MTAC. NCIS. Washington D.C.
Gibbs et McGee avaient été convoqué par le directeur Vance, ce dernier n'avait rien dit d'autres. Et tous trois patientaient en attendant qu'une communication s'enclenche. Un homme assis à leur gauche prit la parole.
« Communication entrante en provenance de Tel Aviv.
-Allez-y.
L'image du directeur David apparut à l'écran et Gibbs se raidit.
« Shalom mon ami, prononça le directeur du NCIS.
-Shalom. J'ai une nouvelle à vous annoncer. Ziva et l'agent DiNozzo ont été secourus hier à Paris. »
Sous le choc de la nouvelle et de soulagement, McGee recula jusqu'à se laisser tomber dans un des fauteuils. Ils étaient sauvé c'était tout ce qui comptait. Il allait les revoir…
« Je ne vais pas vous mentir, ils sont dans un état déplorable. Pour le moment ils sont soignés. Leon j'attends ton accord pour un transfert sanitaire.
-Fais le nécessaire, nous sommes prêts à les recevoir.
-D'accord. Shalom…
-Eli ?
-Oui ?
-Merci.
-Remercie ton agent. Je crois qu'il a été plus efficace que nous pour les localiser. »
McGee ferma les yeux. Parce que même avec la satisfaction de les savoir bientôt de retour. Il savait qu'il allait avoir des problèmes très bientôt. Il avait passé des informations au Mossad sans le consentement du NCIS. Et il savait pertinemment que pour ça il pouvait clairement être viré. Et puis tant pis. Ziva et Tony rentraient à la maison c'était ça l'essentiel. Et puis il pouvait clairement vivre de ses romans… mais il aimait travailler au NCIS. Les claques de Gibbs, sa capacité à le pousser au-delà de ses limites, les brimades de Tony, ses surnoms stupides, le regard malicieux de Tony, tantôt joueur, tantôt aguicheur, les jeux entre Ziva et Tony où il était souvent prit à partir, les éclats de rire de Ziva quand il lui caressait le creux des reins… L'écran s'éteignit et Vance se tourna vers Gibbs.
« Qu'est ce que ça signifie ? Tu as aidé le Mossad ?
-Moi, non… Je ne savais pas que le Mossad les cherchait.
-Eli David a reçu une demande de rançon pour Tony et Ziva. Il a mit une équipe sur l'affaire mais il avait les points liés par son supérieur, il m'a téléphoné il y a plus d'une semaine, et j'ai localisé une cache possible de là où se trouvait les ravisseurs de mes… collègues. Je lui ai transmis les informations.
-Agent McGee, vous auriez dû…
-J'ai fait ce qui devait être fait, directeur. Pour retrouver mes collègues et laisser le NCIS en dehors des problèmes. Le Mossad avait déjà une équipe à proximité.
-Rentrez chez vous, agent McGee, mais je veux vous voir lundi matin dans mon bureau à la première heure.
-Bien monsieur. »
Bethesda. Deux jours plus tard.
Ziva s'éveilla doucement. Elle ne savait pas trop où elle se trouvait. L'image d'Eli David lui parlant remonta brusquement à sa mémoire avant de disparaitre de nouveau puis se fut celle d'un de ses ravisseurs. Elle manqua sous la panique d'arracher ses perfusions, et après quatre semaines d'horreur, elle n'avait plus aucun repère. Gibbs l'observa, il savait qu'il ne devait pas la toucher, les médecins le lui avaient déconseillé. Il avait été dans une telle rage quand il avait appris que ses deux agents avaient subit des sévices corporels et surtout sexuels. Il avait aussi appris que Ziva était enceinte, mais son état de santé précaire ne leur permettait pas de dater la grossesse avec précision. L'agent senior savait que même si ils étaient rentrés à la maison, ils n'avaient pas traversé tout le chemin vers leurs rétablissements.
« Hé ! »
La jeune femme se fixa immédiatement et parcourra la pièce du regard. Celui-ci se posta sur Gibbs. Elle ferma les yeux et les rouvrit pour être sur qu'il ne s'agissait pas d'un mirage et une larme roula doucement sur sa joue, incapable de la retenir. Elle était enfin sortie de cet enfer.
« Gibbs… Tony ?
-Calme toi, il est dans la chambre d'à coté.
-Je… Je dois le voir, il faut que je le vois. »
Elle arracha brusquement ses perfusions et quitta la chambre pieds nus, seulement vêtue de sa blouse d'hôpital. Il la suivit dans sa panique. Et elle entra brusquement dans la chambre d'à coté, voyant qu'il n'y était pas, elle paniqua avant de courir vers l'autre chambre. Elle stoppa net en voyant le corps immobile de Tony dans les draps blancs du lit. Elle s'approcha et posa ses doigts sur sa carotide pour sentir par elle-même son cœur battre.
« Je te l'avais dit. Maintenant calme toi. »
Retirant sa veste, il voulu lui poser sur les épaules, mais elle recula brusquement mettant de la distance entre eux, reprenant un espace vital indispensable entre elle et le monde. Il avait l'impression d'avoir devant lui un petit enfant terrorisé.
« Du calme. »
Il lui tendit la veste et elle l'enfila prestement en découvrant qu'elle n'était que très peu vêtue. Soudain il se rendit compte que la respiration de la jeune femme était entrain de s'accélérer nettement. Elle était entrain de faire une crise d'angoisse. Mais avant qu'il est eu le temps de faire quoi que ce soit, elle détala, le bouscula et prit la fuite de l'hôpital.
Bureau de Janice Bracco. Un mois plus tard.
Un mois, voilà le temps qu'ils leurs avaient fallu pour commencer à s'en remettre. Entre hurlements, douleurs, médicaments. Mais ils avaient pu progressivement revenir au NCIS, pas pour aller sur le terrain. Il était encore trop tôt pour ça. Ils avaient besoin de nombreuses séances de psy pour être de nouveau opérationnel. Même si parfois plusieurs membres du personnel du NCIS en doutaient clairement. Alors il exécutait le travail de recherche au NCIS pendant que McGee et Gibbs étaient sur le terrain. Parfois, ils leurs arrivaient de partir en plein milieu du travail quand la pression était trop forte. Et tous deux braqués et têtus, refusaient de s'ouvrir à la psychologue.
Installé à sa place, couché sur la banquette, Tony regardait le plafond sans décrocher un mot. Il était mal à l'aise, se sentait exposé, mais il devait être là, on lui avait dit d'aller au rendez vous, on lui avait pas donné l'ordre d'ouvrir la bouche. Il avait vécu l'horreur pourquoi s'humilier un peu plus. Cette femme aux jolis yeux et aux grandes mains… Ziva avait été la voir après la Somalie, elle s'était sentie mieux après… Non il ne pouvait pas. Il n'avait qu'à attendre la fin de l'entretien.
« Écoutez agent DiNozzo, je sais que les séances chez le psy ne sont pas forcement agréable. Mais je dois faire cet entretien si vous voulez garder votre travail…
-Je sais… je sais… je sais… Vous ne savez rien docteur Bracco ! Rien du tout !
En même temps que sa colère, Tony avait sauté sur ses pieds et s'était mis à arpenter la pièce nerveusement.
« Vous ne savez pas ce que c'est que de voir votre compagne se faire violer sous vos yeux ! Vous ne savez pas ce que c'est que de voir tous les jours la pitié dans le regard de l'homme qui partage votre vie, être incapable de le prendre dans vos bras pour lui dire que tout va aller ! Parce que justement rien ne va ! J'ai tout le temps peur… moi ! »
En le voyant ainsi arpenter la pièce, la psychologue comprit aisément qu'elle n'avait pas toutes les données de l'équation, elle savait par leurs séances respectifs depuis l'arrivée de Ziva dans l'équipe que quelque chose se tramait entre les agents David et DiNozzo, mais jusque là, elle n'avait pas comprit qu'il y avait une troisième personne dans l'équation. Et finalement, elle n'était pas si étonnée que ça. Janice sursauta et bondit sur ses pieds quand elle vit l'agent DiNozzo faire tomber de colère les bibelots posés sur le meuble puis d'en voir un traverser la pièce pour heurter la fenêtre à sa gauche, celle-ci éclatant en des milliers d'éclats tout comme la rage du jeune italien.
« Je suis désolé… Je n'aurais pas du…
-Ce n'est pas grave. »
Cette fois, Tony s'avança pour attraper le fauteuil qui faisait face à celui de la jeune femme. Il le recula jusqu'à ce que la distance lui paraisse acceptable et s'installa.
« Je suis vraiment désolé pour les objets… je…
-Ca vous a soulagé ?
-De la colère contre vous, oui. Du reste pas vraiment. »
La porte s'ouvrit brusquement faisant sursauter brusquement l'italien. Celui-ci essaya de ne pas le montrer en paraissant indifférent. Un homme de la sécurité venait d'entrée, la main sur son arme.
« Je suis en entretien !
-Tout va bien ?
-Ai-je l'air d'être en danger ? Alors oui, tout va bien.
L'homme noir, imposant, la carrure d'un rugbyman, regarda la pièce en désordre, les morceaux de verre et débris sur le sol ainsi que la fenêtre cassée.
« Laissez nous.
-Bien madame. »
La jeune femme attendit quelques instants que la pression chez le jeune homme redescende pour reprendre l'entretien.
« Parlez-moi de cet autre homme dans votre vie.
-Vous devez me prendre pour un taré maintenant. Je casse votre bureau et vous voulez que je vous parle de Tim…
-Je n'ai pas de jugement de valeur à faire, mais je suis là pour vous aider à vous sentir mieux. Alors si parler de Tim vous fait du bien. »
Tony hésita quelques instants, McGee… C'était leur jardin secret, mais il préférait clairement parler de leur relation amoureuse plutôt que de la France.
« Ziva et moi, ça a été chaotique au début, oh nous ne manquions pas de sentiments, je suis certain qu'elle m'aime à sa manière, entre nous c'était torride et sulfureux, nous n'étions jamais en panne de complicité mais de douceur oui. Et puis un jour, Ziva et moi avons invité les autres à diner. Juste entre amis, sans arrières pensées. Plus tard dans la soirée, Palmer, Ducky et Abby sont rentrés, il ne restait que McGee, j'avais promis de le ramener mais moi aussi j'avais trop bu… »
TBC
