Dante émergea péniblement du lit. Il avait décidé de s'offrir une bonne grasse matinée mais quelqu'un sonnait avec obstination à la porte. Constatant qu'il n'était que huit heures du matin, Dante se promit de tuer l'inconscient.

L'inconscient se nommait Vergil.

« Je suis venu te le confier pour la matinée, dit-il en lui tendant un adorable bébé qui se tortillait dans sa grenouillère, visiblement peu désireux de quitter le bras de son père. »

« Ah. »

« Je vois, ajouta Vergil en jetant un coup d'œil au parc vide derrière Dante, que ton fils n'est toujours pas levé… Quelle déplorable éducation. »

« Ouais ben tu parleras de ça avec sa mère. »

« Profite-en pour faire petit déjeuner Néro. »

« Néro… »

« Un problème, demanda Vergil avec un haussement de sourcil ? »

« C'est nul comme nom ! »

« Et bien… Tu en parleras avec sa mère, dit Vergil d'un ton cassant avant de partir. »

« Ne bouge pas, je reviens, dit Dante en posant Néro dans le parc. Je vais chercher ton cousin. »

« Babagueuh, répondit le bébé d'un air sérieux. »

« Ouais, pareil, lança Dante en montant les escaliers. »

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« Debout mon fils, dit Dante en ouvrant les volets. »

Il prit le bébé dans ses bras et l'embrassa sur la joue.

« Dada, dit celui-ci en riant. »

« On va descendre te mettre dans le parc pendant que je vais préparer ton petit déjeuner. Et tu vas gentiment jouer avec ton cousin qui… »

« BABAGUEUH, s'écria le bébé. »

« Toi aussi ? Va falloir que je mette au bébé moi… Vivement que tu parles, mais au moins ça fait plaisir de te voir d'accord avec lui. »

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« Là, pas de bêtises tous les deux, hein, dit Dante en balançant un index menaçant devant les deux garçons qui se tenaient debout en s'accrochant au bord du parc. Néro ? »

« Dabouh. »

« Bien. Sparda-Dité ? »

« Dababouh ! »

« Très bien. Je reviens, je vais faire chauffer du lait. »

Il n'y a plus de lait, pense à en acheter.

Bisous et bonne journée mes deux hommes !

« Ca craint… Bon… Pizza pour tout le monde ! »

PS : Et pas de pizza pour Sparda-Dité, ça le rend malade !

« Ah, ça re-craint ! »

Les deux bébés se mirent à hurler.

« J'arrive ! »

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! »

« BABAGUEUH, hurla Néro, à cheval sur Sprada-Dité, qui commençait à devenir bleu à force de crier sans pouvoir respirer. »

« Mais mais mais c'est pas vrai, vous allez pas déjà commencer à vous entretuer, dit Dante en sauvant son fils de l'asphyxie. Vous aurez bien le temps plus tard !

Le téléphone se mit à sonner. Dante prit son fils dans ses bras et alla décrocher à la cuisine.

« Oui chérie, tout va bien… Non, pas de problème, j'en ai racheté… Il est déjà passé, oui… Oui… Ou… COMMENT CA ?! »

Dante manqua de lâcher son fils, aussi le posa-t-il par terre.

« Tu aurais pu me prévenir ! J'aurais aimé savoir un peu à l'avance que j'aurais les deux petits à garder. »

Sparda-Dité escalada un des tabourets de bar de la cuisine et commença à tourner les boutons de la gazinière en face de lui.

« Bon, laisse tomber, je dois te laisser. Oui ils ont déjà mangé. Allez, à plus tard. »

«Ne touche pas à ça ! »

Dante voulut descendre son fils du tabouret mais il s'étala au sol. Néro, dans lequel il s'était pris les pieds, le considéra avec dédain et entreprit de l'escalader.

« Babagueuh, rugit Sparda-Dité en sautant du tabouret ! »

Il atterrit sur le dos de son père, étouffant sa remarque, et commença à se battre avec son cousin. Dante se releva tant bien que mal dès que les bébés eurent fini d'utiliser son dos comme arène de catch.

« Cette fois ça suffit ! Vous m'obligez aux grands moyens ! »

L'instant d'après, Dante prit son fils par le fond de sa grenouillère (rouge) tandis que Doppleganger prenait Néro par le fond de la sienne (bleue).

« Je ne sais pas comment a fait ma mère pour nous élever toute seule ! Tu fais en sorte qu'ils ne s'entretuent pas pendant que je vais chercher du lait. »

« Hors de question, rétorqua le démon. »

« Pardon ? »

« C'est TA famille. Alors TU t'en débrouilles. Je ne suis pas ton larbin, mais un camarade de combat. Et rien qu'au nom de cette franche amitié, je veux bien aller acheter le lait. »

« Depuis quand tu discutes mes ordres ? »

« Depuis que tu as VRAIMENT besoin de moi. »

Pendant ce temps, les deux bébés essayaient en se balançant de venir au contact l'un de l'autre.

« Bon, d'accord… Mais fais vite ! »

Dante s'assit sur le canapé, entre les deux bébés, priant pour que son double fasse vite.

« Je te retrouve enfin, fils de Sparda. »

Un démon s'arrêta sur le seuil de la porte. Dante soupira. Il mit Sparda-Dité sur son épaule, Néro sous son bras et prit Rébellion. Il manqua une dizaine de fois de tomber à cause des bébés qui se débattaient et essayaient de s'enfuir, mais il réussit à mettre le démon en pièces avant que Doppelganger ne revienne.

« Bien joué les gars, dit-il en reposant les bébés dans le parc, les séparant toujours. Mais toi mon fils, tu ne sens pas très bon. »

Le bébé lança un grand sourire à son père.

« Cacabouh, dit-il en riant. »

« Oh qu'est-ce que ça craint ! »

« Voilà le lait, annonça Doppelganger en entrant. »

« Tu tombes bien. Fais-le chauffer et surveille le nain bleu. Je dois faire quelque chose de très désagréable. »

« Si c'est de sa couche dont tu parles, je crois que les deux doivent y avoir droit, dit le démon en reposant Néro dans le parc avec une moue de dégoût. »

« C'est un cauchemar ! »

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Dante se réveilla en sursaut. Vergil leva la tête de son livre (L'art des haïkus) et considéra son frère avachi sur le canapé.

« Qu'est-ce que tu as ? »

« Je viens de faire un cauchemar horrible. »

« Ah ? »

Après avoir poliment levé un sourcil en signe d'interrogation, Vergil replongea dans son livre.

« Tu te moques de savoir ce que c'est ? »

« Oui. »

« Et bien sache quand même que j'ai rêvé que e devais m'occuper de ton fils, et du tien. Et qu'ils n'arrêtaient pas de se battre en criant « babagueuh »… Bagarre ? »

« C'est ce qu'on avait l'habitude de dire avant de se chamailler, remarqua Vergil. »

« Je crois que ce rêve m'a fait comprendre ce que pouvait ressentir Maman… Ca a du être affreusement dur ! »

« Pardonne-moi mon manque d'imagination, mais j'ai beaucoup de mal à ma mettre à la place d'une femme au foyer. Contrairement à toi, je n'ai pas la sensibilité d'une femme. »

« BAGARRE ! »