-il recommencer ? Sam fut forcé de remettre ses pensées de côté pour se concentrer sur la situation présente ; ils étaient arrivés en bas.

-Il faut éviter les caméras de sécurité…

-Ce ne sera pas un problème…

L'Oracle leva la main droite et l'instant suivant, un chaos indescriptible régna dans le hall d'entrée de l'immeuble. Toutes les vitres, les ampoules, les caméras et les objets en verre avaient explosés au même instant, projetant des débris sur tout le monde. Les femmes hurlèrent et les enfants se mirent à pleurer bruyamment. Profitant de la diversion, les deux fuyards traversèrent l'atrium sans encombre pour arriver dans la rue. Sam se rendit alors compte que l'Oracle avait perdu de sa superbe ; il paraissait complètement perdu.

-Il y a tellement de monde, c'est tellement bizarre…

-Bienvenue au XIXème siècle !

Rapidement, il repéra l'Impala garée sur le trottoir d'en face et traîna l'Oracle par le bras. Il le fit monter à l'arrière et s'apprêta à prendre place derrière le volant lorsqu'il se rendit compte que Dean y était déjà. Il prit alors également place à l'arrière.

-Démarre Dean ! On est peut-être suivis !

-Qui c'est ce zigoto ? demanda sèchement Dean en faisant hurler le moteur de la voiture.

-C'est l'Oracle, on t'expliquera plus tard !

-Non, tu m'expliques maintenant ! Qu'est-ce que vous avez foutu pendant cinq jours ?!

-Cinq jours ?!

-Oh, vous n'étiez pas au courant de ce petit détail ? demanda l'Oracle avec une trace de plaisir dans la voix. Quand on arrive chez moi, le temps se gèle et passe beaucoup plus vite à l'extérieur !

-Oh mon Dieu ! s'exclama Sam, horrifié. Cinq jours… Ca veut dire que…

-C'est pour aujourd'hui ! termina Dean à sa place.