Chapitre 2

Répartition.

Au nom de Drago Malefoy, Hermione avait blanchi et lorsque celui-ci avait commencé à parler elle avait cru s'évanouir.

- Que me vaut le plaisir d'être cité dans une conversation de stupides Gryffondors ? demanda-t-il sans faire attention à la jeune fille qui venait de s'éclipser du groupe.

- La ferme, Malefoy, répliqua Ron, ton haleine a fait fuir notre amie.

- Arrête de te prendre pour plus populaire que tu ne l'es, Weasley, répondit Drago sèchement, si cette fille est nouvelle et que tu as cru qu'elle était ton amie c'est simplement parce qu'elle n'avait personne d'autre. Tu verras que dans une semaine tu n'entendras plus parler d'elle.

Hermione avait entendu ce qu'il avait dit et se mit dans une colère noire. Comment osait-il insulter les seules personnes qui avaient bien voulu d'elle alors que lui l'avait jetée sans aucun remords. Malgré sa colère, elle continua à avancer, elle n'était pas prête à lui faire face, pas encore. Elle rentra dans le hall par une gigantesque porte et suivit le flux des élèves qui se dirigeait vers une autre porte. Elle s'assit un peu plus loin et attendit, elle vit passer Harry, Ron et Ginny puis quelques minutes après Malefoy, suivit de ses deux armoires ambulantes : Crabbe et Goyle, ainsi que Pansy qui gloussait quelques mètres derrière lui en lui lançant des coups d'oeil espérant certainement un regard de celui qu'elle désirait plus que tout. Hermione savait bien que ses désirs n'obtiendraient jamais aucune réponse, mais si ça faisait plaisir à cette pimbêche de se laisser traiter comme de la crotte pendant toute sa scolarité, ce n'était pas son problème. Quand les élèves qui n'étaient pas de première année furent tous entrés, les portes se fermèrent et Hermione vit la femme qu'elle avait vue plus tôt s'avancer avec à sa suite une trentaine d'élèves qu'Hermione supposa être les nouveaux au vu de la peur qui se lisait sur leur visage et de leur petite taille. Elle se prit à imaginer son fils dans onze ans à la place de ces élèves et sourit. Le professeur McGonagall entra dans la Grande Salle et les premières année la suivirent, certains en tremblant, d'autres en priant.

Trente minutes plus tard, les portes s'ouvrirent à nouveau et Hermione se leva, redoutant un peu les regards de tous les élèves et particulièrement d'un élève... Elle s'avança alors que tout le monde s'était tu. Elle entendit un bruit de verre qui se cassait. Tout le monde se tourna vers la table à sa gauche sauf elle. Elle savait qui avait été étonné de la voir au point de laisser tomber son verre ou quoi que ce soit d'autre et elle n'avait aucune envie de croiser un regard de haine, de dégoût ou pire encore. Or, si elle avait regardé vers la table des Serpentards, elle aurait vu un Drago Malefoy plus blanc que d'habitude, la bouche ouverte avec un regard, certes surpris mais absolument pas méchant, qui aurait plutôt voulu dire : qu'est-ce qu'elle fait là ? pourquoi n'est-elle pas venue me voir ? Les yeux de Malefoy étaient en effet un peu peinés mais il se reprit bien vite et remit son masque impassible qu'il n'avait enlevé qu'avec de rares personnes, et l'une d'entre elles se trouvait maintenant à Poudlard à quelques mètres de lui. Drago la regardait et se tourna vers Blaise Zabini à sa droite.

- Elle ira à Gryffondor, dit-il dans un souffle.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda le garçon. Laisse-moi espérer que les Serpentards aient au moins une jolie fille dans leurs rangs, dit-il en jetant un coup d'oeil dégoûté à Pansy qui avait toujours les yeux fixés sur Drago

- Cherche pas, Zabini, elle est Gryffondor, j'en suis certain.

- Et pourquoi tu dis ça ? Tu la connais ? Tu me la présentes ? demanda-t-il d'un ton qui laissait clairement deviner qu'il n'avait pas l'intention de seulement faire "copain-copain" avec elle.

- Jamais de la vie, répondit-il simplement en continuant de la fixer.

Blaise n'insista pas, pensant que peut-être il lui expliquerait bien qu'il sache que Drago ne se confiait jamais à personne.

Hermione continua à s'avancer vers un tabouret où était posé un chapeau qui avait une allure assez rébarbative. Sa tante lui avait parlé de ce chapeau, qu'elle disait s'appeler "Choixpeau", il fallait le mettre sur la tête et il lisait dans vos pensées et décidait de la maison dans laquelle vous entreriez. Elle le mit sur sa tête et entendit tout de suite une voix dans sa tête.

- Je vois que tu as beaucoup de rancoeur en toi, dit la voix, je vois aussi beaucoup d'amour pour une personne... non, deux personnes. L'une d'entre elles t'as trahie et tu ne t'en es pas encore remise, tu as envie de te venger mais tu sais que tu n'en seras pas capable.

Le chapeau fit une pause durant laquelle Hermione tourna la tête vers la table des Gryffondors.

- Oui, tu t'es prise d'amitié pour ces gens, reprit la voix, mais tu ignores s'ils t'accepteront quand ils sauront toute la vérité, n'est-ce pas ?

C'était la première fois qu'il lui posait une question et elle ignorait si elle devait répondre dans sa tête ou si elle devait parler à haute voix. Elle décida que parler intérieurement serait plus prudent. Elle n'avait pas envie qu'on la prenne pour une folle bien qu'elle ne serait pas la première à répondre à ce bout de tissu ensorcelé.

- Oui, c'est exact, répondit-elle.

- Je vois aussi beaucoup, même énormément de compétences, et une envie d'apprendre qui semble sans limites. Malgré tout, mon instinct de Choixpeau me dit que Serdaigle ne te conviendrait pas mais que tu serais bien mieux à... GRYFFONDOR !

Hermione se leva, ôta le Choixpeau de sa tête en lui chuchotant un merci et se dirigea vers la table d'où s'élevaient des cris de joie et des applaudissements en masse. Cette année ne serait peut-être pas si terrible après tout, se dit-elle en s'asseyant à côté de Ron et en face de Harry et Ginny qui lui lancèrent un sourire en guise de bienvenue.