Épilogue.
Hermione descendait difficilement les escaliers du manoir Malefoy dans lequel elle avait emménagé huit ans plus tôt. Son ventre rond, qui ne redeviendrait plat que dans deux mois l'empêchait de se mouvoir correctement. C'est pourquoi elle était dans l'un des nombreux escaliers du gigantesque manoir, essayant de descendre à la cuisine, depuis plus d'un quart d'heure.
Drago se demandant où était sa femme, car oui, ils s'étaient mariés à la sortie de Poudlard, se dirigea vers l'escalier. Il la vit au milieu de celui-ci, tenant la rampe d'une main et son ventre de l'autre. Il courut vers elle.
- Tu aurais du m'appeler, Amour, dit-il en lui prenant une main et en posant son autre main dans son dos, je ne veux pas que tu tombes.
- Je n'en suis qu'à sept mois de grossesse et je ressemble à une grosse barrique, alors je veux me débrouiller toute seule. Tu imagines quand je serais à terme ? On va devoir me déplacer avec une grue ! Par Merlin ! Drago ! Avec une grue !
- Mais enfin, Hermione, tu attends des triplés. C'est bon signe que tu sois si...
Il s'interrompit, captant le regard noir d'Hermione qui avait deviné la fin de sa phrase.
- Je veux dire, que ton ventre soit si représentatif de ta grossesse, se rattrapa-t-il rapidement.
Hermione haussa un sourcil.
- Et bien, oui, dit-il, plus ton ventre est gros, plus les bébés le sont aussi, et ainsi ils seront en bonne santé.
Cet argument eut l'air de convaincre Hermione qui sourit et se laissa aider pour descendre les escaliers. Drago emmena Hermione dans le salon où il l'aida à s'asseoir sur le canapé. Il s'assit à côté d'elle.
- Tu ne dois pas passer à l'hôpital avant de partir ?
- Non, aujourd'hui je reste avec ma femme chérie, je laisse le boulot à mes serviteurs.
- Drago, ce ne sont pas des serviteurs, ils ont le même statut de médicomage que nous, à la différence qu'ils ne dirigent pas l'hôpital.
En effet, Drago et Hermione avaient achevés brillamment leurs études de médicomage quatre ans plus tôt et avaient été engagés en tant que tel à l'hôpital Sainte Mangouste. Le directeur était très vite devenu un excellent ami du couple et, quand, lors du dernier affrontement, il périt en essayant de sauver un blessé sur le champ de bataille, on découvrit un testament disant qu'il laissait la direction de son hôpital à ses deux grands amis. Le couple était donc devenu un autre couple dans le travail. Drago était spécialisé dans la chirurgie et avait été rapidement surnommé par les autres médicomages : "le tyran" (merci Grey's anatomy, si y'en a qui connaissent, en tout cas, c'est trop bien) alors que Hermione était médecin généraliste. Elle avait malheureusement dû arrêter le travail avant la date prévue en raison de sa grossesse très... embêtante . La médicomage qui la suivait était intraitable, étant une Weasley. En effet, Ginny Weasley était aussi devenu médicomage mais dans le service de maternité et elle suivait avec attention l'avancée de la grossesse d'Hermione.
- Oui, Amour, dit-il d'un ton las. Tu es prête ? On peut y aller ?
- Oui.
- Bon, alors c'est parti, dit-il en se levant et en se dirigeant vers un livre qui allait servir de portoloin.
- Tu n'oublierais pas quelque chose ? demanda-t-elle.
- Quoi, Amour ?
- Mais, enfin, Drago ! s'exclama-t-elle. Comment peux-tu l'oublier ? C'est la chose à ne pas faire aujourd'hui !
- Oh ! Tu parles de Nicolas ?
"Oups", se dit Hermione.
- Euh... oui bien sûr de notre fils chéri, de quoi veux-tu que je parle ?
- Tu ne m'as pas l'air convaincue, dit-il avec une pointe d'ironie dans la voix.
- Bien sûr que si, dit-elle sachant très bien que dans deux minutes elle allait avoir droit à une moquerie de la part de son "cher et tendre".
- Avoue que tu pensais au cadeau ! Allez, avoue-le ! dit-il en se rapprochant d'elle, un sourire moqueur sur le visage.
- Écoute, Drago, les hormones me jouent des tours, c'est tout. Je suis sûre que je me serais rendue compte tout de suite que notre fils n'était pas là. De plus, il est très important aujourd'hui.
Drago lui lança un regard empreint d'outrage feint.
- Enfin, je veux dire... il est important tout le temps pour nous... et pour eux aussi remarque, dit-elle en essayant d'éviter le regard de son mari qui affichait clairement qu'il se foutait d'elle.
- Allez, je te laisse tranquille, Amour, désolé, dit-il en lui souriant. Nicolas, descends, on doit y aller !
Hermione entreprit de se lever mais abandonna.
- Drago, si tu veux que l'on soit à l'heure, il va falloir que tu m'aides car le temps que je me lève ils seront déjà revenus de leur nuit de noce.
- Personnellement, qu'on soit à l'heure ou qu'on n'y aille pas, c'est pareil, je ne viens que pour te faire plaisir et montrer la famille qu'ils n'auront jamais quoi qu'ils fassent puisqu'ils ne t'ont pas pour femme.
- Au lieu de jouer les beaux parleurs, rappelle ton fils et aide-moi à me lever car que tu le veuilles au non, nous irons à ce mariage même si je pourrais me transformer en 4X4 qu'on ne verrait pas la différence. Alors, tu m'aides oui ou non ? s'impatienta Hermione qui voyait que Drago ne bougeait pas.
- Je... je crois que...
- Tu crois que quoi ?
- Que l'idée de la grue de tout à l'heure n'était pas si mauvaise.
- Drago, tu es un monstre d'égoïsme ! s'énerva Hermione.
- Ne te fâche pas, Amour, c'est juste que ça serait bien plus pratique pour t'emmener à l'hôpital.
Drago venait de voir que la poche des eaux s'était percée.
- Quoi ? Comment ça ? demanda-t-elle avant de ressentir une vive douleur.
- Allez, viens ! Je vais appeler Weaslette.
- Non, Drago, c'est son mariage, ne gâche pas tout, elle a si bien préparé ce jour !
- Comment ce jour pourrait être gâché par l'arrivée de mon fils et de mes filles ? demanda-t-il en essayant de détendre Hermione.
Bizarrement, les contractions étaient de moins en moins espacées : les bébés allaient arriver très vite, il n'y avait pas de temps à perdre.
- Nicolas, tu rappliques ici tout de suite si tu ne veux pas que je te laisse chez Parkinson et Bullstrode. Tu n'as pas envie de les voir s'embrasser devant toi quand même ?
Nicolas arriva quelques secondes plus tard non sans avoir poussé un grand "NON, PITIÉ !"
- Enfin ! Qu'est-ce que tu foutais ? Peu importe, ajouta-t-il en le voyant ouvrir la bouche pour s'expliquer. Tes petits frères arrivent, alors tu vas rester quelques minutes avec ta maman, le temps que j'aille chercher le médecin, c'est compris ?
Nicolas était resté immobile, la bouche ouverte depuis la phrase : "Tes petits frères arrivent". Il en rêvait depuis quatre ans mais ses parents disaient toujours "plus tard, plus tard", mais maintenant ils étaient là, dans le ventre de sa maman, et sur le point d'être là, à côté de lui.
Drago le tira de ses réflexions.
- Nico, réveille-toi, c'est compris ?
- Oui, je reste avec maman pendant que tu vas chercher tante Ginny à son mariage.
- Tout à fait.
Nicolas s'approcha de sa maman et lui prit la main.
- Euh, Nicolas, je ne te le conseille pas, dit son père en montrant sa main et celle de sa mère l'une dans l'autre.
- Pourqu...
Hermione venait d'avoir une contraction qui lui avait fait serrer la main de son fils.
- Aïe ! Mais ça va pas, maman !
- Plains-toi à ton père, c'est sa faute si je suis comme ça, il voulait des enfants mais c'est parce qu'il ne connaît pas la souffrance. En parlant de ça, Drago, ton équipe de Quidditch, tu peux te la foutre au...
- Bon, je dois y aller, dit précipitamment Drago.
- C'est ça, enfuis-toi, sale lâche.
- Nicolas, occupe-toi bien de ta mère et... ne lui prends pas la main ! dit-il en ignorant la dernière remarque de Hermione.
Sur ces mots, il transplana.
Quelques minutes plus tard, une invasion de "plop" se firent entendre dans la pièce atenante au salon et des personnes en robes de sorciers pour soirées firent leur apparition.
- Par Merlin, Hermione, il faut t'emmener à Ste Mangouste, tout de suite ! dit Ginny qui portait une robe blanche.
- Non, Ginny, ils doivent rester là où ils sont, c'est trop tôt, trop dangereux, dit-elle difficilement.
- C'est dangereux pour toi aussi de les laisser là où ils sont, ils seront mieux dehors, s'ils veulent sortir maintenant, ils sortiront. Ils ne sont jamais plus entêtés qu'à ce moment là de leur vie.
Hermione accepta et se laissa porter vers un portoloin créé pour l'occasion.
Deux heures plus tard, dans la salle d'attente de l'hôpital, service maternité, trois hommes en robes de sorciers très coûteuses faisaient les cent pas. Une femme et un enfant étaient, quant à eux en train de faire un jeu dans un magazine.
Soudain, une jeune femme rousse arriva, brisant la ronde que faisait les trois hommes.
- Ginny ! Comment va-t-elle ? demanda Drago.
Ginny haussa un sourcil. C'était la première fois qu'il n'employait pas le "Weaslette" usuel.
- Elle va bien... et les enfants aussi, ajouta-t-elle en anticipant la question du blond. Elle est dans la salle au bout du couloir sur la droite.
Drago courut pour atteindre la salle, avec sur ses talons Ron, Harry et Nicolas.
Hermione était allongée sur un lit, la tête tournée vers trois couveuses, qui contenaient chacune un bébé, l'un en layette bleue et les deux autres en layette rose.
- Amour, ça va ? demanda Drago en se précipitant près de sa femme.
- Oui, je vais bien. Ils sont magnifiques, dit-elle après un petit silence.
- Oui, chuchota-t-il en les regardant les uns après les autres.
Les autres étaient entrés et observaient la scène : Drago Malefoy observaient ses enfants comme s'ils étaient les choses les plus importantes qui puissent exister sur terre. Chose encore plus étonnante : il avait les larmes aux yeux.
- Alors, Malefoy, on se radoucit avec le temps ? plaisanta Harry.
- Fais gaffe, Potty, ne viens pas gâcher le plus beau jour de ma vie. Et va pas t'imaginer que ça serait à cause de ton mariage que ce jour serait merveilleux, dit Drago sans lâcher du regard ses bébés.
- Vous avez bien gâché mon mariage, répondit-il en rigolant.
Drago se tourna vers lui. Il rigolait de ça ! Comment pouvait-il ? Après tout, ils avaient mis tellement d'entrain à préparer ce jour !
Harry voyant l'air de Drago crut bon de s'expliquer.
- Je rigole, ça ne sera jamais un jour gâché pour moi puisque mes "presque neveux" sont nés aujourd'hui.
Drago esquissa un sourire et se tourna vers Nicolas.
- Tu viens voir tes petits frères et soeurs ?
Il s'avança et les regarda longuement.
- Vous avez bien travaillé, ils sont trop beau, dit-il.
- Tu as entendu ça, Hermione ? Il a dit qu'ils étaient trop beaux et tu te rappelles ce que tu as dit tout à l'heure ? Que c'était de ma faute. Donc, je suis la cause de ces merveilles.
- Bien sûr, bien sûr, apporte-moi plutôt mes enfants, dit-elle.
Il lui amena les deux petites filles et prit lui-même le petit garçon dans ses bras. Il alla s'asseoir sur le rebord du lit de sa femme tandis que Nicolas s'asseyait de l'autre côté.
Devant ce parfait portrait de famille, Harry, Ron, Ginny et Lavande s'eclipsèrent.
- Vous diriez quoi si je vous proposais qu'on se marie un autre jour ? demanda Ron.
- Je dirais qu'il vaut mieux prévoir un jour où Hermione ne serait pas enceinte, répondit Lavande.
- On aura du mal, dit Harry, Malefoy veut une équipe de Quidditch.
Ils se regardèrent, une lueur d'inquiétude sur leurs visages : le clan Malefoy n'était pas près de disparaître !
