Bonjour tout le monde,

Vous ne rêvez pas, voici un nouveau chapitre. Après des mois de soucis de déménagement et autres dont je passerai les ennuyeux détails, je me remets à écrire et uploader. Bref, voici la suite.


Chapitre 26 : Hole in my soul

Le professeur de métamorphose avançait doucement vers son amante. Hermione recula jusqu'à sentir le mur froid de l'infirmerie dans son dos. Elle ferma les yeux et des souvenirs des actes de Bellatrix envahissaient son esprit. Elle frissonna de terreur, avant de se reprendre. Tout était fini maintenant, elle était en sécurité à Poudlard. Du moins, elle l'espérait. Elle voulait regagner son lit, enfouir sa tête dans l'oreiller et s'endormir, mais Minerva était devant elle, dans l'attente d'une réponse. Hermione n'avait pas le courage de contourner son professeur. Elle se laissa glisser le long du mur, releva ses genoux contre son torse et cacha sa tête dans ses bras. Elle tenta de retenir ses larmes le plus longtemps, mais elle se mit à pleurer silencieusement. Elle avait mal, elle voulait que tout cela sorte. Mais comment faire ?

Minerva regardait avec tristesse son élève s'effondrer à terre. Elle voyait les épaules de la jeune femme se soulevait rapidement et comprit qu'elle craquait moralement. Elle s'approcha doucement à côté d'Hermione et prit soin de ne pas la toucher. Il fallait lui laisser faire le premier pas.

- Hermione… Regarde-moi…

- Je ne peux pas…

- Ma chérie, s'il te plaît…

Les pleurs de la gryffondor redoublèrent. Elle bougea légèrement, pour sentir le corps de McGonagall contre elle. Le professeur passa un bras autour des épaules de la préfète et l'attira contre elle. La directrice adjointe attrapa délicatement le menton de la jeune femme et le releva doucement. Leurs regards se croisèrent enfin. Hermione tourna rapidement la tête, honteuse. Mais ce laps de temps avait suffi. Minerva, sans en connaître la teneur exacte, savait que la préfète avait subi un véritable martyre. Elle sentait la colère, la haine l'envahir, mais la refoula rapidement. Ce n'était pas le temps de la vengeance, mais de l'écoute.

- Puis-je prendre une douche ? murmura Hermione en séchant ses larmes.

- Bien sûr… Je t'accompagne à la salle de bain des préfets…

- Je préfère aller chez toi, si ça ne te dérange pas…

- Absolument pas.

McGonagall aida la jeune femme à se lever, prit ses affaires et elles quittèrent l'infirmerie silencieusement. Pendant le trajet jusqu'aux appartements de la directrice de gryffondor, aucun mots ne furent échangés. Hermione s'emprisonnait dans un mutisme inquiétant. Arrivées dans le salon, Minerva passa à son amante un peignoir, ainsi qu'un pyjama bien chaud. La préfète s'enferma dans la salle de bain, chose inhabituelle. Minerva s'assit sur le canapé du salon et invoqua une tasse de thé qu'elle but lentement.

Hermione fit couler de l'eau quasi brûlante. Elle se détendit au contact de l'eau, mais pour une courte durée. Des images de Bellatrix abusant d'elle envahirent son esprit et elle commença à frotter violemment sa peau, comme si cela pouvait faire oublier ce qui s'était passé. Elle avait beau frotté de plus en plus fort, à en faire rougir sa peau, la sensation ne partait pas. Elle s'assit dans la douche, et laissa libre au cours aux larmes qui coulaient à présent sur ses joues.

Hermione n'était toujours pas sortie de la salle de bain. Ca faisait 25 minutes qu'elle était enfermée dans cette pièce, et l'eau coulait toujours.

- Elle a un problème… murmura Minerva pour elle-même.

Elle attrapa vivement sa baguette et ouvrit la porte d'un alohomora. Elle se précipita dans la salle d'eau et son cœur rata un battement quand elle trouva son amante assise dans la cabine de douche, pleurant toutes les larmes de son corps, récurant sa peau à présent couleur brique. Minerva arrêta rapidement l'eau et enveloppa la jeune femme dans une serviette. Elle la souleva et la porta dans le salon. Hermione n'avait aucune réaction, le professeur ayant l'impression de portée une poupée de chiffon. Elle installa confortablement la préfète sur le canapé et la sécha doucement. Son regard s'arrêta sous le sein droit de la gryffondor et elle fut saisie d'horreur. Un suçon, la marque de fabrique de Lestrange. Minerva continua son inspection. Elle trouva d'autres marques semblables sur tout le corps de son élève.

- Maintenant, tu sais… murmura la jeune femme d'une voix faible.

- Hermione…

- Si les mangemorts sont venus dans cette boîte de nuit, c'est pour faire connaître au monde moldu leur existence. Mais nous avons contrecarré leur plan. Lestrange me l'a fait payer…

Elle s'interrompit un instant, cherchant ses mots.

- Elle a abusé de moi… deux fois. Et le pire, c'est que je ne voulais pas, j'avais envie de la frapper, de la rejeter, mais mon corps appréciait ce qu'elle faisait…

McGonagall s'assit à côté d'Hermione et la prit dans ses bras.

- Je voulais que tout s'arrête, je voulais mourir. Elle m'insultait tandis qu'elle me faisait toutes ses choses infâmes… Et ça lui procurait du plaisir, la garce… Elle disait qu'elle faisait ça pour se venger de toi.

Le professeur ferma les yeux un court instant.

- Je ne la crois pas. Elle n'avait pas besoin de prétexte. Je… je l'attirai, ça se voyait dans son regard, malgré ce qu'elle pouvait raconter. La première fois, quand elle m'a laissé, j'ai pleuré de soulagement. Je pensais que c'était fini, qu'on allait m'interroger, puis me tuer. J'aurai préféré… Mais elle est revenue, et elle a recommencé, et mon corps en redemandait alors que je voulais vomir de dégoût…

Hermione se remit à pleurer.

- Comment peux-tu rester avec moi après ça, Minerva ? Je me déteste…

Minerva ferma doucement la porte de la chambre et soupira. Hermione avait fini par s'endormir, aidée par une potion de sommeil sans rêve. La directrice adjointe serra les poings et quitta ses appartements, pour le bureau du professeur Dumbledore. Ce dernier discutait avec Cornélius Fudge. Apparemment, le ministre venait de voir le souvenir d'Harry et riait encore. Minerva eut un frisson de dégoût.

- Professeur McGonagall ! s'exclama-t-il, joyeux. Venez avec nous profiter de la déconfiture de Vous Savez Qui !

Minerva ressentit une vaste colère. Elle s'approcha du bureau de son collègue et abattit sa main violemment sur la surface en bois.

- Pendant que vous riez comme des bossus, il y a une folle dans la nature qui martyrise les élèves ! dit-elle durement.

Toute hilarité disparut. Fudge, gêné, se dandinait sur un pied. Dumbledore regarda sa collègue, inquiet.

- Que voulez vous dire, Minerva ?

- Je vous rappelle que miss Granger a été torturé par Voldemort. Ce qu'elle n'a pas précisé, c'est qu'elle avait été violée deux fois avant par Bellatrix Lestrange. Elle est dans un état physique et psychologique déplorable, et vous n'en avez rien à faire !

- Personne n'a dit cela… répondit le directeur en se levant. Cornélius, préparez-vous au pire. Je pense que Voldemort va bientôt se manifester.

- Certes. Bonne journée, Dumbledore. Je vous recontacterai si il y a du nouveau.

Le ministre de la magie sortit du bureau sous le regard dédaigneux du professeur McGonagall.

- Pouvez-vous m'emmener voir miss Granger ?

- Elle vient de s'endormir. Je ne préfère pas la réveiller.

- Bien… Savez-vous ce qu'elle a fait de la baguette de Voldemort ?

- Elle est dans mon salon. Vous la voulez ?

- Je vous suis…

Les deux professeurs quittèrent la pièce et se dirigèrent vers les appartements de la directrice adjointe. Une fois sur place, Dumbledore fit tourner la baguette du lord Noir dans ses mains.

- Si Harry était prêt, on aurait pu en profiter… Je vais accélérer sa formation… murmura le directeur. Il faut absolument conserver cette baguette. Sans elle, une partie de sa puissance s'effondre…

Des hurlements provenant de la chambre interrompirent Albus. Les deux professeurs se précipitèrent dans la pièce d'à côté dans laquelle Hermione s'agitait, en proie à un cauchemar. Minerva la prit dans ses bras et la réveilla doucement. La gryffondor ouvrit les yeux, complètement paniquée et, dans un mouvement instinctif, elle repoussa violemment son amante. Quand Hermione vit la douleur dans les yeux de Minerva, elle eut le cœur brisé.

- Je… Excuse-moi… Je ne voulais pas.

- Albus, je vous laisse, murmura McGonagall en quittant la chambre.

Une fois dans le salon, elle donna un coup de poing rageur dans le mur. Du sang coulait le long de ses doigts, mais elle ne s'en souciait pas. Elle voulait tuer Bellatrix, sur le champ. Lui faire payer chacune de ses actions. Elle s'assit à son bureau, attrapa une plume et un parchemin, et se mit à rédiger quelques mots : « Choisis le lieu et l'heure de ta mort… »

Elle se dirigea rapidement vers la volière de l'école, et fit partir sur le champ un hibou noir. Elle retourna dans ses appartements et tourna en rond. Albus sortit de la chambre, l'air triste.

- Elle s'est rendormie. Elle est sous le choc… J'ai pénétré son esprit, et cela est compréhensible. Vous serez d'accord avec moi, il ne faut pas qu'elle quitte le lit avant deux jours.

- Tout à fait…

Dumbledore prit congé de sa collègue, et cette dernière se laissa tomber sur un fauteuil. Elle regarda la fenêtre pendant deux ou trois heures, quand le hibou revint avec une réponse. Minerva bondit hors du siège et déplia le message accroché à la patte du volatile. Après lecture, elle balança le parchemin jauni, attrapa sa baguette et quitta rapidement ses appartements.


A bientôt,

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