Chapitre 9

Début de rapprochement.

BOUM ! Ronald Weasley venait de s'écraser lamentablement au sol emportant avec lui son assiette et en se cognant violemment la tête au banc. Les élèves détournèrent leur attention de Hermione et Drago pour la porter sur Harry et Ginny qui essayaient de ranimer Ron qui était tombé dans les pommes.

Hermione, qui était trop paniquée et en colère pour se rendre compte de ce qui venait de se passer, regardait Drago d'une manière qui ne laissait rien présager de bon. Comment osait-il affirmer cela alors qu'il ne voulait pas de lui il y a quelques mois ?

- Alors, maintenant c'est ton fils et non plus celui de mes "clients" ? demanda-t-elle d'un ton ironique et énervé.

Elle avait dit cette phrase assez fort pour que l'attention des élèves reviennent sur eux.

- Je t'ai déjà dit que j'étais désolé et que j'étais obligé.

- Oui peut-être mais rends-toi compte que c'est plus difficile de dire que tu es désolé que d'oublier.

- Crois-moi, je n'ai pas oublié non plus et j'ai très mal aussi en repensant à tout ça mais le fait est que tu m'as assez puni comme ça. De plus, tu punis aussi notre fils, il a besoin d'un père je te rappelle !

- C'est vrai mais pour l'instant il s'en sort très bien sans, alors je te remercie mais il n'a pas besoin de ta compagnie. Tu ne lui servirais à rien. Les seules choses qu'il fait sont manger, dormir, salir sa couche et gazouiller, et je dois dire que je m'en sors très bien.

- Tu le laisse bien à un elfe de maison pendant les cours, une soirée de plus ou de moins ou est la différence ? Tu ne crois pas qu'il serait d'accord avec moi ? Il voudrais sûrement que ses deux parents s'entendent bien. Alors, je t'en prie passe la soirée avec moi, samedi ou un autre jour, je m'en fiche. Je veux juste passer du temps avec toi pour que tu puisses me pardonner.

Des larmes coulaient sur les joues d'Hermione. Comment dire non, lorsqu'il invoquait son fils comme excuse pour se réconcilier ?

- Très bien, j'irais avec toi au bal., dit-elle avant de se retourner et de partir.

Une semaine plus tard, Hermione était dans sa chambre avec Ginny. Elles se préparaient pour le bal qui devait avoir lieu dans cinq heures. Harry et Ron avaient été abasourdis quand ils les avait entendues dire qu'elles allaient se préparer maintenant mais n'avaient rien dit.

La semaine d'Hermione avait été éprouvante, les élèves ayant été très étonnés de la révélation qui leur avait été faite. Néanmoins, une chose s'était produite qu'elle n'arrivait pas à oublier et surtout qui la rendait d'une humeur très joyeuse.

Flash-back :

Hemione marchait dans un couloir juste avant le couvre-feu. Elle retournait à sa salle commune ayant été travailler à la bibliothèque quelques heures. En chemin, elle croisa un groupe de Serpentards avec à leur tête la poule qui n'était jamais loin de Drago : Pansy Parkinson. Elle se trouvait avec deux autres filles et trois garçons. Elle reconnut parmi eux Blaise Zabini, Vincent Crabbe, Grégory Goyle et Millicent Bullstrode.

- Alors, Sang-de-Bourbe, on utilise le sortilège de l'Imperium sur Malefoy maintenant ? C'est pas très Gryffondor tout ça, dit Pansy d'un ton ironique.

Hermione essaya de les dépasser en allant sur le côté mais les deux armoires s'y opposèrent. Elle commença à paniquer.

- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Hermione calmement avec, néanmoins, une pointe de lassitude dans la voix.

- Pourquoi ? Tu veux déjà nous quitter ? demanda Zabini en s'approchant d'elle doucement.

Hermione recula instinctivement. Malheureusement, Poudlard est constitué de mur et l'un d'eux la freina, faisant d'elle une proie facile pour Zabini-le-rapace.

- Et bien, quoi ? Tu as peur ? demanda Zabini a seulement quelques centimètres d'elle.

Elle pouvait sentir la chaleur de son corps et son parfum la dégoûtait. "Heureusement qu'il est riche car il doit mettre la bouteille entière tous les matins", se dit-elle.

- Malefoy a bien eu la chance de te toucher, pourquoi ne laisserais-tu pas la même possibilité aux autres ? demanda-t-il d'un ton doucereux.

Derrière lui, Hermione voyait le petit groupe rigoler alors qu'il avait mis sa main sur sa cuisse. Elle avait envie de lui rétorquer que Drago avait pu l'avoir car il avait des attributs plus impressionnants qu'un enfant d'un an, mais elle se retint de justesse. Pas la peine de lui donner encore plus l'envie de montrer que "l'enfant d'un an" était aussi bien bâti que Drago.

Il continuait de plus en plus à monter sa main sous sa jupe jusqu'à ce qu'elle lui crache au visage. Il ôta lentement sa main de sa cuisse, les rires derrière s'étaient tus. Il ramena sa main à son visage afin d'enlever le crachat d'Hermione. Cela fait, il la regarda avec une lueur démente dans les yeux.

- Tu vas voir, sale Sang-de-Bourbe, dit-il d'un ton glacial tout en levant sa main sur elle afin de la frapper.

Hermione ferma les yeux, attendant le coup... qui ne vint pas. Elle ouvrit prudemment un oeil puis l'autre afin de voir Drago donner un dernier coup de pied dans l'estomac de Zabini qu'il avait précédemment mis à terre.

- Et maintenant, tirez-vous, bande de débiles, dit Drago agressivement.

Les Serpentards commencèrent à partir, mais Drago les retint.

- Emmenez cet abruti avec vous, son existence me rend malade.

Crabbe et Goyle s'avancèrent prudemment. Ils étaient peut-être stupides mais ils connaissaient Drago et lorsqu'il se mettait à frapper de cette façon-là c'est qu'il ne valait mieux pas l'énerver qu'on soit taillé dans une armoire ou non.

Zabini emmené et les Serpentards partis, Hermione et Drago se retrouvèrent seuls.

- Merci, Drago, dit Hermione simplement toujours accôtée au mur.

- Ce n'est rien. Je n'allais tout de même pas les laisser faire du mal à la mère de mon enfant... et à celle que j'aime, rajouta-t-il en chuchotant et en s'approchant doucement d'elle.

Depuis samedi, c'est-à-dire deux jours, il ne se cachait plus du tout, la regardant ouvertement en cours, dans la Grande Salle et lui adressant des sourires dès qu'il la croisait.

Hermione se rendit soudain compte de la situation : elle et Drago dans un couloir plus que sombre, elle contre un mur, lui très proche d'elle. Elle le savait : la situation allait dégénnérer si elle ne faisait rien. Elle lui adressa donc un petit sourire et se retira, marchant vers les escaliers afin de remonter à sa salle commune.

- Hermione, attends, je te raccompagne, dit-il en courant derrière elle.

"Décidément, il ne fait que courir après moi", se dit-elle en se rappelant les événements de la Grande Salle.

- Non, laisse, ça ira.

- Je préfère, après tout ça a failli être dangereux pour toi tout à l'heure, dit-il en la regardant d'un air inquiet.

- Ne t'inquiète pas, ils ne m'ont rien fait du tout.

- Oui, mais ils auraient pu et...

- Mais tu étais là, l'interrompit Hermione.

- Oui, heureusement.

Un silence s'installa alors qu'ils continuaient à monter vers le 5è étage.

- On se rejoint à quelle heure, samedi ? reprit Drago.

- A 8h devant la Grande Salle ?

- D'accord. J'attends cette soirée avec impatience.

Hermione frissona. Il avait dit ça de la même façon que quand il lui parlait alors qu'il lui faisait l'amour, doucement et d'un ton presque caressant. Drago remarqua qu'elle avait tremblé.

- Tu as froid ?

- Non, ce n'est rien. Enfin, c'est que... non rien, laisse tomber.

- Dis-moi, je t'écoute.

- Non, rien je t'assure.

- Hermione, parle-moi, si on doit se réconcilier un jour il faut que tu parles, dit-il en s'arrêtant au milieu de l'escalier.

Hermione hésita. Lui dire ça maintenant les gênerait tous les deux, sûrement elle plus que lui, mais elle se lança.

- Je... C'est la manière dont tu as dis ça, c'est tout, dit-elle essayant d'esquiver la vérité.

- C'est-à-dire ? demanda-t-il en haussant un sourcil.

Voilà qu'il allait se moquer d'elle, elle en était certaine.

- En fait, commença-t-elle en se tordant les mains, ça m'a rappelé quand nous... enfin, quand tu... je veux dire, quand...

Drago sourit face à sa gêne. Il ne savait absolument pas ce qu'elle voulait dire mais ses joues légérement rosies le faisaient toujours autant fantasmer. Hermione vit son sourire et crut qu'il se moquait d'elle.

- Si tu te moques de moi alors que je n'ai rien dis, je préfère me taire, dit-elle en reprenant sa montée.

- Non, attends, dit-il en lui attrapant le bras, je m'excuse, continue.

Elle se lança. Après tout, elle aurait pu être gênée maintes et maintes fois vu ce qu'ils avaient fait tous les deux. Cela n'allait pas être une petite phrase qui lui ferait peur.

- Voilà, ça m'a rappelé quand nous faisions l'amour et que tu me chuchotais des petits mots au creux de l'oreille, dit-elle en ne lâchant pas son regard afin de voir sa réaction.

Un silence suivit cette révélation, puis Drago sourit. Il se rappelait lui aussi de ces moments merveilleux. Il ne dit rien, ne voulant pas la gêner encore plus mais ne cessa pas de la regarder avec une lueur de désir dans les yeux. A la vue de ce regard, Hermione continua à monter les marches et quelques minutes plus tard, dans un silence total, ils atteignirent le tableau de la grosse dame qui commençait à somnoler.

- Merci de m'avoir raccompagnée. Bonne nuit, Drago, à samedi, dit-elle avant de prononcer le mot de passe et de passer l'entrée de la salle commune des Gryffondors ne lui laissant pas le temps de répondre et essayant surtout de fuir un baiser qu'elle sentait venir gros comme une montagne.

- De rien et à samedi, Amour, dit-il en regardant le tableau se refermer.

Hermione avait entendu ses derniers mots et en était toute retournée. "Amour", c'était le surnom par lequel il l'appelait sans cesse lorsqu'ils étaient ensemble. Elle adorait ça et le ré-entendre était extrèmement plaisant. Elle se dirigea vers sa chambre, et , Misty partie, elle s'occupa de son bébé puis se coucha.

Fin du flash-back.

Après cette soirée, elle n'avait pas reparlé à Drago mais elle savait très bien que cette soirée serait décisive pour eux deux.