Chapitre 12
Enfin !
Ils montèrent les escaliers et se dirigèrent vers la salle commune des Gryffondors, profitant silencieusement de la présence de l'autre. Hermione était nerveuse. Nicolas n'était qu'un petit bébé mais elle avait l'impression de présenter Drago à son père pour lui annoncer son prochain mariage. Drago, de son côté, n'avait qu'une envie : courir jusqu'au cinquième étage et serrer son fils dans ses bras.
Ils arrivèrent quelques minutes plus tard devant le tableau de la grosse dame.
- Mot de passe ? demanda-t-elle.
- Serpentards, sales bâtards, répondit Hermione doucement en lançant un coup d'oeil à Drago qui paraissait outré.
- Pourquoi ce garçon est-il ici ? demanda la grosse dame en plissant les yeux.
- Euh...
- Il n'est pas à Gryffondor, je me trompe ?
- Non, pas du tout, mais, c'est que...
- Que quoi ? l'interrompit la grosse dame.
- Que je suis le père de son fils, répondit Drago d'une voix forte et hautaine.
La grosse dame ne répondit rien et le tableau s'ouvrit laissant place à une ouverture dans le mur.
Hermione entra, suivie de Drago qui s'arrêta dans la salle commune pour observer l'antre des Gryffondors dans laquelle il n'était jamais venu auparavant. Il la trouvait un peu trop rouge à son goût mais sinon il ne trouvait rien à redire à la salle qui avait accueilli ses ennemis durant toutes ces années.
- Drago ? l'appela Hermione qui s'était arrêté en face d'une porte située près de l'entrée.
- Oui, j'arrive, répondit-il en lui faisant un sourire.
Elle poussa la porte derrière elle et entra, Drago sur ses talons.
- Bonsoir, Misty, dit Hermione.
- Bonsoir, Miss, vous n'êtes pas au bal ? demanda l'elfe.
- Plus maintenant, répondit simplement Hermione.
- Je vais vous laisser alors maintenant.
- Très bien, à demain, Misty.
L'elfe sortit de la pièce non sans jeter un regard à Drago qui observait Hermione se diriger vers un berceau.
- Bonsoir, mon chéri, dit Hermione d'une voix douce.
Elle prit Nicolas dans ses bras et commença à le bercer et à lui parler oubliant la présence de Drago. Quant à Drago, il l'observait amoureusement, imaginant le nombre d'enfant qu'ils auraient.
D'un coup, Hermione se retourna, voyant ainsi Drago la regarder avec un petit sourire en coin, appuyé contre un mur près de la porte. Elle s'approcha de lui et au fur et à mesure qu'elle avançait, elle voyait le sourire de Drago diminuer. Elle s'arrêta devant lui.
- Drago, je te présente Nicolas, ton fils, dit-elle solenellement en lui tendant le petit.
Il hésita puis lui présenta ses bras dans lesquels elle déposa son enfant. Nicolas regarda sa mère puis dirigea ses yeux vers ceux, identiques, de son père. Drago, assez nerveux d'avoir son propre fils dans ses bras était très tendu. Nicolas, comme s'il avait lu dans les pensées de son papa, lui fit un sourire et se mit à gazouiller en tendant les bras vers le visage de Drago. Cette réaction eut l'effet escompté et Drago se détendit tout de suite. Il sourit à son fils et commença à le bercer en lui parlant, en rigolant avec lui et en jouant au papa totalement "gaga", oubliant à son tour la présence d'Hermione qui, loin d'être vexée, était plutôt amusée et charmée par cette facette de Drago qu'elle ne connaissait pas. Il était au milieu de la pièce, complètement coupé de la réalité, quand il sentit deux bras lui entourer la taille.
- Est-ce qu'il y aurait un autre bébé ayant besoin d'affection dans cette pièce ? demanda-t-il d'un air espiègle.
- Peut-être..., répondit doucement Hermione.
Hermione le lâcha et il s'avança vers le berceau pour poser son bébé qui venait juste de s'endormir. Il créa une bulle insonorisante autour de lui et se retourna vers Hermione. Il lui sourit et s'approcha d'elle doucement tout en la regardant dans les yeux. Il s'arrêta seulement alors que son torse entrait en contact avec la poitrine d'Hermione. Il se pencha vers elle et l'embrassa tendrement. Puis il se retira rapidement. Hermione, qui s'attendait à plus, rouvrit les yeux et lança un regard interrogateur à Drago.
- Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda-t-elle.
Il resta silencieux quelques instants en la regardant d'un air grave puis lui tourna le dos.
- Comment peux-tu m'aimer encore après ce que je t'ai fait ? murmura-t-il. Tu devrais me détester et ce, pour le reste de ta vie.
- Drago, je...
- Non ! s'exclama-t-il en se retournant.
Hermione recula de surprise dûe à la réaction violente qu'il venait d'avoir mais surtout aux larmes qui coulaient de ses yeux. Les premières qu'elle voyait de Drago.
- Je suis un monstre, comment peux-tu rester dans la même pièce que moi ? Je devrais te dégoûter et au lieu de ça tu me prends dans tes bras, tu m'embrasses, tu me mets notre fils dans les bras.
- Drago, tu...
- Arrête, Hermione, l'interrompit-il une nouvelle fois, ce qui eut le don de l'énerver.
- Non, c'est toi qui vas arrêter, Drago, et surtout tu vas me laisser parler, compris ? dit-elle d'un ton énervé.
Drago hocha la tête en silence ayant peur de la colère d'Hermione qui pouvait s'avérer très dangereuse.
- Tu m'as expliqué il y a quelques mois que si tu avais dit tout ça, c'était parce que tu ne voulais pas que ton père nous tue, moi et Nicolas, alors je ne vois pas pourquoi je ne devrais plus t'aimer.
- Je...
Hermione leva la main en signe de silence.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu allais dire ? Que tu t'excuses de nous avoir sauvé la vie au prix de notre couple ? Et bien, attention prépare-toi, ça risque d'être un choc, mais... je te pardonne, dit-elle d'un ton ironique. Et tu veux savoir pourquoi je te pardonne ? Tout simplement parce que je suis là aujourd'hui et peut-être grâce à toi.
- J'aurais pu m'enfuir avec toi.
- Et vivre une vie de fugitif avec un nourrisson, oui c'est très malin, tu aurais dû y penser plus tôt.
Drago baissa la tête, signe qu'il savait qu'elle avait raison.
- S'il-te-plaît, Drago, je veux vivre avec toi. Je garderais toujours mes souvenirs mais tu les rendras moins douloureux en me rendant heureuse et en arrêtant tes bêtises, d'accord ? demanda-t-elle d'un ton doux.
- Oui, répondit-il d'une petite voix.
Et il s'approcha d'elle et l'embrassa. La nuit qu'ils passèrent après fut magique, peut-être parce qu'ils l'attendait depuis plusieurs mois ou peut-être car ils savaient qu'elle était la première de leur nouvelle vie.
