Chapitre 7 : Quitte ou double ?

Après s'être installé sur le canapé de Dean, Sam déballa tout ce qui s'était passé chez leurs parents, en n'omettant aucun détail de leur attitude et de leurs paroles. Il eut une légère hésitation lorsqu'il s'agit de dire ce que John et Mary s'apprêtaient à faire à Dean mais Sam le dit quand même, regardant son frère timidement. Dean dut alors réprimer un frisson à cette angoissante idée d'être interné par ses propres parents et pensa à quelque chose :

« Maintenant, je comprends pourquoi Bobby me regardait si bizarrement et me considérait comme quelqu'un qu'il fallait ménager et soigner. C'était vraiment bizarre mais ça concorde tout à fait avec ton récit.

-Que faisais-tu chez lui, en fait ?

-Je cherchais des solutions pour nous sortir de là. Mais je dois t'avouer que si j'avais été tenté auparavant d'aller voir Papa et Maman, ce que tu viens de me dire m'a stoppé net. Au moins, ils semblent avoir l'avantage de vous glacer alors que vous vous réchauffez tranquillement.

-Je comprends ce que tu veux dire… Ca m'a fait cet effet-là quand j'ai entendu ce qu'ils comptaient faire…

-Non mais pour qui ils se prennent, franchement ? Ils ont beau dire qu'ils s'inquiètent pour moi, eh bien, je crois que c'est plutôt à eux qu'ils pensent !s'emporta Dean. Ce sont eux qui sont cinglés, pas moi ! D'ailleurs, je me demande, si on réussit à revenir chez nous, comment le moi d'ici va s'en sortir. Franchement, avec des barjos pareils comme parents, je lui souhaite bon courage. Le pauvre finira sûrement en camisole de force… Enfin, parlons d'autre chose, rien que de penser à Papa et Maman me donne la nausée alors que j'aurai tout fait avant pour les revoir, je te jure…

-Désolé de t'avoir appris ça avant que tu ne les aies revus.

-Non, c'est mieux ainsi. Ca m'a évité l'attachement et une grosse désillusion. Enfin, passons…se calma-t-il.

-Alors, qu'as-tu trouvé d'intéressant chez Bobby ?

-Eh bien…il y avait cette araignée dans un bâtiment qui me faisait les yeux doux mais à part ça…

-Dean ?

-Ok, ça va, je vais tout te dire… »

Ce fut alors au tour de Dean de passer au récit de sa journée et Sam fut de minute en minute plus étonné encore, surtout quand Dean lui avoua qu'il ne pouvait ni se blesser ni se tuer. Il écouta patiemment la fin de son récit pour poser sa question :

« Et tu es sûr que ton couteau était tranchant et ton revolver chargé et en état de marche ?

-Tu me prends pour un novice ou un idiot ?

-D'accord, désolé, je voulais vérifier, c'est tout.

-D'ailleurs, à ce propos, à ton tour…

-Comment ça, à mon tour ?

-Prends ce couteau et essaie de te blesser. C'est un autre couteau de tout à l'heure mais il ne marche pas non plus sur moi, alors essaie…

-Je n'ai pas envie de me blesser…gémit Sam.

-Tu ne vas pas te blesser, fais-moi confiance.

-Alors pourquoi ça a marché sur Bobby ?

-Parce que Bobby est né de ce lieu alors que toi, tu es comme moi. Vas-y, qu'on en finisse. »

Sam prit le couteau et soupirant, essaya de se faire une entaille au poignet mais ce fut la même expérience que pour Dean, rien ne se passa. Intrigué et ne comprenant rien, Sam n'attendit même pas la demande de Dean pour le faire, prit un de ses revolvers, vérifia qu'il était chargé et se tira dans la tempe. Mais aucune détonation ne retentit dans l'appartement.

Découragé et dépité, Sam s'effondra sur le canapé, les yeux vides.

« Dis-moi, maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

-Tu as une idée ou non ?demanda Dean.

-Franchement, le temps presse et il y a un point urgent à régler. Excuse-moi d'y revenir mais il le faut. Tu dois te comporter normalement avec Papa et Maman et les autres, comme si les démons avaient été vaincus, que tu en étais persuadé, que tu reviennes à ta petite vie tranquille et que tu viennes assister à la cérémonie de récompenses très souriant et apparemment heureux, comme si de rien n'était, même si tu auras une envie de vomir en toi…débita Sam à toute vitesse sans prendre le temps de respirer, tellement il était inquiet que son frère s'obstine à se démarquer et soit enfermé.

-Maintenant, Sammy, prends une grande bouffée d'air frais et respire, se moqua Dean en s'asseyant en face de lui.

-Dean, tu ne m'as pas répondu !

-Je sais mais je m'apprêtais à le faire. Tu parles tellement parfois qu'on devrait te bâillonner, tu sais…

-Arrête de plaisanter et sois sérieux pour une fois…

-Eh bien, sache petit frère que je vais faire tout ce que tu me diras de faire ce week-end et ce que nos chers parents attentionnés attendent de moi : un fils aimant, raisonnable, les pieds sur terre et pas en enfer. Je me comporterai comme leur fils préféré et sage qui cache pourtant une pièce secrète pleine d'objets paranormaux et d'armes. J'ai le droit de porter des boots à la cérémonie, tu crois ? »

Tellement soulagé, Sam partit d'un grand éclat de rire rayonnant. Il se sentait si bien maintenant qu'il avait convaincu Dean qu'il se sentait débarrassé d'un grand poids. Il espérait seulement que son frère allait tenir cette promesse. Il regarda Dean, avec plein de reconnaissance dans les yeux. Il se rendit alors compte que sa journée avec ses parents avait été bien fade en comparaison de ce moment avec son frère. Il ne l'avait pas réalisé alors mais il trouvait que ses parents lui semblaient dénués de naturel, d'affection et même de réalité et que sa présence avec eux était agréable, certes mais il s'était senti gêné une partie de la journée, comme s'il n'aurait pas dû être avec eux mais ailleurs. Tandis qu'avec Dean, tout était tellement différent. Il ressentait cette osmose entre eux et même les blagues débiles de Dean lui étaient si agréables et amusantes qu'il se sentait le cœur léger. C'était comme si sa présence près de son frère allait de soi et que l'un sans l'autre était comme séparer des frères siamois. Ils se complétaient et étaient perdus chacun de leur côté.

Dean n'avait rien dit sur ce qu'il avait ressenti de leur dispute mais Sam connaissait suffisamment son frère pour savoir ce qu'il éprouvait. Il savait que Dean était aussi heureux que lui de leur réconciliation et, malgré leur situation, il semblait rayonner de bonheur.

Sam se mit alors à espérer, peut-être stupidement, il ne savait pas trop, que Dean se confierait à lui, un jour prochain, sur son expérience en enfer car Sam ressentait en son frère une peur tellement immense qu'elle devait être de la taille d'un gouffre.

Dean le tira de ses pensées quand il plaça devant lui avec un grand sourire un ordinateur portable :

« Toi qui es un grand génie pendant que ton frère patauge encore dans la cour des maternelles, fais-moi le plaisir de regarder ce que contient cette clé si difficile à ouvrir. »

Dean n'avait pas hésité à se traiter d'imbécile à cause de ses heures passées en vain à vouloir découvrir le mystère de cette clé USB mais il s'en voulut la seconde d'après de s'être rabaissé à ce point. Sam ressentit cette gêne immédiate :

« Tu n'es pas un imbécile, Dean et tu ne le seras jamais. Seulement, les mystères de l'informatique restent pour toi des mystères et sache que j'ai déjà vu des personnes très intelligentes être incapable de se servir d'un ordinateur. »

Dean ne répondit pas et lui fit un grand sourire en guise de remerciement. Sam, satisfait de l'avoir rassuré, brancha la clé USB au bon endroit et ouvrit son contenu cinq secondes après, sous les yeux ébahis et impressionnés de Dean. Sachant que le contenu devait être primordial pour l'avoir dissimulé, les deux frères découvrirent avec intérêt quels mystères elle cachait.

Sam trouva plusieurs photos d'hommes et de femmes pris dans la rue et qui semblaient tout à fait normaux. Se regardant intrigués, les deux frères ne surent quoi en penser mais Sam ouvrit ensuite un très épais document Word très mystérieux car il ne contenait aucun mot reconnaissable. C'était comme s'il avait été écrit en langue étrangère sauf qu'elle n'était pas du tout identifiable. Ce n'était que des suites de lettres mais aussi parfois de chiffres qui semblaient n'avoir aucun sens. Tout le document Word en était composé, pendant des centaines de pages.

« Mais qu'est-ce que c'est que toutes ces idioties ?s'écria Dean, totalement médusé et n'y comprenant rien.

-Attends deux minutes, tu veux bien…réfléchit Sam en fixant certaines lignes. »

Dean, sachant que son frère pourrait découvrir ce que cette écriture cachait, attendit patiemment, en se retenant de tambouriner la table basse et de demander toutes les trente secondes si Sam avançait dans son décryptage.

Au bout de dix minutes enfin, Sam s'adossa contre le canapé, leva les yeux au ciel et se mit à rire joyeusement.

« Quoi ?demanda Dean. Tu as réussi à décrypter ce langage de zombies et maintenant tu vas pouvoir t'atteler à celui de la CIA ?

-C'était si simple et allant de soi que j'aurai dû y penser tout de suite. Même toi, tu pourrais le lire, si tu voulais…

-Tu peux m'expliquer plus clairement ?

-C'est tout simplement le langage qu'on avait inventé quand on était gamins, tu te souviens ? On s'amusait à parler bizarrement pour que les méchants ne nous comprennent pas.

-C'était ton idée, non ?dit Dean en ouvrant des yeux ronds.

-Euh…oui, je crois, pourquoi ?

-Parce que je ne me souviens pas du tout de ça, voilà pourquoi…Mais un truc aussi bizarre, ça ne pouvait venir que de toi, ça me rassure.

-Mais si, voyons… J'étais peut-être le créateur de ce langage mais toi, tu trouvais toujours des situations où ressortir nos conversations et tu t'amusais à parler avec moi avec ce langage pour faire enrager Papa qui voulait savoir de quoi on parlait…

-A mon avis, c'es plutôt toi qui voulais le faire enrager…mais de quoi on parlait justement ?

-De rien, on ne pouvait pas…

-Et pourquoi ?

-Parce que notre langage ne voulait rien dire du tout.

-Tu veux dire que ces centaines de pages ne valent pas un clou ?s'étonna Dean, alarmé.

-Non, là, c'est différent. Je pense que c'est moi qui aie écrit tout ça mais j'ai dû élaborer notre langage d'autrefois car là, il a un sens. Je dois juste remettre en ordre certaines lettres, voir la correspondance de chiffres et ça ira.

-C'est ça et dans trois siècles, tu auras fini…

-Non, donne-moi une heure. Je vais lancer un programme où je vais entrer certaines données et on pourra savoir ce que ça contient. »

Pas très confiant, Dean laissa Sam travailler pendant qu'il allait leur chercher deux bières dans le frigidaire, malgré sa montre qui annonçait presque minuit.

A peine une heure après, Dean finissait sa deuxième bière quand Sam poussa un bruyant soupir de soulagement alors qu'il n'avait pas encore touché à sa boisson.

« Ca y est ?demanda Dean en s'asseyant près de lui.

-Oui, on va enfin savoir ce que nous voulions cacher avec tant de mal. »

Une seconde fois, ils lurent les pages Word ensemble mais cette fois, sans aucune difficulté.

« C'est tout simplement notre journal de bord, dit Sam.

-Oui, et apparemment tu le tenais à jour avec attention jusqu'à il y a deux jours, quand nous sommes arrivés quoi.

-C'est dingue, j'ai l'impression que nous faisions des enquêtes quotidiennement, même moi qui semble être aux yeux de tous parfaitement normal, sans te vexer.

-Le mal est fait…Regarde ici, tu as marqué que certaines personnes n'étaient pas qui on croyait qu'elles avaient été avant et qu'il fallait se méfier d'absolument tous les étrangers.

-Oui mais regarde plutôt là, j'ai écrit que…non, ce n'est pas possible, Dean !

-Si ce n'est pas possible, c'est que tu avais avalé un éléphant ce jour-là ou alors que tu avais trop bu car tu sembles très sérieux dans tes dires mais comment ça serait possible ? »

Les deux frères se regardèrent tellement ébahis par la révélation qu'ils venaient d'apprendre, qu'ils en restaient bouche bée. Impatients et curieux d'en savoir davantage, ils lurent alors avec avidité toutes les pages restantes même s'ils durent en lire cent cinquante d'en coup. Leurs yeux se fatiguèrent au fil des heures mais leur intérêt et leur surprise étant croissants, ils n'étaient pas exténués pour autant.

L'aube venait de se lever et les premiers rayons de soleil timides pointaient leur nez à travers les stores de l'appartement de Dean. Les deux frères s'étaient endormis sans trop s'en rendre compte. Ils avaient fermé les yeux, croyant ne le faire qu'une seconde pour les reposer et s'étaient tout simplement endormis. La tête de Dean s'était posée naturellement sur l'épaule de son frère, comme si c'était le meilleur oreiller qu'il eut trouvé tandis que celle de Sam s'était penchée en arrière, le long du dossier du canapé. A les voir dormant ainsi, on se rendait vraiment compte que ce ne pouvait être que deux frères qui s'aimaient mutuellement jusqu'au sacrifice. Mais ce sommeil, bien que profond et apparemment réparateur, était beaucoup trop profond pour leur fatigue et n'aurait jamais du, en temps normal, se prolonger jusqu'à si tard dans la matinée. Alors que leurs corps auraient voulu les réveiller, leurs esprits et une autre force à l'œuvre et présente en permanence autour d'eux, leur imposait de continuer à dormir, encore et encore…De plus, le fait d'être ensemble pour la première fois dans ce lieu étrange, renforçait leur tranquillité, leur sommeil et donc bien sûr le danger dont ils étaient inconscients.

Comme d'habitude, ce fut Sam qui se réveilla le premier vers 11h du matin. Ne s'étant pas réveillé brusquement, il constata que Dean dormait sur son épaule. N'osant pas le réveiller, il resta ainsi près d'une demi-heure, le regardant dormir avec apaisement et bonheur comme s'il n'avait aucun souci en tête et n'avait appris rien de choquant pendant la nuit. Il le regardait avec affection, heureux d'avoir un frère à qui il tenait tellement. Sam pensa avec tristesse à ce qu'avait dû subir son frère en enfer et l'idée même qu'il ait été là-bas pendant un laps de temps, même bref, le figeait d'horreur et de désespoir. Bien sûr, Dean était vivant depuis, Sam et Bobby avaient pu le ramener mais Sam savait bien qu'il avait dû se passer des choses absolument affreuses durant ces deux heures et il s'en voulait beaucoup de n'avoir pas pu le sauver à temps et que Dean ait eu à subir l'expérience de l'enfer.

Ce que Sam ne comprenait pas est qu'apparemment, Dean se souvienne parfaitement de son séjour en enfer alors que lui-même, lorsqu'il était mort, ne se souvenait absolument de rien ni même du lieu où son âme était allée. Peut-être était-ce dû au fait que Dean, ayant vendu son âme, devait se souvenir éternellement de cette expérience et qu'il ait été en enfer. Mais alors, où Sam était-il allé quand il était mort ? Etait-ce au paradis et était-ce pour cette raison qu'il ne se souvenait de rien ? Sam ne savait plus quoi en penser mais il se promit à lui-même que dès qu'ils réussiraient à rentrer chez eux, il demanderait à Dean de se confier à lui et insisterait jusqu'à temps qu'il le lui dise car ses absences l'inquiétaient à chaque fois et Sam ne voulait plus vivre dans le passé mais dans le présent et dans ce qu'il pourrait leur offrir.

Sans que Sam n'ait bougé, Dean se réveilla tout doucement et fut soudain très embarrassé de constater qu'il avait dormi sur l'épaule de son frère et que celui-ci semblait avoir attendu son réveil sans bouger. Fuyant le regard de son frère, Dean se leva, se racla la gorge et lui proposa du café.

Après s'en être servi une bonne tasse, Dean regarda son frère :

« Alors, que crois-tu qu'on doit faire ? Alerter Papa et Maman de ce qu'on vient de découvrir et ne plus avoir cette menace d'internement comme une épée d'Antillès au-dessus de ma tête ?

-Une épée de Damoclès, tu veux dire…

-Si tu veux, peu importe.

-Je ne pense pas. J'ai bien écrit qu'on ne pouvait prévenir absolument personne de notre découverte et qu'il nous fallait agir seuls, en toute discrétion. Nous ne devons pas perturber les plans de nos nous d'ici, ça les perturberait quand ils reviendraient à notre place.

-Ok, mais qu'allons-nous faire ? »

Ils furent interrompus par la sonnerie du téléphone de Sam. Tirant son portable de sa poche, il décrocha. C'était sa petite amie qui s'inquiétait qu'il ne soit pas rentré de la nuit et qu'il ne se manifeste pas. Sam essaya de la rassurer en lui promettant de passer peu de temps après et qu'il avait dû discuter toute la nuit avec son frère pour le raisonner. Enfin, il raccrocha.

« Je vais appeler Papa pour essayer de dissiper ses doutes, ok ?proposa Dean, suite à la conversation qu'il avait entendu.

-Tu as raison et j'allais te le proposer d'ailleurs. Papa voulait te parler aujourd'hui de toute façon.

-Allez, je prends mon courage à trois mains et j'y vais… »

Respirant à fond pour calmer son appréhension, Dean composa le numéro de ses parents. Au bout de quelques secondes d'attente, il eut John au téléphone :

« Salut, Papa !

-Dean ? Ca fait plaisir de t'entendre, fiston, ça fait un bail.

-Oui, je sais. Je t'appelle pour ça, d'ailleurs. Je veux m'excuser pour toutes ces excursions que j'ai faites et le souci que je t'ai donné à moi et Maman. Je me rends enfin compte de la réalité et qu'il faut que je profite à fond de la vie que j'ai et que je ne reste plus enterré dans le passé. Je te promets de changer dès maintenant, Papa et de me conduire comme le fils exemplaire que tu aimerais avoir depuis longtemps… Tu es là ?

-Oui…Si tu savais, Dean, répondit-il en hésitant, apparemment soulagé et ému, à quel point je peux être heureux que tu m'annonces ça. Je suppose que c'est Sammy qui t'a fait prendre conscience de tout ça ?

-Ben oui, on a discuté toute la nuit et j'ai fini par comprendre.

-Tu le remercieras de notre part, alors. Je te passe ta mère, elle a tout entendu…

-Euh non, ce n'est pas la…

-Bonjour, mon chéri, dit soudain Mary au téléphone.

-Bonjour, Maman, murmura Dean, soudain perturbé.

-Alors, tu es enfin revenu parmi nous ? Je suis si contente, mon chéri, si tu savais. On s'inquiétait tellement pour toi. Il faut que tu viennes aujourd'hui, je veux te voir et ton père aussi.

-Oui, peut-être ce soir, je verrai…

-D'accord, mon cœur, on t'attendra. Prends bien soin de toi. Je t'aime. »

Dean raccrocha et eut du mal à regarda Sam car ses yeux s'étaient embués de larmes. Parler à leur père était un grand effort qu'il avait accompli mais parler à sa mère l'avait bouleversé. Il aurait tant aimé que ses parents soient vraiment en vie et soient réellement si attachants qu'ils le paraissaient :

« Dean, tu sais bien qu'ils ne sont pas réels et puis, n'oublie pas qu'ils avaient en tête l'idée de te faire enfermer.

-Je sais, je sais, dit-il en se tournant pour s'essuyer rapidement les yeux. Bon, allons-y, on n'a plus beaucoup de temps jusqu'à ce soir, il est déjà 12h.

-Où veux-tu qu'on aille ?s'étonna Sam, surpris de cette décision.

-A l'entrepôt, Sam. On l'a examiné trop rapidement il y a deux jours et c'est le point d'origine, je suis sûr qu'on y trouvera quelque chose, un indice…

-Tu as raison, allons-y, approuva Sam, en prenant sa veste.

-Attends, avant d'y aller, on devrait prendre un alibi. Moi, je vais passer une petite heure au bureau de police pour faire croire que je vais aller enquêter sur le terrain sur de petits bandits et toi, rentre chez toi et fais croire à des démarches nécessaires pour tes cours.

-Tu as parfaitement raison, Dean. Tu sais que tu vas devenir un grand menteur à force ? Même si tu es déjà à un bon niveau.

-Merci, Sammy, sourit Dean. Attends seulement deux minutes que je prenne ça.»

Et après que Dean ait enfourné en une seule bouchée un sandwich de pain de mie sous le regard souriant de Sam, ils n'eurent qu'en tête de partir là où tout avait commencé.