Et nous voici au chapitre 3 !

Je ne sais pas si ma fic vous plait ou non, mais j'espère quand même que si ! Si c'est bien le cas n'hésitez pas à me laisser un petit message, histoire que je sache votre opinion sur mon travail !

Voilà j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira !

Bonne lecture !

Bisous à tous

Le lendemain matin, la jeune demoiselle se réveilla doucement, avant de se découvrir seule, sur le sol dur. Elle tourna alors la tête de droite à gauche, cherchant son amant des yeux, mais seul le vide de sa chambre lui apparu. Il était parti…il l'avait abandonné nue sur ce tapis, face à un feu mourant. Ce ne fut que la fraicheur de la pièce qui la ramenait sur terre.

Lentement, elle se leva et s'approcha de sa coiffeuse. Elle y découvrit avec surprise, sa robe soigneusement pliée sur le petit tabouret en velours. Dans sa corbeille, posée à coté, les lambeaux de ses sous-vêtements étaient visibles. Comment un homme aussi prévenant pouvait-il être aussi sauvage ? Un sourire étira alors ses lèvres, alors que les images de la nuit passée lui revenaient en tête. Il avait été un amant attentionné, passionné, fougueux…un partenaire dont chaque femme rêvait secrètement.

Secouant doucement la tête, la jeune fille se rappela qu'on l'attendait pour le petit déjeuner. Elle alla donc ouvrir son placard à la recherche de la tenue adéquate. Grâce aux enseignements de son père, elle savait quoi choisir. Une fois habillée, elle se coiffa et se maquilla rapidement, avant de quitter la chambre, prenant le chemin de la salle à manger.

Mais lorsqu'elle arriva sur le seuil de la porte de la grande salle, la jeune fille se figea. Face à elle se tenait sa sœur, en grande conversation avec son père…qu'avait-elle fait ? Comment avait-elle pu agir ainsi ? Comment avait-elle pu lui faire cela ? Elle, qui l'avait accueillit chaleureusement à son arrivée, elle qui avait toujours pris soin d'elle depuis son installation, elle qui l'aimait…elle l'avait trahie de la pire des manières.

Le sang déserta alors son visage, et l'air lui manqua…elle avait la nausée. Elle se détestait, se répugnait…les larmes lui montèrent alors aux yeux. Comment avait-elle osé ? Elle ne méritait pas cette vie, son père aurait dû la laisser à Paris, dans son univers…jamais elle n'aurait dû accepter de venir ici. Elle n'était qu'une source d'ennuis, et aujourd'hui encore elle le prouvait…comment pourrait-elle lui faire face ? Et qu'est-ce que John lui avait raconté ?

Malheureusement la jeune demoiselle ne put porter sa réflexion plus loin, une main posée dans le creux de son dos, la ramena sur terre. Quand elle tourna la tête, elle découvrit le jeune avocat à ses côtés. Un sourire amusé étirait ses lèvres.

-Bonjour douce Victoria. Souhaita-t-il de façon distincte, attirant l'attention de sa famille sur elle. Il semblerait que quelque chose vous ennuie ?

La jeune fille le regarda interdite. Comment osait-il lui demander une telle chose ? Comment pouvait-il feindre aussi bien l'ignorance, alors que sa fiancée se trouvait à quelques mètres d'eux ? Comment arrivait-il à la regarder sans se sentir coupable ? Comment pouvait-il lui planter un tel poignard dans le cœur ?...

-Victoria que se passe-t-il ? Tu es si pâle. S'inquiéta sa sœur qui s'était rapprochée, avant de l'emmener s'asseoir à table.

-Rien…je…je…balbutia-t-elle, sans pouvoir la regarder dans les yeux. Je crois que je manque de sommeil, c'est tout.

-Tu n'as qu'à retourner ensuite te reposer, il est vrai que la soirée à terminer très tard. Concéda son père, tout en lui servant une tasse de thé.

-Excellente idée père, je pense que je vais suivre votre conseil, et aller lire un peu au calme dans la grande bibliothèque.

-Souhaitez-vous un peu de compagnie ? Lui demanda John, d'un air innocent. Je dois avouer que ce bal m'a également épuisé.

-Non ! S'exclama-t-elle, avant de se reprendre devant le regard surpris d'Helen. Je veux dire que cela n'est point nécessaire. Je préfère être seule pour lire.

-De plus John, vous m'avez promis une promenade aujourd'hui. Lui rappela gentiment sa fiancée.

-Oh oui pardonnez moi belle Helen, cela m'était sorti de l'esprit. Avoua le jeune homme.

-Quoi ? Et ton cabinet Helen ? Questionna son père, surpris.

-En effet père, il s'agit de mon cabinet et si je souhaite le laisser fermé pour une journée, j'en ai le droit. S'indigna la jeune femme.

-Tu es médecin pour l'amour du ciel ! S'emporta Gregory. Tu ne peux pas fuir tes responsabilités pour ton cher fiancé…

A cet instant, Victoria décrocha de la conversation. Elle était habituée à ces disputes matinales. En effet, Gregory Magnus n'avait jamais aimé John et il ne manquait aucune occasion de le rappeler à sa fille. Depuis leur rencontre, le vieil homme se méfiait de lui et en avait fait part à Helen, qui l'avait alors très mal prit. Dès lors, elle avait toujours prit sa défense, lui faisant confiance les yeux fermés…à tort malheureusement pensa sa jeune sœur. De son côté, John se délectait de ce spectacle, qui lui permettait chaque jour de se rapprocher un peu plus de sa compagne.

C'est donc au son d'une nouvelle querelle, que Victoria sirota son thé, tout en se perdant dans les limbes de sa culpabilité. Soudain, quelque chose attira son attention. Un pied s'était glissé sous sa robe, contre son mollet. Ne voulant pas lui donner satisfaction, elle feignit de ne rien remarquer. Mais lorsque ce corps étranger se mit à caresser sa jambe de bas en haut, elle ne put plus l'ignorer. Lentement, elle remonta son regard, jusqu'à rencontrer celui de son amant. Elle le découvrit en train de la dévorer des yeux.

Sans pouvoir le contrôler, elle sentit le rouge lui monter aux joues. Comment pouvait-il faire cela ? A coté de sa fiancée qui plus est ? Cet homme était beaucoup plus pervers qu'elle n'avait pu l'imaginer. Alors qu'elle se haïssait de la trahison commise envers sa sœur, lui pensait sûrement à leur prochaine rencontre. Comment pourrait-elle lui résister ? Alors que d'un simple regard, elle devenait aussi molle qu'une poupée de chiffon. Comment pourrait-elle y renoncer, alors que son corps et son âme ne désiraient plus que lui ? Comment pourrait-elle vivre avec cette infidélité faite envers sa sœur ?...mais alors que son esprit tentait de rester concentré, elle sentit son corps s'abandonner à cette douce caresse que lui prodiguait John…

Plusieurs jours passèrent, et les visites du jeune homme, se firent de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes. Si au début la demoiselle avait tenté de le repousser, pensant à sa sœur, très vite il gagna la bataille, n'acceptant pas le non comme une réponse à ses avances. Très vite la jeune fille apprit à se fermer de cet amant, comprenant que quelque part elle ne trahissait pas vraiment Helen…qu'elle n'était qu'un exutoire pour John. Elle était la barrière qui protégeait la doctoresse de la sauvagerie de son fiancé…Elle savait qu'elle aurait du en parler à sa sœur, lui exposer la vraie nature de John. Mais comment le prendrait-elle en apprenant qu'elle avait partagé son lit avec son fiancé ? Comprendrait-elle ? De plus si elle parlait….il ne viendrait plus.

Car hormis la crainte qu'elle avait de la réaction de sa sœur, ce qui la terrifiait réellement, était qu'il ne lui rende plus visite. En effet, malgré la violence de leur étreinte, elle l'aimait bien plus qu'elle ne devait, bien plus qu'elle ne voulait se l'avouer…et elle savait qu'elle n'avait pas le droit. Ils n'étaient pas destinés l'un à l'autre, ils n'étaient pas des âmes sœurs…du moins elle ne l'était pas pour lui, car sa vie à lui était Helen…sa sœur…celle pour qui elle sacrifierait tout si on lui demandait. Celle qui l'avait acceptée et aimée dès leur rencontre. Celle qu'elle tentait de protéger et à qui elle mentait chaque jour un peu plus.

Ce mensonge pesait lourd sur ses frêles épaules. Elle était venue ici, naïve, prête à recommencer une nouvelle vie…et maintenant elle regrettait son ancienne existence, celle où elle ne devait de compte moral à personne…celle où elle était libre. Aujourd'hui, elle était vraiment redevenue une prostituée…mais elle ne vendait plus son corps pour de l'argent, elle le vendait pour un peu d'amour. Pourquoi lui avait-on inculqué ces valeurs qui désormais déchiraient son cœur ? Pourquoi lui avait-on appris à avoir une âme ? Pourquoi lui avait-on appris qu'on pouvait se haïr ? Car oui ce soir, face à ce miroir, elle détestait l'image qu'elle y voyait : une jeune fille trompant tous les êtres auxquels elle tenait et se mentant à elle-même.

Après un dernier regard lancé à son image, Victoria attrapa son châle et le passa autour de ses épaules nues. Malgré le printemps approchant, les nuits était encore très froides dans les rues de Londres. La jeune fille s'avança ensuite vers la fenêtre de sa chambre, qu'elle ouvrit. Immédiatement une brise légère vint caresser son cou. Elle ferma les yeux, savourant cette douceur remplie de souvenirs. Puis, après avoir prit une grande inspiration, elle avança sur son balcon, avant d'enjamber la balustrade l'ornant. Comme chaque soir, elle s'apprêtait à descendre le long du mur, mais quelque chose l'arrêta. Lentement la demoiselle tourna la tête vers sa porte et y découvrit Helen sur le seuil. Celle-ci semblait à la fois surprise et inquiète de sa découverte, des milliers de scénarios tournant déjà dans son esprit.

-Victoria ? Que fais-tu ?

-S'il te plait va-t-en. La supplia la jeune fille.

Pour toute réponse, Helen ferma la porte à clé et s'approcha lentement d'elle, prenant garde à ne pas l'effrayer.

-Je t'en supplie ne saute pas. Lui conjura sa sœur.

-Quoi ? Demanda Victoria surprise.

-Je sais que se n'est pas toujours facile et que tu es loin de chez toi…Commença Helen. Mais cela n'est pas une raison pour vouloir mettre fin à tes jours.

-Je n'en avais aucunement l'intention. Lui apprit-elle.

- Alors pourquoi as-tu enjambé le balcon ? Pourquoi fais-tu face au vide ? Je t'en pris, reviens de ce côté…en sécurité. La supplia la doctoresse.

Prise au piège devant l'inquiétude tangible de son aînée, la demoiselle n'eut le cœur de défier son autorité, et obtempéra. A peine était-elle passé de l'autre coté, que deux bras vinrent l'entourer. La jeune femme l'étreignit avec amour et soulagement. Cela brisa le cœur de sa sœur. Comment un être aussi aimant qu'Helen pouvait s'inquiéter pour un monstre tel qu'elle ?...elle lui devait une explication, elle le savait.

-Que…

-Je vais t'expliquer. Déclara simplement la jeune fille.

Elle entraina alors la scientifique dans sa chambre, refermant la fenêtre, afin de garder le froid à l'extérieur. Puis les deux sœurs s'assirent confortablement sur le lit. Victoria garda tout d'abord le silence, se contentant d'observer ses mains, avant de prendre une grande inspiration. Le courage coulant de nouveau dans ses veines, elle releva les yeux, rencontrant ceux interrogatifs d'Helen. Elle lui raconta alors toute son histoire, son vécu…ses impressions et autres sentiments depuis sont arrivées à Londres. Elle trouva les mots pour lui expliquer qu'elle n'appartenait pas à son monde, pas à cette famille, que malgré son amour pour elle, elles seraient toujours différentes…car elle ne supportait pas les interdits de sa condition… que la liberté avec laquelle elle avait grandit lui manquait.

Victoria conta ensuite à sa sœur, comment elle en était venue à revenir à ses origines. Elle lui expliqua alors que chaque soir, alors que la maison était endormie, elle partait arpenter les rues de Whitechapel à la recherche d'un peu de considération, de désinvolture. Elle voulait oublier Victoria Magnus pour n'être plus que Victoire Legrand…comme avant. Helen, tenta alors de lui rappeler que son père lui portait pourtant une grande attention et qu'il l'aimait. La jeune fille lui envoya alors un regard triste.

Oui leur père l'aimait, mais simplement parce qu'on l'y avait forcé. Et malgré tout sa bonne volonté, chaque jour passant elle le ressentait. Elle n'était pas l'enfant désirée, l'enfant prodigue…elle n'était pas Helen. Pourtant il avait tenté de la formater comme elle, il avait essayé de lui montrer sa sœur comme modèle. Elle se rappelait encore la fierté qu'elle avait lue à chaque fois qu'il avait évoqué son nom, et même si aujourd'hui quelques tensions s'étaient immiscées entre eux, le même respect et la même admiration pour elle, l'animait toujours. Il lui accordait toujours tout sans concession, oubliant parfois la jeune fille…Helen était la vrai Magnus, la vrai fille de la famille….la vrai fille de son père…et même si jusqu'alors Victoria avait gardé le silence, elle devait aujourd'hui avouer qu'elle en avait toujours souffert.

La doctoresse de son côté, l'écoutait avec attention, ne la coupant jamais dans ses phrase, et prenant peu à peu conscience de ce que sa jeune sœur endurait au quotidien. Immédiatement elle s'en voulut de n'avoir remarqué plus tôt. Victoria la rassura, lui affirmant qu'elle ne lui en avait jamais tenu rigueur. Elle avait son monde, ses patients, son fiancé…elle n'était que de trop dans tout ça…d'où son besoin de retour aux sources. Elle avait besoin de se sentir de nouveau exister, et seule sa profession lui apportait cette satisfaction.

Alors malgré son désaccord avec ses activités nocturnes, Helen comprit son besoin de retrouver quelque chose de familier dans ce monde étranger. Lorsque soudain, une peur panique s'insinua en elle. Sa sœur mettait chaque soir sa vie en danger. Car après tout le quartier de Whitechapel n'était pas réputé des plus sûrs la nuit tombée. Qui savait sur qui sa jeune sœur pouvait tomber, aux vues du nombre de prédateurs courant les rues.

-Je t'en pris Victoria, promets-moi de ne pas y aller. La supplia Helen.

-Helen…

-S'il te plait. Insista-t-elle. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que se soit.

-Très bien. Finit par capituler la jeune française. Mais seulement ce soir.

-Vic…

-Non Helen. La coupa-t-elle. Tu dois comprendre que j'en ai besoin, tout comme tu as besoin de la science. Il n'y a que là-bas où je puisse être réellement moi-même, sans avoir peur de souiller le nom Magnus. Tout comme moi, tu sais ce qu'est avoir le besoin d'être libre. Tu as trouvé la liberté dans les bras de John…moi je n'ai que la rue.

-Très bien. Concéda la jeune femme après quelques instants. Mais promets de faire toujours preuve d'une grande prudence, je m'en voudrais s'il t'arrivait quelconque malheur.

-Helen tu me connais…

-C'est pour cela que je te demande une telle chose. Appuya la doctoresse.

-Je te promets de faire très attention. Mais toi en retour, promets-moi de ne rien dire à père. Je ne veux pas le décevoir davantage, il a mit bien trop d'espoirs en moi. Expliqua tristement la demoiselle.

-Je le comprends et tu as ma promesse.

-Merci Helen. Chuchota-t-elle.

Les deux sœurs s'étreignirent quelques instants, avant de se relâcher doucement. Victoria s'était toujours demandé comment Helen avait pu l'accepter aussi facilement à son arrivée. Comment elle avait pu l'aimer aussi vite ? Alors qu'elle-même avait mis quelques jours avant de pouvoir ressentir quoi que ce soit à son égard. Car malgré le fait que son père avait parlé d'elle quotidiennement pendant deux ans, elle ne la connaissait pas. Et même si parfois elle s'était permis de la haïr, pour les efforts qu'elle lui demandait de faire sans le savoir, elle avait appris que la jeune femme n'y était pour rien. Alors comment avait-elle pu développer des sentiments aussi profonds à son égard en si peu de temps ?

Ne lui laissant pas le temps de la réflexion, Helen aida la demoiselle à se changer, afin d'être sûre qu'elle tiendrait parole, en ne sortant pas cette nuit là. Puis elle l'entraina dans le petit salon, où on leur servit le thé. Puis comme-ci de rien était, elles discutèrent de tout et de rien, pendant des heures.