Une petite suite, où le rôle de chacun est un peu mieux défini.
Merci pour les reviews
Bonne lecture à tous.
4. La taupe
Lorenzo Vincente, assis par terre le nez en sang, n'arrivait pas à contenir son fou-rire. Il était certain que si les deux flics n'avait pas écarté Castle, ce dernier l'aurait massacré. Il n'oublierait jamais le regard assassin de l'écrivain quant il avait menacé sa fille chérie. Il savait que désormais Castle obéirait. Il l'avait amené là où il le voulait. Castle en ferait maintenant une affaire personnelle.
Il accepta l'aide du blondinet pour se lever. Il les observa tour à tour. Les deux types le défiaient d'insulter encore une fois Beckett. Et ils ne semblaient pas préoccupés par son nez en sang. Quant à la femme, elle était en colère, aucun doute, mais il y avait aussi une lueur de satisfaction dans son regard. Apparemment elle était fière de la réaction de son scribouillard.
- Ryan, Esposito faites lui soigner son nez et ramenez-le en cellule.
- Ok, allez, Ryan tira Vincente par le bras.
- Hé là ! Doucement ! Je vais porter plainte pour brutalité policière.
- Pourquoi ? Beckett le regard avec un sourire en coin. Aucun des trois policiers présent dans cette pièce ne vous a touché.
- Et ça. Il montra son nez
- Mr Castle est un civil. De plus vous l'avez provoqué. Et nous sommes tous prêt à le certifier. Vous n'avez qu'à dire que vous avez….glissé. Amenez-le !
Lorsqu'elle le vit continuer à sourire, elle lui aurait volontiers fait disparaître de sa face de rat. Elle devait trouver Castle. Elle ne le vit ni près du bureau, ni dans la salle de pause. Elle se dirigea donc dans les toilettes pour hommes.
Castle se rinçait la bouche pour faire partir le goût de bile. Il venait de faire l'expérience que l'on pouvait vraiment vomir de colère. Il se redressa un peu et fixa son reflet dans la glace. Il avait du mal à se reconnaître. Il avait vraiment une tête à faire peur. Les yeux rougis, des cernes qui ne faisaient que s'accentuer et le bleu de ses yeux avait viré au gris. Il s'aspergeait le visage lorsqu'il reconnut une voix familière.
- Dehors, ordonna Beckett aux deux agents présents.
Ceux- ci sortirent sans rien dire. Castle allait devoir affronter les foudres de Kate. Il se redressa, saisit plusieurs feuilles de serviettes en papier et s'épongea le visage, avant de lui faire face. Il fut pris au dépourvu par l'attitude de Beckett. Au lieu de lui hurler dessus, elle s'approcha de lui l'air soucieuse.
- Ça va Castle ?
- Oui…je suis désolé mais….
- Chuuut, mon chevalier en armure, sourit-elle.
- Toujours . Il faillit craquer, tout lui dire, mais se retint. Il va porter plainte ?
- Non, vous n'êtes pas flic. Et puis…il l'a cherché. Elle le vit grimacer. Vous avez mal ?
- Un peu, j'ai oublié mes doigts blessés en lui sautant dessus.
- Venez, le bandage a besoin d'être changé. Celui-ci est défait et trempé.
Il l'a suivi dans la salle de repos. Il fit deux cafés le temps qu'elle ramène la trousse de secours. Il prit un comprimé qu'il fit passer avec une gorgée de café.
- Vous croyez que c'est une bonne idée le café ? Donnez-moi votre main.
- Je suis 'énervé' parce que je n'ai pas assez dormi…pas à cause de la caféine. Il posa son coude sur la table, présentant sa main à Kate.
- Je vais vous ramener chez vous. Non ! Pas de discussion, vous allez vous reposer et revenir cette après midi.
- Mais je vais bien, je vous assure. Et puis qu'allez-vous faire sans votre partenaire ?
- Justement, j'ai besoin d'un partenaire opérationnel. Pas d'une bombe à retardement.
Il allait répondre lorsque Ryan et Esposito arrivèrent dans la salle.
- Castle mon pote, t'as bouffé quoi au p'tit dej ?
- Tu lui as pété le nez à cette ordure.
- J'ai mangé des gaufres. Oh, et je ne suis absolument pas désolé pour son nez.
- Suffit ! vous avez du nouveau pour l'affaire Corben ?
- Non, les gars étudient la vidéo, mais le tueur a bien pris soin de cacher son visage. Ça ne va pas être facile.
- Et les autres témoins ?
- Nous avons prévenu le bureau du procureur. Il nous tient au courant.
- Ressortez le dossier Vincente. Il faut l'éplucher de nouveau. Peut-être trouverons-nous un début de piste. Un détail qui nous mènerait au tueur. Voilà Castle, c'est fini. Maintenant je vous ramène chez vous. Et vous deux au boulot.
Ils allaient entre dans l'ascenseur lorsque' une voix les interpella. Castle sentit un frison lui parcourir la colonne vertébrale. C'était la voix du type de la ruelle. Il se retourna en même temps que Kate. Se répétant mentalement de rester calme cette fois.
- Lieutenant Beckett ?
- Oui et vous êtes ?
- Jack Anderson, l'avocat de Mr Vincente….
- Si votre client veut porter plainte contre Mr Castle. nous sommes trois officiers de policiers prêts à jurer que ce dernier l'a provoqué.
- Mon client ne m'a parlé de Mr Castle pour me préciser que celui-ci avait tenté de le retenir lorsqu'il a malencontreusement glissé dans la salle d'interrogatoire.
- Alors que voulez-vous Maître ?
- J'ai appris que le principal témoin à charge venait de décéder. Je voulais juste m'assurer que toutes, il insista sur le mot et lança un regard plein de sous-entendus à Rick, les informations liées à cette enquête me seront communiquées.
- Naturellement. Elle poussa Castle dans l'ascenseur et s'y engouffra à son tour, laissant les portes se refermaient devant l'avocat.
- Ça va changer quelque chose pour le procès la mort de Corben ?
- Non, les preuves matérielles sont suffisantes à elles seules. Mais les jurés aiment bien avoir des témoignages cela les confortes dans leurs décisions.
- Donc sans les preuves…plus de procès.
- Effectivement.
Durant tout le trajet qui le ramenait chez lui, Castle chercha le moyen d'accéder à ces 'preuves matérielles'. Pour le reste, c'était plus simple. Comme il participait à l'enquête, il lui suffirait de photographier les rapports et de les envoyer.
Ils étaient arrivés. Il promit à Beckett de se reposer et regagna son appartement. Il enleva son manteau et le jeta sur un fauteuil. Puis il s'allongea sur le canapé pour réfléchir à la situation. Il n'avait encore rien fait d'illégal. Et il pouvait toujours parler à Kate, elle l'aiderait, il pouvait y compter. Seulement Anderson lui avait bien précisé : pas de flics. Il ferma les yeux, le visage souriant d'Alexis apparut.
Il ne pouvait pas, non plus précisément il ne voulait pas risquer sa vie. Sa décision définitive fut prise. Il agirait seul. Il eut un sourire amer. Dans le meilleur des cas il terminerait sur Rikers Island, dans le pire il se retrouverait au cimetière. Mais si cela permettait à sa fille de s'en sortir alors il était prêt à tout. Même à tuer cette ordure de Vincente. Le sommeil le rattrapa enfin.
