La suite, courte mais au moins ça me donne l'impression d'avancer rapidement :)
J'ai la flemme de me relire (j'ai écris tout d'un bloc jusqu'à ce que j'en ai assez), alors dites moi franchement ce que vous en pensez, laissez vos impressions, critiques, etc!
Bonne lecture!
"Je n'ai pas envie d'en parler, Wilson. Je me fous de connaître ses raisons. J'ai subi ça depuis trop longtemps. Même si je l'aime... Je n'ai pas envie de l'entendre m'asséner des atrocités sans réagir."
Wilson soupira et étira ses jambes un peu raidies. Un peu plus tôt ce jour-là, House l'avait appelé, laconique et de très mauvaise humeur, pour qu'il vienne le chercher là où il se trouvait, sur un parking d'un obscur supermarché. Comme à son habitude, Wilson l'avait soumis à un interrogatoire serré; comme à son habitude, House l'avait envoyé paître. En se rendant chez Cuddy, bien décidé à découvrir de quoi il retournait, il avait trouvé une Cuddy effondrée, mais malgré tout très digne.
"Que s'est-il passé? avait-il demandé, se retenant d'ajouter "encore"."
Elle n'avait pas envie d'en parler. Comme c'était surprenant!
"House... commença-t-il, hésitant. Il est..."
Il but une gorgée de l'orangeade que lui avait servie Cuddy pour trouver la meilleure formulation possible pour exprimer ce qu'il ressentait.
"Il est comme un lion qu'on pense avoir dompté. Il dort, et quand on s'y attend plus, il mord, il blesse. C'est dans sa nature. Et penser qu'il peut changer, c'est aller au contraire de ce qu'il est.
Cuddy ricana.
"Et moi alors, je suis quoi dans tout ça? Sa lionne? Tout juste bonne à rapporter de la nourriture et s'occuper des lionceaux?"
Elle enleva un reste de vernis rouge qui était resté sur son ongle. Wilson jugea prudent de garder le silence.
"Après tout, peut être que vous avez raison. Il ne changera jamais. Mais je dois veiller sur ma famille. Je ne veux pas que Rachel grandisse en étant constamment rejetée, repoussée. Ce n'est pas ce qu'elle mérite.
-House vous dirait que ce qu'on a n'a rien à voir avec ce que l'on mérite.
-C'est à moi de décider de ce que Rachel aura! Dans quel univers elle grandira! House n'est pas... Ce n'est qu'une bête féroce, fit-elle en riant doucement, repensant à l'image du lion."
Wilson se pencha vers elle.
"Vous souhaitez donc que votre fille grandisse sans père, entourées d'hommes qui vont et viennent au grès de vos aventures? Ca ne sert à rien de vous voiler la face, Lisa. House n'est sûrement pas parfait, mais c'est lui que vous aimez."
Cuddy resta silencieuse.
Elle se leva brusquement.
"Il est temps que vous y alliez, Wilson. Merci d'être venu, mais j'ai besoin d'être un peu seule."
Elle l'embrassa doucement sur la joue.
"Votre petit discours était juste, mais il est hors de question que House reprenne sa place dans ma vie sans qu'il me prouve qu'il regrette sincèrement qu'il regrette ce qu'il a dit."
"Voilà ce qu'elle m'a dit. Tout ce que tu as à faire, House, c'est de t'excuser, de montrer un peu de remords."
Wilson observa son meilleur ami, les sourcils froncés et les yeux plongés dans son verre de bourbon.
"Ce que j'ai dit était vrai.
-Non, House, c'était injuste et tu le sais bien.
-Ce qui n'empêche pas ce que j'ai dit d'être vrai."
Wilson se passa une main dans les cheveux, désespéré par l'esprit buté de son ami.
"Pour l'amour de Dieu, House, pourquoi n'as-tu pas fait ce que t fais le mieux: mentir ou te taire?
-J'en sais rien. J'étais peut être de mauvaise humeur. Me souviens plus.
-Tu lui as dit qu'elle était faible. Elle est tout sauf faible!
-Avec sa mère, si.
-Comme si tu ne l'étais pas avec ta propre mère!"
House ferma brièvement les yeux. Touché.
« C'est juste que… »
Il resta silencieux pendant quelques minutes.
"Cuddy... Elle est censée être la plus forte d'entre nous, tu vois? La tigresse, la directrice d'hôpital! Et si elle commence à faiblir, alors... Je ne sais pas combien de temps je tiendrai."
Wilson en resta bouche bée, House lui faisait là de bien étranges confidences!
"Alors... Ca m'a fait peur, qu'elle ne tienne pas tête à sa mère, et tu sais bien comment je suis quand j'ai peur: je me mets en colère."
Wilson le dévisagea, perplexe. Quelque chose clochait. Cela ne ressemblait pas à House de se livrer, de son plein gré. Il capta la lueur amusée dans les yeux de son ami.
"Avoue, tu y a cru hein, à mon petit speech? Plutôt convaincant, nan? Mélo à souhait, et pathétique en diable!
-House! Tu ne pourrais pas être sérieux, pour une fois?
-Il est temps que tu partes, Jimmy.
-House... soupira-t-il. Va t'excuser. Tu vas la perdre, et tu le regretteras.
-Mes reproches étaient justes et fondées!
-Dans ce cas... Tout le monde ment. Dis que tu regrettes ce que tu as dit."
Il partit en claquant la porte, agacé par l'obstination de House.
Cuddy poussa Rachel à l'intérieur de la maison, un panier contenant son goûter dans une main et ses clés dans l'autre. Cela faisait exactement 24h qu'elle avait abandonné House sur le parking, non sans une certaine satisfaction. Si elle était toujours en colère, elle devait bien avouer qu'il lui manquait. Mais elle n'irait pas se jeter à ses pieds, ça, jamais.
Rachel se précipita dans le salon et entreprit d'empiler ses cubes avec fracas. Cuddy sourit, attendrie, puis elle écouta les messages que contenait son répondeur qui clignotait silencieusement.
"Allô, Lisa, ici Mme House."
Cuddy se figea. La mère de House.
"Voilà, j'appelle pour savoir si vous viendriez pour le week-end un de ces jours avec Greg et ma petite-fille!"
Sa petite-fille?
"Ca me ferait plaisir de vous voir tous les trois, avant de..."
Une quinte de toux interrompit la voix qui s'élevait du téléphone et Cuddy se rendit soudainement compte que la mère de House semblait épuisée et triste.
"Bref, reprit l'enregistrement, j'attends que vous rappeliez! Au revoir!"
Blythe House n'était donc pas au courant de la dispute. Ce n'était pas étonnant. House n'appelait sa mère qu'une ou deux fois par an, et ce n'était certainement pas lui qu'il l'aurait mis au courant d'un quelconque problème dans sa vie sentimentale.
Cuddy attrapa le téléphone. Elle s'entendait bien avec la mère de House. Elle était exactement le genre de mère qu'elle aurait rêvé d'avoir: douce, drôle, attentionnée. Elle composa le numéro, comptant les sonneries. Au bout de douze, le répondeur s'enclencha. Elle haussa les épaules; Mme House devait être sortie.
Elle posa ses clés et se rendit au salon. Rachel leva les yeux vers elle et demanda de sa petite voix:
"Maman, où il est Greg?"
Cette simple question lui tordit le cœur.
"Oui, murmura-t-elle, où es-tu, Greg?"
TBC! ;P
Alors?
