Chapitre 3 : Explorations
Dean regarda son frère, un peu ennuyé de conduire tout en ignorant où ils allaient exactement :
« Tu n'aurais pas une idée de l'endroit où tu habites par hasard et où je dois te déposer ?
-Dean, je ne connais pas les rues de Milwaukee et encore moins mon domicile. Et même si je connais mon adresse, je n'en connais pas la route, désolé…
-Alors, comment fait-on ? On demande à un passant insomniaque s'il te connaît et s'il sait où tu crèches ?
-Très amusant…N'empêche que tu seras bien ennuyé quand tu seras tout seul en train de chercher ton appart ou ta maison, monsieur le gros malin. »
Mais les deux frères n'eurent pas besoin de discuter plus longtemps car la voiture de police qu'ils avaient suivie venait, après avoir emprunté une petite rue, de s'arrêter devant un immeuble d'apparence assez neuf. Le policier sortit de la voiture et s'approcha d'eux, après qu'ils se furent arrêtés derrière lui, en lorgnant le bâtiment :
« Bon, voici où on vous dépose, Mr. Winchester, dit-il à Sam. Bonne nuit ou plutôt bonne journée, vu l'heure. »
Sam prit un regard un peu craintif, en se demandant ce qu'il allait découvrir là-dedans.
« Tu m'accompagnes ?demanda-t-il à son frère d'un ton dégagé. Je t'offre une bière, si tu veux.
-Sam, tu dois découvrir ta vie tout seul, mon vieux, je ne peux pas toujours être avec toi et… »
Mais Sam le regarda d'un air de chien battu et malheureux, sachant très bien la réaction que ça provoquerait, regard qu'il prenait depuis qu'il avait deux ans :
« Bon, ok, très bien mais je ne reste pas plus d'une minute, le temps d'emporter ma bière !répondit aussitôt Dean.
-Euh, désolé, inspecteur mais le règlement l'interdit et le capitaine m'a ordonné que dès que vous seriez arrivé, de vous amener au commissariat le plus rapidement possible, sous peine de sanctions graves. »
Dean n'aurait pas obéi en temps normal à de tels ordres, surtout venant d'un officier qu'on lui considérait subalterne. Cependant, il ne connaissait rien de cet endroit où ils avaient mis les pieds et il ne souhaitait pour rien au monde regretter sa décision ou son retard s'il était emprisonné ou même fusillé, qui sait ? Alors ce fut la mort dans l'âme qu'il dut affronter le regard de Sam qui l'attendrissait à chaque fois et le prendre à part du policier :
« Désolé, p'tit frère, je dois y aller. Je te tiens au courant. Bonne chance et appelle-moi au moindre ennui ou nouveauté.
-Mais Dean, tu ne vas tout de même pas me laisser pénétrer là-dedans tout seul ?s'alarma Sam.
-Et tu crois que ça me fait plaisir d'aller voir un soi-disant patron furax et de chercher tout seul comme un imbécile ou une personne atteinte d'Alzheimer, l'endroit où je suis censé habiter ?
-Je comprends…Bonne chance à toi aussi, alors. On se retrouve dès qu'on peut s'échapper de nos vies, ok ? »
Après s'être donné une tape sur l'épaule, les deux frères se quittèrent. Dean remonta dans la voiture pendant que le policier remontait dans la sienne, laissant Sam, tout penaud sur le trottoir, ne sachant pas s'il devait entrer. Dean eut un léger sourire en le voyant ainsi, comme un gosse pris en flagrant délit d'avoir passé la nuit dehors. Mais pensant soudain à leur situation plus qu'étrange et à sa prochaine destination, il reprit son sérieux. Jetant un dernier regard vers Sam dans son rétroviseur, il fut prêt à rebrousser chemin, quand son regard de chien battu devint carrément désespéré. Mais il se retint et continua sa route en suivant le policier.
Environ quinze minutes après, ils s'arrêtèrent de nouveau mais cette fois-ci, devant un commissariat flambant neuf. Le policier accompagna Dean jusqu'à l'intérieur et le guida même jusqu'au bureau du capitaine, ce qui arrangea beaucoup Dean qui se serait à moitié perdu dans ce très grand commissariat, beaucoup plus grand que ceux qu'ils fréquentaient d'habitude. Tout semblait neuf, comme s'il venait d'être construit. Il y avait très peu d'employés et Dean ne vit qu'une secrétaire et un policier dans les couloirs, sûrement à cause de cette heure matinale. Ce qui sembla très bizarre à Dean c'est que ces deux personnes le regardèrent, quand il passa près d'eux, avec du respect dans les yeux. Ne comprenant pas ce que ça voulait signifier, il prit ce regard à cause de son grade. Enfin, le policier devant lui frappa à une porte au bout d'un couloir et on lui répondit d'entrer. Dean n'avait jamais été nerveux avant d'aller voir un soi-disant supérieur puisqu'il n'en avait jamais vraiment eu mais là, sachant qu'on le surveillait de près et qu'on lui attribuait un passé et une identité inconnus, il eut une hésitation pendant une fraction de seconde.
Cependant, il entra à la suite du policier quand même, prêt à affronter tout ce qui se présenterait à lui. Il vit alors face à lui, dans un élégant bureau, un homme d'assez grande stature et d'une quarantaine d'années, assis derrière son bureau, en train de consulter divers documents. Il releva la tête et fit signe à Dean d'approcher :
« Merci de me l'avoir ramené, agent Filks, vous pouvez partir. Asseyez-vous, Dean.
Bon, voici enfin notre héros national de retour au bercail, je n'y croyais plus…
-Vraiment ?répondit le concerné poliment, en essayant d'en dire le moins possible.
-Bien sûr, vous le savez bien ! Depuis des mois, vous traînez un peu partout dans votre voiture et on n'arrive jamais à vous coincer pour vous parler un tant soit peu en face. Vous ne vous êtes pas assis à votre bureau depuis au moins quatre mois et je suis sûr que vous ne mettez pratiquement plus les pieds à votre appartement. Vous êtes un vrai fantôme en ce moment, enfin façon de parler bien sûr…
-Vous savez…je suis très remuant.
-Ca, j'ai remarqué, merci. Heureusement que l'agent Filks a pu vous coincer dans cet entrepôt sinon j'étais prêt à vous virer, malgré toute l'importance que vous semblez avoir. Encore heureux que vous ne lui avez pas enguirlandé comme la dernière fois.
-La dernière fois ?
-Mais oui, quand il vous a surpris en train de manger un gâteau aux pommes entier derrière le comptoir du café d'en face.
-Ah, ça…évidemment, ça ne m'étonne pas trop de moi, murmura Dean pour lui.
-Vous savez très bien que moi et toute la population, nous vous sommes extrêmement reconnaissant à vous et votre famille pour avoir tué pour de bon, tous les démons et autres créatures surnaturelles qui peuplaient notre territoire mais tout de même, inspecteur, il y a des limites à votre comportement.
-Euh…attendez, hocha Dean de la tête. Qu'avez-vous dit ? Vous connaissez l'existence des démons depuis quand, déjà ?
-Voyons, que je réfléchisse…Depuis un an et demi, c'est ça… Ce fut quand l'un d'eux absolument monstrueux, a tué une famille entière devant des centaines de personnes dans la rue et s'est volatilisé, tout ça devant des caméras.
-Il a fait ça ? Oh l'ordure ! Et c'était quoi comme démon ?
-Ecoutez, inspecteur, vous le savez, alors passons, vous n'êtes pas là pour ça. Ca va faire maintenant six mois que vous avez réussi avec vos proches à éliminer toute trace démoniaque de notre planète. Donc, en conséquence de quoi, le président…
-Le président ?
-Mais oui, le président des USA bien sûr… Donc il viendra dimanche prochain ici même récompenser d'une médaille, votre père ainsi que vous et votre frère pour les services que vous avez rendus au pays et au monde et au courage extraordinaire dont vous avez fait preuve. »
Dean avait l'impression que son cœur s'était arrêté de battre quand il avait entendu le capitaine parler de son père. Ainsi, il était vivant dans cette réalité. Et ils avaient fait l'exploit d'anéantir les démons ? Dean avait bien du mal à croire ça mais pourtant ça semblait vraiment sûr et certain pour le policier et le capitaine. Alors pourquoi lui-même était-il tout le temps parti en vadrouille sur les routes s'il n'y avait plus rien à chasser ? Perdu dans les pensées qui se bousculaient dans sa tête, il n'entendait pas le capitaine lui parler. Il n'émergea que quelques minutes après :
« Inspecteur, vous êtes là ? INSPECTEUR !!finit-il par crier.
-Oui, quoi ?
-Vous êtes sourd ou quoi ? Ou alors vous êtes en train de rêver.
-Ca, c'est peut-être le cas effectivement, soupira Dean en voix basse.
-Donc, je vous disais que la cérémonie se déroulera dimanche et vous avez intérêt d'y être présent avec votre père et votre frère, en smoking, cela va sans dire.
-Et ma…ma mère, elle y sera aussi, n'est-ce pas ?demanda Dean, fébrile.
-Oui, je pense, ça dépendra d'elle mais pourquoi rater la cérémonie où les trois hommes qu'elle adore sont enfin récompensés ?
-Bien sûr, suis-je bête…
-Donc je vous demanderai de les prévenir à temps, aujourd'hui si possible parce que demain, il serait un peu tard pour la veille seulement…
-Ah, on est vendredi ? Désolé, je suis un peu décalé dans le temps…
-La cérémonie se déroulera à quinze heures dans la salle de réception de la ville, elle est bien assez grande. Des questions, Dean ?
-Euh…Vous êtes absolument sûrs qu'on mérite ces récompenses ? Je veux dire, en voyant l'air étonné du capitaine, est-ce qu'il est parfaitement certain que tous les démons, créatures et esprits malfaisants ont disparu de ce monde ? Comment en a-t-on la preuve indubitable ?demanda-t-il, en pensant qu'il se prenait pour Sam à poser ce genre de questions.
-Mais inspecteur, c'est vous-même et votre famille qui nous les avez fournies ces preuves ! Revenez à la raison !
-Ah oui…si vous le dites…
-Bon, on en a fini avec ça… Allez dormir, ça vous fera du bien et vous semblez en avoir grand besoin… »
Dean, plus déphasé qu'autre chose, se leva et sortit du bureau, en espérant que le vrai sommeil dans lequel il semblait être plongé avec Sam, ne durerait pas trop longtemps. Sortant du commissariat, et montant dans sa voiture, il ne démarra pas tout de suite, se demandant soudain où il résidait. Même s'il connaissait la rue d'après sa carte d'identité, il se trouvait bien ennuyé de ne pas savoir par où aller. Il se souvint des paroles de Sam avec une petite moue mais souhaita quand même que son frère s'en sortait mieux que lui et semblait moins cruche face aux habitants. Alors, il commença à arpenter les rues et chercha un plan. Malheureusement, il ne trouva aucun plan et chercha son soi-disant appartement pendant plus de deux heures. Enfin, le hasard lui fit rebrousser chemin pour voir le nom d'une rue mal éclairée qui était la bonne. Appréhendant malgré lui ce qu'il allait découvrir, il avança jusqu'à l'immeuble, conscient qu'il pouvait y avoir quelqu'un d'autre dans son appartement qui semblerait le connaître parfaitement. Descendant de l'Impala, il ne se rendit pas compte qu'il restait lui aussi planté devant ce petit immeuble de trois étages d'apparence moyenne. Il voulait à tout prix se réveiller pour ne pas revivre un bonheur qui ne pourrait continuer. C'était même pour cette raison qu'il ne s'était pas précipité au domicile inconnu de ses parents car ça lui aurait fait trop mal de les voir, alors qu'il ne les pensait pas réels.
Du côté de Sam, ça n'allait guère mieux, il était autant perdu que son frère. Quand Dean l'avait laissé sur le trottoir, Sam, après y être resté quelques minutes, était monté très lentement jusqu'au cinquième étage. Le bâtiment sentait vraiment le neuf et avait des éclairages absolument partout, facilitant la montée. Ayant une mauvaise expérience des ascenseurs, Sam préféra s'en abstenir et monter par les escaliers, lui permettant de mieux connaître le bâtiment. Arrivé au cinquième étage puis devant le numéro de sa porte, le 505, il resta plusieurs minutes, sa clé à la main, trouvée mystérieusement dans sa poche, attendant soit de trouver suffisamment de courage pour y aller, soit que quelqu'un fasse le premier pas pour lui, ce qu'il ne voulait pas trop. Il prit alors la première solution et mit la clé dans la serrure. L'appartement était plongé dans l'obscurité. Espérant ne gêner personne, il alluma et vit qu'il était dans un salon très chic et spacieux. Une grande bibliothèque était installée à sa droite et un confortable canapé se trouvait au milieu de la pièce face à une très grande télévision avec un écran ultra plat. Une porte était sur sa gauche, sûrement la porte de la chambre, pensa-t-il mais étant fermée, il n'osa pas la franchir. Pourtant il n'eut guère le choix car cela ne faisait que deux minutes qu'il avait refermé la porte d'entrée derrière lui et examinait les lieux, que la porte effectivement de la chambre s'ouvrit et laissa sortir une magnifique jeune femme avec de longs cheveux noirs, descendant jusqu'au milieu du dos, couverte d'un petit peignoir en satin écru. Bizarrement, Sam s'était attendu à ce que la femme qui vive avec lui, soit Jessica car si c'était vraiment un rêve, c'est elle qui lui venait tout de suite à l'esprit comme son grand amour. Il fut donc extrêmement déçu et voire frustré de voir cette inconnue en face de lui. Alors, il resta bouche bée quand il la vit s'avancer vers lui, comme si de rien n'était.
« Mais bon sang, Sam, où étais-tu passé ?lui demanda-t-elle en l'enlaçant. J'étais morte d'inquiétude, tu ne répondais même pas à ton portable. Je suis si heureuse que tu ailles bien, si tu savais.
-Je t'en prie, se contenta de dire Sam, ne voulant pas lui non plus, trop en dire puisqu'il ne connaissait même pas son prénom.
-Mais où étais-tu ?
-J'étais…j'étais seulement parti me balader un peu, c'est tout…
-Ah, je vois… Tu étais avec ton frère, n'est-ce pas ?
-Oui, tu as deviné, sourit Sam, soulagé.
-Eh bien, tout héros que vous êtes, vous devriez être un peu moins obsédés… Les démons, c'est fini et vous avez beau craindre que d'autres démons ont réussi à se cacher parmi nous, c'est pourtant fini, je te le promets, Sam… Même ton père en ait convaincu.
-Quoi, Papa ?bredouilla Sam. Tu connais mon père ?
-Bien sûr, ne fais pas l'idiot, voyons… Bon, je dois aller me préparer, j'ai un cours très tôt ce matin et je ne dois pas être en retard. Toi, au moins, tu peux faire le fainéant, tu n'as encore aucun cours, veinard… »
Puis elle l'embrassa tendrement, Sam essayant du mieux possible de répondre au baiser de cette étrangère et elle partit dans la salle de bains. Sam n'y comprenait absolument rien. Leur père était donc vivant et apparemment, cette femme confirmait les paroles du policier, à savoir que les démons avaient disparu… Sam ne pensait pas que ce fusse possible. Il tenta d'en savoir plus en examinant les objets dans le salon. Il y avait du courrier à son nom mais aussi au nom de sa compagne qui s'appelait Patty Johnson. Sam trouva plusieurs factures et divers papiers et apparemment Patty était professeur d'histoire à l'université de la ville. Il essaya en vain de trouver quel était son propre métier mais il ne trouva rien dans le petit meuble servant de bureau. Enfin, en examinant les cadres au mur, il en vit un très récent où son nom était inscrit. C'était un diplôme lui permettant de devenir lui aussi professeur à l'université mais la spécialité le cloua au sol pendant dix bonnes minutes. Pourtant, il réussit à détacher son regard de ce diplôme et examina les très nombreux livres qui peuplaient la bibliothèque. Apparemment ils étaient tous à lui, au vu des titres et il se demanda où Patty rangeait les siens car il devait avoir environ deux cents livres parlant du même genre de choses. Apeuré et ne comprenant rien à ce qui était en train de lui arriver, il s'effondra, épuisé, sur le canapé et s'endormit, sans s'en rendre compte, faisant cauchemar sur cauchemar.
A quelques dizaines de kilomètres de là, Dean semblait agir de la même manière que son frère, sans le savoir. Il était monté au premier étage de l'immeuble et avait hésité pendant plusieurs minutes avant d'avoir le courage et l'envie de mettre sa clé dans la serrure. Il découvrit alors un appartement très différent de celui de Sam. Apparemment, personne n'était venu dans l'appartement depuis au moins deux semaines et une bonne couche de poussière semblait vouloir prendre possession de chaque centimètre carré des pièces. Dean fut soulagé de n'avoir affaire avec personne et examina les lieux tranquillement. Le salon semblait être la pièce la plus grande et Dean ne fut pas étonné de trouver le canapé très confortable, ça ne l'étonnait pas de lui. Il y avait seulement ce canapé et une télévision dans le salon. Le lit dans la chambre était à peine défait et Dean constata d'après le contenu du réfrigérateur que les dires du capitaine devaient être véridiques : il ne posait pas chez lui. Il n'y avait que des bières dans le frigidaire : Dean ne se gêna donc pas d'en prendre une, et même s'il était normalement chez lui, il ne sentit tout de même embarrassé, comme s'il volait quelque chose chez un étranger. Il ne trouva rien de bien intéressant dans les quelques meubles qui se trouvaient dans l'appartement.
Il découvrit seulement quelques photos qui le confirmèrent dans l'idée que ses parents étaient bien en vie. Ils posaient tous deux sur une photo en compagnie de Dean et de Sam. C'était apparemment une photo très récente car Dean se trouva très peu changé. Ils étaient devant une maison apparemment confortable et assez identique à celle qu'ils avaient eu dans le Kansas. Tous quatre étaient très souriants et paraissaient extrêmement heureux d'être ensemble. Mais Dean rangea assez vite cette photo qui lui rappelait les très mauvais souvenirs de son expérience avec le Djinn.
Il trouva, dissimulés derrière un meuble, un ordinateur portable ainsi qu'une clé USB. Pensant y trouver des indices sur sa vie actuelle, il l'alluma mais se trouva bien ennuyé quand il s'agit de faire fonctionner la dite clé. Il s'était pourtant servi de nombreuses fois de l'ordinateur de Sam sans sa permission la plupart du temps, mais là, c'était autre chose. Il n'y avait rien sur le disque dur de l'ordinateur lui-même et Dean s'impatienta et se fâcha contre lui-même, sachant très bien qu'il avait du mettre ses informations sur la clé. Mais ça l'étonnait lui-même qu'il ait pu se servir de ce genre de choses. Après avoir passé quelques minutes à trouver l'endroit où elle se branchait, il s'était attendu à ce que la clé se lise toute seule, sans manipulation de sa part. Malheureusement l'écran resta de marbre et Dean dut prendre sur lui pour ne pas balancer l'ordinateur contre le mur.
Il abandonna au bout d'une heure de vains efforts. Il vit que le téléphone fixe avait plusieurs messages sur son répondeur. Intéressé et curieux, il les écouta :
« Dean, c'est encore moi, Shannon. Je vois que tu ne me rappelles toujours pas, et ça ne déçoit un peu. Sache seulement que la promotion de ton livre a énormément de succès et la tournée que je fais pour toi à travers les USA est épuisante mais très bénéfique aussi car je vois à quel point les gens peuvent être curieux de toi et admirent tes exploits. Tes fans sont toujours très déçus quand ils constatent que tu n'es pas à mes côtés mais je les console en leur racontant des petites anecdotes sur toi, comme la marque de ta bière préférée ou les petits tics que tu as. Ils adorent ça. Mais à raconter ce genre de choses, sache que tu me manques encore plus, Dean. Ca fait maintenant trois semaines qu'on ne s'est pas vus et j'ai vraiment hâte d'être dans tes bras. Tes baisers me manquent si tu savais… J'espère quand je reviendrai, que tu ne me feras pas la tête, tout ça à cause du fait que j'ai écrit un livre sur toi et ton combat contre les démons… Il faudra qu'on mette ça de côté et qu'on passe à autre chose, Dean, qu'en penses-tu ?
Je ne vais pas te demander de me rappeler sachant que tu ne vas pas le faire mais pense au moins un peu à ton adorée Shannon qui se languit de toi… Je t'aime, Dean. »
Avant d'écouter les autres messages, Dean fouilla dans les autres photos éparpillées et en trouva une de lui avec une très belle jeune femme qui avait de cheveux bruns mi-longs. Elle semblait très douce et même s'ils s'enlaçaient, Dean remarqua qu'elle semblait avoir du caractère à un coup d'œil rebelle. Souriant à cette vue, Dean déposa la photo à part et écouta les autres messages. Il y en avait d'autres de cette fameuse Shannon et quelque uns du capitaine de police, les uns plus furax que les autres. Il était content d'avoir une petite amie aussi mignonne mais regrettait qu'elle ne soit pas réelle.
De plus, Dean n'arrivait pas à croire que sa petite amie, qui apparemment était écrivain, avait écrit un livre sur lui, semblait-il, une biographie, et sur sa chasse aux démons. Tous ces événements lui paraissaient vraiment absurdes. Comment avait-il pu en arriver là ? Jusqu'à avoir des fans complètement dingues de lui ? Penser à ça lui en donnait la nausée…
Exténué, il finit par s'endormir sur le canapé, se promettant d'appeler Sam dès qu'il se réveillerait et de lui parler de tout ça, se demandant quelle vie avait Sam et si elle était aussi dingue que la sienne. Lui aussi fit plusieurs cauchemars plus ambigus et incohérents les uns que les autres.
Cependant, les deux frères ne savaient pas et ne pouvaient pas se douter que leur sommeil n'avait rien de naturel et que plus ils dormaient, plus ils s'enfonçaient dans un voyage sans nom…
