Je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout ce chapitre. Mais j'ai envie de finir cette fic, alors je poste quand même ;)

Dites moi ce que vous en pensez, please!

Bises :)


La nuit ne fut d'aucun conseil. Elle ne fut pas même apaisante.

«J'aurais dû lui dire au revoir ! Tu avais raison, ajouta-t-il comme si cela lui fendait le cœur de l'admettre. »

Elle soupira.

« Tu ne pouvais pas savoir.

-J'aurais dû. Je savais bien qu'elle trop faible pour survivre plus de quelques jours. Et maintenant... »

House posa les yeux sur le corps inerte de sa mère qui reposait paisiblement dans son cercueil. L'enterrement aurait lieu dans quelques heures, et l'assistance, après avoir défilé devant le cercueil avait laissé Cuddy et House seuls dans la chapelle.

« Tu sais... C'était ta mère. Elle n'avait pas besoin de t'entendre lui dire que tu l'aimais... Elle le savait. »

Il haussa les épaules.

« Peut être. »

Cuddy savait qu'il souffrait, malgré tout ses efforts pour cacher sa peine sous des tonnes d'amertume. Elle le savait et ignorait quoi faire pour le soulager. Depuis l'arrêt cardiaque et tous les efforts de House pour le faire repartir, ils ne s'étaient pas réellement parlé. Elle eut une moue désolée.

« Nos relations ont toujours été placées entre parenthèses. Il n'y avait que mon père, que lui, toujours lui, entre nous deux ! Et ma mère... Je suppose qu'elle ne voulait rien faire pour lui déplaire. Elle ne faisait jamais rien, en fait.

-Tu exagères... souffla Cuddy. Elle t'aimait... répéta-t-elle encore. »

House ne répondit rien. Il était clair qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'elle avait dit. Cuddy pressa le bras de son compagnon et le tira hors de sa contemplation douloureuse.

« Allez, viens, Greg. »

Elle vit clairement une larme s'écraser sur le tapis. Elle se convainquit que ce n'était rien. House ne pleurait jamais. Elle préférait nier sa souffrance plutôt qu'admettre que sa présence n'apaisait en rien sa souffrance. Elle l'entraîna hors de la chapelle en hâte.

Il serra les dents tout le long de la cérémonie. Le cercueil était maintenant refermé, mais le simple fait de connaître son contenu lui faisait monter les larmes aux yeux. Sa gorge était douloureuse à force de contenir ses pleurs. Il se sentait comme un gamin qu'on vient de talocher et qui tente de ne pas éclater en sanglots.

Il sentait les regards de son équipe, de Wilson, des amis de la famille fixés sur lui et il se demanda brièvement ce qu'il attendait de lui. Guettaient-ils le moment où il verserait une larme ? Il serra les dents encore plus fort et pria pour ne pas se briser la mâchoire. Il aperçut dans l'assistance celui qu'il savait être son père biologique et l'évalua mentalement, plus pour distraire sa douleur que par réel intérêt. Assez beau, dans le genre vieux bellâtre. House se surprit à se demander s'il savait seulement qu'il était son fils. Il capta un instant son regard et il sut. Le vieux avait honte. Honte de lui. Honte d'avoir pu baiser sa mère sans mettre de capote, se dit House avec colère. Il serra les poings et sentit aussitôt le regard mi-inquiet mi-interrogateur de Cuddy sur lui. Il se força à se détendre et reporta son attention sur le discours larmoyant d'un prêtre qui n'avait selon toute vraisemblance jamais connu sa mère.

Le reste de la cérémonie fut expédiée en un quart d'heure, et toute l'assemblée se retrouva sous un ciel d'un bleu écœurant. House fixa le gazon lorsque le cercueil fut descendu dans la tombe. Il entendit vaguement la voix de Wilson et sa main lui tapoter l'épaule, sentit la main de Cuddy dans la sienne.

Il fut sorti de ses pensées par la voix de cette dernière.

« Tu veux que je te laisse seul ? »

Il hésita, ne voulant pas la blesser. Il n'avait pas oublié qu'avant l'hospitalisation de sa mère, il lui avait dit des choses qu'il préférait oublier et qu'elle l'avait planté sur le parking du supermarché.

« Juste deux minutes, s'il te plaît, dit-il doucement en serra un peu plus sa main dans la sienne. »

Elle acquiesça et s'éloigna de quelques mètres, tenant Rachel par la main. Il les observa songeusement. Elles formaient réellement un tableau touchant. Il ne voulait pa les perdre. Il savait que tôt ou tard, Cuddy repenserait à ce qu'il lui avait dit et qu'elle partirait. Il ne voulait pas compter sur sa pitié pour rester.

Il observa quelques minutes la pierre tombale, sentant une vague de tranquillité l'emporter. La douleur était toujours là, quelque part, mais il savait qu'elle l'habitait et le rendait, d'une certaine manière, plus fort.

Il sentit un choc contre sa jambe. Rachel s'était jeté contre lui et lui enserrait la jambe droite. Il vacilla quelques secondes avant de retrouver sa stabilité. Il sourit à la petite fille qui le regardait d'un air grave.

« Elle est morte, ta maman ?

-Oui, Rachel. Elle est morte.

-Tu es triste ?

-Oui. »

Elle fronça les sourcils.

« Alors pourquoi tu pleures pas ?

-Quoi, on ne peut pas être triste sans pleurer ?

-Bah, non, répondit-elle, déterminée. Dans les dessins animés à la maison, quand quelqu'un meurt tout le monde pleure !

-Et tu nous fais des rimes en plus ! »

Elle le regarda sans comprendre.

« Laisse tomber. Tu vois, je ne pleure pas parce que j'ai ta maman et toi, avec moi.

-Alors tu vas encore venir pour dîner et regarder un film et dormir dans le lit de maman ?

-Oui, si ta maman veut bien. »

Rachel se tourna vers sa mère qui était restée en retrait.

« Maman ! Greg vient à la maison ce soir ? »

Cuddy eut un sourire.

« Bien sûr. »

Ces deux simples mots amenèrent un large sourire sur le visage de House. Il avait une chance de se racheter. Il avait encore une chance de la regagner.

TBC.