Chapitre 7

Deuxième premier pas.

Après que Hermione soit allé à la bibliothèque où elle n'avait d'ailleurs pas pu travailler, réfléchissant sans arrêt à la conversation qu'elle avait eu un peu plus tôt avec Drago. Bien sûr, elle se doutait que son père avait eu une quelconque incidence sur sa réaction par rapport à sa grossesse, mais elle trouvait cette explication trop facile. Au déjeuner, elle demeura silencieuse, réfléchissant encore et toujours. Cette attitude inquièta quelque peu Harry, Ron et Ginny qui n'avait pas eu connaissance des dernières nouvelles. Hermione se promit de lui en faire part le soir-même. Quelques minutes après être entrée dans la Grande Salle, elle vit Drago entrer. Il avait vraiment mauvaise mine et s'était mis en retrait, signe que personne ne devait venir lui parler, à moins d'avoir des envies suicidaires inavouées. Elle eut un pincement au coeur en le voyant ainsi mais le seul souvenir du regard qu'il lui avait lancé il y a quelques mois suffit à lui faire oublier sa culpabilité. Après le repas, elle se dirigea tranquillement vers ses cours de l'après-midi accompagnée de Ron et de Harry.

Le soir venu, après le dîner, elle monta dans sa salle commune, s'assit près du feu avec Ginny et lui raconta les événements de ce matin.

- Pourquoi ne lui pardonnes-tu pas ? Tu avais des doutes, tu me l'as dit, sur son père, lui dit Ginny.

- Je sais bien, mais j'ai du mal à le pardonner, pourtant je l'aime encore, peut-être même plus qu'avant... mais j'ai un fils maintenant et...

- ... et il a besoin d'un père, l'interrompit Ginny.

- Oui, bien sûr, mais je ne veux pas qu'il souffre ce que j'ai souffert si Drago nous refais le même coup. Il l'a fait une fois, je ne peux pas me jeter dans ses bras tout de suite, je n'ai pas assez confiance, et puis... je dois avouer que... j'ai ma fierté, dit-elle rougissante.

- Ta fierté ? dit Ginny, estomaquée. Tu devrais mettre ta fierté au placard, Hermione, pour ton fils au moins. C'est d'un père qu'il a besoin pas d'une mère fière. De plus, son père est bien assez fier pour deux et même plus. Tu sais que tu as besoin de lui, tu sais que Nicolas a besoin de lui, tu n'es pas d'accord ?

- Si, mais est-ce que si son père sort de prison un jour et lui demande de laisser tomber sa famille il ne le refera pas ? demanda-t-elle en se levant et en faisant de larges gestes. Qu'est-ce qui me l'assure ? Je t'assure, Ginny, dit-elle en se rasseyant près de son amie, j'essaye d'avoir de nouveau confiance lui mais, être trahie à ce point, ça m'a brisée. Heureusement que Nicolas était là parce que mes parents morts et Drago qui m'avait laissée tomber je n'avais plus que mon gros ventre, qui contenait tout ce que j'aimais sur terre, à quoi me raccrocher.

- Qu'est-ce que tu vas faire alors ? demanda doucement Ginny.

- Je ne sais pas. Pour l'instant, je vais le faire attendre et ce le plus longtemps que je puisse tenir loin de lui en le voyant tous les jours. Je veux qu'il paye un minimum la souffrance que j'ai ressenti. Ce n'est que justice après tout. C'est vrai, j'ai tout de même souffert quatorze longues heures pour mettre au monde un enfant de lui dont il ne voulait même pas, dit-elle sur le ton de la plaisanterie.

Peu après, elle entra dans sa chambre, embrassa Nicolas et alla se coucher.

Quatre mois plus tard, un samedi matin, Poudlard était en pleine effervescence. En effet, Noël approchait et surtout le bal, annoncé la veille au dîner et qui se déroulerait une semaine plus tard.

Ce matin-là, un jeune garçon se trouvait dans sa chambre, située au fin fond des cachots, allongé sur son lit, les bras replié derrière la tête. Il réfléchissait au moyen d'inviter sa cavalière du moins celle qu'il espèrait être sa cavalière. Il ne lui avait plus parlé depuis quelques mois maintenant et déperissait, malgré tout il comprenait bien qu'elle veuille le faire attendre mais quatre longs mois ! Quatre mois qui avaient d'ailleurs été un supplice... la voyant tous les jours dans les couloirs, dans la Grande Salle, entre les cours, à la bibliothèque, dans le parc et surtout dans ses pensées.

Il avait décidé de l'inviter au bal car peut-être s'était-elle dit qu'après plusieurs mois il avait abandonné et s'était trouvé quelqu'un d'autre à aimer. Comment ne pouvait-elle pas se rendre compte que personne d'autre ne pourrait la remplacer, que personne d'autre ne serait aussi parfaite qu'elle, aussi... elle tout simplement. Il la voulait, elle et personne d'autre. Enfin, il voulait aussi connaître son fils et avoir la chance d'être père. C'est pour toutes ces raisons qu'il avait décidé d'aller lui parler aujourd'hui même dès qu'il la verrait. Qu'elle soit avec quelqu'un l'importait peu, tout comme le fait qu'elle ait déjà été invitée par un aute garçon, il ferait tout pour l'avoir, même se mettre à genoux devant elle dans la Grande Salle s'il le fallait. Il pourrait avouer qui était le père de Nicolas car même si tout Poudlard connaissait l'existence du bébé d'Hermione, personne ne savait qui était son père et personne ne lui avait jamais demandé, à part les Serpentards qui ne se privaient pas pour lui faire des répliques acerbes dès qu'elle sortait son fils de sa chambre pour lui faire prendre l'air. Il avait d'ailleurs longuement observé son enfant depuis une fenêtre quand elle le sortait dans le parc, certes il ne le voyait pas très bien mais il l'imaginait très beau, à l'image de sa maman.

Le jeune homme se leva, passa une chemise et sortit de la salle commune des Serpentards pour aller prendre son petit-déjeuner.

Le même matin, une jeune fille se réveillait doucement. Elle alla voir son bébé avant de prendre sa douche et de s'habiller. Elle avait donné une journée de repos à Misty ayant décidé de s'occuper un peu de son fils. Elle prit donc Nicolas dans ses bras après l'avoir nourri et l'emmena avec elle dans la Grande Salle. Elle avait pris l'habitude de le prendre souvent avec elle, beaucoup d'élèves en était d'ailleurs ravis, certains restaient même "gagas" devant lui et au final elle ne l'avait que très peu dans les bras mais elle aimait voir son fils autant sollicité. Il était déjà un Don Juan alors qu'il ne savait même pas dire un mot ! "A l'image de son père", pensa-t-elle. Elle descendit les escaliers et arriva dans la Grande Salle déjà animée à une heure si matinale pour un samedi. Elle s'installa à sa place habituelle face aux deux amoureux qui étaient dans leur phase "on se lâche plus d'une semelle et surtout on essaye de battre un record d'apné". Les laissant roucouler en paix, elle se tourna vers Ron et lui dit un "Bonjour !" joyeux auquel il répondit un vague "salut...". Hermione ne s'en formalisa pas, ayant appris à connaître l'humeur du matin de Ron : très, très mauvaise. Elle posa le berceau de Nicolas à côté d'elle répondant au sourire que venait de lui lancer son fils et commença à beurrer une de ses tartines.

Drago était à l'entrée de la Grande Salle. Maintenant qu'il se trouvait là, Hermione devant lui, son courage commença à partir en courant. Si elle disait non, il serait non seulement anéanti mais, en plus, la plupart des élèves présents se feraient une joie de remuer le couteau dans la plaie. Finalement, il se décida, c'était sa dernière année à passer à Poudlard et donc son dernier bal de Noël, une fête qui avait désormais une signification pour eux deux car c'était à cette occasion qu'ils s'étaient rencontrés. Il la regarda une dernière fois, elle était si belle, son coeur fondit quand il la vit faire un sourire à leur enfant. "Leur enfant", l'enjeu était double, s'il la perdait, il perdait aussi son bébé et rien que l'idée lui était insupportable. Il prit son courage à deux mains et entra dans la Grande Salle, mais au lieu de se diriger vers la table des Serpentards il alla vers celle des Gryffondors. Un silence commença à s'installer, silence qui fut complet lorsqu'il s'arrêta derrière Hermione dont le doigt était entouré par une petite main potelée qui ne voulait pas le lâcher. Tout d'un coup, Hermione se rendit compte du silence soudain et son sang se figea quand elle entendit une voix derrière elle :

- Hermione...