Chapitre 6
Explications, révélations, oui, mais pardon ?
Après le cour de potions qui durait trois heures, Hermione sortit rapidement du cachot, souhaitant échapper au regard agréable mais pesant de son ancien amant. Elle se dirigea plus tranquillement vers la salle commune des Gryffondors car étant libre jusqu'à la reprise des cours après le déjeuner, elle voulait passer voir son fils puis aller à la bibliothèque pendant les deux heures précédant le repas. Harry et Ron étaient partis faire une ballade dans le parc. Ils n'avaient pas l'air de se sentir à l'aise dans le rôle de mère d'Hermione et évitaient de se retrouver trop souvent avec elle et son bébé sans Ginny.
Elle arriva dans sa chambre alors que Misty s'apprêtait à lui donner un des biberons qu'elle avait préparé.
- Laisse, Misty, puisque je suis là, je vais m'en occuper, dit-elle en s'avançant pour prendre Nicolas.
- Bien, Miss. Voulez-vous que Misty revienne plus tard ? demanda l'elfe.
- Non, reste, ça ne sera pas long, répondit-elle en s'installant sur son lit avec le bébé, je te le rends après, je dois aller à la bibliothèque.
Misty resta sans bouger pendant qu'Hermione allaitait Nicolas. Au bout d'un quart d'heure, Hermione se leva, mit son bébé dans les bras de l'elfe et sortit.
Elle était dans le couloir de la bibliothèque. Elle regardait les tableaux autour d'elle et ne vit donc pas une porte s'ouvrir sur sa droite et une main attraper son poignet et l'entraîner dans la pièce. La jumelle de cette main trouva sa place sur sa bouche pour qu'elle ne crie pas de surprise.
- Ne crie pas, ce n'est que moi, dit une voix qu'elle ne connaissait que trop bien.
Il la lâcha alors et elle examina la pièce, ne souhaitant pas le regarder tout de suite. C'était une salle de classe qui semblait abandonnée depuis quelques temps. Il faisait noir mais quelque rais de lumières réussissaient à percer à travers les fenêtres encrassées. Au bout de quelques minutes, elle posa son regard sur l'homme à qui appartenait la voix : Drago Malefoy. (Que la personne qui n'avait pas deviné se cache de honte, lol) Il la regardait avec le même regard qu'en cours de potion, celui qui la stressait mais la ravissait en même temps. Elle se força à ne pas lui sauter dessus. Qui pouvait lui résister avec ce regard là ? Certainement pas elle ! Pourtant, elle résista et à sa plus grande surprise elle réussit même à lui rendre un regard froid et légérement méchant.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle avec une impassibilité qui l'étonnait elle-même.
- Juste parler, répondit-il calmement sans aucune animosité dans la voix.
- Parler de quoi ? demanda-t-elle agressivement. De la façon dont tu m'as lâchement jetée ? Du pire été de ma vie ? De ce que j'ai ressenti quand tu m'as clairement traitée de...
- Je veux qu'on s'explique... ou plutôt que je m'explique, ajouta-t-il en voyant son expression outrée. On s'est aimés comme des fous pendant quelques mois, on peut bien avoir une conversation civilisée aujourd'hui, non ?
L'évocation de leur ancienne relation fit remonter les souvenirs joyeux, les douloureux mais surtout les larmes. Elle bénissait Drago de l'avoir entraînée dans une salle si sombre, bien qu'elle réussissait à refouler ses larmes, elle ne voulait pas qu'il voit ses yeux humides.
- On s'est vraiment aimés comme des fous ? demanda-t-elle sarcastiquement. Quand on aime comme un fou, on ne couche pas avec quelqu'un d'autre. Ou alors je suis vieux jeu et la mode c'est de coucher à droite à gauche pour prouver son amour.
Il resta silencieux, conscient que lui faire avaler que tout ce qu'il avait dit était exprès pour lui faire du mal afin qu'elle ne veuille plus jamais le revoir serait très difficile, son caractère n'arrangeant rien.
- Alors ? Tu ne réponds pas ? Pourquoi ? Ne me dit pas que tu as honte, toi le grand Drago Malefoy, tombeur de ces dames ! s'exclama-t-elle d'une voix où la colère commençait à percer.
- Je ne voulais pas...
- Tu ne voulais pas quoi ? Coucher avec ces filles ? Me faire du mal ? N'être qu'un cafard répugnant ? dit-elle totalement énervée à présent.
Il lui lança un regard étonné.
- Ne prend pas cet air étonné, j'ai le droit de t'insulter même si mes insultes sont... ridicules, admit-elle en perdant un peu de sa colère face à son impassiblité.
Il n'avait pas dit une phrase entière depuis déjà quelques minutes et ne semblait pas en avoir l'envie. Mais elle, elle voulait qu'il parle, elle le préférait énervé et susceptible car c'est comme ça qu'elle le connaissait et elle ne voulait pas l'admettre mais s'avouer qu'il avait autant changé sans qu'elle le sache lui brisait le coeur car ça voulait dire qu'il avait vécu sans elle et elle ne le supportait pas.
- Dis quelque chose, dit-elle complètement calme. Explique-toi. C'est bien ce que tu voulais faire, non ?
- Ce jour-là... je ne voulais pas que tu partes, dit-il en fixant son regard malgré la faible luminosité.
Flash-back :
Drago venait de sortir de sa chambre où Hermione venait de lui annoncer que dans quelques mois il allait être père. Il se décida à aller marcher dans le parc afin de se mettre les idées au clair.
Trois quarts d'heure plus tard, il avait décidé de tenter le tout pour le tout et d'accompagner Hermione dans sa grossesse et dans l'éducation de leur enfant. "Leur enfant"... Cela lui avait paru bizarre au début de dire ça et puis il s'était finalement dit que c'était une idée, certes effrayante mais aussi très attrayante. C'est vai, il l'aimait comme il n'avait jamais aimé personne auparavant alors pourquoi est-ce qu'il devrait laisser tomber la personne la plus importante de sa vie à cause de quelque chose d'encore plus beau : un enfant ? Non, il était décidé, il allait être papa et un bon ! Pas un comme... comme... son père, par exemple. Cet homme était l'exemple à suivre si on voulait être un père cruel n'accordant aucune marque de gentillesse et d'amour à son enfant. Il redoutait d'avoir été trop bien conditionné depuis son enfance et qu'en conséquence, il devienne une sorte de robot suivant les ordres d'un sale chauve complètement taré et de vouloir former son enfant à être un pantin. Mais il savait au fond de lui que Hermione l'avait changé. Bien sûr, il n'avait rien laissé paraître à son "cher" père mais le simple fait de l'aimer était déjà un changement.
Il poussa la lourde porte de bois qui fermait l'accès à l'intérieur du manoir et entra. Son père était devant lui, l'attendant apparemment pour lui parler.
- Père ? demanda-t-il avec un respect feint dans la voix.
- Alors comme ça la Sang-de-Bourbe est enceinte de toi ? dit-il d'un ton froid.
A ces mots, Drago blanchit instantanément. Il avait désormais de sérieux doutes quand à son implication dans la vie de l'enfant si son père en avait eu connaissance.
- Co... comment savez-vous cela ? demanda Drago, l'air perdu.
- Regarde-toi ! répondit son père méchamment. Que tu te sois entiché d'une Sang-de-Bourbe passe encore, après tout si c'est seulement pour assouvir tes pulsions, je peux comprendre... je dois d'ailleurs avouer que tu as bon goût... mais qu'elle tombe enceinte de toi est inadmissible. Personne ne doit savoir de qui est l'enfant, c'est compris ? Fais en sorte qu'elle te déteste et qu'elle ne veuille plus te voir. Je pense que ce sera une tâche facile, elle a l'air d'être d'une fierté égale à celle des Sang-Purs. La moindre petite insulte venant de toi la mettra hors d'elle, les hormones jouant, elle sera partie en deux temps, trois mouvements, dit-il avec un sourire sadique. Tu es différent depuis que tu la fréquentes et je ne veux plus de ça, fils, est-ce que c'est bien clair ?
- Oui, père, dit-il, impassible alors que l'envie de le tirer par les cheveux à travers tout le Chemin de Traverse se faisait ressentir.
- J'aurais bien réglé les choses moi-même et d'une manière plus... radicale, mais le Maître veut qu'on se fasse discret pour le moment. Donc plus rien de radical jusqu'à nouvel ordre. Je compte sur toi pour accomplir cette tâche aussi bien que je l'aurais fait, dit-il en partant.
Drago monta donc dans la chambre en réfléchissant à quoi dire pour blesser Hermione afin qu'elle ne revienne pas le relancer plus tard en donnant ainsi la possiblité à son père de la tuer elle et son enfant.
Il ouvrit la porte et essaya de transformer son regard triste en quelque chose de méchant et ce n'est qu'en pensant à son père qu'il réussit à mettre un masque de dégoût sur son visage que Hermione crut lui être destiné à elle. S'en suivit un dispute dont chaque mot qu'ils avaient prononcé déchiraient un peu plus son coeur déjà meurtri de devoir abandonner la femme qu'il aimait et son enfant qu'il ne connaîtrait jamais.
Fin du flash-back.
Hermione était restée silencieuse pendant toute la durée du récit de Drago et maintenant qu'il avait fini elle ne savait pas quoi faire. Il avait baissé les yeux et n'osait apparemment plus la regarder, ayant peur de sa réaction. Au cours de ce récit, il lui avait clairement dit qu'il l'aimait plus que tout et que cet amour, qu'il croyait mort, s'était réveillé lorsqu'il l'avait vue traverser la Grande Salle.
Alors qu'elle s'apprêtait à le pardonner, elle se souvint de quelque chose qu'il avait dit : son père lui avait dit que seuls quelques mots suffiraient à la faire s'en aller, hors il avait argumenté, parlant de frasques sexuelles et allant même jusqu'à la traiter de trainée. Elle était bien consciente qu'il avait dit ça pour la protéger mais elle n'arrivait pas à lui pardonner des mots si durs. Il l'avait profondément blessée et il fallait qu'elle passe au-dessus de tout cela et pour ça elle avait besoin de temps.
Elle se leva du pupitre où elle s'était installée faisant lever la tête à Drago. Elle se retourna et commença à avancer vers la sortie. Elle s'arrêta et dit :
- J'ai besoin de réfléchir.
Elle avait employé exactement les mêmes mots que quand il était sorti de la chambre après qu'elle lui ait annoncé sa grossesse de façon à ce qu'il se rende compte qu'elle était terriblement blessée et qu'elle se souvenait de tout.
- Laisse-moi du temps, dit-elle en sortant.
Elle claqua la porte derrière elle, laissant, dans la salle, un Drago effondré.
