Bonsoir à tous,
Deuxième uploade rapide, je suis au travail. Les rar, la prochain fois, promis !
Chapitre 16 : Abandon de soi
Le lendemain, McGonagall faisait les cent pas dans son bureau. La journée avait été catastrophique. Hermione n'était pas venue en cours. Aucun professeur ne l'avait vu. Et c'était de sa faute. Elle avait été odieuse avec son élève, elle le savait. Mais elle ne pouvait pas faire autrement. Quand elle la voyait, elle était prête à perdre tout contrôle, et ça, elle ne le pouvait pas. Oui, elle aimait Hermione, d'un amour profond et sincère. Cependant, ce sentiment n'était pas pour elle. Elle devait seconder Albus dans cette guerre contre Voldemort, et il n'y avait pas de place pour ses états d'âme. Elle devait être forte, et indépendante. Ne jamais faiblir, telle était sa devise. Et si jamais elle devait sortir avec son élève, elle ne serait plus capable d'être aussi implacable.
Elle s'assit à son bureau et soupira. Instinctivement, ses doigts effleurèrent ses lèvres. Le baiser volé il y a plus d'un mois maintenant était encore présent dans sa chair, dans son esprit. Pourquoi Hermione avait-elle fait ça ? Quand elle croisait la préfète dans les couloirs, ou en cours, elle faisait comme si rien ne s'était passé, et elle voyait la douleur et l'incompréhension dans les yeux de sa jeune amie. « Je te hais »… les paroles d'Hermione résonnaient sans cesse dans son esprit. Elle avait tout gâché, mais elle ne pouvait faire autrement. Il fallait arrêter ce jeu, tuer cette relation naissante. Sinon elles seraient perdues toutes deux. Comme elle avait failli se perdre une fois. Ne pas recommencer les erreurs passées, et surtout pas celle-là.
McGonagall quitta son bureau, pour gagner la tour gryffondor. Il était près de dix sept heures, et la plupart des élèves profitaient d'une des dernières belles journées de la saison dans le parc du château. Elle allait lui parler maintenant, régler cette histoire une bonne fois pour toute. Arrivée devant le portrait de la grosse dame, elle donna le mot de passe et pénétra dans l'antre des gryffondor. Elle se dirigea vers les dortoirs des sixièmes années. Elle frappa à la porte de celui des filles, mais personne ne répondit. Elle entra doucement, et remarqua une tête émergeant d'une couette. Elle reconnut aussitôt les cheveux désordonnés de la préfète.
- Qui est-là ? demanda la jeune femme.
- Le professeur McGonagall. Pourrais-je connaître la raison de votre absence à mon cours ?
- Je crois que tu la sais… répondit froidement l'élève. Et arrête ce vouvoiement !
McGonagall respira profondément.
- Hermione, s'il te plaît… Tu sais pourquoi j'agis de cette façon…
- Oui, c'est parce que tu es lâche.
- Pardon ? demanda la directrice, outrée.
Hermione se releva brusquement. Le drap glissa négligemment, faisant apparaître sa poitrine. Le professeur déglutit. Son élève avait une fois de plus dormi sans pyjama.
- Evidemment, il est plus facile de nier la réalité, de fuir, que d'accepter ce qu'on ressent et de le vivre. Tu crois que c'est facile pour moi ? Mais je m'assume pleinement. Alors, ais le même courage que moi. Tu es directrice de Gryffondor, il me semble. Prouve le !
Les yeux de la préfète reflétaient la colère.
- Ose dire que tu ne m'aimes pas… continua la gryffondor en se levant, découvrant ainsi son corps nu.
McGonagall ne bougea pas, hypnotisée par cette vision. Hermione avançait lentement, fixant son professeur du regard.
- Ose le dire…
- Je ne peux pas… murmura Minerva.
La préfète était à présent face à l'animagus.
- Tu ne peux pas quoi ? interrogea la préfète.
- Je ne peux pas t'aimer… répondit McGonagall.
Hermione se colla à elle, et passa sa main derrière la nuque du professeur.
- Repousse-moi, si tu en as le courage.
Minerva ne fit aucun geste. Sa volonté commençait à se fissurer. La jeune gryffondor posa son autre main sur la hanche de la directrice.
- Allez, rejette-moi…
Les deux femmes se fixaient du regard. Dans les yeux de la préfète se reflétait un désir intense.
- Hermione, s'il te plaît…
La jeune femme déposa ses lèvres sur celles de son aînée. Minerva perdit pied, et la dernière barrière de sa volonté implosa. Elle répondit vivement au baiser, enlaçant Hermione, la serrant contre elle. Elles restèrent un long moment à s'embrasser, sans prendre conscience du temps qui passe. Soudain, McGonagall eut un tressaillement. Elle repoussa vivement Hermione et sortit de la pièce sans un regard en arrière. La jeune gryffondor resta un moment, interdite, puis se jeta sur son lit et pleura à chaudes larmes.
Le professeur de métamorphose marchait rapidement dans les couloirs. Elle sortit par la grande porte et, une fois dans le parc, accéléra le pas. L'air frais soufflait sur son visage. Elle se métamorphosa en chat et se mit à courir, sans endroit où aller. Elle ne réfléchissait pas à se qui venait de se passer quelques instants auparavant. Elle voulait oublier, reprendre le contrôle d'elle-même. Elle courut un temps indéfini.
« Dumbledore, tout est de votre faute… »
Elle savait qu'elle avait tort, mais il était plus facile de trouver un responsable que de se dire qu'elle était tombée amoureuse d'une de ses élèves, et pas n'importe laquelle.
Une fois la nuit tombée, Minerva regagna le lac de Poudlard et reprit apparence humaine. Elle était déjà plus calme. Cette course de plusieurs heures lui avait remis les idées en place. Elle avait eu un moment de faiblesse avec Hermione, et elle veillerait à ce que cela ne se renouvelle pas. Tandis qu'elle se dirigeait vers son bureau, elle croisa Dumbledore. Ce dernier avait un visage grave qui ne lui plut pas.
- Professeur McGonagall, puis-je vous parler dans mon bureau, s'il vous plaît ?
Minerva garda un visage impassible et suivit son collègue. Mais au fond d'elle, un malaise s'installa. Le directeur était au courant, allez savoir comment, de tout ce qui se passait dans son école. Il devait forcément savoir ce qui s'était passé avec la préfète de gryffondor. Tout en s'asseyant en face d'Albus, Minerva s'attendait à un belle remontrance.
- Professeur McGonagall, vous savez ce que je pense de la bonne tenue des mœurs dans mon établissement…
- Tout à fait, Dumbledore, répliqua la directrice de Gryffondor.
- Vous savez aussi que j'attache une grande importance aux convenances et à la morale…
Minerva acquiesça sèchement.
« Mais qu'il la crache, sa valda… » pensa-t-elle.
Albus se leva, et commença à faire les cent pas dans son bureau.
- En tant que directeur de cette école, j'ai à cœur la santé physique et le bien-être mental de mes élèves, et je crois que votre comportement de tout à l'heure avec Miss Granger ne correspond en rien à mes valeurs…
- Veuillez m'excuser, mais je…
- Ecoutez-moi Minerva. Je vous connais depuis fort longtemps, et je pense à un égarement de votre part.
- Je vous assure que cela ne se reproduira plus.
- J'espère bien ! Je serai fâché que cette situation se renouvelle. Miss Granger a assez de soucis pour lui en rajouter.
- Je suis d'accord avec vous, mais je n'ai provoqué en rien…
- Nous sommes donc d'accord, Minerva. Plus d'égarement.
- Absolument, Albus.
Le directeur de Poudlard se rassit à son bureau, le regard pétillant de malice.
- Bien, l'incident est clos. Je suis heureux que nous ayons trouvé un arrangement. Allez donc retrouver Miss Granger et prenez donc un peu de bon temps !
- PARDON ? s'exclama McGonagall en faisant un bond hors de son siège.
- Je croyais que nous étions d'accord, Minerva… reprit doucement Albus. Je n'accepterai pas que miss Granger pâtisse de l'attitude désobligeante d'un membre du corps professoral.
- Je pourrais quand même donner mon avis. Après tout il s'agit de moi, tout de même. Et tu te souviens de…
Albus croisa les mains sur son bureau et fixa sa directrice adjointe.
- Bellatrix Black. Je me souviens très bien, mais la situation n'est pas la même, et Hermione n'a rien d'une psychopathe meurtrière. Minerva, ce que je vais te dire va sûrement te paraître mélodramatique et pathétique, mais néanmoins, c'est ce que je pense. Et je te prierai de ne pas m'interrompre. Tu n'as pas eu de relation sérieuse depuis Black, et miss Granger est la personne qu'il te faut. Vous vous ressemblez, mais êtes complémentaires en même temps. Je crois que cette jeune femme pourrait t'apporter beaucoup. Et je sais très bien que tu nourris de forts sentiments envers elle, ajouta-t-il voyant que sa collègue allait l'interrompre. Si tu cherchais de la désapprobation, ce n'est pas chez moi que tu l'auras.
Il s'interrompit un moment, le temps que McGonagall imprime ces paroles.
- Honnêtement, cela serait arrivé à n'importe quel professeur, je n'aurais pas donné mon accord. Mais tu as le droit au bonheur, Minerva, et miss Granger peut te l'apporter. Maintenant, vas la rejoindre immédiatement, sinon c'est une retenue sur ton salaire.
Le professeur de métamorphose acquiesça, se leva et s'approcha de son collègue. Elle lui fit une bise sur la joue et sortit du bureau. Peu sûre de ce qu'elle allait faire et dire, elle se dirigeait vers la salle commune des gryffondor. Devant le portrait de la grosse dame, elle prit une grande inspiration, et pénétra dans l'antre des lions. Personne dans la salle commune. Elle se dirigea vers le dortoir des filles de 6ème année. Ce qu'elle vit la figea d'horreur.
Hermione s'était recouchée. Enfouie sous la couette, elle pleurait toujours. Depuis combien de temps, elle ne le savait pas. Elle voulait juste s'endormir, et se réveiller le lendemain en ayant tout oublié.
- Hermione… chuchota une voix grave.
La préfète sortit la tête et son regard se posa dans celui d'Harry.
- Mais comment es-tu arrivé jusqu'ici ? demanda la préfète en séchant ses yeux.
- N'oublie pas que j'ai un éclair de feu à ma disposition… répondit le gryffondor avec un sourire. Que se passe-t-il, Mione ?
- Rien, ne t'inquiète pas…
- Tu n'es pas allée en cours de la journée. C'est la fin du monde ? Une apocalypse est arrivée ?
- Non, rassure-toi… murmura la préfète.
- Tu as une peine de cœur… reprit le gryffondor en s'asseyant près de son amie.
- On peut dire ça, mais je n'ai pas trop envie d'en parler.
- Je crois que tu as grand besoin de réconfort. Viens dans mes bras virils, puissants et protecteurs.
Hermione ne se le fit pas dire deux fois, et se pelotonna contre son ami. Elle ferma les yeux et posa sa tête contre son torse. Harry caressa doucement les cheveux de son amie, et la berça.
- Ca va mieux ? demanda-t-il.
- Oui, merci Harry.
Hermione se pencha et déposa un court baiser sur ses lèvres.
- N'en prend pas l'habitude… murmura-t-elle à son oreille.
Le jeune homme se mit à rire, mais Hermione déglutit. Harry tourna la tête, et vit le professeur McGonagall. Cette dernière était sur le pas de la porte, et avait l'air anéantie. Hermione se dégagea de son étreinte. Les deux femmes se fixèrent intensément. Le professeur tourna les talons sans mot dire et partit rapidement. Hermione se rhabilla à la hâte et s'apprêtait à sortir quand Harry la retint.
- Mione, tu peux m'expliquer ce qui vient de se passer…
- Harry, je te crois assez intelligent pour comprendre seul. Je dois vraiment y aller. Pas un mot à Ron, je t'en supplie, on se voit demain.
La préfète partit en courant, laissant le survivant abasourdi. Les rouages de son cerveau se mirent en route, et quelques secondes plus tard, il poussa une exclamation. Si il avait bien compris, ils avaient commis une gigantesque erreur. Harry secoua la tête et regagna son dortoir. Rien ne servait de ressasser cela toute la nuit, il aurait plus amples détails demain.
Hermione courrait à en perdre haleine. Où pouvait-elle bien être ? Minerva n'était pas dans ses appartements, ni dans la grande salle, et encore moins dans la bibliothèque. La préfète s'arrêta un instant pour réfléchir. Le professeur McGonagall était une personne calme et posée. Elle finirait bien par rentrer chez elle. Hermione retourna sur ses pas, et se mit à attendre devant la porte de sa directrice de maison. Deux heures se passèrent. Hermione pria intérieurement pour ne pas tomber sur Rusard. Finalement, vers minuit, une ombre se dessina au loin. La préfète sentit son cœur rater un battement. Minerva avançait tranquillement. Apparemment, elle ne l'avait pas encore vu. Son intuition se justifia quand le professeur marqua un temps d'arrêt. Elles se toisaient du regard.
- Minerva… commença Hermione en faisant un pas vers elle.
- Que faite-vous encore debout à cette heure là, miss Granger ? demanda froidement McGonagall.
- Je crois que je te dois une explication…
- Je n'ai besoin d'aucune explication. Tout est très clair. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit…
La jeune femme lui barra négligemment le passage.
- Nous devons discuter, répliqua froidement la préfète.
- Bien, vous avez exactement cinq minutes. Pas une de plus.
- Je préfèrerai le faire à l'abri des oreilles indiscrètes, si ça ne te dérange pas.
Minerva soupira, et fit entrer son élève. Le professeur resta debout, contre la porte, les bras croisés, jetant un regard appuyé à sa montre. Hermione s'assit sur le lit et inspira profondément.
- Ce n'est pas du tout ce que tu crois… murmura la préfète.
- Et que savez-vous de mes croyances ?
- Je sais que tu es comme Saint-Thomas, et que tu ne crois que ce que tu vois. Ne pense pas que je me suis jetée dans les bras d'Harry…
- Ce que vous faîtes avec Potter ne me concerne pas.
- Minerva… Il me consolait juste. Et je l'ai remercié, c'est tout.
- Et vous remerciez tous vos amis de la même façon ?
La jeune femme se mit à sourire.
- Tu me fais une crise de jalousie ? demanda-t-elle avec malice.
- Ne dîtes pas de bêtise, Granger…
- Mais enfin…
- Vos cinq minutes sont écoulées. Bonne nuit.
- Non.
- Dehors.
- Pas sans un baiser.
- Tu te fiches de moi ? demanda sèchement Minerva.
- Chassez le naturel, il revient au galop. Je ne partirai pas avant que tu ne fasses le premier pas.
McGonagall allait répliquer quelque chose de cinglant, mais se ravisa. Elle se souvenait des paroles de Dumbledore et se dit que la jeune femme devait être sincère pour être ici à cette heure avancée de la nuit. Elle prit son courage gryffondoresque à deux mains et s'approcha doucement de la préfète. Cette dernière fit un pas en avant pour précipiter l'étreinte. Minerva posa ses mains sur les hanches d'Hermione et déposa ses lèvres sur celle de son élève. La préfète passa ses bras autour du cou de la directrice adjointe et approfondit le baiser. Quand elles se séparèrent à bout de souffle, les deux femmes sourirent.
- Combien de points pour gryffondor ? demanda la sixième année en riant.
- Hermione ! s'offusqua Minerva.
- Est-ce que je peux passer la nuit avec toi ? murmura sérieusement la préfète.
McGonagall resta songeuse un moment.
- Demain, c'est samedi, je ne pense pas qu'Albus m'en voudra. Tu as un pyjama ?
Hermione retira sa robe de chambre. Il n'y avait rien en dessous. Minerva resta interdite.
- Je n'en aurais pas besoin… dit sensuellement la gryffondor en se glissant sous les draps.
Le professeur sourit, et disparut dans la salle de bain pour se changer. Quelques minutes plus tard, elle rejoignit son élève sous les draps. La jeune femme fut déçue de voir que Minerva avait passé une longue chemise. Mais la gryffondor se blottit dans les bras de son amante et posa un baiser sur ses lèvres.
- Je te préviens Hermione… commença Minerva.
- Ne t'inquiète pas, jamais le premier soir… murmura la jeune femme.
Le professeur feint l'air étonné.
- Je te préviens, si tu ronfles, tu retournes dans ton dortoir ! répliqua la directrice adjointe avec un petit sourire.
Hermione devint rouge et balbutia quelques phrases d'excuses pitoyables, ce qui fit rire Minerva.
- Bonne nuit Hermione, fais de beaux rêves.
- Quand je suis dans tes bras, c'est toujours le cas.
Le professeur embrassa son élève et éteignit la lumière.
La préfète jura contre elle. Que lui avait-il prit de dire ça ? Jamais le premier soir… Maintenant, elle allait passer pour une obsédée, elle qui était vierge ! Une bouffée d'angoisse monta en elle. Comment allait-elle réagir au moment crucial. Elle était complètement inexpérimentée, et Minerva avait dû vivre des instants inoubliables dans les bras de ses anciennes compagnes. A coup sûr, elle serait ridicule et pathétique. Allait-elle réussir à donner du plaisir à la femme qu'elle aimait ? Elle n'avait aucune idée de la manière de procéder. A vrai dire, elle ne s'était jamais intéressée au sexe.
- Hermione, il y a quelque chose qui te préoccupe ? murmura McGonagall à l'oreille de son élève.
La préfète eut un frisson agréable en sentant le souffle de Minerva dans son cou.
- Non, ne t'inquiète pas… Je pensais juste à… Rien, ce n'est pas important.
- Tu me mens…
- En fait, je m'inquiétais pour… Pas vraiment inquiète, mais angoissée. Non, c'est pas ça. Je me posais juste des questions sur, comment dire… la partie physique de la relation.
- Je vois…
Le professeur regarda tendrement son élève et lui caressa les cheveux. Hermione, nerveuse, se détendit légèrement.
- Ecoute. Ne te préoccupe pas de cela, nous aviserons le moment voulu. Avec toi, je veux prendre mon temps. Dès que tu es prête, dis le moi. Mais surtout, ne te sens pas obligée de le faire pour mon plaisir. Il ne faut rien précipiter. La première fois est importante, et je veux que ce soit un moment inoubliable pour toi.
- Merci… murmura Hermione, rassurée.
- Maintenant, dors ! gronda la directrice adjointe.
L'élève retint un rire, et ferma les yeux. Elle ne tarda pas à s'endormir, rejoignant son professeur dans les bras de morphée.
Une petite review pour l'auteur ? Bisous et à bientôt
