Bonjour à tous !

Suite aux reviews reçues, j'ai décidé de faire une suite. J'y avais déjà pensé avant, mais j'avais décidé de laisser seulement en OS. Le manque de nouveaux épisodes d'NCIS à regarder, combiné au manque de Tiva et aux reviews m'a donné envie de faire une suite... Vous me direz ce que vous en pensez ! (La fin est guimauve à souhait.)

Bonne lecture, et merci pour vos reviews !


POV TONY

Hier soir, après son mariage, je ne suis pas rentré chez moi. J'ai traîné dans les rues, au hasard, jusqu'à tomber de fatigue dans une ruelle miteuse au beau milieu de la nuit. Quand je me suis réveillé, le dos endolori, et l'esprit pire encore, le soleil était déjà haut dans le ciel. Et je vagabonde encore, tout l'après-midi, les mains fourrées dans les poches. Je ne compte pas retourner au NCIS. En laissant un message à Gibbs, j'ai pris quelques jours dans la pile de congés qui me revenaient de droit. Je n'ai pas envie de retourner là-bas. L'isolement m'est nécessaire. Je n'ai pas envie d'affronter leurs regards pleins de pitié. Je n'ai pas envie de la voir. Je ne veux voir personne. Personne ne peut comprendre. Même moi je ne comprends pas, pourquoi j'agis comme ça. Mon comportement me semble excessif, et surfait. Je ne devrais pas me mettre dans cet état pour elle.

La journée touche à sa fin. Je passe devant la vitrine d'un magasin, et regarde avec dégoût mon reflet pitoyable dans la surface réfléchissante. Une barbe naissante me donne l'air d'un débraillé, de profondes cernes marquent mon visage. Mes cheveux sont ébouriffés, ma chemise est sale. Je m'arrache à cette image inhabituelle de moi-même. Et je continue de marcher. Lentement. Je n'ai nulle part ou aller. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi, il ne fait pas encore nuit. Je n'ai plus envie de rentrer chez moi.

Pris d'un élan soudain, je bifurque à droite de l'avenue que j'étais en train de longer. Je me dirige vers le siège du NCIS. Je ne compte pas rentrer à l'intérieur du bâtiment. Je compte monter au sommet, à l'air libre. Je ne sais quelle partie de mon cerveau pousse mes jambes à gravir ces escaliers de fers, qui grimpent le long du mur de briques, mais je sais que ce n'est pas la part de moi la plus rationnelle.

Arrivé sur le toit du bâtiment, je m'approche du bord, réalisant à peine ce que je suis en train de faire. Je grimpe sur le rebord, calant mes deux pieds de façons à tenir face au vent, qui souffle de plus en plus fort. Que suis-je venu chercher ici ? Des réponses ? Des explications ? Mais de la part de qui ? Je suis tout seul. Et je ne veux plus être une épave, je ne veux plus regretter autant. Je ne devrais pas la blâmer elle. S'il y a quelqu'un à blâmer, c'est moi. Je ne la blâmerai pas. Ziva semblait heureuse, l'autre jour. Je ne peux pas lui reprocher de l'être.

Je regarde en bas. Les voitures qui roulent sur l'asphalte, les piétons qui marchent, pressés. Et je me demande pourquoi je risque ma vie pour elle. Je me rend compte que je lui voue un amour qui se rapproche de la folie. Un amour insensé. Je le savais inconsciemment. Mais aujourd'hui, le regret est pire que d'habitude. Omniprésent. Tout ce que j'ai accumulé me revient en pleine face. Et c'est ce qui va causer ma perte, toutes ces années de retenues, et de silences.

Je ne savais pas que l'amour pouvait faire si mal. J'aurais préféré ne pas savoir d'ailleurs. Est-ce que je peux encore appeler ça de l'amour ? Parce que j'ai l'impression que seule ma haine envers elle dicte mes actes. Je la hais parce qu'elle l'a choisi, lui. Je la hais parce qu'elle a l'air d'être heureuse. Je la hais parce que je m'apprête à foutre ma vie en l'air pour elle. Je la hais de ne pas m'aimer. Je la hais parce que je l'aime beaucoup trop. Et je me hais aussi, moi, de n'avoir rien tenté. Et de m'être tu durant tout ce temps.

C'est sûrement stupide et lâche, ce que je suis en train de faire. Complètement fou, même. Il y en a qui vont m'en vouloir. Comme Gibbs, Abby, ou McGee. Mais pas elle. Pas Ziva. Sûrement pas. J'enrageai à cette idée. Elle n'en a rien à faire de moi. Il me suffisait de partir pour la laisser vivre. Peut être qu'elle vivra avec ma mort sur la conscience, et qu'elle souffrira un peu. Mais probablement jamais comme moi je souffre en ce moment. Je ne peux pas m'empêcher de penser encore une fois, que c'est vraiment absurde, la position dans laquelle je me trouve. Elle n'avait jamais été à moi. C'est absurde, oui, car j'agis comme un mari que sa femme aurait quitté pour un autre. Je réagis comme si elle m'avait appartenu, et était partie. Je sais que c'est entièrement faux, et que ça n'arrivera jamais.

Las, et fatigué, je regarde toujours le vide. Et je me demande si on sent la mort arriver, si la chute paraît plus longue qu'elle n'en a l'air, si on a mal une fraction de seconde avant de s'éteindre définitivement. J'aurais aimé la voir une dernière fois avant de mourir. Mais c'est trop tard. Même si je ne suis pas sûr de mon choix. Qui peut être résigné à mourir alors qu'il a encore une bonne partie de la vie devant soi ? Peut être, seulement ceux qui ont l'impression de ne plus rien avoir. D'avoir tout perdu.

Je me rappelle du visage de Ziva. Les meilleurs souvenirs que j'en ai. Elle est en train de rire, ou elle en train de me sourire, de me regarder. Peut importe l'instant, du moment que c'est un souvenir heureux. J'évite de me remémorer le regard plein de peine qu'elle m'a adressé avant que je m'en aille, la veille. Je me rappelle juste du meilleur. C'est la dernière image que je veux avoir.

Le bruit d'une porte en fer qui claque violemment, derrière moi, me fait sursauter. Et je perds l'équilibre.


POV ZIVA

Essoufflée, je gravis l'une après l'autre, les marches des escaliers à l'intérieur du bâtiment. J'arrive à l'étage le plus haut. Je m'arc-boute contre la porte donnant sur le toit, en forçant pour abaisser le levier qui a rouillé avec le temps. La porte de fer s'ouvre à la volée. Je franchis le seuil, sors à l'air libre. Et la porte se referme en claquant. Le bruit métallique semble se répercuter et faire écho. Je parcours quelques mètres, regardant autour de moi. C'est à ce moment là que j'aperçois Tony, perché sur le rebord du toit, en train de perdre l'équilibre. Je suis tétanisée. Ma bouche s'ouvre, dans un cri d'horreur, mais aucun son n'en sort. La peur me laisse de glace, m'empêche de faire le moindre mouvement.

Il s'immobilise, et retrouve son équilibre. Il n'est pas tombé de l'autre côté. Il est encore ici. Il faut à tout prix que je lui parle. Vite. Pour l'empêcher de faire ça. Il faut que je lui dises. Il faut qu'il le sache.

Ce n'est pas un hasard si, en attendant que la photocopieuse veuille bien fonctionner, j'avais regardé par la fenêtre, les escaliers de fers qui longeaient la façade. Je l'ai aperçu, en train de gravir les marches. Lui ne m'a pas vu. Mon cœur a fait un bond dans ma poitrine. J'ai vu l'état dans lequel il se trouvait. Effondré et débraillé. J'avais un pressentiment, comme quoi il fallait à tout prix que je le suive. Alors j'ai abandonné la paperasse que j'étais en train de faire. Et je suis montée sur ce toit, à toute vitesse. En étant sûre que j'allais devoir empêcher Tony de commettre un acte irréparable.

Je suffoque, et je me rends compte que je n'ai pas respiré depuis que je l'ai vu perdre l'équilibre. J'inspire une goulée d'air frais. Et je me rapproche de lui. Il m'entend arriver, et tourne légèrement la tête, sans toutefois voir que c'est moi. Je crie, pour couvrir le rugissement du vent.

- Tony ! Descend de là ! S'il te plaît... Tu ne te rends pas compte...

Ma voix se brise et tremble un peu. J'ai peur pour lui.

- Pourquoi tu fais ça ?

Il m'a répondu d'une voix blasée.

- Tu le sais très bien, Ziva...

Je me tais. Oui, je le sais. C'est à cause de moi qu'il veut mettre fin à ses jours. Je ne peux pas l'accepter et je vais tout faire pour l'en dissuader. Et il faut que je lui dises aussi. Que je lui dises ce qui couve en moi depuis trop de temps. Que je lui dises ce qui s'est réellement passé hier. Car il n'est pas au courant. Il était parti avant que ça se produise, avant que j'y mette fin. Avant que je renonce.

Devant une centaine de personnes, et le maire, j'avais dit « non » à Ray. Puis j'avais fui. Je m'étais éclipsée au milieu des murmures indignés, et des gens qui me montraient du doigt. J'avais laissé Ray consterné, le cœur brisé. Je me sentais coupable, oui. Je lui suis encore aujourd'hui. Mais ce n'était pas ce que je voulais. Ça n'avait jamais été ce que je voulais. Seulement, je m'en étais aperçue trop tard.

Je suis retournée le lendemain au NCIS, assez honteuse, et préoccupée, en subissant les regards inquiets de Gibbs, McGee et Abby. Ils ne comprenaient pas ce revirement de situation, et ce refus soudain. Et moi je ne comprenais pas non plus. J'avais passé la nuit et la journée à me morfondre en me rappelant du regard de Tony, brisé, alors que je m'étais éloignée de lui. Je n'avais pas compris pourquoi ça me préoccupait tant. La douleur que j'ai causée à Ray devrait m'obséder, mais je n'y pense pas. Je devrais avoir honte. Mais je ne regrette pas de m'être dérobée. Maintenant que je me trouve face à Tony, je sais pourquoi.

Je le vois au bord du vide, et je sais désormais que je l'aime d'un amour déraisonnable. Et absurde.

Décidée à lui dire, sans toutefois avoir à le prononcer, je regarde mes mains, puis je fais glisser la bague, que je porte encore, le long de mon annuaire. Je l'enlève. Et je jette la bague du toit de l'immeuble. Je vois l'objet d'argent tourbillonner comme au ralenti, en scintillant au soleil, puis disparaître.

Mon geste semble faire réagir Tony. Il se tourne complètement vers moi, dos au vide. Et me lance le même regard tourmenté que la veille. Debout sur le rebord, il est surélevé par rapport à moi. Je lève la tête de façon à le regarder dans les yeux. Puis, à travers un sous-entendu, je lui dit ce que je veux lui dire à ce moment. Je secoue la tête.

- Ce n'est pas lui que j'aime...

Un éclair de lucidité passe au fond de son regard, qui jusqu'à présent était terne. J'espère qu'il comprend que je lui ai menti, le jour où je lui ai annoncé pour le mariage. Et j'espère qu'il comprendra ce que je veux vraiment dire à travers ces mots.

Tony descend enfin du rebord, et je suis soulagée comme jamais. Il franchi les quelques mètres qui nous séparent, m'attrape soudain la main, alors que je ne m'y attends pas. Je garde mon regard encré au sien. Il a enfin renoncé à son acte absurde. Je vois que toute trace de désespoir et de folie a quitté ses yeux. A présent, c'est l'espoir qui l'anime. Il semble avoir décidé de comprendre le sous-entendu de ma phrase. Et d'y croire, pour une fois.

J'ai eu peur pour lui, tellement peur que je n'ai jamais été aussi heureuse de le voir en face de moi, sain et sauf. Sa main est brûlante et elle tient encore la mienne. Le vent souffle de plus en plus fort, et s'engouffre dans nos vêtements. Je suis tellement soulagée que dans un élan soudain je me jette à son cou et me serre contre lui. Il en a le souffle coupé, sur le coup. Puis il m'enlace à m'en briser les os.

Il ne dit pas un mot. Et je ne parle pas non plus; ce n'est pas nécessaire. Les mots ne servent qu'à expliquer, à faire comprendre ce qui n'est pas évident. Ils sont parfaitement inutiles dans certains moments. Parfois, ils sont de trop. On sait tous les deux de quoi il est question, là, maintenant. Il sait, tout comme moi pourquoi j'avais dit ''Non'' à Ray, et pourquoi il avait eu envie de mourir à cause de moi, car il avait perdu tout espoir – ce n'était pas la première fois d'ailleurs.

J'ai envie de rire, tant notre attitude l'un envers l'autre ces dernières années avait été stupide, et enfantine. Le temps nous avait filé entre les doigts. J'avais été idiote de lui mentir au sujet de Ray. Alors que je savais pertinemment que je ne l'aimais pas. Je me blottie encore plus contre Tony, en me réjouissant de sa présence. Au diable Ray, et tout le reste. Seul Tony compte.

C'est lui, que j'aime.


J'espère que ça vous a plu. Une petite review ?