Chapitre 4 : Drow

Les gobelins étaient nombreux, mais faisaient de piètres combattants. Leur chef le savait, mais il n'aurait jamais imaginé que ses troupes puissent subir une telle défaite. Car l'adversaire n'avait rien de commun avec les patrouilles de kobolds ou les quelques ogres en maraude qu'ils avaient affrontés par le passé. Victorieux ou défaits, ses hommes avaient toujours su se tirer relativement bien de tous les conflits qu'ils avaient engagés. Mais là…

Dans le Labyrinthe, les aventuriers n'étaient pas une denrée trop rare. On en croisait périodiquement des petits groupes, qui ne faisaient jamais de vieux os… Les gobelins se chargeaient généralement de ceux qui semblaient les plus faibles, laissant les autres aux pièges ou aux créatures plus redoutables qui hantaient les lieux. Aucun ne survivait plus de quelques jours, pour autant que le sache le chef des petits humanoïdes.

Ses éclaireurs avaient repéré celui-là dans le niveau supérieur. Il était seul, assis le dos contre une paroi, enveloppé dans une cape sombre déchirée par endroits. Plutôt intelligent pour un représentant de sa race, le meneur des créatures avait décidé qu'il s'agissait de l'unique rescapé d'un groupe d'aventuriers qui avaient fait une mauvaise rencontre. En fin stratège, il avait fait faire un détour à une partie de ses troupes pour contrôler les deux issues du couloir. Leur proie ne pourrait pas leur échapper.

Quand les deux groupes de gobelins n'avaient plus été qu'à quelques mètres de lui, l'individu s'était levé. Désireux de prouver son autorité, le chef lui avait ordonné d'abandonner là tout son équipement, en échange de quoi il aurait la vie sauve… C'était un mensonge, bien évidemment, et les siens le savaient. Jamais ils n'auraient permit à une telle quantité de viande de leur échapper. Néanmoins, tous avaient naïvement crû que l'aventurier, déjà mal en point et séparé des siens, se laisserait facilement intimider par l'autorité de leur chef.

Leur surprise n'en avait été que plus grande quand l'individu avait retiré son capuchon en répliquant d'une voix cinglante :

– Mesure tes paroles, esclave.

D'un hurlement de rage, le gobelin avait lancé l'offensive. Aucun être ne l'avait ainsi insulté – et survécu à sa colère. Ses hommes s'étaient rués sur l'impudent, sûrs d'en venir rapidement à bout. Certes, ils n'avaient jamais vu un elfe avec une peau aussi sombre, mais sa couleur ne le rendrait pas plus résistant que ses semblables. Un coup au cœur ou à la gorge, et il s'effondrerait comme n'importe lequel des siens.

Et le massacre avait commencé. Une épée courte avait jailli dans la main droite de l'aventurier, égorgeant le premier gobelin à sa portée avant de parer l'assaut d'un second, pendant que sa main gauche projetait une dague en direction de l'autre groupe, encore distant de quelques mètres. L'arme se planta profondément dans le front de l'une des créatures, la stoppant brutalement dans sa charge.

Quand les deux parties de ses hommes s'étaient rejointes, le chef avait eu la certitude qu'il avait gagné. L'elfe ne pourrait jamais parer autant d'attaques simultanément, aussi bon combattant qu'il puisse être. L'un des coups qu'il n'éviterait pas lui serait fatal, il finirait par s'effondrer sous le nombre.

Et puis, l'adversaire avait disparu. Les gobelins avaient eu beau écarquiller les yeux, il n'était plus là. Ce n'avait été qu'après la chute de cinq d'entre eux que les créatures avaient compris leur erreur… L'elfe était toujours là, mais il n'était plus leur proie. Il était le Chasseur, il était la Mort, invisible et implacable.

Chose étrange pour un membre de sa race, le chef gobelin ne céda pas à la panique. Ignorant les cris des siens qui tombaient les uns après les autres, il cherchait à comprendre le prodige dont il était témoin. Jadis, avant que les effectifs de ses troupes ne soient réduits de moitié par un minotaure enragé, il avait eu un puissant shaman sous ses ordres, qui était capable de rendre ses hommes invisibles. Le maître des arcanes lui avait expliqué à plusieurs reprises que quelle que soit la puissance dont il disposait, une créature enchantée redeviendrait visible au premier acte agressif qu'elle commettrait.

Alors, quel était ce miracle ?

Et puis, le gobelin le vit, se glissant entre deux de ses soldats pour en égorger un autre qui lui tournait le dos. La vision ne dura qu'une fraction de seconde, et le chef aurait cru avoir rêvé si le soldat en question ne s'était pas effondré en portant ses mains à son cou. Et là, derrière ce combattant qui tombait avec un râle d'agonie, n'y avait-il pas une forme sombre à l'instant ?

La petite créature sentit l'épouvante monter en elle alors que la vérité lui apparaissait. L'elfe n'était pas invisible, il se contentait d'échapper aux regards… Il utilisait les gobelins contre eux, se cachant de tous derrière l'un d'eux, ou se fondant dans le mur avec une facilité déconcertante. Il était là, mais nul ne le voyait.

Reprenant ses esprits, le chef fit la seule chose qui lui restait à faire : laissant là ses guerriers, il s'enfuit en espérant que leur massacre durerait suffisamment longtemps pour qu'il puisse se mettre hors de portée du terrible aventurier. Une fois revenu au camp, il donnerait l'ordre du départ, et sa tribu fuirait vers un passage menant aux niveaux inférieurs. Là, il attendrait que les jeunes soient assez forts pour pouvoir reconstituer son armée. L'elfe serait probablement mort d'ici là. Il n'aurait plus à s'inquiéter.

La morsure glaciale de l'acier interrompit brutalement le fil de ses pensées. Le gobelin n'eut pas le temps de se dire que le carreau qui venait de se planter dans sa jambe ne risquait pas de le tuer : il s'effondra presque aussitôt, inconscient.

Le drow acheva proprement celles de ses victimes qui étaient encore en vie, à l'exception de celui qui était manifestement leur chef. Le poison dont était enduit le carreau qui l'avait terrassé le maintiendrait endormi une heure environ ; cela laissa à l'elfe noir le temps de fouiller les cadavres des gobelins, tâche qui ne lui rapporta pas grand-chose, mais aussi de désarmer et ligoter le survivant, pour qu'il ne soit pas tenté de faire une erreur trop grossière à son réveil. Patient, l'elfe se rassit, profitant du temps qu'il lui restait pour se reposer.

Lorsque le chef gobelin revint à lui, le drow l'accueillit dans le monde des vivants d'un coup de pied bien placé.

– Dans ma cité, toi et les tiens auriez souffert d'interminables tortures pour avoir osé me menacer. Mais nous ne sommes pas dans ma cité, aussi serai-je plus clément. Sais-tu comment rejoindre la surface ?
– La surface ? répéta la petite créature sans comprendre.
– Je sais que ce labyrinthe me mènera à la Nuit-d'en-haut. Sais tu comment sortir d'ici ?
– Il y a plusieurs sorties, vers au-dessus, et vers au-dessous, mais Tork ne sait pas où elles mènent.
– Amène-moi jusqu'à une sortie vers au-dessus, et je te laisserai la vie sauve, promit le drow.

Le gobelin hésita un moment, se demandant quelle attitude adopter vis-à-vis de cet aventurier qui l'avait appelé esclave. Conscient qu'il était très loin en dessous de lui dans le domaine des armes, il décida de se comporter comme les mâles qu'il dirigeait jusqu'alors.

– Bien, maître. Tork vous guidera.

Avec un sourire, le drow le libéra.

– Je te suis.

L'errance du drow et de son guide dura plusieurs heures. L'elfe commençait à comprendre que si les niveaux inférieurs étaient aussi vastes et labyrinthiques que celui-là, il avait eu de la chance de monter si haut en quelques heures seulement. Quand il fut tout à fait exténué, il arrêta le gobelin, et l'attacha de sorte qu'il ne puisse pas s'enfuir.

– Tous tes soldats sont morts, lui rappela-t-il. Si une créature m'attaque pendant mon sommeil, elle te tuera aussi. Donc si quelqu'un approche, crie. Je me réveillerai. Et ne t'avise pas de t'endormir, ou tu ne te réveilleras pas.

Le petit être acquiesça silencieusement, intimidé. Après avoir disposé quelques objets dans le couloir, le drow utilisa une huile pour tracer un pentagramme sur le sol. Un peu de son propre sang, versé au centre du cercle magique, conclut le rituel. Une fois ses préparatifs achevés, l'elfe s'assit en tailleur dans le cercle ainsi enchanté, et entra en rêverie.

Lorsque le gobelin vit arriver les kobolds, il hésita. Les créatures firent de même : un être capable de s'aventurer en solitaire dans le Labyrinthe, et qui plus est de s'encombrer d'un prisonnier, était nécessairement quelqu'un de puissant, probablement trop pour eux. L'attaquer serait probablement une mauvaise idée.

Las, Tork décida d'en finir. Si des kobolds rodaient dans le secteur, il n'avait aucune chance de rejoindre son clan. Une fois capturé, il serait tué à petit feu, après avoir été torturé jusqu'à ce qu'il n'ait plus aucune information de valeur à donner. Alors qu'avec un peu de chance, ceux-là l'exécuteraient rapidement s'il les aidait. Peut-être même l'accepteraient-ils comme mercenaire ? De quelques signes de la tête, il fit comprendre aux nouveaux venus que l'elfe était endormi et qu'ils pouvaient attaquer sans crainte.

Les kobolds avancèrent de quelques pas, le plus silencieusement possible, bien décidés à prendre aussi peu de risques qu'ils le pourraient. Mais le drow ne dormait plus. Sans même prendre la peine de se lever, il tendit brusquement le bras vers les assaillants ; un carreau jaillit, propulsé par une arbalète de poignet.

Le projectile brisa l'un des objets que l'elfe noir avait déposé dans le couloir. En une fraction de seconde, les flammes envahirent l'espace occupé par les kobolds, déclenchant l'explosion d'autres objets similaires. Les hurlements de douleur cessèrent très vite, et le gobelin regretta que le drow n'ait pas déposé l'un de ces objets plus près de lui. La mort des créatures semblait bien douce face au châtiment que l'aventurier pouvait lui réserver pour sa trahison…

Sans exprimer la moindre colère, ce dernier sortit une fiole de son sac et força son prisonnier à en avaler le contenu, un liquide visqueux et répugnant.

– Maintenant qu'elles ne sont plus dans la fiole, ces larves vont commencer leur croissance. Malgré leur petite taille, elles sont extrêmement voraces… Il ne leur faudra que quelques jours pour te dévorer de l'intérieur. Ta mort sera très lente et très douloureuse.

Un bâillon vint étouffer les hurlements de terreur du gobelin.

– Mais, dans ma grande générosité, je t'accorderai une exécution propre et rapide si tu me mènes jusqu'à la sortie sans plus attendre… et sans tenter de me trahir une nouvelle fois. Et ne pense même pas à t'enfuir, ou je te fais ingérer une autre fiole qui ralentira le processus. Une agonie de plusieurs semaines, ça te tente ?

Sans ménagement, le drow détacha la pitoyable créature et la remit sur ses jambes. Tremblant, Tork inclina la tête en guise de réponse, et recommença à guider son maître.

Souriant, celui-ci reprit sa route.

La douleur se fit trop forte. Sans se douter qu'il ne s'agissait que d'un effet de son esprit trop facilement influençable, le gobelin prit sa décision.

Dans ce niveau, les couloirs piégés étaient légions. Plus d'une fois, Tork en avait emprunté un, nourrissant l'espoir secret que l'elfe marche là où il ne fallait pas, ou fasse l'erreur de prendre appui sur le mur. A chaque fois cependant, il avait été déçu. Le drow ne touchait à rien et marchait exactement dans ses pas.

Mais cette fois, ce serait plus facile. Il ne s'agissait plus de tuer ce tourmenteur, mais de mourir. Et tant qu'à faire, s'il n'était pas le seul à y passer… Malgré la douleur, Tork réprima un sourire.

Il savait où il allait.

Le drow ne dut son salut qu'à ses réflexes surhumains. Son pouvoir de Lévitation lui permit d'arrêter sa chute juste avant qu'il ne s'empale sur les multiples piques acérées qui garnissaient le fond de la fosse. Reprenant un peu d'altitude, il assimila ce qui venait de se produire. Arrivé au milieu du couloir, le gobelin avait déclenché le piège, espérant probablement mourir plus rapidement, et en sa compagnie. Maintenant, son cadavre décorait les épieux qui l'avaient accueilli et le drow se retrouvait sans guide. Etouffant un juron, il lévita jusqu'au bout du couloir.

S'en remettant à son instinct, il reprit une progression plus prudente dans le labyrinthe. Méthodique, il finirait bien par arriver à l'une des sorties vers le monde de la surface… avec un peu de temps, et s'il ne faisait pas trop de mauvaises rencontres.

Les couloirs qu'il emprunta le guidèrent jusqu'à une grande salle, dont les murs étaient ornés de miroirs et de quelques torches, fournissant un éclairage suffisant sans être trop violent pour les prunelles sensibles du drow.

Celui-ci ne dissimula pas sa surprise : s'il avait déjà vu un miroir, celui-ci n'était pas plus grand qu'une dague, et valait une fortune. Ceux-ci, plus hauts et larges que lui, l'auraient rendu plus riche que la Mère Matrone de la Première Maison, s'il les avait ramenés dans sa cité… Quel était le fou qui laissait ici un tel trésor ?

Allant de miroir en miroir, l'elfe noir se contempla sous tous les angles. Ce ne fut qu'après quelques allées et venues qu'il s'aperçut que quelque chose clochait : l'un des reflets, au lieu d'avoir le même air curieux et presque émerveillé qu'arboraient tous les autres, lui offrait un regard suppliant, désespéré.

Intrigué, le drow s'approcha du miroir fautif, négligeant les autres. La faible lumière lui permit de mieux se distinguer à travers celui-ci, et lui arracha un cri de surprise. Les traits de son reflet étaient semblables aux siens, mais à la fois différents. Le visage en particulier était moins dur, moins anguleux… et le piwafwi noir qu'il portait laissait deviner des formes qui n'auraient pas dû se trouver là. Enfin, son regard implorant n'avait rien de commun avec l'expression mi-surprise, mi-choquée qu'il aurait dû arborer.

Pris d'un doute, l'elfe noir sortit de son vêtement son bien le plus secret : le symbole sacré du dieu qu'il servait, Vaerhaun. Le reflet fit exactement le même geste, exhibant lui aussi le masque sombre. Le drow en fut rassuré : au moins, il ne s'agissait pas là d'un piège de la Reine Araignée. Même la plus fourbe des prêtresses de Lolth n'aurait pu brandir un tel objet sans trahir sa répugnance.

Se laissant aller à la curiosité, l'elfe avança une main vers le miroir. Le reflet agît de même, mais de suppliant, son regard se fit effrayé. Surprit, l'original arrêta son geste… avant de le reprendre. Si l'image que lui renvoyait le miroir était suppliante quand il ne demandait rien, désespérée quand il était confiant, et féminine quand il était masculin, il pouvait être serein quand elle était apeurée.

Mal lui en prit. Au moment où il toucha le miroir, il se sentit aspiré à l'intérieur. Son corps glissa au travers de la surface glacée, croisant son reflet inversé qui le remplaça dans la salle du labyrinthe.

– Excusez-moi… Je suis vraiment désolée, dit celle-ci, sincère. J'ai essayé de vous prévenir, mais je ne contrôlais pas mes gestes… Et je ne sais pas comment vous sortir de là sans reprendre votre place…
– C'est sans importance, répondit une voix.

Soudain paniquée, la drow se retourna vers l'autre bout de la galerie, où l'un des miroirs était devenu absolument terne. Fouillant la pièce du regard, elle finit par repérer un être exactement identique à celui qui s'était laissé piéger dans sa prison.

L'imbécile s'était aussi contemplé dans l'autre miroir maudit.

Un carreau la frôla, brisant ce qui aurait pu être un refuge face à cet être purement maléfique qui s'avançait vers elle avec un calme terrifiant. Alors qu'elle reculait d'un pas et se mettait en garde, une épée courte dans chaque main, son jumeau fit de même avec un sourire malveillant.

– Que le meilleur gagne, murmura-t-il, une lueur de folie dansant dans son regard.

Le duel commença dans la lumière des torches. Les deux drows semblèrent un moment hésiter, tournant lentement l'un autour de l'autre ; le mâle, plus agressif, attaqua le premier. Sa première lame fut aisément esquivée alors que les deux épées courtes de sa rivale se croisaient pour parer un deuxième assaut. Une feinte pourtant impeccablement réalisée ne troubla pas la jumelle ; sa contre-attaque ne fut pas plus fructueuse.

Le combat aurait dut être parfaitement équilibré : les deux jumeaux avaient hérité de leur modèle la même force, la même agilité, la même endurance et les mêmes talents d'escrimeurs. Cependant, le mâle était encore plus maléfique et plus fourbe que le drow originel, alors que la femelle avait une mentalité contraire.

Aussi, là où l'un multipliait les feintes vicieuses que la drow contrait d'autant plus facilement qu'elle en était en quelque sorte l'auteur, cette dernière se contentait d'assaillir son adversaires de coups aussi rapides et précis que possible, sans pour autant offrir d'opportunités à son rival. Le résultat était logique : l'une des deux duellistes était indemne, alors que son jumeau maléfique n'arrivait pas à esquiver ni parer toutes les attaques qui lui étaient destinées.

Constatant qu'il était sur le point de perdre, le drow fut incapable de réagir autrement qu'en multipliant les coups bas. Matérialisant une sphère de Ténèbre qui les aveugla tous les deux, il plongea pour planter l'une de ses lames dans le cœur de sa victime qu'il pensait surprise, mais celle-ci n'était déjà plus là.

Sortant de la zone d'obscurité pour retrouver son adversaire, il se laissa déposséder de l'une de ses épées, voulant mettre à profit le mouvement de la lame ainsi libérée pour empêcher la drow d'anticiper le carreau d'arbalète qu'il destinait à sa gorge. Là encore, la combattante avait prévu l'attaque : son autre lame placée en bouclier dévia aisément le projectile.

Alors, le fourbe sut qu'il avait perdu. Armé d'une seule épée, il ne put que reculer face au déluge de coups que lui portait son adversaire. Lorsqu'il fut dos au mur, une des deux lames eut tôt fait de bloquer la sienne le temps que l'autre s'enfonce dans son cœur. Regrettant sa faiblesse, le double s'effondra.

Enfin unique, la drow revint vers les débris du miroir dont elle venait d'être libérée. Avec une certaine nostalgie, elle se remémora toutes les différentes formes qu'elle avait dut prendre, reflet inversé de tous ceux qui se pavanaient devant elle ou traversaient simplement la salle. Et maintenant, elle était libre… Libre de se mouvoir à sa guise, libre de ne plus changer de forme au gré de ceux qui la regarderaient.

Libre de faire quoi ?

Les yeux dans le vague, l'elfe finit par remarquer que devant elle se trouvait une porte, jadis dissimulée par le miroir qu'elle avait habité. Avant qu'elle ne s'ouvre, elle eut juste le temps de remarquer le symbole gravé en son centre.

Deux dragons, l'un noir, l'autre blanc, se complétant mutuellement pour emplir un cercle.


NdA comme toujours, commençons par un petit…

Disclaimer : Je trouverais peut être un jour un moyen de les acquérir… mais pour l'instant, les droits sur les Royaumes Oubliés ne sont pas à moi. Je ne publie pas cette fic pour en tirer un quelconque bénéfice financier, mais pour le plaisir (le mien et aussi le vôtre, j'espère). Par contre, cette drow est à moi. Yanael et Kael aussi, même si on ne les voit pas dans ce chapitre. Et tous ceux cités précédemment… Bref, pas touche, en tout cas, pas sans ma permission. Sinon je mords. Fort.

Ceci étant dit, quelques explications peuvent être utiles…

· Les gobelins sont, dans les Royaumes Oubliés, des petits humanoïdes ressemblant vaguement à des orcs, laids et agressifs, vivant en clans ou en bandes, et toujours prêt à piller, tuer, etc. Pas vraiment les pacifiques banquiers de chez JKR, quoi.

· Les kobolds sont les rivaux directs des gobelins : même taille, mêmes activités, mais un physique différent bien que tout aussi laids, ils ressemblent davantage à un croisement entre un dragon et un chien (si, si… et croyez moi, c'est pas vraiment beau à voir).

· Les drows, ou elfes noirs, sont… des elfes, noirs de peau et de cœur, du moins pour la plupart. Ils vivent en général dans des cités dans les profondeurs de la terre, divisées en Maisons qui sont chacune dirigée par une Matrone, toujours une Grande Prêtresse de Lolth, la principale divinité drow, une femme araignée démoniaque. La société drow est basée principalement sur la compétition : pour gagner, tous les coups sont permis, ou presque. Meurtre, tortures ou simplement mensonges et intimidations… tant que ça marche, c'est bon. Entre autres, les drows utilisent la plupart des races qu'ils jugent « inférieures » comme esclaves, et en particulier les gobelins et les kobolds.

· Comme les autres elfes, les drows ne dorment pas ; à la place, ils entrent en une sorte de transe méditative qu'on appelle « rêverie ». Ils sont aussi vulnérables dans cet état qu'un humain endormi.

· Les drows disposent de deux modes de vision : une vision normale, comparable à celle d'un humain, et une autre forme, l'infravision, qui est le plus utilisée sous terre car elle permet de voir dans le noir. L'infravision consiste en une détection de la chaleur émise, et ne permet donc pas de lire un texte ou de se regarder dans un miroir. D'où la rareté de ces objets dans les cités drows : ils ne sont utilisés que par les mages, ou presque.

· Le piwafwi est le manteau de furtivité que portent les drows. Il augmente de façon non négligeable leur aptitude à se dissimuler dans les ombres et à ne pas se faire remarquer.

· Vaerhaun est le dieu drow des voleurs. Il s'oppose à Lolth en plaçant les males à égalité avec les femelles… d'où la sentence logique infligée à tous ses fidèles par les prêtresses de la déesse araignée : une mort lente et douloureuse, dans le meilleur des cas.

· Tous les drows disposent de pouvoirs magiques mineurs : la capacité de créer une sphère de ténèbres absolue est un de ces pouvoirs. Même l'infravision ne permet de voir à travers cette zone obscure.

Voilà… fin des explications. Dans le prochain chapitre : le retour de Yanael et Kael (il serait temps… qu'est ce que c'est que ces persos incapables de survivre à un chapitre ?), une rencontre… délicate, quelques conflits et… d'autres choses. Niéhéhé…

En attendant… une p'tite review, siouplé ?