Disclaimer : Pas à moi

Note : Désolée d'avoir mis aussi longtemps pour uploader le nouveau chapitre mais j'ai eu des problèmes d'ordres médicaux qui m'ont éloignés de l'ordinateur plus longtemps que prévu. Je n'ai même pas pu recontacter ma bêta Nadège, c'est vous dire ! Fort heureusement, j'ai plusieurs chapitres d'avance en stock. Donc, j'espère rattrapper mon retard le plus vite possible. Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 1

Dans le chalet d'altitude de la famille Tyler, Rose se réveilla en sursaut. Les mains agrippées aux draps, la jeune femme se retenait de tomber dans un Void chimérique. A nouveau, elle avait sentie ses mains glissant du levier, son corps aspiré par une force qu'elle ne pouvait combattre et les bras de son père la séparant du Docteur à jamais.

Les larmes coulaient sur son visage sans qu'elle se mit à pleurer. Elle ne rêvait plus. Il n'y avait plus de Void, plus de Pete et plus de Docteur. Une nouvelle fois, la réalité lui fendit le cœur.

Incapable de retrouver le sommeil après cela, elle se leva et se dirigea vers la salle de bain.

La résidence d'été de ses parents comprenait plusieurs étages et la propriété en elle-même s'étendait sur plusieurs hectares. La chambre de Rose se trouvait au premier étage, donnant directement sur une salle de bain personnelle. L'une comme l'autre, les pièces étaient spacieuses comme le reste de l'habitation.

La jeune femme n'avait pas pris la peine de personnaliser les pièces de la maison qui lui étaient réservées. Ici ne lui était pas destiné. Elle n'appartenait pas à cet endroit, à cette réalité. Prendre du temps pour donner le sentiment d'être chez elle, lui semblait inutile. Elle n'avait qu'un seul chez-soi. Dans un autre univers, à l'intérieur du Tardis, auprès du Docteur.

Cela faisait quelques mois désormais que Rose y avait élu résidence. Après avoir enchaîné les missions pour Torchwood, on lui avait -vivement- recommandé de prendre quelques mois de repos, ses supérieurs et son nouveau père s'inquiétant pour sa santé. Elle n'avait pas contesté. Les dernières semaines à l'Institut n'avaient pas été sans peine et son état physique et psychologique s'étaient dégradés. Le terrain l'épuisait et ses nuits ne lui apportaient aucun répit, les cauchemars devenant de plus en plus fréquents, à tel point qu'elle n'osait plus fermer les yeux.

Sa mère s'inquiétait pour elle. La pauvre Jackie n'en pouvait plus de voir rentrer sa fille après des jours d'absence, souvent tuméfiée et complètement épuisée. Elle avait d'ailleurs insisté – à plusieurs reprises – que sa fille s'éloigne de l'Institut, ne serait-ce que pour quelques mois, si ce n'est définitivement. Mais Rose continuait d'éluder la question d'un éventuel repos. Puis un jour, alors que la jeune femme avait failli mourir à la suite d'une énième mission, sa mère somma son mari de retirer Rose du service actif. La dispute qui s'en suivit fut terrible . Les mots fusèrent, les portes claquèrent et les larmes coulèrent .

Après cela, Rose s'était réfugiée dans les montagnes. Elle avait besoin de s'éloigner, de respirer. Elle étouffait à Londres. Seules les missions semblaient la distraire, la rapprocher un peu plus du Docteur et lui donner l'espoir, qu'un jour, elle le retrouverait. Même si son chagrin s'était apaisé avec le temps, les quatre dernières années passées dans ce monde avaient été synonyme de renfermement pour Rose. Bien sûr, son sourire réapparu au fil des mois et ses crises de larmes se tarirent.

Mais la plupart du temps, Rose vivait dans son monde et personne, mis à part sa mère et Mickey, n'arrivait à l'atteindre.

Face au miroir mural positionné au-dessus du lavabo, Rose s'observa . Les cheveux en bataille, sans maquillage, simplement vêtue d'un tee-shirt trop grand pour elle et d'un short, la jeune femme pensa à quel point elle avait l'air misérable. Elle se reconnaissait à peine.

Elle avait encore maigri ces dernières semaines et elle n'était plus que l'ombre d'elle même.

Le renvoi de son image la perturba et sans un autre regard à ce qu'elle était devenue, elle retira ses vêtements pour entrer dans la cabine de douche. L'eau glissa sur son corps et, sous le jet brûlant, elle ferma les yeux. Doucement, elle laissa son esprit revenir vers un monde qui n'appartenait qu'à elle et au Docteur.

Il faisait beau en ce troisième jour d'Ambre. En se rendant ici, le Docteur souhaitait faire oublier à sa compagne les heures difficiles qu'ils avaient vécu, le jour de la mort de son père. Cette dernière n'avait pas bougé de sa chambre après l'incident des Reapers, culpabilisant pour avoir failli causer la fin du monde et la mort du Docteur le même jour.

Après plusieurs tentatives infructueuses, il réussit finalement à la convaincre de venir voir où ils avaient atterri. La lumière des deux soleils éblouit Rose dès qu'elle mit un pied dehors. Quelques minutes lui furent alors nécessaire pour pouvoir distinguer la vallée où le Tardis s'était posé.

En face d'elle se tenait un paysage des plus époustouflants. Les arbres donnaient des teintes turquoises, magenta et émeraudes sur les flancs des montagnes. Au loin dans le ciel, on apercevait les trois lunes en orbite autour de la planète. Une odeur d'herbe fraîchement coupée flottait autour d'eux et il n'y avait pour seul son que celui de l'eau qui coulait dans les torrents passant à travers la vallée.

Rose resta sans voix devant le spectacle qui s'offrait à elle. Et pour la première fois depuis longtemps, un véritable sourire éclaira son visage.

N'y tenant plus, le docteur lui prit doucement la main et lui fit face. De sa main libre, il lui effleura le visage et replaça une mèche blonde derrière son oreille. Finalement, elle se permit de lever les yeux vers lui, accrochant son regard au sien. A travers cet échange silencieux, elle essaya d'exprimer ce que ses propres mots ne semblaient pas pouvoir dire.

Elle s'excusa, se sentant misérable d'avoir été aussi égoïste et imprudente.

Elle le remercia aussi de ne pas l'avoir abandonnée après ces derniers évènements. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi il avait décidé de la garder d'ailleurs. Mais elle lui en était reconnaissante.

Enfin, son expression ambrée déclara l'impensable... Et une larme vint doucement se déposer sur sa joue.

Brutalement, la réalité rattrapa Rose, l'arrachant de sa torpeur et n'y tenant plus, elle cria toute la rage, toute la souffrance et la peine qu'elle avait contenu intérieurement. Son râle de désespoir résonna dans toutes les pièces de la maison. Agenouillée dans la cabine de douche, ses bras enroulant son corps mouillé, les pleurs de la jeune femme vinrent se mêler à l'eau qui tombait toujours sur elle.

Tremblante sous le liquide qui lui mordait la peau, Rose parvint à retrouver un semblant de calme. D'un geste faible et peu assuré, elle coupa l'arrivée d'eau et se releva tant bien que mal pour sortir de l'espace exiguë où elle se trouvait.

Nue, trempée de la tête aux pieds, toujours légèrement vacillante et les yeux rouges, Rose se trouva de nouveau confrontée au miroir mural.

Elle se figea. Toute pensées cohérentes la quittèrent.

Seul le reflet du loup dans le miroir envahit son esprit. Et le monde s'écroula de nouveau.


Voilà pour ce chapitre ! J'aimerai avoir votre avis sur Rose, si vous trouvez que ma représentation de la jeune femme est fidèle au personnage, histoire que je fasse des retouches si nécessaire. Merci d'avance !