Chapitre 4
Souvenirs
Hermione hésitait entre s'enfuir en courant et attendre pour voir ce qu'il allait faire sans savoir que, de son côté, Drago était en proie au même dilemme. Ils se regardaient dans les yeux, ne pouvant détacher leurs regards l'un de l'autre. Hermione était partagée entre l'amour et la haine et lorsqu'elle le vit descendre les yeux vers cet enfant, fruit de leur amour et déclencheur de leur séparation, la colère l'emporta, elle s'avança vers lui, le gifla et se retourna afin de remonter vers sa salle commune. Drago resta là à la regarder monter sans bouger, une main sur la joue qu'elle avait violemment giflée. Il comprenait sa colère et savait que ce serait dur de la faire céder mais il avait vu son regard au début, celui qu'elle ne réservait qu'à lui du temps où ils étaient ensemble et grâce à ça, il était presque sûr qu'il y avait certainement une part d'elle qui l'aimait encore. Il retourna à sa salle commune, se promettant de lui expliquer pourquoi il avait dû se séparer d'elle aussi violemment.
Hermione, quant à elle était remontée dans sa chambre, avait déposé son fils dans son berceau et s'était écroulée sur son lit, pleurant toutes les larmes de son corps. Elle s'était pourtant promis de ne plus pleurer à cause de lui, il fallait qu'elle soit forte pour son fils et surtout pour elle, pour pouvoir l'oublier... Malheureusement, si une soirée comme celle-là se reproduisait, elle ne donnait pas cher de ses bonnes résolutions, surtout en le voyant tous les jours en cours ou dans la Grande Salle, ou même dans les couloirs. Pourtant, le regard de Drago en disait toujours plus que ses actes. Il l'avait peut-être laissée tomber quand il avait appris pour sa grossesse en lui disant de ne plus jamais essayer de le voir ou de lui parler mais ce soir, ses yeux d'une couleur indéfinissable dans lesquels elle s'était plongée si souvent, avaient clairement dit : "Reviens !". Elle se souvenait encore de ce jour où sa vie avait pris un tournant qu'elle n'avait pas prévu.
Flash-back :
Hermione était dans sa chambre dans la maison de ses parents en France. On était en avril, et aujourd'hui elle était très nerveuse. En effet, elle allait annoncer à Drago sa future paternité. Elle l'avait appris deux mois auparavant mais, ne voulant pas lui dire par lettre, avait décidé d'attendre les prochaines vacances où ils pourraient se voir. Drago habitait en Angleterre. Ils s'étaient rencontrés à une fête organisée par les élèves de Beauxbâtons au début des vacances de Noël. Ils avaient eu ce qu'on pourrait appeler un coup de foudre et avaient passé toute la soirée ensemble. Dès la fin de cette fête, ils avaient eu leur premier baiser. Drago était venu en France avec des amis qui lui avaient raconté sa réputation auprès des jeunes filles. En sachant ça, Hermione l'avait tout de même cru lorsqu'il avait dit qu'il lui écrirait. C'est pourquoi, la veille de son départ, ils avaient couché ensemble, concevant, sans le vouloir, Nicolas.
Drago n'avait pas menti. Il avait écrit presque tous les jours jusqu'aux vacances de Février où il était revenu en France pour passer les deux semaines avec elle. Deux semaines merveilleuses où ils n'étaient jamais l'un sans l'autre. Une semaine après son départ, Hermione se rendit compte qu'elle avait un retard inhabituel. Ayant toujours eu des problèmes, elle ne s'en était pas inquiété plus tôt mais avait tout de même décidé de faire un test qui s'avéra positif. Partagée entre le désir d'avoir quelque chose de l'homme qu'elle aimait le plus au monde et la peur qu'elle ressentait dûe à sa jeunesse, elle décida d'attendre d'en parler à Drago pour savoir quoi faire.
Elle revit Drago en Avril. Cette fois, ce fut elle qui alla passer les vacances chez lui. Il vivait dans un grand manoir avec un jardin gigantesque. Le jour de son arrivée, elle rencontra les parents de Drago. Sa mère, Narcissa, lui fit bonne impression. Elle était souriante et accueillante. En revanche, son père était froid, distant et avait l'air de la détester sans même la connaître. Drago l'emmena dans sa chambre et commença à l'embrasser, puis il se sépara d'elle et la regarda.
- J'aurais quelque chose à te dire, Amour, dit-il sans lâcher son corps des yeux.
- Ça tombe bien, moi aussi, répondit-elle, anxieuse. Mais vas-y, commence.
- Tu promets de ne pas te fâcher ? demanda-t-il avec un sourire charmeur.
- Oui, ne t'inquiète pas.
- Tu as pris quelques kilos. Mais, c'est un mal pour un bien, dit-il en fixant sa poitrine et en s'approchant de manière féline.
- Attends, Drago, dit-elle en le repoussant doucement. C'est justement de ça que je voulais te parler...
- Mais ça ne me gêne pas, c'est pas grave que tu te gaves de glace car je suis loin de toi, dit-il avec un air espiègle.
- Non, c'est pas ça, seulement... voilà... je mange pour deux..., dit-elle craignant sa réaction.
Il y eut un petit silence durant lequel Drago ne bougea pas et ne cessa pas de la regarder avec un air impassible sur le visage.
- Je ne comprends pas ce que tu veux dire, finit-il par dire.
- Enfin, Drago, qu'est-ce que tu ne comprends pas ?
- Mais... Comment... ? balbutia-t-il.
- T'as besoin d'un dessin ? demanda-t-elle de manière sarcastique.
Il lâcha sa main et se dirigea vers la porte. Il s'arrêta et lui dit sans se retourner : "J'ai besoin de réfléchir." Puis il sortit. Hermione était en proie à un grand stress. Comment allait-il réagir ? Qu'allait-il dire ? Faire ?
Il revint une heure après. Elle s'était levée rapidement en entendant la porte s'ouvrir. Il la regarda et son regard se transforma en un regard plein de dégoût et Hermione sut. Elle serait seule ou du moins, cet enfant n'aurait pas son vrai père à ses côtés. Elle attendit tout de même qu'il dise quelque chose.
- Va-t-en, dit-il simplement.
- Mais, Drago...
- Je t'ai dit de t'en aller. Comment as-tu pu penser que je m'attacherais à toi au point de faire un enfant avec toi ? Et puis qui me dit que c'est le mien, c'est vrai, vu le peu de temps qu'on a passé ensemble ça pourrait très bien être celui d'un de tes clients !
- Comment oses-tu imaginer que j'ai couché avec d'autres que toi ? Et surtout comment oses-tu insinuer que je puisse faire ce que tu dis ? dit-elle, la colère perçant clairement dans sa voix.
- J'ai bien couché avec d'autres, moi. Si tu crois que j'allais me priver pendant deux mois où tu n'étais pas là pour me satisfaire, tu te mets le doigt dans l'oeil, dit-il avec un sourire méchant. Maintenant, je t'ai demandé de t'en aller alors tu pars et ne reviens pas me bassiner avec tes histoires d'enfant, j'en veux pas, t'as compris ?
- J'ai très bien compris, dit-elle en prenant ses affaires. Une dernière chose, Drago Malefoy, tu n'es qu'un salaud et très franchement tu es le pire coup que j'ai jamais eu, alors évite de te vanter devant les filles avec qui tu as couché parce qu'elles doivent bien se marrer en entendant des conneries pareilles. Au revoir, Drago.
Bien sûr, elle ne pensait pas ce qu'elle avait dit, il était génial et pas seulement au lit. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi mais même après cette trahison, elle l'aimait encore. Elle se força à ne pas pleurer dans l'enceinte de sa maison et elle avait bien fait car elle avait croisé le père de Drago juste avant de sortir et elle se voyait mal afficher sa faiblesse devant cet homme hautain et froid. Il se tenait tout prêt de la porte d'entrée, lui offrant un sourire, tout ce qu'il y a de plus faux. Il avait ouvert la porte pour la laisser passer, comme s'il savait qu'elle allait partir, et l'avait refermée juste derrière elle dans un craquement de bois sonore.
Fin du flash-back.
En y repensant, Hermione se demanda comment il avait pu savoir qu'elle quitterait cette maison bien plus tôt que prévu. Peut-être était-il la raison du brusque changement de Drago à son égard. Elle avait toujours eu connaissance des croyances pro-Voldemort de son Mangemort de père mais il lui avait toujours assuré qu'il trouvait tout ça stupide, mais peut-être que le regard qu'il lui avait lancé voulait dire que maintenant, il était libre. Son père en prison, il pouvait très bien revenir vers elle, enfant de Moldu. Si bien sûr c'était son père qui l'avait incité à la quitter si méchamment. Elle décida d'en parler avec lui quand elle rencontrerait seul à seul. "Espérons qu'il ne m'en voudra pas trop pour la gifle, mais ça m'a fait un bien fou" pensa-t-elle alors qu'un petit sourire se formait sur ses lèvres. "Demain, nous verrons".
